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Sur la décision
| Référence : | TJ Meaux, retention admin étrangers, 23 avr. 2026, n° 26/02176 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/02176 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Déclare la demande ou le recours irrecevable |
| Date de dernière mise à jour : | 2 mai 2026 |
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Texte intégral
Dossier N° RG 26/02176 – N° Portalis DB2Y-W-B7K-CENMG
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MEAUX
──────────
CONTENTIEUX DE LA RETENTION ADMINISTRATIVE
────
Annexe du palais de Justice de Meaux – [Adresse 1]
Ordonnance statuant sur la contestation de l’arrêté de placement en rétention et sur la première requête en prolongation d’une mesure de rétention administrative
Ordonnance du 23 Avril 2026
Dossier N° RG 26/02176 – N° Portalis DB2Y-W-B7K-CENMG
Nous, Pascal LATOURNALD, magistrat du siège au tribunal judiciaire de Meaux, assisté d’Elodie NOEL, greffier ;
Vu l’article 66 de la Constitution ;
Vu la loi n° 2025-796 du 11 août 2025 visant à faciliter le maintien en rétention des personnes condamnées pour des faits d’une particulière gravité et présentant de forts risques de récidive ;
Vu les articles L 741-3, L742-1 à L 742-3, L 741-10, R 741-3, R 742-1, R743-1 à R 743-10 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
Vu l’arrêté pris le 28 janvier 2026 par le préfet de la Marne faisant obligation à M. [A] [K] de quitter le territoire français ;
Vu la décision de placement en rétention administrative prise le 18 avril 2026 par le PREFET DE POLICE DE [Localité 1] à l’encontre de M. [A] [K], notifiée à l’intéressé le 18 avril 2026 à 12h19 ;
Vu le recours de M. [A] [K] daté du 22 avril 2026 , reçu et enregistré le 22 avril 2026 à 12h03 au greffe du tribunal, par lequel il demande au tribunal d’annuler la décision de placement en rétention administrative pris à son encontre ;
Vu la requête du PREFET DE POLICE DE PARIS datée du 21 avril 2026, reçue et enregistrée le 21 avril 2026 à 16h03 au greffe du tribunal, tendant à la prolongation de la rétention administrative pour une durée de vingt six jours de :
Monsieur [A] [K], né le 02 Mai 1990 à [Localité 2], de nationalité Marocaine
Vu l’extrait individualisé du registre prévu par l’article L. 744-2 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
En l’absence du procureur de la République régulièrement avisé par le greffier, dès réception de la requête, de la date, de l’heure, du lieu et de l’objet de la présente audience ;
En présence d'[H] [T], interprète inscrit sur la liste établie par le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Meaux, assermenté pour la langue arabe déclarée comprise par la personne retenue à l’inverse du français ;
Après avoir, en audience publique, rappelé à la personne retenue les droits qui lui sont reconnus par le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, puis entendu en leurs observations, moyens et arguments :
— Me Ruben GARCIA, avocat au barreau de Paris, choisi par la personne retenue pour l’assister, régulièrement avisé ;
— Me Catherine SCOTTO (cabinet Centaure), avocat représentant le PREFET DE POLICE DE [Localité 1];
— M. [A] [K] ;
Dossier N° RG 26/02176 – N° Portalis DB2Y-W-B7K-CENMG
MOTIFS DE LA DÉCISION
SUR LA JONCTION DES PROCEDURES
Il convient en application de l’article 367 du code de procédure civile et pour une bonne administration de la justice de joindre les deux procédures à savoir, celle introduite par la requête du PREFECTURE DE POLICE DE [Localité 1] enregistrée sous le N° RG 26/02164 – N° Portalis DB2Y-W-B7K-CENMG et celle introduite par le recours de M. [A] [K] enregistré sous le N° RG 26/02176
Il incombe au juge judiciaire de se prononcer en tant que gardien de la liberté individuelle sur la légalité de la rétention, indépendamment de tout recours contre la décision de placement.
