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Sur la décision
| Référence : | TJ Bobigny, ch. 8 sect. 3, 23 janv. 2025, n° 24/09491 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/09491 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 5 juin 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOBIGNY
JUGE DE L’EXECUTION
JUGEMENT CONTENTIEUX DU
23 Janvier 2025
MINUTE : 25/69
RG : N° 24/09491 – N° Portalis DB3S-W-B7I-Z6EE
Chambre 8/Section 3
Rendu par Madame COSNARD Julie, Juge chargé de l’exécution, statuant à Juge Unique.
Assistée de Madame MOUSSA Anissa, Greffière,
DEMANDEUR
Monsieur [C] [W]
[Adresse 2]
[Localité 3]
Assisté par Me Tristan HANVIC, avocat au barreau de SEINE-SAINT-DENIS
ET
DEFENDEUR
Monsieur [L] [X]
[Adresse 1]
[Localité 4]
non comparant
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DEBATS
Madame COSNARD, juge de l’exécution,
Assistée de Madame MOUSSA, Greffière.
L’affaire a été plaidée le 09 Janvier 2025, et mise en délibéré au 23 Janvier 2025.
JUGEMENT
Prononcé le 23 Janvier 2025 par mise à disposition au greffe, par décision Réputée contradictoire et en premier ressort.
EXPOSÉ DU LITIGE
Par jugement en date du 29 juillet 2022, le juge des contentieux de la protection du tribunal de proximité d’Aubervilliers a notamment :
— constaté l’acquisition de la clause résolutoire du bail conclu entre Monsieur [C] [W] et Monsieur [L] [X] et portant sur le logement sis [Adresse 2] à [Localité 6],
— condamné Monsieur [C] [W] à payer à Monsieur [L] [X] une indemnité d’occupation mensuelle,
— autorisé l’expulsion de Monsieur [C] [W] et de tout occupant de son chef des lieux litigieux.
Un commandement de quitter les lieux lui a été délivré le 8 août 2022.
C’est dans ce contexte que, par requête du 17 septembre 2024, Monsieur [C] [W] a saisi le juge de l’exécution du tribunal de céans afin que lui soit accordé, sur le fondement des articles L. 412-3 et L. 412-4 du code des procédures civiles d’exécution, un délai de 12 mois pour libérer les lieux.
L’affaire a été appelée à l’audience du 9 janvier 2025.
À cette audience, Monsieur [C] [W], assisté par son conseil, maintient sa demande.
Il fait part de sa situation familiale et financière, ainsi que de ses démarches de relogement. Il indique avoir récemment signé un plan d’apurement avec le propriétaire.
En défense, Monsieur [L] [X], convoqué par lettre recommandée avec accusé de réception signé, n’a pas comparu.
À l’issue des débats, l’affaire a été mise en délibéré au 23 janvier 2025.
Pour un plus ample exposé des faits, moyens et prétentions des parties, il est renvoyé aux écritures visées ci-dessus conformément aux dispositions de l’article 455 du code de procédure civile.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Aux termes de l’article L412-3 alinéa 1er du code des procédures civiles d’exécution, le juge peut accorder des délais renouvelables aux occupants de lieux habités ou de locaux à usage professionnel, dont l’expulsion a été ordonnée judiciairement, chaque fois que le relogement des intéressés ne peut avoir lieu dans des conditions normales.
L’article L412-4 de ce même code précise que pour la fixation de ces délais, il est tenu compte de la bonne ou mauvaise volonté manifestée par l’occupant dans l’exécution de ses obligations, des situations respectives du propriétaire et de l’occupant, notamment en ce qui concerne l’âge, l’état de santé, la qualité de sinistré par faits de guerre, la situation de famille ou de fortune de chacun d’eux, les circonstances atmosphériques, ainsi que des diligences que l’occupant justifie avoir faites en vue de son relogement ; est également tenu compte du droit à un logement décent et indépendant, des délais liés aux recours engagés selon les modalités prévues aux articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation et du délai prévisible de relogement des intéressés.
Ce même article dispose que la durée des délais prévus à l’article L. 412-3 ne peut, en aucun cas, être inférieure à un mois ni supérieure à un an.
En l’espèce, il ressort des pièces produites en demande que Monsieur [C] [W] occupe le logement litigieux avec sa compagne et son fils âgé de 20 ans. Celui-ci est handicapé et bénéficie d’une carte mobilité inclusion.
Les ressources de Monsieur [C] [W], composées actuellement uniquement du RSA, ne lui permettent pas de se reloger dans le parc privé. Si ses droits à l’allocation logement, d’un montant mensuel 471 euros, sont suspendus, la signature d’un plan d’apurement avec le propriétaire le 14 décembre 2024 est de nature à permettre le rétablissement du versement de cette prestation sociale. Il justifie d’une demande de logement social effectuée en 2015 et renouvelée chaque année ainsi que d’une décision le reconnaissant prioritaire DALO le 11 septembre 2019.
Dans ces conditions, il y a lieu d’accorder à l’intéressé des délais avant expulsion d’une durée de 12 mois, soit jusqu’au 23 janvier 2026.
Afin de ne pas pénaliser excessivement le propriétaire, ces délais seront subordonnés au paiement régulier de l’indemnité d’occupation courante, telle que prévue par le jugement du 29 juillet 2022 du tribunal de proximité d’Aubervilliers.
En application de l’article 696 du code de procédure civile, Monsieur [C] [W] supportera la charge des éventuels dépens, et ce malgré le succès de sa prétention, l’instance ayant été introduite par ce dernier dans le seul objectif d’obtenir un délai avant son expulsion.
La nature du litige rend nécessaire de déclarer la présente décision exécutoire au seul vu de la minute, en application des dispositions de l’article R121-17 du code des procédures civiles d’exécution.
PAR CES MOTIFS
La juge de l’exécution, statuant publiquement, par jugement réputé contradictoire, mis à disposition au greffe et en premier ressort :
Accorde à Monsieur [C] [W], ainsi qu’à tout occupant de son chef, un délai de 12 mois, soit jusqu’au 23 janvier 2026 inclus, pour se maintenir dans les lieux situés au [Adresse 2] à [Localité 6] ;
Dit qu’à défaut de paiement à son terme d’une indemnité d’occupation courante telle que fixée par le jugement du 29 juillet 2022 du tribunal de proximité d’Aubervilliers, et passé un délai de 15 jours suivant la réception d’une mise en demeure de payer les sommes dues, adressée par lettre recommandée avec accusé de réception, Monsieur [C] [W] perdra le bénéfice du délai accordé et le propriétaire pourra reprendre la mesure d’expulsion ;
Dit que Monsieur [C] [W] devra quitter les lieux le 23 janvier 2026 au plus tard, faute de quoi la procédure d’expulsion, suspendue pendant ce délai, pourra être reprise ;
Condamne Monsieur [C] [W] aux dépens ;
Déclare la présente décision exécutoire au seul vu de la minute.
Fait à [Localité 5] le 23 janvier 2025.
LA GREFFIÈRE LA JUGE DE L’EXÉCUTION
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