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Sur la décision
| Référence : | TJ Avignon, ch. 01 ctx immobilier, 5 nov. 2024, n° 24/01372 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/01372 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 24 septembre 2025 |
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Sur les parties
| Parties : | son Syndic en exercice, Syndicat de coproprietaires de la résidence [ 4 ] |
|---|
Texte intégral
Minute N°
COUR D’APPEL DE NÎMES
TRIBUNAL JUDICIAIRE D’AVIGNON
Chambre 01 CTX IMMOBILIER
N. R.G. : N° RG 24/01372 – N° Portalis DB3F-W-B7I-JXKX
JUGEMENT DU 05 Novembre 2024
DEMANDEUR :
Syndicat de coproprietaires de la résidence [4] représenté par son Syndic en exercice, la société CITYA L’HORLOGE [Localité 3], [Adresse 2],
[Adresse 1]
[Localité 3]
représenté par Me Anthony MARTINEZ, avocat au barreau d’AVIGNON, avocat postulant/plaidant
DÉFENDERESSE :
Madame [T] [D]
[Adresse 1]
[Adresse 1]
[Localité 3]
défaillante
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Président : Monsieur Hervé LEMOINE, Premier Vice-Président, Juge rapporteur
Assesseur : Madame Sylvie PEREZ, Magistrat honoraire, Juge rapporteur
Assesseur : Madame Djamila HACHEFA, Vice-Présidente
Monsieur [M] [F] et Madame [L] [U] ont tenu l’audience, les avocats ne s’y opposant pas conformément à l’article 786 du code de procédure civile. Les juges rapporteurs ont rendu compte au tribunal
DEBATS :
Audience publique du 01 Octobre 2024
Greffier : Frédéric FEBRIER
Après avoir entendu les conseils des parties, l’affaire a été mise en délibéré à ce jour .
JUGEMENT :
Prononcé publiquement par mise à disposition au greffe après avis donné aux parties dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du code de procédure civile, réputé contradictoire, en premier ressort, signé par Monsieur Hervé LEMOINE, Premier Vice-Président et M. Frédéric FEBRIER, greffier.
— =-=-=-=-=-=-
Grosse + expédition à :Me Anthony MARTINEZ
Expédition à :
délivrées le
EXPOSÉ DU LITIGE
Mme [T] [D] est propriétaire des lots n° 292 et 300 dans la résidence “[4]” située [Adresse 1] à [Localité 3] (84), régie par les règles de la copropriété.
La gestion de cette copropriété est assurée par la S.A.R.L. Citya L’Horloge.
Exposant que Mme [T] [D] ne règle plus ses charges de copropriété en leur intégralité depuis plusieurs années et n’a pas régularisé sa situation malgré l’envoi le 12 août 2016 d’un courrier recommandé de mise en demeure de payer, retourné avec la mention “pli avisé et non réclamé”, et la délivrance d’un commandement de payer le 26 septembre 2022, le syndicat des copropriétaires de la résidence “[4]” sise [Adresse 1] à [Localité 3] (84) a, par acte du 15 mai 2024, fait citer cette copropriétaire devant la présente juridiction aux fins de voir:
— condamner Mme [T] [D] à payer au syndicat des copropriétaires de la résidence [4], représenté par son syndic en exercice, la société Citya L’Horloge [Localité 3] :
• la somme de 8 377,60 euros en principal au titre des charges échues impayées et les frais de recouvrement du syndic, arrêtés au 29 avril 2024, avec les intérêts au taux légal à compter de la date du 7 juin 2022, date de la mise en demeure,
• la somme de 2 500,00 euros à titre de dommages et intérêts compte tenu du préjudice subi par la copropriété qui n’a pas à supporter la carence d’un copropriétaire défaillant,
— faire application des dispositions de l’article 1343-2 du code civil,
— condamner Mme [T] [D] à payer au syndicat des copropriétaires de la résidence [4], représenté par son syndic en exercice, la société Citya L’Horloge [Localité 3] , la somme de 1 500,00 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile,
— condamner Mme [T] [D] aux entiers dépens de procédure toutes taxes comprises, qui comprendront ceux du commandement de payer, outre les frais éventuels d’exécution,
— dire n’y avoir lieu à écarter l’exécution provisoire de la décision à intervenir.
Quoique régulièrement citée, Mme [D] n’a pas constitué avocat.
