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Sur la décision
| Référence : | T. com. Annecy, 3 avr. 2026, n° 2025F01342 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal de commerce / TAE d'Annecy |
| Numéro(s) : | 2025F01342 |
| Importance : | Inédit |
| Date de dernière mise à jour : | 14 avril 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL DE COMMERCE D’ANNECY
03/04/2026
JUGEMENT DU TROIS AVRIL DEUX MILLE VINGT-SIX
Rôle n° 2025F1342 Procédure 2024RJ0284
REDRESSEMENT JUDICIAIRE DE : La société [Localité 1] PAPILLON [Adresse 1] Comparant en la personne de sa représentante légale, Mme [T] [P]
Date d’ouverture : 30/07/2024 23 décembre 2024
Juge-Commissaire : Monsieur TRITANT Juge-Commissaire suppléant : Monsieur MICHELET
Administrateur : la SELAS STÀR, prise en la personne de Me [J] [U] Mandataire Judiciaire : la SELARL MJ SYNERGIE (en la personne de Me [V] [B])
L’affaire a été entendue en Chambre du Conseil à l’audience du 21 janvier 2026 à laquelle siégeaient :
Composition du tribunal :
* Monsieur Marc CABANNE, Président,
* Madame Muriel DAVILLERD, Juge,
* Monsieur Guy MICHELET, Juge,
assistés de :
* Maître Karin DABADIE, greffier,
Après quoi les juges sus-nommés en ont délibéré pour rendre la présente décision par mise à disposition au greffe le 03 avril 2026, le délibéré initialement fixé au 26 janvier 2026 ayant fait l’objet d’une prorogation.
PROCEDURE ET PRESENTATION DU PROJET DE PLAN :
Par jugement du 30 juillet 2024 le Tribunal a ouvert une procédure de sauvegarde à l’égard de la société [Localité 1] PAPILLON et nommé la SELARL AJ [U] & ASSOCIES (en la personne de Maître [J] [U]) en qualité d’administrateur judiciaire avec une mission d’assistance et La SELARL MJ SYNERGIE (en la personne de Maître [B]) en qualité de mandataire judiciaire, la sauvegarde ayant été convertie en redressement judiciaire par jugement en date du 23/12/2024 ;
La période d’observation a été renouvelée pour deux nouvelles durées de six mois par deux jugements en date des 23/12/2024 et 04/06/2025, l’activité s’étant poursuivie, la SELARL AJ [U] ET ASSOCIES ayant par ailleurs été remplacée par la SELAS STÀR, prise en la personne de Me [J] [U] ;
Un projet de plan de redressement a été élaboré qui prévoit :
* Le règlement des créances nées postérieurement au jugement d’ouverture normalement c’est-à-dire à leurs échéances ;
* Le règlement des créances superprivilégiées, autrement dit des créances garanties par le privilège établi aux articles L.3253-2, L.3253-4 et L.7313-8 du code du travail et les créances avancées au titre du 3° de l’article L.3253-8 du code de travail sans délai conformément aux dispositions de l’article L.626-20 du code de commerce ;
* Le règlement des créances inférieures à 500 euros, dans la limite de 5% du passif estimé, au comptant conformément aux dispositions des articles L.626-20 et R.626-34 du code de commerce ;
* Le règlement des créances privilégiées et chirographaires selon deux options :
* Option 1 : Les créances privilégiées et chirographaires privilégiées échues et à échoir seront remboursées à hauteur de 50% en un versement dans les trois mois de l’adoption du plan contre un abandon du solde et des garanties attachées, les créanciers ne répondant pas à la consultation dans le délai de 30 trente jours état réputés avoir accepté cette proposition ;
* Option 2 : Remboursement de 100% du passif de manière progressive sur 10 années : Les créances privilégiées et chirographaires échues et à échoir seront remboursées à 100% du montant admis à titre définitif sur une durée de 10 ans, en 10 annuités progressives, selon l’échéancier ci-dessous :
Année de règlement
Montant de l’annuité
2027 2%
2028 4%
2029 5%
2030 11%
2031 13%
2032 13%
2033 13%
2034 13%
2035 13%
2036 13%
La première de ces annuités venant à échéance un an après l’adoption du plan et les suivantes, chaque année, à la date anniversaire du jugement arrêtant le plan ;
* De dire que si le passif définitivement admis par Monsieur le Juge-Commissaire devait faire varier en moins le passif estimé, ce sont les montants prévus au plan de remboursement qui seront payés, les différences devant se solder par une variation dans le nombre des annuités ;
* De dire que si le passif définitivement admis par Monsieur le Juge-Commissaire devait faire varier en plus le passif estimé, le surplus de passif sera réparti par parts égales sur chacune des trois dernières années ;
* De désigner, conformément aux dispositions de l’article L.626-25 du code de commerce, un commissaire à l’exécution du plan ;
