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Sur la décision
| Référence : | TJ Bobigny, ch. 29 proxi fond, 17 mars 2026, n° 25/12648 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/12648 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 31 mars 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL DE PROXIMITÉ
DE, [Localité 1],
[Adresse 1],
[Localité 2]
Téléphone :, [XXXXXXXX01] ou 77
@ :, [Courriel 1]
@ :, [Courriel 2]
REFERENCES : N° RG 25/12648 – N° Portalis DB3S-W-B7J-4GMQ
Minute : 26/00068
S.D.C. DE LA RESIDENCE, [Localité 3] SISE, [Adresse 2]
Représentant : Me Thierry LAISNE, avocat au barreau de VAL D’OISE, vestiaire : T179
C/
Monsieur, [L], [U]
Copie exécutoire :
Maître, [M], [S]
Copie certifiée conforme :
Monsieur, [L], [U]
Le 17 Mars 2026
JUGEMENT
Jugement rendu et mis à disposition au greffe de ce tribunal en date du 17 Mars 2026;
Sous la présidence de Madame Maud PICQUET, juge de ce tribunal assistée de Madame Coraline BONAVENTURE, greffier ;
Après débats à l’audience publique du 13 Janvier 2026 le jugement suivant a été rendu :
ENTRE DEMANDEUR(S) :
S.D.C. DE LA RESIDENCE, [Localité 3], [Adresse 2] représenté par son syndic la société VERTFONCIÉ ,
[Adresse 3] ,
[Localité 4]
Représenté par Maître Thierry LAISNE, avocat au barreau de VAL D’OISE
ET DÉFENDEUR(S) :
Monsieur, [L], [U],
[Adresse 4] ,
[Adresse 5] ,
[Localité 5]
non comparant, ni représenté
EXPOSE DU LITIGE
Monsieur, [L], [U] est propriétaire de divers lots de copropriété situés, [Adresse 6].
Le 25 novembre 2025, le syndicat des copropriétaires de la, [Adresse 7] située, [Adresse 8], représenté par son syndic, la société VERTFONCIE, a fait assigner Monsieur, [L], [U] devant le tribunal de proximité de Saint-Ouen aux fins suivantes :
condamner Monsieur, [L], [U] à lui payer la somme de 5 980,01 € au titre des charges de copropriété impayées au 1er octobre 2025, avec les intérêts au taux légal à compter de la première mise en demeure ou sommation de payer ;
condamner Monsieur, [L], [U] à lui payer la somme de 702,00 € au titre de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, avec les intérêts au taux légal à compter de la première mise en demeure ou sommation de payer ;
ordonner la capitalisation des intérêts ;
condamner Monsieur, [L], [U] à lui payer la somme de 800,00 € à titre de dommages et intérêts ;
condamner Monsieur, [L], [U] à lui payer la somme de 1 200,00 € sur le fondement des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile, outre les entiers dépens ;
le tout sous le bénéfice de l’exécution provisoire.
A l’audience du 13 janvier 2026, le syndicat des copropriétaires de la, [Adresse 7] située, [Adresse 8], représenté par son conseil, sollicite le bénéfice de son acte introductif d’instance.
Au soutien de ses prétentions, le syndicat des copropriétaires expose que Monsieur, [L], [U] ne s’est pas acquitté de sa quote-part des charges de copropriété et qu’il n’a pas été possible d’obtenir le paiement de cette créance. Il invoque également les conséquences de ce non-paiement de charges sur le fonctionnement normal de la copropriété et souligne que Monsieur, [L], [U] a déjà été condamné à payer un arriéré de charges de copropriété par jugement du 29 mars 2024, dont les causes n’ont pas été apurées.
Cité par un acte déposé à l’étude du commissaire de justice, Monsieur, [L], [U] ne comparaît pas.
L’affaire est mise en délibéré au 17 mars 2026.