En application des dispositions de l’article 455 du code de procédure civile, il est expressément renvoyé aux écritures visées ci-dessus pour un exposé plus précis des faits, prétentions, moyens et arguments des parties.
La clôture a été prononcée le 4 juillet 2024.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Conformément à l’article 473 du code de procédure civile, la présente décision, rendue en premier ressort, sera réputée contradictoire.
Il résulte des dispositions de l’article 472 de ce même code qu’au cas où le défendeur ne comparaît pas, le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur la demande en paiement des charges de copropriété formée par le syndicat des copropriétaires de la résidence “[4]” sise à [Localité 3] (84) :
En application de l’article 10 de la loi N°65-557 du 10 juillet 1965, les copropriétaires sont tenus de participer aux charges entraînées par les services collectifs et les éléments d’équipement commun en fonction de l’utilité que ces services et éléments présentent à l’égard de chaque lot et aux charges relatives à la conservation, à l’entretien et à l’administration des parties communes proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots.
L’article 14-1 de cette même loi du 10 juillet 1965 dispose que “pour faire face aux dépenses courantes de maintenance, de fonctionnement et d’administration des parties communes et équipements communs de l’immeuble, le syndicat des copropriétaires vote, chaque année, un budget prévisionnel”, que “les copropriétaires versent au syndicat des provisions égales au quart du budget voté, sauf à ce que l’assemblée générale fixe des modalités différentes”, et que “la provision est exigible le premier jour de chaque trimestre ou le premier jour fixé par l’assemblée générale”.
L’approbation des comptes du syndic par l’assemblée générale rend certaine, liquide et exigible la créance du syndicat des copropriétaires relative à la quote-part de charges de chacun des copropriétaires. En conséquence, le copropriétaire qui n’a pas contesté dans les délais prévus à l’article 42 alinéa 2 de cette même loi la décision de l’assemblée générale ayant approuvé les comptes n’est plus fondé à s’opposer au paiement des sommes qui lui sont réclamées à ce titre. Cependant, chaque propriétaire est recevable à contester son décompte individuel s’il s’avère que les sommes qui y sont portées en débit ou en crédit ne sont pas en corrélation avec les résolutions de l’assemblée générale.
Les provisions pour charges votées sont exigibles le premier jour de chaque trimestre ou le premier jour fixé par l’assemblée générale et les sommes afférentes aux dépenses pour travaux sont exigibles selon les modalités votées en assemblée générale.
Au regard des pièces que le syndicat des copropriétaires de la résidence “[4]” à [Localité 3] (84) verse aux débats à l’appui de sa demande, à savoir :
— les procès-verbaux des assemblées générales des 11 avril 2013, 30 juin 2016, 4 juillet 2017, 28 juin 2018, 16 juillet 2019, 19 novembre 2020, 8 juin 2021, 27 juin 2022 et 27 juin 2023 portant approbation des comptes des exercices précédents et du budget prévisionnel de l’exercice de l’année à venir,
— le courrier recommandé de mise en demeure de payer du 12 août 2016, retourné avec la mention “pli avisé et non réclamé”,
— le commandement de payer délivré à cette copropriétaire le 26 septembre 2022,
— le décompte de la créance arrêté au 29 avril 2024,
et quoique les appels de provisions sur charges et de fonds travaux pour la période considérée ne soient pas versés aux débats, il est établi que Mme [T] [D] est redevable envers la copropriété de la résidence “[4]” à [Localité 3] (84) de la somme de 6 895,10 euros au titre des charges de copropriété demeurées impayées, arrêtées après les appels de fonds du 2ème trimestre 2024 (avril – juin 2024). Cette copropriétaire sera en conséquence condamnée au paiement de cette somme, avec intérêts au taux légal à compter du 26 septembre 2022, date du commandement de payer, sur la somme de 2 865,43 euros et à compter du 15 mai 2024, date de l’assignation en justice valant mise en demeure de payer, pour le surplus.
Aux termes de l’article 10-1 de la loi N°65-557 du 10 juillet 1965, sont imputables au seul copropriétaire concerné les frais nécessaires exposés par le syndicat, notamment les frais de mise en demeure, de relance et de prise d’hypothèque à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d’une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire ainsi que les droits et émoluments des actes des huissiers de justice. Sont également dus par le copropriétaire défaillant les frais et honoraires du syndic afférent aux prestations concernant ce copropriétaire.