* De décider que tout le règlement du passif à l’exception des créances de crédit-bail et location longue durée (contrats de location) doit être consigné entre les mains du commissaire à l’exécution du plan, en ce compris le règlement des créances fiscales et sociales, ainsi que les créances d’emprunt ;
* De prononcer, en tant que de besoin et conformément aux dispositions de l’article L.626-13 du code de commerce, la suspension des effets de l’interdiction d’émettre des chèques dont la SARL [Localité 1] PAPILLON ferait l’objet pendant la durée totale du plan ;
* De décider que tous les éléments d’actif de la SARL [Localité 1] PAPILLON ne pourront être aliénés pendant toute la durée du plan sans l’autorisation du Tribunal, conformément aux dispositions de l’article L.626-14 du Code de commerce ;
* D’ordonner à la SARL [Localité 1] PAPILLON de produire, à la fin de chaque année, un compte de résultat et un bilan dûment certifiés par un expert-comptable ;
* De constater que la société a pris l’engagement de compléter à la fin de chaque semestre à compter de l’adoption du plan de redressement la fiche de vigilance dont elle a parfaitement connaissance, sachant que ces informations devront être transmises spontanément au commissaire à l’exécution du plan dans un délai maximum de 30 jours après la fin de chaque semestre ;
* D’ordonner à la SARL [Localité 1] PAPILLON d’effectuer chaque mois un virement sur le compte du commissaire à l’exécution du plan ouvert dans les livres de la Caisse des Dépôts et Consignations et correspondant au 12 ème de
l’échéance annuelle du projet de plan de redressement qui sera réparti par le Commissaire à l’Exécution du plan conformément aux dispositions de l’article L.626-21 alinéa 4 du Code de Commerce ;
* De dire que le commissaire à l’exécution du plan pourra prélever toute somme nécessaire au paiement de ses honoraires en tant qu’administrateur judiciaire, des frais de greffe, ainsi qu’au paiement des honoraires actuels dudit commissaire à l’exécution du plan, à charge pour l’entreprise de reconstituer le disponible réel pour la bonne exécution du plan, et de dire que les frais de justice (y compris les frais de greffe) et honoraires du commissaire à l’exécution du plan seront payés en priorité sur les fonds reçus par celui-ci ;
A l’audience du tribunal du 21 janvier 2026 l’administrateur judiciaire a sollicité l’adoption du plan;
DISCUSSION :
Attendu que le projet de plan présenté répond aux objectifs fixés par les dispositions du livre VI du Code de Commerce, qu’il conduit en effet à maintenir l’activité de l’entreprise et ses emplois et à apurer son passif ;
Attendu que ce projet paraît réalisable au vu des efforts entrepris pendant la période d’observation pour redresser l’activité, qu’en conséquence il y a lieu d’arrêter le plan de redressement par continuation présenté par la SARL [Localité 1] PAPILLON ;
Qu’il y a lieu d’arrêter le plan tel que proposé selon les termes ci-après ;
Attendu que les dépens seront passés en frais privilégiés du redressement judiciaire ;
PAR CES MOTIFS : Le Tribunal, statuant par jugement contradictoire et en premier ressort, après en avoir délibéré conformément à la loi, par prononcé par mise à disposition au greffe,
Le Ministère Public ayant eu communication de la cause ayant émis un avis écrit favorable à l’adoption du plan,
Vu les dispositions du livre VI du Code de Commerce,
ARRETE le plan tendant au redressement par continuation de la SARL [Localité 1] PAPILLON selon les modalités suivantes :
DIT que les créances nées régulièrement après le jugement d’ouverture seront réglées à échéance conformément aux dispositions de l’article L.622-17 du Code de commerce ;
DIT que les créances superprivilégiées, autrement dit les créances garanties par le privilège établi aux articles L.3253-2, L.3253-4 et L.7313-8 du code du travail, et les créances avancées au titre du 3° de l’article L.3253-8 du code de travail seront réglées sans délai conformément aux dispositions de l’article L.626-20 du code de commerce ;
DIT que dans la limite de 5% du passif estimé, les créances les plus faibles seront réglées comptant dans l’ordre croissant sans que chacune ne puisse excéder 500 euros, conformément aux dispositions des articles L.626-20 et R.626-34 du Code de commerce ;
DIT que les créanciers privilégiés et chirographaires échus et à échoir seront payés soit à hauteur de 50% en un versement dans les trois mois de l’adoption du plan contre un abandon du solde et des garanties attachées soit à 100%, sans intérêts, sur dix ans selon la progressivité du plan, la première des annuités, dans cette seconde hypothèse, venant à échéance un an après l’adoption du plan et les suivantes, chaque année, à la date anniversaire du présent jugement;
