Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Marseille, juge des libertes, 27 janv. 2026, n° 26/00137 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00137 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de rétention administrative |
| Date de dernière mise à jour : | 12 février 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
COUR D’APPEL D'[Localité 4]
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE
[Adresse 1]
ORDONNANCE N° RG 26/00137 – N° Portalis DBW3-W-B7K-7MVC
SUR DEMANDE DE PROLONGATION DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE
Articles L. 742-1 à L. 742-3, L. 743-4, L. 743-6, L. 743-7, L. 743-9, L. 743-13 à L. 743-15, L. 743-17, L. 743-19, L. 743-20, L. 743-24, L. 743-25 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (modifiés par la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 et la loi n°2024-42 du 26 janvier 2024)
Nous, François GUYON, Magistrat du siège au Tribunal Judiciaire de Marseille, assisté de Lisa SANCHEZ-FERROLLIET, Greffier, siégeant publiquement, dans la salle d’audience aménagée au [Adresse 3] à proximité du Centre de Rétention administrative du [6] en application des articles L. 742-1, L. 743-4, L 743-6, L. 743-7, L; 743-20 et L. 743-24 du CESEDA.
Vu les articles L. 742-1 à L. 742-3, L. 743-4, L. 743-6, L. 743-7, L. 743-9, L. 743-13 à L. 743-15, L. 743-17, L. 743-19, L. 743-20 à L. 743-25 et R. 742-1, R. 743-1 à R. 743-8, R. 743-21 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
Les avis prévus par l’article R 743-3 du CESEDA ayant été donnés par le Greffier ;
Vu la requête reçue au greffe le 26 Janvier 2026 à 10h27, présentée par Monsieur le Préfet du département DES BOUCHES DU RHONE
Attendu que Monsieur le Préfet régulièrement avisé, est représenté par Maître Jean-Paul TOMASI substitué à l’audience par Maître Stéphane ARNAUD ;
Attendu que la personne concernée par la requête, avisée de la possibilité de faire choix d’un Avocat ou de solliciter la désignation d’un Avocat commis d’office , déclare vouloir l’assistance d’un Conseil ;
Attendu que la personne concernée par la requête est assistée de Me Leila MHATELI avocat commis d’office qui a pris connaissance de la procédure et s’est entretenu librement avec son client ;
Attendu qu’en application de l’article l’article L. 141-2 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile la personne étrangère présentée a déclaré au début de la procédure comprendre la langue française et a donc été entendue en cette langue ;
Attendu qu’il est constant que M. [G] [W] né le 29 Juin 1996 à [Localité 10] (ALGERIE), étranger de nationalité Algérienne
a fait l’objet d’une des sept mesures prévues aux articles L. 722-2, L. 731-1, L. 731-2, L. 732-3,
L. 733-8 à L. 733-12, 741-1, L. 741-4; L. 741-5, L. 741-7, L. 743-16, L. 744-1, L. 751-2 à L. 751-4, L. 751-9 et L. 751-10 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile , et en l’espèce :
a fait l’objet d’une condamnation portant interdiction temporaire du territoire français pour une durée de 5 ans prononcée par le tribunal correctionnel de Marseille en date du 8 avril 2025 ;
édicté moins de trois ans avant la décision de placement en rétention en date du 22 Janvier 2026 notifiée le 23 Janvier 2026 à 08h52,
Attendu qu’il est rappelé à la personne intéressée , ainsi que dit au dispositif , les droits qui lui sont reconnus pendant la rétention ;
*****
Attendu que suivant l’article L. 742-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile :
Le maintien en rétention au-delà de quatre-vingt-seize heures à compter de la notification de la décision de placement initiale peut être autorisé, dans les conditions prévues au présent titre, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire saisi à cette fin par l’autorité administrative.
L’étranger peut être maintenu à disposition de la justice dans les conditions prévues à l’article L. 742-2.
En application de l’article L742-3 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile « Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court pour une période de vingt-six jours à compter de l’expiration du délai de quatre-vingt-seize heures mentionné à l’article L. 741-1 ».
Attendu que suivant l’article L. 743-4 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile :
Le magistrat du siège du tribunal judiciaire statue, par ordonnance, dans les quarante-huit heures suivant l’expiration du délai fixé au premier alinéa de l’article L. 741-10 ou sa saisine en application des articles L. 742-1 et L. 742-4 à L. 742-7.
Attendu que suivant l’article L. 743-6 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile :
Le juge statue après audition du représentant de l’administration, si celui-ci, dûment convoqué, est présent, et de l’intéressé ou de son conseil, s’il en a un.
Attendu que suivant l’article L. 743-7 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile :
Le juge statue au siège du tribunal judiciaire dans le ressort duquel se situe le lieu de rétention de l’étranger, sauf exception prévue par voie réglementaire. Si une salle d’audience attribuée au ministère de la justice lui permettant de statuer publiquement a été spécialement aménagée à proximité immédiate de ce lieu de rétention, il statue dans cette salle.
