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Sur la décision
| Référence : | TJ Évry, 8e ch., 20 mars 2026, n° 25/02682 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/02682 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 30 mars 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL
JUDICIAIRE D’EVRY-COURCOURONNES
8ème Chambre
MINUTE N°
DU : 20 Mars 2026
AFFAIRE N° RG 25/02682 – N° Portalis DB3Q-W-B7I-QTD5
NAC : 72A
Jugement Rendu le 20 Mars 2026
FE Délivrées le :
__________________
ENTRE :
Syndicat des copropriétaires de la [Adresse 1], situé [Adresse 2] et [Adresse 3] Représenté par son syndic, le Cabinet LOISELET ET DAIGREMONT, SAS au capital de 40.000 euros, inscrite au RCS de NANTERRE sous le numéro 318 291 697, dont le siège est [Adresse 4] à [Localité 1]
représentée par Maître Hervé CASSEL de la SELAFA CABINET CASSEL, avocat au barreau de PARIS
DEMANDEUR
ET :
Madame [U] [D], demeurant [Adresse 5]
défaillante
DEFENDERESSE
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Anne-Simone CHRISTAU, Juge, statuant à Juge Unique, conformément aux dispositions des articles 812 et suivants du Code de Procédure Civile.
Assistée de Madame Sarah TREBOSC, greffière lors des débats et de la mise à disposition au greffe
DEBATS :
Vu l’ordonnance de clôture en date du 04 septembre 2025 avec avis du renvoi de la procédure devant le Juge Unique, ayant fixé l’audience au 20 Février 2026, date à laquelle l’affaire a été mise en délibéré au 20 Mars 2026
JUGEMENT : Prononcé publiquement par mise à disposition au greffe,
Réputé contradictoire et en premier ressort.
EXPOSÉ DU LITIGE
Mme. [U] [D] est propriétaire des lots numéros 53 et 228 au sein de la [Adresse 1] en copropriété sise [Adresse 2] et [Adresse 3] à [Localité 2].
Par acte de commissaire de Justice en date du 15 avril 2025, le Syndicat des copropriétaires de [Adresse 1] [Adresse 2] et [Adresse 3] à [Localité 2], représenté par son syndic en exercice, le cabinet LOISELET DAIGREMONT PARIS-SUD a assigné Mme. [U] [D] devant le tribunal judiciaire d’EVRY-COURCOURONNES aux fins de:
Vu les articles 10, 10-1, 14-1 et 14-2 de la Loi du 10 juillet 1965, 35 du décret du 17 mars 1967, 1240 du code civil 514 et suivants, 696, 699 et 700 du code de procédure civile, la jurisprudence et les pièces versées aux débats,
— Juger recevable et bien fondé en ses demandes le syndicat des copropriétaires de la [Adresse 1] sise [Adresse 2] et [Adresse 3] à [Localité 2], représenté par son Syndic le Cabinet LOISELET ET DAIGREMONT PARIS SUD
En conséquence, condamner Mme [U] [D] au paiement des sommes suivantes :
8.929,95 € au titre des charges de copropriété échues du 30 juin 2023 et arrêtées au 1er avril 2025 inclus avec intérêts au taux légal à compter de la présente assignation ;
223,24 € au titre des frais de contentieux ;
1.500,00 € à titre de dommages et intérêts ;
2.000,00 € au titre de l’article 700 du Code de Procédure Civile ;
— Juger n’y avoir lieu d’écarter l’exécution provisoire du jugement à intervenir ;
— Condamner Mme [U] [D] aux entiers dépens dont distraction au profit de Maître Hervé CASSEL, conformément aux dispositions de l’article 699 du Code de Procédure Civile ;
Au soutien, il explique que la défenderese a déjà été condamnée et que les sommes des condamnations ne sont pas encore soldées totalement et qu’elle ne règle pas les charges postérieures.
Il ajoute que, le non paiement des charges de copropriété occasionne aux autres copropriétaires un préjudice certain en ce qu’il fragilise l’équilibre financier du syndicat des copropriétaires et désorganise la gestion de la copropriété.
Pour un exposé exhaustif de ses prétentions, le tribunal se réfère expressément à ses écritures, par application de l’article 455 du code de procédure civile.
Mme. [U] [D], bien que régulièrement assignée, n’a pas comparu et n’a pas constitué avocat.
L’ordonnance de clôture est intervenue le 4 septembre 2025.L’affaire a été fixée sur l’audience juge unique du 20 février 2026 et les parties ont été avisées de la date à laquelle la décision sera rendue par mise à disposition au greffe.
MOTIVATION DE LA DÉCISION
L’article 472 du code de procédure civile dispose que si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur la demande de paiement des charges de copropriété :
L’article 10 de la Loi n 65-557 du 10 juillet 1965 dispose que :
“Les copropriétaires sont tenus de participer aux charges entraînées par les services collectifs et les éléments d’équipement commun en fonction de l’utilité objective que ces services et éléments présentent à l’égard de chaque lot, dès lors que ces charges ne sont pas individualisées.