MOTIVATION DE LA DÉCISION
En application de l’article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que s’il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
I. Sur les demandes principales
Sur les sommes dues au titre des charges de copropriété
Aux termes de l’article 10 de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis, les copropriétaires sont tenus de participer aux charges relatives aux services collectifs et équipements communs, ainsi qu’à celles relatives à la conservation, l’entretien et l’administration des parties communes proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots.
En application de l’article 14-1 de la loi du 10 juillet 1965, les copropriétaires sont tenus de verser au syndicat des provisions égales au quart du budget voté en assemblée générale, ces provisions devenant exigibles le premier jour de chaque trimestre.
En l’espèce, le syndicat des copropriétaires de la, [Adresse 7] située, [Adresse 8] verse aux débats:
un relevé de propriété attestant de ce que Monsieur, [L], [U] est propriétaire des lots 845, 907 et 1478 situés, [Adresse 6] ;
un décompte daté du 18 septembre 2025 et arrêté au 1er octobre 2025 ;
les appels de fonds ;
les procès-verbaux des assemblées générales tenues les 5 juillet 2023, 5 juin 2024, 2 avril 2025 et 2 juillet 2025, ayant approuvé les comptes des années antérieures, les budgets prévisionnels correspondants, ainsi que les travaux mentionnés dans le décompte versé aux débats ;
le jugement rendu le 29 mars 2024 ;
un décompte d’exécution de la condamnation prononcée le 29 mars 2024.
Le syndicat des copropriétaires justifie ainsi que Monsieur, [L], [U] n’a pas acquitté dans son intégralité sa quote-part des charges de copropriété dues pour un montant de 5 980,01 € (hors frais).
Il convient, en conséquence, de condamner Monsieur, [L], [U] au paiement de la somme de 5 980,01 € au titre des charges de copropriété dues à la date du 1er octobre 2025, provisions de charges pour la période du 4ème trimestre 2025 incluses.
Cette somme portera intérêts au taux légal à compter de l’assignation du 25 novembre 2025.
Sur les sommes nécessaires au recouvrement
En application de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, seuls peuvent être mis à la charge du copropriétaire défaillant le coût de la mise en demeure, des relances justifiées, des droits et émoluments facturés par les commissaires de justice et des frais exposés pour la prise d’hypothèque sur le lot des copropriétaires débiteurs.
Seuls les frais nécessaires, c’est-à-dire ceux exposés pour l’avancement de la procédure sont à la charge du copropriétaire défaillant. Tel n’est pas le cas à titre d’exemple des frais de syndic intitulés « frais de relance », de contentieux, ou des frais correspondant à la transmission des dossiers aux avocats ou aux commissaires de justice, qui correspondent à des frais d’honoraires du syndic. En effet, l’activité du syndic pour engager le recouvrement des sommes constitue un acte élémentaire d’administration de la copropriété faisant partie de ses fonctions de base et le fait que le contrat de syndic prévoit une rémunération spécifique de cette activité, à titre d’honoraires supplémentaires, n’en change pas la nature.
En l’espèce, il apparaît que le syndicat des copropriétaires de la, [Adresse 7] située, [Adresse 8] est fondé à solliciter, au titre des frais imputables à Monsieur, [L], [U] seul, la somme de 40,00 €, les autres frais sollicités étant soit injustifiés, soit superfétatoires, et donc non nécessaires au sens de l’article 10-1 susvisé.
Par conséquent, Monsieur, [L], [U] sera condamné à payer la somme de 40,00 € au syndicat des copropriétaires de la, [Adresse 7] située, [Adresse 8] au titre des frais de recouvrement nécessaires.
Cette somme portera intérêts au taux légal à compter de l’assignation du 25 novembre 2025.
Sur les dommages et intérêts
Il ressort des articles 1231-1 et 1231-6 du code civil que le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages-intérêts distincts des intérêts moratoires.
En omettant de s’acquitter des charges dues, Monsieur, [L], [U], qui a déjà été condamné à payer un arriéré de charges de copropriété, perturbe la trésorerie et le bon fonctionnement de la copropriété, qui ne peut pourvoir à l’entretien de l’immeuble et au paiement de ses fournisseurs sans l’encaissement à bonne date des charges appelées par le syndic.