DIT que les créanciers ayant retiré le courrier de consultation et n’ayant pas répondu sont supposés avoir accepté l’option 1 de remboursement ;
DONNE acte aux créanciers des délais et remises qu’ils ont acceptés ;
FIXE la durée du plan à dix ans ;
DESIGNE Madame [T] [P] en tant que personne tenue d’exécuter le plan ;
DIT que si le passif définitivement admis par Monsieur le Juge-Commissaire devait faire varier en moins le passif estimé, ce sont les montants prévus au plan de remboursement qui seront payés les différences devant se solder par une variation dans le nombre des annuités ;
DIT que si le passif définitivement admis par Monsieur le Juge-Commissaire devait faire varier en plus le passif estimé, le surplus de passif sera réparti par parts égales sur chacune des trois dernières années ;
DIT que tout le règlement du passif à l’exception des créances de crédit-bail et location longue durée (contrats de location) devra être consigné entre les mains du commissaire à l’exécution du plan, en ce compris le règlement des créances fiscales et sociales, ainsi que les créances d’emprunt ;
DIT que la SARL [Localité 1] PAPILLON devra produire au commissaire à l’exécution du plan, à la fin de chaque année, un compte de résultat et un bilan dûment certifiés par un expert-comptable tout en justifiant également entre les mains de ce dernier du dépôt de ses comptes au greffe ;
DIT que la SARL [Localité 1] PAPILLON devra effectuer chaque mois un virement sur le compte du commissaire à l’exécution du plan ouvert dans les livres de la Caisse des Dépôts et Consignations correspondant au 12 ème de l’échéance annuelle du projet de plan de redressement qui sera réparti par le Commissaire à l’Exécution du plan conformément aux dispositions de l’article L.626-21 alinéa 4 du Code de Commerce ;
DIT que la SARL [Localité 1] PAPILLON devra transmettre spontanément au commissaire à l’exécution du plan dans un délai maximum de 30 jours après la fin de chaque semestre la fiche de vigilance dont elle a parfaitement connaissance ;
DIT que tous les éléments d’actif d’une valeur nette comptable supérieure à 1000 euros de la SARL [Localité 1] PAPILLON, y compris les parts sociales donnant accès au capital social de cette dernière, ne pourront être aliénés pendant toute la durée du plan sans l’autorisation du Tribunal, conformément à la faculté prévue par les dispositions de l’article L.626-14 du Code de commerce ;
DIT qu’il sera procédé, conformément à l’article R.626-25 du Code de commerce, à la diligence du Commissaire à l’exécution du plan, aux inscriptions sur les registres publics des clauses d’inaliénabilité prévues au présent jugement ;
NOMME la SELAS STÀR, prise en la personne de Me [J] [U] en qualité de commissaire à l’exécution du plan et dit qu’il disposera de tous les pouvoirs nécessaires à l’exécution de sa mission.
2025F01342 – 2609300008/4
DIT que le commissaire à l’exécution du plan pourra prélever toute somme nécessaire au paiement de ses honoraires en tant qu’administrateur judiciaire, des frais de greffe, ainsi qu’au paiement des honoraires actuels dudit commissaire à l’exécution du plan, à charge pour l’entreprise de reconstituer le disponible réel pour la bonne exécution du plan, et DIT que les frais de justice (y compris les frais de greffe) et honoraires du commissaire à l’exécution du plan seront payés en priorité sur les fonds reçus par celui-ci ;
DIT qu’il sera procédé, conformément à l’article R.626-25 du Code de commerce, à la diligence du commissaire à l’exécution du plan, aux inscriptions sur les registres publics des clauses d’inaliénabilité prévues au présent jugement ;
DIT que le commissaire à l’exécution du plan devra établir un rapport annuel sur le paiement des échéances ;
DIT qu’à défaut de règlement de tout ou partie des échéances fixées par le présent jugement, le commissaire à l’exécution du plan saisira le Tribunal ;
MAINTIENT le mandataire judiciaire pendant le temps nécessaire à la vérification des créances conformément aux dispositions de l’article L.626-24 du Code de commerce ;
RAPPELLE que, conformément aux dispositions de l’article L.626-13 du code de commerce, le présent jugement entraîne la levée de plein droit de toute interdiction d’émettre des chèques conformément à l’article L.131-73 du code monétaire et financier, mise en œuvre à l’occasion du rejet d’un chèque émis avant le jugement d’ouverture ; DIT que les dépens seront passés en frais privilégiés du redressement judiciaire.
Ainsi jugé et prononcé
Le Greffier Maître Karin DABADIE
Le Président Monsieur Marc CABANNE
Signe electroniquement par Marc CABANNE
Signe electroniquement par Karin DABADIE, greffier.
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