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Sur la décision
| Référence : | TJ Avignon, réf. jcp <ou= 10 000eur, 31 mars 2026, n° 25/00561 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00561 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 8 avril 2026 |
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Sur les parties
| Parties : | Société SCIC H.L.M [ Localité 3 ] |
|---|
Texte intégral
COUR D’APPEL DE [Localité 1]
TRIBUNAL JUDICIAIRE D’AVIGNON
N° RG 25/00561 – N° Portalis DB3F-W-B7J-KJM6
Minute N° : 26/00136
Procédure civile de droit commun
ORDONNANCE DE REFERE
Code de procédure Civile art.454
DU 31 Mars 2026
Dossier + Copie + Copie exécutoire délivrés à :
Mme [R]
Copie délivrée à :
Préfecture de [Localité 2]
le :
DEMANDEUR
Société SCIC H.L.M [Localité 3]
[Adresse 1]
[Adresse 2]
[Localité 4]
Représentée par Mme [R]
DEFENDEUR :
Madame [M] [L]
née le 01 Février 1989 à [Localité 5]
[Adresse 3]
[Adresse 4]
[Localité 6]
Non comparante
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Madame Amandine GORY, Juge chargé des Contentieux de la Protection statuant en qualité de Juge des référés, assistée de Madame Béatrice OGIER, Greffière, lors des débats et de Madame Laëtitia NICOLAS, Greffière, lors du délibéré
DÉBATS :
Après avoir entendu à l’audience du 03 Mars 2026 les parties comparantes ou leurs conseils, le président les a informés que l’affaire était mise en délibéré et que l’ordonnance serait rendue ce jour, par mise à disposition au greffe.
EXPOSE DU LITIGE
Par acte sous seing privé du 07 février 2023, [Localité 3] a consenti à Madame [M] [L] un bail portant sur un local à usage d’habitation sis [Adresse 5] – moyennant un loyer mensuel de 587,89 euros, outre 20,88 euros pour un stationnement.
Faute de paiement des loyers dans les délais convenus et par exploits de commissaire de justice du 16 octobre 2025, [Localité 7] DELTA HABITAT a fait délivrer à Madame [M] [L] un commandement de payer, au titre du solde des loyers et charges non réglés, la somme de 1.921,73 euros outre les frais.
Faute de règlement, et par exploit délivré le 22 décembre 2025, GRAND DELTA HABITAT a fait citer Madame [M] [L] devant le juge des référés du présent tribunal aux fins de la voir principalement condamnée à :
— voir constater l’acquisition de la clause résolutoire et la résiliation de plein droit du contrat de bail à la date du 17 décembre 2025 ;
— l’expulsion de la locataire ainsi que tous occupants de son chef avec, si besoin est, le concours de la force publique ;
— lui payer à titre provisionnel et de l’arriéré locatif, la somme de 3.455,65 euros à la date de l’acte, outre les loyers et charges échus ou à échoir jusqu’à la date de résiliation du bail, ladite somme portant intérêts judiciaires à compter du commandement ;
— lui payer une indemnité mensuelle d’occupation fixée au moins au montant du loyer et des charges qu’elle aurait payé si elle était restée locataire, jusqu’à départ effectif des lieux ;
— payer les entiers dépens de l’instance.
L’affaire est fixée à l’audience du 03 mars 2026, lors de laquelle la société [Localité 7] DELTA HABITAT comparaît représentée et, soutenant oralement le dossier qu’elle dépose, sollicite le bénéfice de son assignation sous réserve d’une actualisation de la dette locative à la hausse à la somme de 4.988 euros. Elle ajoute qu’il n’y a pas eu de paiement depuis le mois de mai 2025.
Madame [M] [L] ne comparaît pas et n’est pas représentée.
Aucun Diagnostic Social et Financier n’a été communiqué au Tribunal avant l’audience.
La décision est mise en délibéré au 31 mars 2026.
La défenderesse régulièrement assignée, n’ayant pas comparu ni été représentée, la présente ordonnance, susceptible d’appel, sera réputé contradictoire en application de l’article 473 du code de procédure civile.
MOTIFS
L’article 472 du code de procédure civile prévoit que lorsque le défendeur ne comparait pas, le Tribunal fait droit à la demande s’il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Aux termes de l’article 834 du code de procédure civile, dans tous les cas d’urgence, le juge des contentieux de la protection peut, dans la limite de sa compétence, ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend.
Par ailleurs, par application de l’article 835 du même code, le juge peut accorder une provision au créancier, lorsque l’obligation n’est pas sérieusement contestable.
Enfin, il ressort de l’article 9 de ce code qu’il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention. Il résulte en outre de l’article 1353 du code civil que celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation.
*
Conformément aux dispositions de l’article 24 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, dans sa version applicable en l’espèce, l’assignation a été régulièrement dénoncée à la préfecture de [Localité 2] le 24 décembre 2025, au moins six semaines avant la première audience.
Par ailleurs, la CAF de [Localité 2] a été saisie le 08 août 2024, de la situation d’impayé, soit dans les délais légaux.
La demande de résiliation formée par [Localité 3] est donc recevable.
1) Sur la résiliation du bail
Aux termes de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989, dans sa version applicable au présent litige, toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non versement du dépôt de garantie ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux.
En l’espèce, le contrat de location est bien doté d’une telle clause résolutoire.
Par ailleurs, il ressort de manière incontestable de la lecture des décomptes produits par [Localité 3] que Madame [M] [L] n’a pas satisfait aux termes du commandement de payer dans le délai de deux mois imparti (termes du bail, plus favorables que les nouvelles dispositions législatives), soit avant le 17 décembre 2025.