Attendu que suivant l’article L. 743-9 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile :
Le juge, saisi aux fins de prolongation de la rétention, rappelle à l’étranger les droits qui lui sont reconnus et s’assure, d’après les mentions figurant au registre prévu à l’article L. 744-2 émargé par l’intéressé, que celui-ci a été, dans les meilleurs délais suivant la notification de la décision de placement en rétention, pleinement informé de ses droits et placé en état de les faire valoir à compter de son arrivée au lieu de rétention.
Le juge tient compte des circonstances particulières liées notamment au placement en rétention simultané d’un nombre important d’étrangers pour l’appréciation des délais relatifs à la notification de la décision, à l’information des droits et à leur prise d’effet.
Attendu que suivant l’article L. 743-25 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile :
Durant la période pendant laquelle il est maintenu à la disposition de la justice, dans les conditions prévues à l’article L. 742-2, l’étranger est mis en mesure, s’il le souhaite, de contacter son avocat et un tiers, de rencontrer un médecin et de s’alimenter
Attendu que suivant l’article R. 743-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile :
Pour l’application des articles L. 743-3 à L. 743-18, Le juge compétent est celui du tribunal judiciaire dans le ressort duquel l’étranger est maintenu en rétention ou assigné à résidence.
Toutefois, Le juge compétent pour statuer sur le maintien en rétention d’un étranger dans le cas prévu à l’article L. 742-6 est celui du tribunal judiciaire de Paris. Ce juge reste compétent jusqu’au terme de la procédure.
Attendu que suivant l’article L. 743-19 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile :
Lorsqu’une ordonnance du juge met fin à la rétention d’un étranger ou l’assigne à résidence, elle est immédiatement notifiée au procureur de la République. L’étranger est maintenu à la disposition de la justice pendant un délai de SIX heures à compter de cette notification, à moins que le procureur de la République n’en dispose autrement (décision du CONSEIL CONSTITUTIONNEL N°2025-1158 QPC)
DEROULEMENT DES DEBATS
SUR LE FOND :
Le représentant du Préfet : Je demande d’apprécier la légalité de la mesure. Aucune nullité n’a été relevé, le maitien doit être prononcé. Il a eu une interdiction d’être sur le territoire français pour une durée de 5 ans et cela a été confirmé. Je vous demande d’ordonner le maintien.
Observations de l’avocat : On a aucun élément concrèt permettant de dire que la préfecture a fait les dilligences nécessaire pour qu’il retourne dans son pays d’origine. On a simplement un mail sans pièce jointe. Rien ne permet aux autorités algériennes de vérifier l’identité de Monsieur. On a aucune pièce d’identité et aucun élément concret. On vient dire qu’il a été condamné, on soulève donc l’atteinte à l’ordre public. Il faut noter que Monsieur a été placé sous contrôle judiciaire et se présentait de lui-même devant la juridiction. C’est la seule condamnation, on a pas vraiment une atteinte grave. L’OQTF est intervenu dans le cadre d’un contrôle sur son lieu de travail. N’ayant pas de document justifiant de son séjour, il a eu cette OQTF. Les démarches effectuées, on a rien de sérieux. C’est une demande de simplement saisir le tribunal. Il est arrivé en France en 2021, il a travaillé, il a sa famille et sa compagne en France. La demande n’est pas sérieuse, c’est un maintien arbitraire au sein du CRA. Je sollicite la mainlevée de la mesure de placement.
La personne étrangère présentée déclare : Je voulais juste m’excuser par rapport aux trucs que j’ai fait.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Attendu que M. [W] [G], né le 29/06/1996 à Tizi Ouzou, a fait l’objet d’un interdiction temporaire du territoire national prononcée le 08/04/2025 par le Tribunal correctionnel de Marseille ;
Attendu qu’il ressort des pièces du dossier M. [W] [G] :
— n’a pu présenter un document d’identité ou de voyage en cours de validité,
— ne peut justifier d’une adresse personnelle ou que celle-ci soit affectée à son habitation principale ;
qu’il a fait l’objet de précédente mesure d’éloignement à laquelle il n’a pas déféré prise le 26/03/2024,
qu’il n’a pas respecté les obligations de la précédente assignation à résidence dont il a fait l’objet ;
qu’il n’envisage pas son retour dans son pays d’origine,
qu’il a été condamné le 08/04/2025 par le Tribunal Correctionnel de Marseille pour des faits de transport non autorisé de stupéfiants, détention non autorisée de stupéfiants, offre ou cession non autorisée de stupéfiants, constitue une menace pour l’ordre public.