Ils sont tenus de participer aux charges relatives à la conservation, à l’entretien et à l’administration des parties communes, générales et spéciales, et de verser au fonds de travaux mentionné à l’article 14-2-1 la cotisation prévue au même article, proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots, telles que ces valeurs résultent des dispositions de l’article 5.
Le règlement de copropriété fixe la quote-part afférente à chaque lot dans chacune des catégories de charges et indique les éléments pris en considération ainsi que la méthode de calcul ayant permis de fixer les quotes-parts des parties communes et la répartition des charges.
Lorsque le règlement de copropriété met à la seule charge de certains copropriétaires les dépenses d’entretien et de fonctionnement entraînées par certains services collectifs ou éléments d’équipements, il peut prévoir que ces copropriétaires prennent seuls part au vote sur les décisions qui concernent ces dépenses. Chacun d’eux dispose d’un nombre de voix proportionnel à sa participation auxdites dépenses.”
L’obligation à la dette existe dès lors que l’assemblée générale des copropriétaires a approuvé les comptes présentés par le syndic et qu’aucun recours n’a été formé dans le délai de l’article 42 de la loi du 10 juillet 1965.
L’approbation des comptes du syndic par l’assemblée générale rend certaine, liquide et exigible la créance du syndicat des copropriétaires relative à chaque quote-part de charges.
Bien que le copropriétaire qui n’a pas, dans les délais prévus à l’article 42 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1965, contesté la décision de l’assemblée générale ayant approuvé les comptes, ne soit pas fondé à refuser de payer les sommes qui lui sont réclamées, la décision de l’assemblée générale ne vaut pas approbation de son compte individuel et il peut en demander rectification.
Enfin, en vertu de l’article 35 du décret du 17 mars 1967, les appels provisionnels auxquels procède le syndic, dans les limites et sous les conditions prévues par ce texte, constituent une créance certaine, liquide et exigible.
En application de l’article 1353 du code civil, il appartient à celui qui demande l’exécution d’une obligation d’en rapporter la preuve.
En l’occurrence, il appartient au syndicat des copropriétaires qui poursuit le recouvrement de charges de produire le procès-verbal de la ou des assemblées générales approuvant les comptes des exercices correspondants et les budgets prévisionnels.
En l’espèce, le Syndicat des copropriétaires de la [Adresse 1] produit, au soutien de sa demande en paiement :
— le justificatif de la qualité de copropriétaire de Mme. [U] [D] qui indique les tantièmes représentés par ses lots dans la copropriété;
— les procès-verbaux des assemblées générales des 14 décembre 2022, 15 décembre 2023, 20 décembre 2024;
— un décompte, des charges de copropriété et appels de fonds impayés arrêté au 1er avril 2025, sur la période du 26 avril 2023 au 1er avril 2025, provisions charges courantes 1/04/2025 et appel fonds travaux ALUR 01/04/2025 inclus, présentant un solde débiteur de 8 929,95 euros ;
— les appels de fonds et charges sur la période considérée;
— le contrat de syndic.
— un jugement du 4 juillet 2024 du tribunal de proximité de Palaiseau;
Il démontre ainsi que sa demande en paiement de l’arriéré des charges de copropriété est bien fondée en son principe.
A l’examen des pièces produites, il apparaît que la créance à laquelle le syndicat des copropriétaires de la [Adresse 1] peut prétendre au titre des charges de copropriété impayées au 1er avril 2025, sur la période du 26/04/2023 au 01/04/2025 appel provision charges courantes 01/04/2025 et appel fonds travaux ALUR 01/04/2025 inclus, s’élève bien à la somme de 8 929,95 euros.
Conformément aux dispositions de l’article 1231-6 du code civil, cette dette produira des intérêts au taux légal à compter de l’assignation en justice.
Sur la demande d’indemnisation d’un dommage lié au retard de paiement :
Selon l’alinéa 3 de l’article 1231-6 du code civil, le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard peut obtenir des dommages et intérêts distincts des intérêts moratoires de la créance.
Il est constant qu’il appartient à celui qui réclame la réparation d’un préjudice de prouver tant celui-ci que la faute qui en est à l’origine et le lien de causalité entre ceux-ci.
En l’espèce, Mme. [U] [D] a déjà fait l’objet d’une condamnation pour la période juste antérieure par jugement du tribunal de proximité de Palaiseau du 4 juillet 2024, et successivement à celle-ci, elle ne règle pas les charges postérieures. Aucun versement n’est noté.
