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Sur la décision
| Référence : | TJ Dijon, 1re ch., 30 janv. 2025, n° 24/02425 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/02425 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 25 septembre 2025 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Cabinet(s) : | |
| Parties : | S.A. COMPAGNIE EUROPEENNE DE GRANTIES ET CAUTIONS immatriculée au RCS de [ Localité 8 ] 382 506 079, S.A. COMPAGNIE EUROPEENNE DE GRANTIES ET CAUTIONS, ses représentants légaux en exercice domiciliés audit siège |
Texte intégral
TRIBUNAL
JUDICIAIRE
de [Localité 6]
1ère Chambre
MINUTE N°
DU : 30 Janvier 2025
AFFAIRE N° RG 24/02425 – N° Portalis DBXJ-W-B7I-IN47
Jugement Rendu le 30 JANVIER 2025
AFFAIRE :
S.A. COMPAGNIE EUROPEENNE DE GRANTIES ET CAUTIONS
C/
[J] [P] [K]
[M] [B] [T]
ENTRE :
S.A. COMPAGNIE EUROPEENNE DE GRANTIES ET CAUTIONS immatriculée au RCS de [Localité 8] N° 382 506 079 prise en la personne de ses représentants légaux en exercice domiciliés audit siège
dont le siège social est sis [Adresse 4]
représentée par Maître Véronique PARENTY-BAUT de la SELAS ADIDA ET ASSOCIES, avocats au barreau de DIJON postulant,
Maître Cyrielle CAZELLES, avocat au barreau de SENLIS plaidant
DEMANDERESSE
ET :
Monsieur [J] [P] [K]
né le [Date naissance 2] 1987 à [Localité 5] ( POLOGNE ), de nationalité Polonaise,
demeurant [Adresse 3]
défaillant
Madame [M] [B] [T]
née le [Date naissance 1] 1988 à [Localité 5] ( POLOGNE ), de nationalité Polonaise,
demeurant [Adresse 3]
défaillant
DEFENDEURS
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Madame Chloé GARNIER, Vice-Présidente, statuant à Juge Unique, conformément aux dispositions des articles 812 et suivants du Code de Procédure Civile.
GREFFIER : Madame Marine BERNARD,
DEBATS :
Vu l’ordonnance de clôture en date du 23 décembre 2024, les dispositions de l’article L 212-5-1 du code de l’organisation judiciaire et l’accord express des parties constituées pour qu’il en soit fait application. Le prononcé du jugement a été mis en délibéré au 30 janvier 2025
JUGEMENT :
— Prononcé publiquement par mise à disposition du jugement au greffe du Tribunal, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du code de procédure civile ;
— Réputé contradictoire
— en premier ressort
— rédigé par Madame Chloé GARNIER
— signé par Madame Chloé GARNIER, Présidente et Madame Marine BERNARD, greffière, à laquelle la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire ;
Copie certifiée conforme et copie revêtue de la formule exécutoire délivrée le
à
Maître Véronique [Localité 7]-BAUT de la SELAS ADIDA ET ASSOCIES
OBJET DU LITIGE
M. [J] [K] et Mme [M] [B] [T] ont accepté suivant acte sous seing privé du 30 mai 2017 deux prêts immobiliers selon offre de la Caisse d’Epargne de Bourgogne Franche Comté d’un montant de 119.700 euros sous la forme :
— d’un prêt Primo Report de 107.800 euros remboursable en 300 mensualités de 471,22 euros au taux d’intérêt de 1,650 %,
— d’un prêt Primo Report de 11.900 euros remboursable en 300 mensualités de 48,55 euros au taux d’intérêt de 1,050 %.
La SA Compagnie Européenne de Garanties et Cautions s’est portée caution du remboursement de ces deux prêts à hauteur du montant total moyennant une commission de 1.436,40 euros.
M. [J] [K] et Mme [M] [B] [T] se sont montrés défaillants dans le remboursement des prêts.
Par lettre recommandée avec accusé de réception des 3 janvier et 3 février 2024, l’organisme prêteur les a mis en demeure de régulariser les échéances impayées puis a prononcé la déchéance du terme par courrier recommandé du 1er mars 2024.
