Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Marseille, réf. cab. 2, 19 nov. 2025, n° 25/02958 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/02958 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Autres mesures ordonnées en référé |
| Date de dernière mise à jour : | 5 février 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE
ORDONNANCE DE REFERE
Référés Cabinet 2
ORDONNANCE DU : 19 Novembre 2025
Président : Mme MORALES, Juge
Greffier : Madame DUFOURGNIAUD, Greffier
Débats en audience publique le : 24 Septembre 2025
N° RG 25/02958 – N° Portalis DBW3-W-B7J-[Immatriculation 4]
PARTIES :
DEMANDERESSE
Le Syndicat des copropriétaires de l’immeuble [Adresse 1]
pris en la personne de son syndic en exercice la Société SPH IMMOBILIER, dont le siège social est sis [Adresse 2]
pris en la personne de son représentant légal
représenté par Maître Aurélie REYMOND de la SELARL DUPIELET-REYMOND-AZAÏS, avocats au barreau de MARSEILLE
DEFENDERESSE
La S.C.I. DE L’UNION
dont le siège social est sis [Adresse 3]
pris en la personne de son représentant légal
non comparante
EXPOSE DU LITIGE
La SCI DE L’UNION est propriétaire du lot n°2 de l’immeuble situé [Adresse 1].
Par exploit de commissaire de justice du 14 janvier 2025, le syndicat des copropriétaires de l’immeuble situé [Adresse 1] a fait signifier à la SCI DE L’UNION un commandement de payer la somme de 1.635,54 euros en principal au titre des charges de copropriété impayées.
Par courrier recommandé du 20 mai 2025, le syndicat des copropriétaires de l’immeuble situé [Adresse 1], par l’intermédiaire de son conseil, a mis en demeure la SCI DE L’UNION de régler la somme de 691,73 euros au titre des provisions sur charges exigibles et cotisations fonds travaux du 1er janvier 2025 au 30 juin 2025, somme dont il ne s’est pas acquitté à sa date d’exigibilité.
Par exploit de commissaire de justice en date du 16 juillet 2025, le syndicat des copropriétaires de l’immeuble situé [Adresse 1], représenté par son syndic en exercice la société SPH IMMOBILIER, a fait citer la SCI DE L’UNION selon la procédure accélérée au fond, à l’audience du 24 septembre 2025, aux fins de :
. Condamner la SCI DE L’UNION à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble situé [Adresse 1], représenté par son syndic en exercice la société SPH IMMOBILIER, les sommes suivantes :
2.997,54 euros au titre des charges approuvées, des travaux, des provisions sur charges échues et non échues, outre les intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure ;1.000 euros à titre de dommages et intérêts ;1.500 euros en application de l’article 700 du Code de procédure civile, outre les entiers dépens ;. Dire n’y avoir lieu à écarter l’exécution provisoire du jugement à intervenir.
L’affaire a été appelée et retenue à l’audience du 24 septembre 2025, le syndicat des copropriétaires de l’immeuble situé [Adresse 1], par l’intermédiaire de son conseil, ayant maintenu ses demandes.
Sur les moyens développés par le requérant au soutien de ses prétentions, il conviendra de se reporter à ses écritures, en application de l’article 455 du code de procédure civile.
Valablement assignée à personne morale, la SCI DE L’UNION n’a pas comparu et n’est pas représentée.
L’affaire a été mise en délibéré par mise à disposition au greffe au 19 septembre 2025.
MOTIFS DE LA DECISION
L’article 472 du code de procédure civile, dispose qu’en l’absence de comparution du défendeur, le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Aux termes de l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 sur la copropriété, à défaut du versement à sa date d’exigibilité d’une provision due au titre de l’article 14-1, et après mise en demeure restée infructueuse passé un délai de trente jours, les autres provisions non encore échues en application du même article 14-1 ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices précédents après approbation des comptes deviennent immédiatement exigibles.
Le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, après avoir constaté, selon le cas, l’approbation par l’assemblée générale des copropriétaires du budget prévisionnel, des travaux ou des comptes annuels, ainsi que la défaillance du copropriétaire, condamne ce dernier au paiement des provisions ou sommes exigibles.
