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Sur la décision
| Référence : | TJ Alès, jcp, 26 mai 2025, n° 25/00118 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00118 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 10 juillet 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE D’ALÈS
République Française
Au nom du Peuple Français
MINUTE N°:
JUGEMENT DU : 26 Mai 2025
DOSSIER N° : N° RG 25/00118 – N° Portalis DBXZ-W-B7J-CU4W
JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
ORDONNANCE DE PROTECTION
PARTIES :
DEMANDEUR :
Société MILESONE
[Adresse 5]
[Localité 3]
représentée par Me Laure CABANE, avocat au barreau d’ALES plaidant
DÉFENDEUR :
Monsieur [W] [P]
né le 14 Septembre 1998 à [Localité 9]
[Adresse 4]
[Localité 2]
non comparant, ni représenté
Les débats ont eu lieu en audience publique le 28 Avril 2025 devant Samuel SERRE, Vice-président placé par ordonnance de Monsieur le premier président de la Cour d’appel de [Localité 10] en date du 17 Avril 2025, assisté de Christine TREBIER, Greffier, qui a ensuite déclaré les débats clos et indiqué que le jugement serait rendu le vingt six Mai deux mil vingt cinq par mise à disposition au greffe.
RAPPEL DES FAITS
La société MILESONE a donné à bail à Monsieur [W] [P] un bien à usage d’habitation ainsi qu’une cave et une cour privative situés au [Adresse 4] à [Adresse 6] ([Adresse 1]) par contrat du 04 juillet 2024 avec prise effet au 09 juillet 2024, pour un loyer mensuel de 477 € et 25.33 € de provision sur charges.
Des loyers étant demeurés impayés, la Société MILESONE a fait signifier un commandement de payer visant la clause résolutoire en date du 05 décembre 2024.
Par acte de commissaire de justice en date du 13 février 2024, la Société MILESONE a ensuite fait assigner Monsieur [W] [P] devant le juge des contentieux de la protection d'[Localité 7] statuant en référé pour obtenir la résiliation du contrat, l’expulsion et la condamnation au paiement.
A l’audience du 28 avril 2025, la société MILESONE représentée par Maître [T] demande de :
— constater l’acquisition de la clause résolutoire ;
— rejeter toute demande d’octroi de délais de paiement et de suspension de la clause résolutoire qui pourrait être formulée par Monsieur [P]
— d’ordonner l’expulsion de Monsieur [W] [P] ;
— de condamner ce dernier au paiement de la somme actualisée de 4016.97 € avec les intérêts au taux légal à compter du commandement de payer,
— fixer le montant mensuel de l’indemnité d’occupation au montant mensuel du loyer indexé charges comprises, soit la somme de 502,33 euros par mois, actualisable selon les stipulations contractuelles et ce jusqu’à la complète libération des lieux
— de condamner ce dernier au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation égale au montant du loyer mensuel indexé charges comprises, soit à la somme de 502.33 € actualisable selon les stipulations contractuelles et ce jusqu’à libération complète des lieux,
— de condamner ce dernier au paiement outre une somme de 1000 € en application de l’article 700 du code de procédure civile et les dépens.
Bien que convoqué par acte de commissaire de justice signifié selon les modalités de l’article 658 du code de procédure civile le 13 Février 2025, Monsieur [W] [P] n’est ni présent ni représenté.
Un diagnostic social et financier a été reçu au greffe avant l’audience.
L’affaire a été mise en délibéré au 26 mai 2025.
MOTIFS DE LA DECISION
L’ordonnance est réputée contradictoire en application de l’article 473 du code de procédure civile, du seul fait qu’elle est susceptible d’appel.
I/ SUR LA RÉSILIATION :
— Sur la recevabilité de l’action :
Une copie de l’assignation a été notifiée à la préfecture du Gard par la voie électronique le 13 février 2025, soit plus de six semaines avant l’audience, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
Par ailleurs, Société MILESONE, personne morale qui n’a pas la qualité de société civile constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu’au quatrième degré inclus, justifie avoir saisi la Commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives également par la voie électronique le 10 décembre 2024, soit deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation du 13 Février 2025, conformément aux dispositions de l’article 24 II et IV de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989. Il sera précisé que, conformément à la loi, cette saisine est réputée constituée lorsque persiste une situation d’impayés, préalablement signalée dans les conditions réglementaires aux organismes payeurs des aides au logement en vue d’assurer le maintien du versement des aides mentionnées à l’article L. 821-1 du code de la construction et de l’habitation.
Il sera rappelé que ces dispositions sont applicables aux assignations tendant au prononcé de la résiliation du bail lorsqu’elle est motivée par l’existence d’une dette locative du preneur. Elles sont également applicables aux demandes additionnelles et reconventionnelles aux fins de constat ou de prononcé de la résiliation motivées par l’existence d’une dette locative, la notification au représentant de l’Etat dans le département incombant au bailleur.