La banque a actionné la Compagnie Européenne de Garanties et de Cautions qui a réglé à l’établissement, en sa qualité de caution, la somme de 87.403,19 euros au titre du prêt de 107.800 euros et la somme de 9.473,41 euros au titre du prêt de 11.900 euros le 14 juin 2024, selon quittances subrogatives émises le même jour.
Par courrier recommandé avec demande d’accusé de réception du 27 juin 2024, le conseil de la Compagnie européenne de garanties et de cautions a mis en demeure M. [J] [K] et Mme [M] [B] [T] de régler la somme de 96.876,60 euros avec intérêts légaux.
Par actes du 26 août 2024, la Compagnie Européenne de Garanties et de Cautions a fait assigner M. [J] [K] et Mme [M] [B] [T] devant le tribunal judiciaire de Dijon aux fins d’obtenir, au visa de l’ancien article 2305 du code civil, leur condamnation solidaire, sans délai de paiement, à lui régler, avec exécution provisoire les sommes de :
— 87.985,32 euros outre intérêts au taux légal à compter du 17 juin 2024
— 9.536,57 euros outre intérêts au taux légal à compter du 17 juin 2024 ;
— 3.720 euros au titre des honoraires d’avocat ;
— subsidiairement, 3.720 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile si la somme n’est pas comptabilisée au titre de l’article 2305 ancien du code civil ;
— les dépens en rappelant que les frais occasionnés par les mesures conservatoires sont à la charge du débiteur.
Bien que régulièrement cités à l’étude du commissaire de justice, M. [J] [K] et Mme [M] [B] [T] n’ont pas constitué avocat.
Le juge de la mise en état a interrogé le demandeur s’il acceptait une procédure sans audience en application de l’article L 212-5-1 du code de l’organisation judiciaire. Le conseil du demandeur ayant accepté et remis son dossier le 7 novembre 2024, l’ordonnance de clôture a été rendue le 23 décembre 2024 et l’affaire a été mise en délibéré au 30 janvier 2025.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Si le défendeur ne comparaît pas, en application de l’article 472 du Code de procédure civile, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
A titre liminaire, il convient d’indiquer que les dispositions du code civil visées par la présente décision et applicables au cas d’espèce, sont celles en vigueur au jour de la conclusion du contrat.
Sur le cautionnement
En application de l’ancien article 2305 du code civil, la caution, qui a payé, a son recours contre le débiteur principal, soit que le cautionnement ait été donné au su ou à l’insu du débiteur. Ce recours a lieu tant pour le principal que pour les intérêts et les frais, néanmoins la caution n’a de recours que pour les frais par elle faits depuis qu’elle a dénoncé au débiteur principal les poursuites dirigées contre elle.
Le recours personnel ne permet pas à la caution de bénéficier des accessoires de la créance qu’avait le créancier contre le débiteur principal, mais elle est protégée puisque le débiteur principal ne sera alors pas en mesure de lui opposer les exceptions qu’il aurait pu opposer au créancier et tirées de leurs rapports personnels.
Ce faisant, dans le cadre de son recours personnel, la caution peut réclamer au débiteur principal :
— l’intégralité des sommes versées au créancier (principal, intérêts, frais) ;
— les intérêts des sommes versées par la caution, correspondant au préjudice subi par la caution remboursée tardivement, ces intérêts moratoires sont calculés, sauf clause contraire, au taux légal,
— les frais exposés utilement depuis qu’elle a dénoncé au débiteur les poursuites dirigées contre elle,
— d’éventuels dommages et intérêts reposant sur la responsabilité contractuelle du débiteur.
En l’espèce, la Compagnie Européenne de Garanties et Caution s’est portée caution solidaire de l’emprunteur pour un montant garanti de 107.800 euros et de 11.900 euros moyennant une commission de 1.436,40 euros HT.