Le présent article est applicable aux cotisations du fonds de travaux mentionné à l’article 14-2-1.
L’article 481-1 du code de procédure civile, applicable aux procédures introduites à compter du 1er janvier 2020, dispose qu’à moins qu’il en soit disposé autrement, lorsqu’il est prévu par la loi ou le règlement qu’il est statué selon la procédure accélérée au fond, la demande est formée, instruite et jugée dans les conditions suivantes :
1° La demande est portée par voie d’assignation à une audience tenue aux jour et heure prévus à cet effet ;
2° Le juge est saisi par la remise d’une copie de l’assignation au greffe avant la date fixée pour l’audience, sous peine de caducité de l’assignation constatée d’office par ordonnance du juge, ou, à défaut, à la requête d’une partie ;
3° Le jour de l’audience, le juge s’assure qu’il s’est écoulé un temps suffisant depuis l’assignation pour que la partie assignée ait pu préparer sa défense. La procédure est orale ;
4° Le juge a la faculté de renvoyer l’affaire devant la formation collégiale, à une audience dont il fixe la date, qui statuera selon la procédure accélérée au fond ;
5° A titre exceptionnel, en cas d’urgence manifeste à raison notamment d’un délai imposé par la loi ou le règlement, le président du tribunal, statuant sur requête, peut autoriser à assigner à une heure qu’il indique, même les jours fériés ou chômés ;
6° Le jugement est exécutoire de droit à titre provisoire dans les conditions prévues aux articles 514-1 à 514-6 ;
7° La décision du juge peut être frappée d’appel à moins qu’elle n’émane du premier président de la cour d’appel ou qu’elle n’ait été rendue en dernier ressort en raison du montant ou de l’objet de la demande.
Le délai d’appel ou d’opposition est de quinze jours.
Sur la recevabilité
En l’espèce, par courrier recommandé en date du 20 mai 2025, le syndicat des copropriétaires de l’immeuble situé [Adresse 1] a mis en demeure la SCI DE L’UNION de payer les provisions impayées dues au titre de l’exercice en cours.
Il résulte de l’examen du décompte que les provisions appelées au titre de l’exercice en cours n’ont pas été réglées dans le délai de 30 jours.
Dès lors, il y a lieu de statuer selon la procédure accélérée au fond.
Sur la demande principale en paiement
S’agissant des charges échues
En application de l’article 10 de la loi du 10 juillet 1965, les copropriétaires sont tenus de participer aux charges entraînées par les services collectifs et éléments d’équipement commun en fonction de l’utilité que ces services et éléments présentent à l’égard de chaque lot. Ils sont également tenus de participer aux charges relatives à la conservation, à l’entretien, à l’administration des parties communes proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots.
L’approbation des comptes du syndic par l’assemblée générale rend certaine, liquide et exigible la créance du syndicat des copropriétaires relative à chaque quote-part de charges. Le copropriétaire, qui n’a pas, dans les délais prévus à l’article 42 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1965 la décision de l’assemblée générale ayant approuvé les comptes, n’est pas fondé à refuser de payer les sommes qui lui sont réclamées.
En l’espèce, à l’appui de sa demande, le syndicat des copropriétaires de l’immeuble situé [Adresse 1] produit notamment :
— les procès-verbaux des assemblées générales ordinaires des copropriétaires de l’immeuble des 29 juin 2023 et 10 avril 2024, comportant approbation des comptes de l’exercice clos, vote du budget prévisionnel et vote des travaux, non contestés dans le délai de l’article 42 de la loi du 10 juillet 1965,
— les décomptes de charges et appels de fonds concernant la SCI DE L’UNION pour la période réclamée,
— la mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception datée du 20 mai 2025, rappelant la possibilité pour le syndicat des copropriétaires d’exiger les provisions dues jusqu’à la fin de l’exercice à défaut de paiement dans les 30 jours,
— le commandement de payer délivrée le 14 janvier 2025,
— le relevé de compte arrêté au 02 avril 2025 à la somme de 1.619,37 euros, dus au titre des charges et travaux,
— le détail des frais de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, pour un montant de 687,93 euros,
— le détail des provisions à échoir pour l’exercice en cours, pour un total de 690,24 euros,
— le contrat de syndic.
