Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Marseille, 22 mai 2026, n° 2608310 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Marseille |
| Numéro : | 2608310 |
| Type de recours : | Plein contentieux |
| Dispositif : | Satisfaction partielle |
| Date de dernière mise à jour : | 27 mai 2026 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 mai 2026, M. B… A…, représenté par Me Senouci Bereksi, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction dans le délai de 48 heures à compter de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 080 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
le code de l’entrée et du séjour et du droit d’asile ;
le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
M. A…, ressortissant algérien titulaire d’un certificat de résidence, valable du 13 mai 2016 au 12 mai 2026, en a sollicité le renouvellement au moyen du téléservice Administration numérique pour les étrangers en France (ANEF) le 7 février 2026. N’ayant reçu aucune attestation de prolongation d’instruction de sa demande, M. A… demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une telle attestation de prolongation d’instruction.
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ».
Aux termes de l’article L. 431-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La détention d’un document provisoire délivré à l’occasion d’une demande de titre de séjour, d’une attestation de demande d’asile ou d’une autorisation provisoire de séjour autorise la présence de l’étranger en France sans préjuger de la décision définitive qui sera prise au regard de son droit au séjour. ». Aux termes de l’article R. 431-15-1 : « Le dépôt d’une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l’article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d’une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire./ Lorsque l’instruction d’une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l’article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l’instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois… ».
Eu égard aux conséquences qu’a sur la situation d’un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l’enregistrement de sa demande et au droit qu’il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l’autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l’enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable. Il appartient alors au juge des référés d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l’intéressé. La condition d’urgence est en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour.
Il ne résulte pas de l’instruction que le dossier de demande de renouvellement du titre de séjour sollicité par le requérant aurait été incomplet, le préfet des Bouches-du-Rhône, qui s’est abstenu de produire à l’instance, ne le soutenant d’ailleurs pas, pas plus qu’il ne fait valoir que ne seraient pas satisfaites les conditions prévues pour le renouvellement du titre de séjour sollicité par M. A…. En outre, ce dernier justifie que son employeur envisage de procéder à son licenciement à défaut de justifier de la régularité de son séjour en France. Ainsi, le silence gardé par l’administration sur la demande de remise d’un document provisoire de séjour crée une situation d’urgence au sens de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.
Par ailleurs, le dernier alinéa de l’article R. 431-15-2 du code de l’entrée et du séjour et du droit d’asile prévoit que : « L’attestation de prolongation de l’instruction d’une demande de renouvellement d’une carte de séjour permettant l’exercice d’une activité professionnelle autorise son titulaire à exercer une activité sur le territoire de la France métropolitaine dans le cadre de la réglementation en vigueur. ».
Il résulte de l’instruction que le précédent titre de séjour du requérant l’autorisait à exercer une activité professionnelle.
La prescription de la mesure demandée est utile et n’est pas susceptible de faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative.
Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de remettre, dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance, à M. A… l’attestation de prolongation d’instruction prévue à l’article R. 431-15-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile l’autorisant à exercer une activité professionnelle à titre accessoire.
Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de prononcer contre l’Etat, à défaut pour le préfet des Bouches-du-Rhône de justifier de l’exécution de la présente ordonnance dans un délai de huit jours à compter de sa notification, une astreinte de 50 euros par jour jusqu’à la date à laquelle cette ordonnance aura reçu exécution.
Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 080 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de délivrer à M. A… dans le délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance une attestation de prolongation d’instruction de sa demande de titre de séjour l’autorisant à exercer une activité professionnelle.
Article 2 : Une astreinte de 50 euros par jour est prononcée à l’encontre de l’Etat s’il n’est pas justifié de l’exécution de la présente ordonnance dans le délai mentionné à l’article 1er ci-dessus. Le préfet des Bouches-du-Rhône communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter la présente ordonnance.
Article 3 : L’Etat versera à M. A… la somme de 1 080 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B… A…, au ministre de l’intérieur et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, 22 mai 2026.
Le juge des référés,
Signé
T. Trottier
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Territoire français ·
- Délai de réflexion ·
- Autorisation provisoire ·
- Aide juridique ·
- Durée ·
- Proxénétisme ·
- Aide juridictionnelle ·
- Police
- Justice administrative ·
- Statuer ·
- Cartes ·
- Commissaire de justice ·
- Territoire français ·
- Prolongation ·
- Attestation ·
- Possession ·
- Juge des référés ·
- Conclusion
- Cours d'eau ·
- Associations ·
- Environnement ·
- Ouvrage ·
- Continuité ·
- Ressource en eau ·
- Eau douce ·
- Justice administrative ·
- Poisson ·
- Gestion
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Taxes foncières ·
- Vacances ·
- Justice administrative ·
- Propriété ·
- Contribuable ·
- Impôt ·
- Imposition ·
- Commissaire de justice ·
- Finances ·
- Bien immobilier
- Bénéfices non commerciaux ·
- Revenu ·
- Solidarité ·
- Justice administrative ·
- Auto-entrepreneur ·
- Allocations familiales ·
- Commissaire de justice ·
- Bonne foi ·
- Remise ·
- Département
- Cristal ·
- Habitat ·
- Construction ·
- Sociétés ·
- Liquidation ·
- Marches ·
- Justice administrative ·
- Liquidateur ·
- Intervention volontaire ·
- Substitution
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Juge des référés ·
- Autorisation provisoire ·
- Ordonnance ·
- Injonction ·
- Délai ·
- Astreinte ·
- Adoption ·
- Juge ·
- Exécution
- Justice administrative ·
- Centre pénitentiaire ·
- Condition de détention ·
- Martinique ·
- Tribunaux administratifs ·
- Ordonnance ·
- Juridiction ·
- Droit commun ·
- Fait ·
- Pourvoir
- Menaces ·
- Ordre public ·
- Ressortissant ·
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Vol ·
- Violence ·
- Présomption d'innocence ·
- Enseignement ·
- Gouvernement
Sur les mêmes thèmes • 3
- Mobilité ·
- Décision implicite ·
- Justice administrative ·
- Incendie ·
- Avis de vacance ·
- Recours ·
- Poste ·
- Rejet ·
- Mutation ·
- Égalité de traitement
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Illégalité ·
- Liberté fondamentale ·
- Territoire français ·
- Carte de séjour ·
- Titre ·
- Convention européenne ·
- Sauvegarde ·
- Pays
- Justice administrative ·
- Allocations familiales ·
- Commissaire de justice ·
- Allocation logement ·
- Dette ·
- Décision implicite ·
- Finances publiques ·
- Déclaration ·
- Montant ·
- Statuer
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.