Les manquements répétés de Mme [D] à son obligation essentielle à l’égard du syndicat des copropriétaires de régler ses charges de copropriété, sans justifier de raisons valables pouvant expliquer sa carence, sont constitutifs d’une faute qui cause à la collectivité des copropriétaires privée une fois de plus d’une somme importante nécessaire à la gestion et à l’entretien de l’immeuble un préjudice financier direct et certain, distinct de celui compensé par les intérêts moratoires.
En conséquence, il convient donc de condamner Mme. [U] [D] à payer au Syndicat des copropriétaires de la [Adresse 1] une somme de 900,00 euros à titre de dommages et intérêts.
Sur les frais de recouvrement exposés par le syndicat :
En vertu de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, le copropriétaire qui succombe dans l’instance judiciaire l’opposant au syndicat doit supporter seul les frais nécessaires exposés pour le recouvrement de sa dette : frais de mise en demeure, de relance, de prise d’hypothèque à compter de la mise en demeure, droits et émoluments des actes des huissiers de justice, et droit de recouvrement ou d’encaissement à la charge du débiteur.
Cette liste n’est pas limitative, les frais réclamés devant toutefois être justifiés.
Il convient d’ajouter que les frais de recouvrement ne sont nécessaires au sens de l’artice 10-1 précité que s’ils sortent de la gestion courante du syndic et traduisent des diligences réelles, inhabituelles et nécessaires propres à permetre au syndicat des copropriétaires de recouvrer une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire défaillant.
En l’espèce, le Syndicat des copropriétaires résidence réclame une somme de 223,24 euros au titre des frais de recouvrement.
Les frais intitulés, “ouverture contentieux” ne sont pas des frais nécessaires en application stricto sensu de l’article 10-1 de la loi de 1965 et doivent être rejetés.
Ces frais correspondent à des actes élémentaires d’administration de la copropriété faisant partie de ses fonctions habituelles, le fait que le contrat de syndic prévoit une rémunération spécifique à titre d’honoraires supplémentaires de cette activité n’en changeant pas la nature.
Le demandeur n’apporte pas la preuve que ces frais traduisent des diligences exceptionnelles propres à lui permettre de recouvrer la créance auprès de la défenderesse.
Ces coûts pourront être inclus dans les frais irrépétibles.
De même les frais de mise en demeure, frais de rappel ne sont pas fondés, en ce qu’il n’est pas produit les modalités de leur envoi.
Par conséquent, le syndicat des copropriétaires résidence sera débouté au titre des frais exposés pour le recouvrement de sa créance.
Sur les demandes accessoires :
Sur les dépens et l’article 700 du code de procédure civile :
L’article 696 du code de procédure civile prévoit que :
“La partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.”
Le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens suivant l’article 700 du code de procédure civile.
Mme. [U] [D], qui succombe, sera condamnée aux dépens de l’instance qui seront recouvrés conformément à l’article 699 du code de procédure civile.
Elle sera par ailleurs condamnée à payer au Syndicat des copropriétaires [Adresse 1] une somme de 1 200,00 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile.
Sur l’exécution provisoire :
Il sera rappelé que l’exécution provisoire du présent jugement est de droit, conformément aux dispositions de l’article 514 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Le tribunal, statuant publiquement, par jugement réputé contradictoire, mis à disposition au greffe, et en premier ressort,
CONDAMNE Mme. [U] [D] à payer au Syndicat des copropriétaires de la [Adresse 1] [Adresse 2] et [Adresse 3] à [Localité 2] la somme de 8 929, 95 euros au titre des charges de copropriété impayées au 1er avril 2025, sur la période du 26 avril 2023 au 1er avril 2025 appel provision charges courantes 01/04/2025 et appel fonds travaux ALUR 01/04/2025 inclus, avec intérêts au taux légal à compter de l’assignation en justice en date du 15 avril 2025, et ce jusqu’à parfait paiement;
CONDAMNE Mme. [U] [D] à payer au Syndicat des copropriétaires de la [Adresse 1] [Adresse 2] et [Adresse 3] à [Localité 2] la somme de 900 euros à titre des dommages et intérêts;
DEBOUTE le Syndicat des copropriétaires de la [Adresse 1] [Adresse 2] et [Adresse 3] à [Localité 2] de sa demande présentée au titre des frais de recouvrement;
CONDAMNE Mme. [U] [D] à payer au Syndicat des copropriétaires de la [Adresse 1] [Adresse 2] et [Adresse 3] à [Localité 2] la somme de la somme de 1.200,00 euros au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile;
CONDAMNE Mme. [U] [D] aux entiers dépens;
DIT que les dépens seront recouvrés par Me Hervé CASSEL conformément à l’article 699 du code de procédure civile;
DEBOUTE les parties de leurs demandes plus amples ou contraires;
RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit.
Ainsi fait et rendu le VINGT MARS DEUX MILLE VINGT SIX, par Anne-Simone CHRISTAU, Juge, assistée de Sarah TREBOSC, Greffière, lesquelles ont signé la minute du présent Jugement.
LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT,
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