Au vu de ces pièces, la SCI DE L’UNION sera condamnée à payer au syndicat des copropriétaires la somme de 1.491,04 euros au titre des charges et travaux échus arrêtés à la date du 02 avril 2025, avec intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure du 20 mai 2025 sur la somme de 691,73 euros et à compter de l’assignation pour le surplus, déduction faite de la somme de 128,33 euros qui correspond à des frais devant être inclus au poste des dépens.
S’agissant des provisions à échoir
A défaut de paiement dans les 30 jours suivant la mise en demeure du 20 mai 2025, les provisions non encore échues pour l’exercice en cours sont devenues immédiatement exigibles.
L’assemblée générale du 10 avril 2024 a approuvé le budget prévisionnel pour l’exercice du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2025.
Il convient donc de condamner la SCI DE L’UNION au paiement de la somme de 690.24 euros correspondant aux provisions trimestrielles du 1er juillet 2025 au 31 décembre 2025.
S’agissant des frais nécessaires
Conformément aux dispositions de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, sont imputables au seul copropriétaire concerné les frais nécessaires exposés par le syndicat pour le recouvrement d’une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire.
Ne sont pas assimilés à des frais nécessaires : les frais de mise au contentieux entrant dans la gestion courante du syndic sauf s’ils traduisent des diligences réelles, inhabituelles et nécessaires, les frais de rappel antérieurs à la mise en demeure, les honoraires non justifiés de commissaire de justice ou qui ont été exposés sans que le recouvrement de la créance ne soit mené à bien.
En l’espèce, il convient de retirer des frais réclamés, ceux non conformes au contrat de syndic, ceux imputés au débiteur mais non justifiés par des pièces versées aux débats, ceux occasionnés par tous les actes inutiles au recouvrement effectif de la créance (multiplication des frais de relance avec ou sans lettre recommandée non suivis d’un paiement effectif) et ceux relevant des dépens et frais irrépétibles.
Il en résulte que la SCI DE L’UNION sera condamnée à payer la somme de 96 euros au syndicat des copropriétaires de l’immeuble situé [Adresse 1], correspondant à la mise en demeure, seul acte justifié.
Sur les dommages et intérêts
La sanction de la résistance abusive à l’exécution d’une obligation de somme d’argent est prévue par l’article 1231-6 du code civil qui dispose que les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d’une obligation de somme d’argent consistent dans l’intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts de l’intérêt moratoire.
Conformément à l’article 1353 du code civil, il appartient au syndicat des copropriétaires, qui prétend que la défaillance de l’un de ses copropriétaires lui a causé un préjudice distinct, de le prouver.
En l’espèce, la défaillance de la SCI DE L’UNION dans le paiement régulier des charges de copropriété a nécessairement causé un préjudice au syndicat des copropriétaires de l’immeuble situé [Adresse 1] en déséquilibrant les comptes de la copropriété.
En conséquence, la SCI DE L’UNION sera condamnée à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble situé [Adresse 1] la somme de 300 euros à titre de dommages-intérêts.
Sur les demandes accessoires
Sur les dépens
Aux termes de l’article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
En l’espèce, la SCI DE L’UNION qui succombe supportera les entiers dépens de l’instance.
Sur l’article 700 du code de procédure civile
Aux termes de l’article 700 du code de procédure civile, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans tous les cas, le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à ces condamnations.
En l’espèce, il convient de faire droit à la demande formulée en vertu de l’article 700 du code de procédure civil à hauteur de 1.000 euros.
