Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Meaux, jld, 28 juil. 2025, n° 25/02952 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/02952 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à l'ensemble des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MEAUX
──────────
CONTENTIEUX DE LA RETENTION ADMINISTRATIVE
────
[Adresse 14]
Ordonnance statuant sur la contestation de l’arrêté de placement en rétention et sur la première requête en prolongation d’une mesure de rétention administrative
Ordonnance du 28 Juillet 2025
Dossier N° RG 25/02952
Nous, Claire ESCARAVAGE-CHARIAU, magistrat du siège au tribunal judiciaire de Meaux, assisté de Audrey WAVRANT, greffier ;
Vu les articles L742-1 à L 742-3, L 741-10, L 743-3, L 743-19, L 743-20, R 741-1 à R 743-9 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
Vu l’arrêté d’expulsion pris le 18 juillet 2025 par le préfet de la SEINE ET MARNE à l’encontre de M. [T] [S] [G] ;
Vu la décision de placement en rétention administrative prise le 25 juillet 2025 par le PRÉFET DE LA SEINE ET MARNE à l’encontre de M. [T] [S] [G], notifiée à l’intéressé le 25 juillet 2025 à 09h32 ;
Vu le recours de M. [T] [S] [G] daté du 27 juillet 2025 juillet 2025, reçu et enregistré le 27 juillet 2025 à 21h34 au greffe du tribunal, par lequel il demande au tribunal d’annuler la décision de placement en rétention administrative pris à son encontre ;
Vu la requête du PRÉFET DE LA SEINE ET MARNE datée du 27 juillet 2025, reçue et enregistrée le 27 juillet 2025 à 15h07 au greffe du tribunal, tendant à la prolongation de la rétention administrative pour une durée de vingt six jours de :
Monsieur [T] [S] [G], né le 17 Novembre 1947 à [Localité 16] (PORTUGAL), de nationalité Portugaise
Vu l’extrait individualisé du registre prévu par l’article L. 744-2 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
En l’absence du procureur de la République régulièrement avisé par le greffier, dès réception de la requête, de la date, de l’heure, du lieu et de l’objet de la présente audience ;
Après avoir, en audience publique, rappelé à la personne retenue les droits qui lui sont reconnus par le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, puis entendu en leurs observations, moyens et arguments :
Dossier N° RG 25/02952
— Me Baptiste VACHON, avocat au barreau de PARIS, choisi par la personne retenue pour l’assister, régulièrement avisé ;
— Me Elif ISCEN, (cabinet CENTAURE), avocat représentant le PRÉFET DE LA SEINE ET MARNE ;
— M. [T] [S] [G] ;
Dossier N° RG 25/02952
MOTIFS DE LA DÉCISION
SUR LA JONCTION DES PROCÉDURES:
Attendu qu’il convient en application de l’article 367 du code de procédure civile et pour une bonne administration de la justice de joindre les deux procédures à savoir, celle introduite par la requête de PRÉFET DE LA SEINE ET MARNE enregistrée sous le N° RG 25/02951 et celle introduite par le recours de M. [T] [S] [G] enregistré sous le N° RG 25/02952 ;
SUR LE MOYEN D’ORDRE PUBLIC
Attendu qu’à l’audience, le magistrat chargé du contrôle des mesures privatives de liberté met aux débats un moyen tiré de l’absence d’avis au procureur de la République du placement en rétention administrative,
Attendu qu’il est constant que M. [T] [S] [G] a fait l’objet d’un arrêté portant placement en rétention administrative le 25 juillet 2025 à 09 heures 32, qu’il intégrait le centre de rétention administrative de [Localité 18] puis faisait l’objet d’un transfert au centre de rétention administrative du [17] en raison d’une incompatibilité de son état de santé avec les infrastructures proposées dans ledit centre ;
Attendu qu’au regard du rôle de garant de la liberté individuelle conféré par ce dernier texte au procureur de la République, son information immédiate sur la décision de placement en rétention doit être effective ;
Que s''il ne résulte pas des pièces du dossier que le procureur de la République a été informé du placement en rétention, la procédure se trouve entachée d’une nullité d’ordre public, sans que l’étranger qui l’invoque ait à démontrer l’existence d’une atteinte portée à ses droits ;
Aux termes des dispositions combinées des articles 6 et 9 du code de procédure civile “à l’appui de leurs prétentions, les parties ont la charge d’alléguer les faits propres à les fonder” et “il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention.”