L’action est donc recevable.
— Sur l’acquisition des effets la clause résolutoire :
L’article 24 I de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 prévoit que « tout contrat de bail d’habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux ».
Cependant, les dispositions de l’article 10 de la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023, en ce qu’elles modifient le délai minimal imparti au locataire pour s’acquitter de sa dette après la délivrance d’un commandement de payer visant la clause résolutoire insérée au bail prévu par l’article 24, alinéa 1er et 1°, de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, n’ont pas pour effet de modifier les délais figurant dans les clauses contractuelles des baux en cours au jour de l’entrée en vigueur de la loi.
Le bail conclu le 04 juillet 2024 prise effet au 09 juillet 2024 contient une clause résolutoire (article VIII) et un commandement de payer visant cette clause a été signifié le 05 décembre 2024, pour la somme en principal de 1505.32 €. Ce commandement est demeuré infructueux pendant plus de 6 semaines, de sorte qu’il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail étaient réunies à la date du 16 janvier 2025.
L’expulsion de Monsieur [W] [P] sera ordonnée, en conséquence.
II/ SUR LES DEMANDES DE CONDAMNATION AU PAIEMENT :
La Société MILESONE produit un décompte démontrant que Monsieur [W] [P] reste devoir, après soustraction des frais de poursuite, la somme de 4016.97 € à la date du 28 avril 2025.
Monsieur [W] [P], non comparant, n’apporte par définition aucun élément de nature à contester le principe ni le montant de cette dette. Il sera par conséquent condamné à titre provisionnel au paiement de cette somme de 4016.97 €, avec les intérêts au taux légal sur la somme de 1505.32 € à compter du commandement de payer (05 décembre 2024), sur la somme de 2509.98€ à compter de l’assignation (13 Février 2025) et à compter de la présente ordonnance pour le surplus, conformément aux dispositions des articles 1231-6 et 1231-7 du code civil.
Monsieur [W] [P] sera également condamné au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation pour la période courant du date de résiliation du bail à la date de la libération effective et définitive des lieux. Cette indemnité mensuelle d’occupation sera fixée au montant résultant du loyer et des charges, tel qu’il aurait été si le contrat s’était poursuivi soit à la somme de 502.33 € .
III/ SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES :
Monsieur [W] [P], partie perdante, supportera la charge des dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation en référé, de la saisine de la Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions locatives et de sa notification à la préfecture.
Il n’apparaît pas conforme à l’équité de les condamner au paiement d’une quelconque somme au titre des frais irrépétibles. Il convient donc de rejeter la demande formulée au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
La présente décision est de plein droit exécutoire à titre provisoire.
PAR CES MOTIFS,
Le juge des contentieux de la protection, statuant en référé, par mise à disposition au greffe, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort,
CONSTATONS que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 04 juillet 2024 prise effet au 09 juillet 2024 entre la Société MILESONE et Monsieur [W] [P] concernant le bien à usage d’habitation, une cour privative et une cave situés au [Adresse 4] à [Localité 8] sont réunies à la date du 16 janvier 2025 ;
ORDONNONS en conséquence à Monsieur [W] [P] de libérer les lieux et de restituer les clés dès la signification de la présente ordonnance ;
DISONS qu’à défaut pour Monsieur [W] [P] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, Société MILESONE pourra, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours d’un serrurier et de la force publique ;
CONDAMNONS Monsieur [W] [P] à verser à Société MILESONE à titre provisionnel la somme de 4016.97 € (décompte arrêté au 28 avril 2025, incluant une dernière facture de avril 2025), avec les intérêts au taux légal à compter du 05 décembre 2024 sur la somme de 1505.32 €, sur la somme de 2509.98 € à compter du 13 Février 2025 et à compter de la présente ordonnance pour le surplus ;
CONDAMNONS Monsieur [W] [P] à payer à Société MILESONE à titre provisionnel une indemnité mensuelle d’occupation à compter de la date de résiliation du bail et ce, jusqu’à la date de la libération définitive des lieux et la restitution des clés ;
FIXONS cette indemnité mensuelle d’occupation au montant du loyer et des charges, calculés tels que si le contrat s’était poursuivi soit à la somme de 502.33 € ;
REJETONS la demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNONS Monsieur [W] [P] aux dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation en référé, de la saisine de la Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions locatives et de sa notification à la préfecture ;
DEBOUTONS les parties du surplus de leurs demandes ;
RAPPELONS que la présente ordonnance est de plein droit exécutoire à titre provisoire ;
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition de la décision au greffe du tribunal judiciaire, le 26 mai 2025, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du code de procédure civile, la minute étant signée par Monsieur Samuel SERRE, vice-président placé, et par le greffier.
Le greffier, Le vice-président placé,
Christine TREBIER Samuel SERRE
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