Le contrat de prêt prévoit que : « En cas de défaillance de l’Emprunteur dans le remboursement du prêt cautionné et consécutivement d’exécution par la Compagnie de son obligation de règlement des sommes dues au Prêteur, la Compagnie exercera son recours contre l’Emprunteur, conformément aux dispositions des articles 2305 et 2306 du code civil, sur simple production d’une quittance justifiant du règlement effectué. (…) De convention expresse, l’Emprunteur et la Compagnie conviennent que le recours de cette dernière portera également sur le recouvrement des intérêts au taux conventionnel débiteur prévu au contrat de crédit ainsi que sur tous ses accessoires. »
Les quittances subrogatives délivrées le 14 juin 2024 par la Caisse d’Epargne de Bourgogne Franche Comté confirment que l’établissement bancaire a effectivement reçu le même jour la somme de 87.403,19 euros et de 9.473,41 euros au titre des contrats de prêt, de sorte que la Compagnie européenne de Garanties et Cautions se trouve subrogée en vertu de l’article 2305 du code civil dans tous les droits qu’elle détient du prêt. Par le biais de son conseil, la Compagnie Européenne de Garanties et de Cautions a mis en demeure les débiteurs de rembourser les dites sommes, par lettre recommandée avec demande d’avis de réception du 27 juin 2024 non réclamé.
La demanderesse sollicite la condamnation des défendeurs à lui régler la somme de 87.403,19 euros augmentée d’une somme de 582,13 euros qui correspondrait aux intérêts au taux de 5,070 % entre le 7 juin et le 17 juin 2024. Elle demande également le paiement de la somme de 9.473,41 euros augmentée d’intérêts pour 63,16 euros également calculés au taux de 5,070 % sur la même période. Ces intérêts qui ne correspondent ni au taux légal, ni au taux du contrat de prêt ne peuvent être valablement retenus.
Elle invoque exclusivement le recours personnel mais communique la quittance subrogative au soutien de sa demande en paiement.
Compte tenu des dispositions contractuelles prévues et de la transmission de la quittance de règlement, M. [J] [K] et Mme [M] [B] [T] doivent être solidairement condamnés à régler la somme de 87.403,19 euros et de 9.473,41 euros à la Compagnie européenne de garantie et de cautions, outre intérêts légaux à compter du 27 juin 2024, date de la mise en demeure de régler la dite somme.
La demanderesse sollicite la prise en charge des frais d’avocat soit 3.720 euros au titre de la convention d’honoraires, pour l’obtention d’un titre exécutoire, sur le fondement de l’ancien article 2305 du code civil ou à défaut, au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
Dès lors qu’elle ne démontre pas avoir effectivement réglé à son conseil la dite somme, après avoir dénoncé au débiteur les poursuites dirigées contre elle, la demande sera rejetée au titre de l’ancien article 2305 du code civil.
Sur les frais du procès et l’exécution provisoire
Conformément à l’article 696 du Code de procédure civile, M. [J] [K] et Mme [M] [B] [T] seront solidairement condamnés aux dépens et à régler une somme de 1.500 euros à la SA Compagnie Européenne de Garanties et Cautions.
Il convient de rappeler que sur le fondement de l’article L.512-2 du Code des procédures civiles d’exécution, les frais occasionnés par une mesure conservatoire sont à la charge du débiteur, sauf décision contraire du juge mais il n’est pas démontré en l’état que des mesures conservatoires ont été prises par la demanderesse.
Il n’y a pas lieu d’écarter l’exécution provisoire de droit.
PAR CES MOTIFS
Le tribunal,
Condamne solidairement M. [J] [K] et Mme [M] [B] [T] à payer à la SA Compagnie Européenne de Garanties et Cautions la somme de 87.403,19 euros (quatre vingt sept mille quatre cent trois euros et dix neuf centimes) et la somme de 9.473,41 euros (neuf mille quatre cent soixante treize euros et quarante et un centimes) au titre des prêts Primo Report souscrit auprès de la Caisse d’Epargne de Bourgogne Franche Comté, outre intérêts légaux à compter du 27 juin 2024 ;
Rejette les plus amples demandes de la SA Compagnie Européenne de Garanties et Cautions ;
Condamne in solidum M. [J] [K] et Mme [M] [B] [T] aux dépens de l’instance ;
Condamne in solidum M. [J] [K] et Mme [M] [B] [T] à payer à la SA Compagnie Européenne de Garanties et Cautions la somme de 1.500 euros (mille cinq cents euros) en application de l’article 700 du Code de procédure civile ;
Dit n’y avoir lieu d’écarter l’exécution provisoire de droit.
LA GREFFIÈRE LA PRÉSIDENTE
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