La clause résolutoire est donc acquise au bénéfice de [Localité 7] DELTA HABITAT depuis le 17 décembre 2025.
2) Sur l’indemnité provisionnelle au titre de l’arriéré locatif
Aux termes de l’article 7 de la loi du 6 juillet 1989, et des dispositions du bail, le locataire est notamment obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus.
A l’audience, le bailleur a fourni un décompte actualisé de créance, arrêté au 13 février 2026 et portant la dette locative à la somme de 4.988,00 euros. Toutefois, il ne justifie pas de la communication de ce nouveau décompte à la défenderesse, de sorte que le Tribunal ne peut le
retenir sans méconnaître le principe du contradictoire.
Ainsi, après examen des décomptes produits par [Localité 3], la créance apparaît incontestable dans son principe comme dans son montant et la demande, arrêtée à la date du 17 décembre 2025, date d’acquisition de la clause résolutoire, est fondée à hauteur de 3.455,65 euros, à titre de provision à valoir sur les arriérés de loyers et de charges impayés, terme de novembre 2025 inclus.
Cette somme sera assujettie au taux d’intérêt légal à compter de l’assignation.
3) Sur l’expulsion
Aux termes de l’article 544 du code civil, la propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements.
En l’espèce, la clause résolutoire étant acquise au profit de [Localité 7] DELTA HABITAT à compter du 17 décembre 2025, et Madame [M] [L] étant occupante sans droit ni titre depuis cette date, elle devra quitter les lieux, afin que le bailleur puisse reprendre possession de son bien, et éviter que la dette ne s’accroisse.
A défaut d’un départ volontaire, il y aura lieu de procéder à l’expulsion de celle-ci et de tous occupants de son chef, si besoin avec l’assistance de la force publique et d’un serrurier, à la suite du délai légal de deux mois suivant la délivrance d’un commandement délivré par huissier de justice d’avoir à quitter les lieux.
Par ailleurs, le sort des meubles se trouvant dans les lieux sera régi conformément aux dispositions des articles L. 433-1 et L. 433-2 du code des procédures civiles d’exécution.
4) Sur les indemnités d’occupation mensuelles
En application de l’article 1240 du code civil et en occupant sans droit ni titre les lieux susvisés, Madame [M] [L] a causé un préjudice à [Localité 3]. Il convient donc d’octroyer au bailleur une indemnité d’occupation mensuelle, destinée à réparer ce préjudice.
En l’espèce, il convient ainsi de condamner Madame [M] [L] à verser à titre provisionnel à [Localité 8] HABITAT, au titre de l’indemnité d’occupation mensuelle, et à compter du 18 décembre 2025, lendemain de l’acquisition de la clause résolutoire, une somme égale au montant de la quittance locative actuelle, somme forfaitaire charges comprises avec indexation
PAR CES MOTIFS,
Nous, Amandine GORY, Vice-Présidente chargée des contentieux de la protection statuant en qualité de juge des référés, assistée de Laëtitia NICOLAS, greffière, statuant publiquement, par ordonnance de référé réputée contradictoire rendue en premier ressort,
Au principal, RENVOYONS les parties à se pourvoir ainsi qu’elles aviseront mais, dès à présent et par provision,
Déclarons recevable la demande de résiliation formée par [Localité 3] concernant le contrat de bail du 07 février 2023 consenti à Madame [M] [L] et portant sur un local à usage d’habitation sis [Adresse 5] ;
Constatons l’acquisition de la clause résolutoire à compter du 17 décembre 2025 ;
Constatons la résiliation de plein droit du contrat de bail précité à compter du 17 décembre 2025 ;
Constatons que Madame [M] [L] est occupante sans droit ni titre des locaux précités depuis cette date ;
Condamnons Madame [M] [L] à payer à [Localité 3] la somme de 3.455,65 euros à titre de provision à valoir sur les arriérés de loyers et de charges impayés, terme de novembre 2025 inclus et décompte arrêté au 17 décembre 2025, avec intérêts au taux légal à compter du 22 décembre 2025, date de l’assignation ;
Autorisons l’expulsion de Madame [M] [L] et de tous occupants de son chef du local d’habitation précité, et disons qu’à défaut de départ volontaire, l’intéressée pourra être contrainte à l’expulsion avec, si besoin est, l’assistance de la force publique et d’un serrurier à la suite du délai légal de deux mois suivant la délivrance d’un commandement délivré par huissier de justice d’avoir à quitter les lieux ;
Disons qu’en cas d’expulsion il sera procédé en tant que de besoin à l’enlèvement des meubles et objets mobiliers se trouvant dans les lieux, dont le sort sera régi conformément aux dispositions des articles L. 433-1 et L. 433-2 du code des procédures civiles d’exécution ;
Condamnons Madame [M] [L] à payer à [Localité 3] à titre provisionnel, une indemnité d’occupation mensuelle forfaitaire d’un montant égal à celui de la quittance locative actuelle, somme forfaitaire charges comprises et ce à compter du 18 décembre 2025, lendemain de l’acquisition de la clause résolutoire, avec indexation ;
Dit que la présente ordonnance sera transmise aux services de la Préfecture de [Localité 2] ;
Condamnons Madame [M] [L] aux entiers dépens de l’instance, lesquels comprendront le coût du commandement de payer du 16 octobre 2025 et l’assignation du 22 décembre 2025 ;
Rappelons que la présente ordonnance bénéficie de l’exécution provisoire de droit ;
Rejetons les autres demandes pour le surplus.
Ainsi ordonné et mis à disposition au greffe le 31 mars 2026.
Le Greffier Le Juge
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