Attendu que le conseil de la préfecture plaide que figure au dossier de la procédure un procès-verbal intitulé “clôture” dressé à 14 heures39 aux termes duquel il est indiqué que la procédure est transmise au procureur de la République pour le placement ;
Attendu toutefois, outre que le procès-verbal ne présage pas d’un avis effectif au procureur de la République intervenu immédiatement, en tout état de cause il interviendrait a posteriori dudit placement ;
Attendu qu’en l’absence de pièce produite en ce sens, il y a lieu de considérer qu’aucun avis n’a été réalisé immédiatement conformément à l’article L741-8 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
Attendu qu’il résulte de ce qui précède que la procédure sera déclarée irrégulière et subséquemment le placement en rétention administrative sans qu’il ne soit besoin de statuer de plus ample façon sur la requête en première prolongation de la rétention administrative telle que présentée par l’administration ;
SUR LA CONTESTATION DE L’ARRÊTÉ DE PLACEMENT EN RÉTENTION:
Compte tenu de ce qui précède, disons n’y avoir lieu à statuer ;
SUR LA DEMANDE DE PROLONGATION DE LA RÉTENTION:
Compte tenu de ce qui précède, disons n’y avoir lieu à statuer ;
PAR CES MOTIFS,
ORDONNONS la jonction de la procédure introduite par le recours de M. [T] [S] [G] enregistré sous le N° RG 25/02952 et celle introduite par la requête de PRÉFET DE LA SEINE ET MARNE enregistrée sous le N° RG 25/02951 ;
DÉCLARONS le recours de M. [T] [S] [G] recevable ;
DISONS n’y avoir lieu à statuer sur le recours de M. [T] [S] [G] ;
DÉCLARONS la procédure irrégulière ;
REJETONS la requête du PRÉFET DE LA SEINE ET MARNE.
RAPPELONS M. [T] [S] [G] qu’il devra se conformer à sa mesure d’éloignement ;
Prononcé publiquement au palais de justice du Mesnil-Amelot, le 28 Juillet 2025 à 12 h 13 .
Le greffier, Le juge,
qui ont signé l’original de l’ordonnance.
Pour information :
— Lorsqu’une ordonnance met fin à la rétention, elle doit être notifiée au procureur de la République. A moins que ce dernier n’en dispose autrement, l’étranger est alors maintenu à la disposition de la justice pendant un délai de vingt quatre heures à compter de la notification de l’ordonnance au procureur. Durant cette période, l’étranger peut, s’il le souhaite, contacter son avocat ou un tiers, rencontrer un médecin et s’alimenter. Dans le cas où, dans ce délai de vingt quatre heures le procureur de la République décide de former appel en demandant que son recours soit déclaré suspensif, l’intéressé reste maintenu à la disposition de la justice jusqu’à ce le premier président de la cour d’appel ou son délégué statue sur la demande du procureur, voire sur le fond s’il apparaît justifié de donner un effet suspensif à l’appel du ministère public.
— Le préfet peut aussi faire appel mais, en ce cas, son recours n’est pas suspensif.
— L’appel du procureur de la République ou du préfet est transmis par tout moyen au greffe de la Cour d’appel de [Localité 19] (Service des étrangers – Pôle 1 Chambre 11), notamment par télécopie au n° : 01.44.32.78.05. ou par courriel à l’adresse mail [Courriel 15] .
— Tant que la rétention n’a pas pris fin, la personne retenue peut demander l’assistance d’un interprète, d’un avocat ainsi que d’un médecin, et communiquer avec son consulat ou toute personne de son choix.
— La personne retenue bénéficie également du droit de contacter toute organisation et instance nationale, internationale ou non gouvernementale compétente pour visiter les lieux de rétention, notamment :
• le Contrôleur général des lieux de privation de liberté ([Adresse 8] ; www.cglpl.fr ; tél. : [XXXXXXXX03] ; fax : 01.42.38.85.32) ;
• le Défenseur des droits ([Adresse 11] ; tél. : [XXXXXXXX05]) ;
• France Terre d’Asile ([Adresse 9] ; tél. : [XXXXXXXX02]) ;
• Forum Réfugiés Cosi ([Adresse 10] ; tél. : [XXXXXXXX04]) ;
• Médecins sans frontières – MSF ([Adresse 12] ; tél. : [XXXXXXXX01]).