qu’il est défavorablement connu des services de police pour des faits notamment de transport non autorisé de stupéfiants, détention non autorisée de stupéfiants, offre ou cession non autorisée de stupéfiants, recel de bien provenant d’un vol ;
qu’il représente donc une menace à l’ordre public,
qu’il convient de prolonger la mesure,
PAR CES MOTIFS
FAISONS DROIT A LA REQUÊTE de Monsieur le Préfet ;
ORDONNONS , pour une durée maximale de 26 jours commençant quatre-vingt seize heures après la décision de placement en rétention, le maintien dans des locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire, de M. [G] [W] ;
et DISONS que la mesure de rétention prendra fin au plus tard le 21 Février 2026 à 24h00;
RAPPELONS à la personne étrangère que, pendant toute la période de la rétention, elle peut demander l’assistance d’un interprète, d’un conseil ainsi que d’un médecin, et communiquer avec son consulat et avec une personne de son choix et qu’un espace permettant aux avocats de s’entretenir confidentiellement avec les étrangers retenus est prévu au Centre de Rétention du [Localité 7] ;
INFORMONS l’intéressé verbalement de la possibilité d’interjeter appel à l’encontre de la présente ordonnance dans les 24 heures suivant la notification de cette décision, par déclaration motivée transmise par tout moyen (article R.743-11 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile) au greffe du service des rétentions administratives de la Cour d’appel d'[Localité 5], [Adresse 2], et notamment par télécopie au 04.42.33.81.32 ou par voie électronique à l’adresse structurelle suivante : [Courriel 8], ainsi que la possibilité offerte au Préfet et au Ministère public d’interjeter appel sauf pour le Procureur de la République, dans les 6 heures de la notification depuis la décision du Conseil Constitutionnel n°2025-1158 QPC du 12 septembre 2025 concernant l’appel suspensif du parquet, à saisir Monsieur le Premier Président de la Cour d’appel ou son délégué d’une demande tendant à faire déclarer son recours suspensif ;
FAIT A [Localité 9] en audience publique, le 27 Janvier 2026 À 09h55
Le Greffier Le Magistrat du siège du tribunal judiciaire
Reçu notification le 27 Janvier 2026
L’intéressé
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Infogérance ·
- Sociétés ·
- Contrats ·
- Liquidation judiciaire ·
- Créance ·
- Technologie ·
- Résiliation unilatérale ·
- Liquidateur ·
- Prestation ·
- Maintenance
- Intérêt ·
- Contentieux ·
- Déchéance ·
- Prêt ·
- Paiement ·
- Crédit ·
- Contrats ·
- Tribunal judiciaire ·
- Débiteur ·
- Capital
- Biens ·
- Indivision ·
- Procédure accélérée ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Code civil ·
- Prêt ·
- Demande ·
- Emprunt ·
- Situation financière
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Provision ·
- Préjudice ·
- Assurances ·
- Indemnisation ·
- Commissaire de justice ·
- Référé ·
- Assistant ·
- Incidence professionnelle ·
- Souffrances endurées ·
- Côte
- Syndicat de copropriétaires ·
- Commissaire de justice ·
- Mise en demeure ·
- Intérêt ·
- Copropriété ·
- Adresses ·
- Charges ·
- Taux légal ·
- Immeuble ·
- Recouvrement
- Consignation ·
- Contentieux ·
- Protection ·
- Dépôt ·
- Tribunal judiciaire ·
- Référé ·
- Intervention volontaire ·
- Vente ·
- Accessoire ·
- Contestation sérieuse
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Déficit fonctionnel temporaire ·
- Consolidation ·
- Indemnisation ·
- Préjudice d'agrement ·
- Déficit fonctionnel permanent ·
- Expert ·
- Solidarité ·
- Incidence professionnelle ·
- Professionnel ·
- Tribunal judiciaire
- Loyer ·
- Commandement de payer ·
- Commissaire de justice ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Ordures ménagères ·
- Bailleur ·
- Enlèvement ·
- Expulsion ·
- Clause resolutoire
- Habitat ·
- Loyer ·
- Clause resolutoire ·
- Bail ·
- Locataire ·
- Dette ·
- Paiement ·
- Délais ·
- Commandement ·
- Résiliation
Sur les mêmes thèmes • 3
- Prolongation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Durée ·
- Registre ·
- Éloignement ·
- Administration pénitentiaire ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Identité ·
- Avocat
- Algérie ·
- Mariage ·
- Divorce ·
- Partage ·
- Dissolution ·
- Épouse ·
- Date ·
- Aide juridictionnelle ·
- Régimes matrimoniaux ·
- Tribunal judiciaire
- Commissaire de justice ·
- Tribunal judiciaire ·
- Jugement ·
- Facture ·
- Solde ·
- Taux légal ·
- Exécution provisoire ·
- Formule exécutoire ·
- Délibéré ·
- Adresses
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.