En application de ce texte, Mme [T] [D] supportera les frais d’actes de commissaire de justice (commandement de payer du 26 septembre 2022, assignation en justice du 15 mai 2024) engagés pour obtenir le règlement de sa dette par cette copropriétaire. Par contre, aucune somme ne sera allouée ni au titre des courriers envoyés à la débitrice les 19 juillet 2022, 10 août 2022 et 10 novembre 2023, aucun justificatif de l’envoi de ces courriers (copie courrier + avis de réception lorsque l’envoi s’est fait en cette forme) n’étant produit, ni au titre de frais de contentieux des 13 septembre 2022, 18 novembre 2022 et 8 février 2024, d’un montant de 480,00 euros T.T.C. à chaque fois, ces frais n’étant dus, selon l’article 9 du contrat de syndic versé aux débats, qu’en cas de “diligences exceptionnelles”, ce dont ne justifie pas le syndic, qui n’a fait que transmettre à son huissier ou à son avocat habituel la copie des pièces qu’il détient (procès-verbaux d’assemblée générale, justificatifs des appels de fonds …), ainsi qu’un décompte actualisé des sommes dues par le copropriétaire. En conséquence, toutes les sommes facturées à ces titres par ce syndic ne sont dues ni par Mme [D], ni par la copropriété de la résidence “[4]” à [Localité 3] (84).
Il y a lieu d’ordonner, en application des dispositions de l’article 1343-2 du code civil, la capitalisation des intérêts dus à l’expiration de chaque période annuelle.
Sur la demande de dommages intérêts formée par le syndicat des copropriétaires de la résidence “[4]” sise à [Localité 3] (84) :
Le retard récurrent de Mme [D] dans le paiement de ses charges de copropriété, en ce qu’il remet en cause l’équilibre et la bonne gestion des comptes de la copropriété, occasionne au syndicat des copropriétaires de la résidence “[4]” à [Localité 3] (84) un préjudice distinct du simple retard dans le paiement desdites charges, et doit être réparé par l’allocation d’une somme de 1 000,00 euros à titre de dommages intérêts.
Sur les dépens et les frais irrépétibles :
Mme [D], qui succombe, supportera la charge des dépens de la présente instance, qui comprendront le coût du commandement de payer du 26 septembre 2022 (150,50 euros) et de l’assignation en justice du 15 mai 2024 (120,15 euros).
Une indemnité de 1 000,00 euros sera allouée au syndicat des copropriétaires de la résidence “[4]” à [Localité 3] (84) au titre des frais irrépétibles qu’il a été contraint d’engager dans le cadre de la présente instance pour obtenir le paiement de sa créance.
PAR CES MOTIFS
Le tribunal, statuant publiquement, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort, par mise à disposition au greffe,
CONDAMNE Mme [T] [D] à payer au syndicat des copropriétaires de la résidence “[4]” sise [Adresse 1] à [Localité 3] (84), représenté par son syndic en exercice, les sommes suivantes :
— SIX MILLE HUIT CENT QUATRE VINGT QUINZE EUROS ET DIX CENTIMES (6 895,10 EUR) au titre des charges de copropriété impayées jusqu’au 29 avril 2024 (appel de fonds pour le deuxième trimestre 2024), avec intérêts au taux légal à compter du 26 septembre 2022 sur la somme de 2 865,43 euros et à compter du 15 mai 2024 pour le surplus,
— MILLE EUROS (1 000,00 EUR) à titre de dommages intérêts en réparation du préjudice subi, avec intérêt au taux légal à compter du prononcé de la présente décision,
DÉBOUTE le syndicat des copropriétaires de la résidence “[4]” à [Localité 3] (84) du surplus de ses demandes,
ORDONNE la capitalisation des intérêts dus à l’expiration de chaque période annuelle, en application des dispositions de l’article 1343-2 du code civil,
CONDAMNE Mme [T] [D] à payer au syndicat des copropriétaires de la résidence “[4]” sise [Adresse 1] à [Localité 3] (84), représenté par son syndic en exercice, la somme de MILLE EUROS (1 000,00 EUR) par application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile,
CONDAMNE Mme [T] [D] aux dépens, lesquels comprendront le coût des actes délivrés par commissaire de justice,
RAPPELLE qu’en application de l’article 514 du code de procédure civile, le présent jugement est exécutoire de droit à titre provisoire.
Le présent jugement a été signé par le président de la chambre et le greffier
LE GREFFIER LE PRESIDENT
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