Cette situation cause au syndicat un préjudice distinct de celui résultant du simple retard de paiement.
En conséquence, Monsieur, [L], [U] sera condamné à payer au syndicat des copropriétaires la somme de 200 € à titre de dommages-intérêts.
Sur la capitalisation des intérêts
En application des dispositions de l’article 1343-2 du code civil, les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l’a prévu ou si une décision de justice le précise.
Compte tenu de la demande formée, il convient d’ordonner la capitalisation des intérêts.
II. Sur les demandes accessoires :
Sur les dépens
L’article 696 du code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
Monsieur, [L], [U] qui succombe à l’instance, sera condamné aux dépens.
Sur les frais irrépétibles
Il résulte des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans tous les cas, le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à ces condamnations. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu’elles demandent.
Compte tenu des circonstances du litige et en l’absence d’éléments relatifs à la situation économique du défendeur, il convient de condamner celui-ci à payer au syndicat des copropriétaires de la, [Adresse 7] située, [Adresse 8] la somme de 800,00 € en application de l’article précité.
Sur l’exécution provisoire
Conformément à l’article 514 du code de procédure civile, les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n’en dispose autrement.
En l’espèce, compte tenu de la nature du litige et en l’absence de dispositions légales contraires, l’exécution provisoire est de droit.
PAR CES MOTIFS
Le tribunal, statuant publiquement, après débats en audience publique, par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,
CONDAMNE Monsieur, [L], [U] à verser au syndicat des copropriétaires de la, [Adresse 7] située, [Adresse 8], représenté par son syndic, la société VERTFONCIE, la somme de 5 980,01 € au titre des charges de copropriété dues à la date du 1er octobre 2025, provisions de charges pour la période du 4ème trimestre 2025 incluses, ainsi que la somme de 40,00 € au titre des frais de recouvrement, majorées des intérêts au taux légal à compter du 25 novembre 2025 ;
ORDONNE la capitalisation des intérêts conformément aux dispositions de l’article 1343-2 du code civil ;
CONDAMNE Monsieur, [L], [U] à verser au syndicat des copropriétaires de la, [Adresse 7] située, [Adresse 8], représenté par son syndic, la société VERTFONCIE, la somme de 200 € à titre de dommages-intérêts ;
CONDAMNE Monsieur, [L], [U] à verser au syndicat des copropriétaires de la, [Adresse 7] située, [Adresse 8], représenté par son syndic, la société VERTFONCIE, la somme de 800,00 € sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile ;
DÉBOUTE le syndicat des copropriétaires de la, [Adresse 7] située, [Adresse 8], représenté par son syndic, la société VERTFONCIE, du surplus de ses demandes ;
CONDAMNE Monsieur, [L], [U] aux entiers dépens de la présente instance ;
RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit ;
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition du jugement au greffe, le 17 mars 2026, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du code de procédure civile, la minute étant signée par la juge et par la greffière.
La greffière, La juge,
REFERENCES A RAPPELER : N° RG 25/12648 – N° Portalis DB3S-W-B7J-4GMQ
DÉCISION EN DATE DU : 17 Mars 2026
AFFAIRE :
S.D.C. DE LA RESIDENCE, [Localité 3] SISE, [Adresse 2]
Représentant : Me Thierry LAISNE, avocat au barreau de VAL D’OISE, vestiaire : T179
C/
Monsieur, [L], [U]
EN CONSÉQUENCE
la République française mande et ordonne à tous huissiers de justice, sur ce requis, de mettre ledit jugement à exécution, aux procureurs généraux et aux procureurs de la République près les tribunaux de grande instance d’y tenir la main, à tous commandants et officiers de la force publique de prêter main-forte lorsqu’ils en seront légalement requis.
En foi de quoi le présent jugement a été signé par le Président et le Greffier.
POUR COPIE CERTIFIÉE CONFORME
revêtue de la formule exécutoire
P/le directeur des services de greffe judiciaires
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