Sur l’exécution provisoire
Il est rappelé que les décisions de première instance sont de plein droit exécutoires à titre provisoire, en vertu des dispositions de l’article 514 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS, STATUANT CONFORMEMENT A LA PROCEDURE ACCELEREE AU FOND, PAR JUGEMENT PRONONCÉ PAR MISE A DISPOSITION AU GREFFE, REPUTE CONTRADICTOIRE ET EN PREMIER RESSORT,
CONDAMNE la SCI DE L’UNION à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble situé [Adresse 1], représenté par son syndic en exercice la société SPH IMMOBILIER, les sommes suivantes :
— 1.491,04 euros (mille quatre cent quatre-vingt-onze euros et quatre centimes) au titre des charges de copropriété exigibles au 02 avril 2025, avec intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure du 20 mai 2025 sur la somme de 691,73 euros (six cent quatre-vingt-onze euros et soixante-treize centimes) et à compter de l’assignation pour le surplus ;
— 690,24 euros (six cent quatre-vingt-dix euros et vingt-quatre centimes) au titre des charges à échoir pour l’exercice en cours, devenues immédiatement exigibles, comprenant les provisions trimestrielles du 1er juillet 2025 au 31 décembre 2025 ;
— 96 euros (quatre-vingt-seize euros) au titre des frais nécessaires au recouvrement de la créance ;
— 300 euros (trois cents euros) à titre de dommages-intérêts ;
— 1.000 euros (mille euros) en application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE la SCI DE L’UNION aux entiers dépens de l’instance ;
REJETTE toute autre demande différente, plus ample ou contraire ;
RAPPELLE que le présent jugement est, de plein droit, exécutoire par provision.
Ainsi jugé et prononcé par jugement signé les jour, mois et an susdits par la magistrate et la greffière susnommées et mis à disposition au greffe.
LA GREFFIERE LA MAGISTRATE
Expédition délivrée le
À
Grosse délivrée le 19/11/2025
À
— Maître Aurélie REYMOND
—
—
—
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Hospitalisation ·
- Santé publique ·
- Mainlevée ·
- Certificat ·
- Établissement hospitalier ·
- Trouble ·
- Droits du patient ·
- Hôpitaux ·
- Maintien ·
- Signature électronique
- Handicapé ·
- Adulte ·
- Allocation ·
- Bénéficiaire ·
- Référence ·
- Assesseur ·
- Couple ·
- Finances publiques ·
- Enfant à charge ·
- Montant
- Tribunal judiciaire ·
- Hospitalisation ·
- Santé publique ·
- Trésor public ·
- Ministère public ·
- Contrôle ·
- Procédure pénale ·
- Siège ·
- Fins ·
- Minute
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Successions ·
- Créance ·
- Mise en état ·
- Fins de non-recevoir ·
- Assistance ·
- Partage ·
- Action ·
- Titre ·
- Tribunal judiciaire ·
- Exécution provisoire
- Pharmacien ·
- Nom commercial ·
- Délivrance ·
- Facturation ·
- Stupéfiant ·
- Prescription ·
- Ordonnance ·
- Tribunal judiciaire ·
- Notification ·
- Tableau
- Métropole ·
- Habitat ·
- Commissaire de justice ·
- Expulsion ·
- Logement ·
- Décès du locataire ·
- Demande de suppression ·
- Tribunal judiciaire ·
- Bail ·
- Suppression
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Précaire ·
- Juge des référés ·
- Résiliation ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Titre ·
- Loyers impayés ·
- Prorata ·
- Société en formation ·
- Commandement de payer
- Sociétés ·
- Assureur ·
- Construction ·
- Ouvrage ·
- Eaux ·
- Londres ·
- Garantie ·
- Titre ·
- Responsabilité ·
- Expert
- Baux d'habitation ·
- Contrats ·
- Bail ·
- Loyer ·
- Commandement de payer ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Clause resolutoire ·
- Expulsion ·
- Adresses ·
- Habitat ·
- Commissaire de justice ·
- Résiliation
Sur les mêmes thèmes • 3
- Preneur ·
- Bailleur ·
- Parcelle ·
- Bâtiment ·
- Mise en conformite ·
- Sociétés ·
- Cadastre ·
- Clause ·
- Extensions ·
- Bail commercial
- Résolution ·
- Assemblée générale ·
- Copropriété ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Tribunal judiciaire ·
- Ratification ·
- Action ·
- Adresses ·
- Ordre du jour ·
- Syndic
- Vice caché ·
- Vente ·
- Vendeur professionnel ·
- Peinture ·
- Garantie décennale ·
- Acquéreur ·
- Eaux ·
- Consorts ·
- Expert ·
- Ouvrage
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.