• La CIMADE ([Adresse 13] 60 50)
— France Terre d’Asile association indépendante de l’administration présente dans chacun des centres de rétention du Mesnil-Amelot (Tél. France Terre d’Asile CRA2 : [XXXXXXXX06] / [XXXXXXXX07] – Tél. France Terre d’Asile CRA 3 : 09.72.41.57.14 / 01.84.16.91.22), est à la disposition des retenus, sans formalité, pour les aider dans l’exercice effectif de leurs droits, aux heures d’accueil précisées par le règlement intérieur.
— A tout moment, la personne retenue peut demander que sa privation de liberté prenne fin, par simple requête, motivée et signée, adressée au magistrat du siège par tout moyen, accompagnée de toutes les pièces justificatives.
— L’ordonnance qui met fin à la rétention ne fait pas disparaître l’obligation de quitter le territoire français imposée par l’autorité administrative tant que la personne concernée n’en est pas relevée. Si celle-ci n’a pas quitté la France en exécution de la mesure d’éloignement ou si elle revient en France alors que cette mesure est toujours exécutoire, elle peut faire l’objet d’une nouvelle décision de placement en rétention, à l’expiration d’un délai de 7 jours à compter du terme de sa rétention ou d’un délai de 48 heures en cas de circonstances nouvelles de fait ou de droit.
Reçu le 28 juillet 2025, dans une langue comprise, notification de la présente ordonnance avec remise d’une copie intégrale, information du délai d’appel et des modalités d’exercice de cette voie de recours, ainsi que le rappel des droits en rétention.
La personne retenue,
Reçu copie intégrale de la présente ordonnance le 28 juillet 2025.
L’avocat du PRÉFET DE LA SEINE ET MARNE,
Reçu copie intégrale de la présente ordonnance le 28 juillet 2025.
L’avocat de la personne retenue,
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Adresses ·
- Canton ·
- Désistement d'instance ·
- Charge des frais ·
- Épouse ·
- Action ·
- Cabinet ·
- Charges ·
- Saisie
- Parents ·
- Tribunal judiciaire ·
- Divorce ·
- Médiateur ·
- Contribution ·
- Vacances ·
- Outre-mer ·
- Médiation ·
- Enfant ·
- Maroc
- Désistement ·
- Siège social ·
- Adresses ·
- Avocat ·
- Juge des référés ·
- Ordonnance de référé ·
- Associations ·
- Personnes ·
- Partie ·
- Cabinet
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Divorce ·
- Partage ·
- Tribunal judiciaire ·
- Révocation des donations ·
- Conjoint ·
- Mariage ·
- Avantages matrimoniaux ·
- Affaires étrangères ·
- Code civil ·
- Juge
- Tribunal judiciaire ·
- Contrainte ·
- Signification ·
- Cotisations ·
- Centre pénitentiaire ·
- Opposition ·
- Régularisation ·
- Retard ·
- Montant ·
- Urssaf
- Désistement ·
- Assesseur ·
- Tribunal judiciaire ·
- Dessaisissement ·
- Stagiaire ·
- Courriel ·
- Recours ·
- Rejet ·
- Europe ·
- Juridiction
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Contrainte ·
- La réunion ·
- Opposition ·
- Sécurité sociale ·
- Forclusion ·
- Travailleur indépendant ·
- Assesseur ·
- Travailleur ·
- Cotisations
- Hospitalisation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Trouble ·
- Notification ·
- Centre hospitalier ·
- Certificat médical ·
- Maintien ·
- Avis motivé ·
- Contrôle ·
- Thérapeutique
- Photographie ·
- Manche ·
- Édition ·
- Photographe ·
- Blog ·
- Droits d'auteur ·
- Tribunal judiciaire ·
- Contrefaçon ·
- Enfant ·
- Journal
Sur les mêmes thèmes • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Épouse ·
- Désistement ·
- Contentieux ·
- Locataire ·
- Protection ·
- Demande ·
- Adresses ·
- Commissaire de justice ·
- Congé
- Clôture ·
- Consorts ·
- Acte de vente ·
- Acte authentique ·
- Clause pénale ·
- Promesse de vente ·
- Demande ·
- Partie ·
- Obligation ·
- Retard
- Sociétés ·
- Mandataire judiciaire ·
- Tribunal judiciaire ·
- Bail commercial ·
- Commissaire de justice ·
- Commandement ·
- Reprise d'instance ·
- Bailleur ·
- Titre ·
- Redressement
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.