Sur le moyen d’irrecevabilité tiré de l’absence de transmission de pièces utiles
L’article R. 743-2 du CESEDA prévoit qu’à peine d’irrecevabilité, la requête aux fins de prolongation de la rétention est motivée, datée et signée, par l’autorité administrative qui a ordonné le placement en rétention, et doit être accompagnée de toutes pièces justificatives utiles.
Une pièce justificative utile est une pièce qui permet au juge de contrôler la régularité de la procédure (Cass. 1re civ., 8 juill. 2020, n° 19-16.408).
La Cour de cassation considère enfin qu’il « ne peut être suppléé à l’absence du dépôt de ces pièces [justificatives utiles], sauf s’il est justifié de l’impossibilité de les joindre à la requête, par leur seule communication à l’audience » ( re 1 Civ., 23 novembre 2022, o n 21-19.226 ).
En l’espèce, il est reproché à l’administration de ne pas avoir communiqué le PROCES-VERBAL d’interpellation qui a permis de conduire l’intéressé du commissariat de [Localité 3] à l’aéroport,
Sur ce,
La juridiction de céans rappelle qu’aucun texte ne détermine les pièces justificatives utiles à l’exception de la copie du registre de rétention prévue à l’art R. 743-2.
La Cour de cassation énonce que les pièces justificatives utiles sont celles qui « sont nécessaires au contrôle de la régularité de la procédure » (1 re Civ., 8 juillet 2020, n 19-16.408 ; n° 1 Civ., 26 octobre 2022, n 21-19.352 ).
Il est de jurisprudence constante (1re Civ., 29 janvier 2025, pourvoi n° 23-16.335 : Bordeaux, cassation) que la non-production d’une copie du registre, permettant un contrôle de l’effectivité de l’exercice des droits reconnus à l’étranger au cours de la mesure de rétention, constitue une fin de non-recevoir pouvant être accueillie sans que celui qui l’invoque ait à justifier d’un grief et qu’il ne peut être suppléé à l’absence du dépôt de cette pièce, sauf s’il est justifié d’une l’impossibilité de la joindre à la requête.
Ont notamment été jugées comme étant des pièces justificatives utiles devant accompagner la requête le document propre à établir les conditions de l’interpellation ayant conduit au placement initial en garde à vue, préalable à la rétention ( 1ère Civ., 6 juin 2012, o n 11-30.185 ) ;
En l’occurrence, il ressort de la procédure que les pièces suivantes sont versées les instructions données par le préfet de la Marne à Monsieur le directeur interdépartemental de la police nationale ainsi rédigé : ‘'L’étranger cité en objet fait l’objet d’un arrêté préfectoral portant obligation de quitter le territoire français sans délai assorti d’une interdiction de retour d’une durée de 12 mois qui lui a été notifié le 29 janvier 2026. Afin de mettre à exécution cette mesure d’éloignement, Monsieur X se disant EI [C] [A] a également fait l’objet d’un arrêté portant assignation à résidence notifié le 29 janvier 2026. Aussi et sur le fondement d’une exécution d’office prévue par l’article L. 722-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, vous voudrez bien faire interpeller vous voudrez bien faire interpeller l’intéressé lors de son pointage au commissariat de police de [Localité 3] le vendredi 17 avril 2026, et le faire accompagner à l’aéroport de [Etablissement 1] où une place lui a été réservée sur le vol suivant : …
Il n’est pas contesté que l’intéressé a été conduit du commissariat de [Localité 3] à l’aéroport de [Etablissement 1] alors qu’il se présentait pour signer dans le cadre de son assignation à résidence.
Il ne peut être que constater qu’aucun PROCES-VERBAL ne relate si les policiers ont eu recours à la contrainte, or selon les instructions données par le préfet, il était demandé d’interpeller l’intéressé ce qui suppose le recours à la contrainte et la privation de liberté subséquente.
Le seul procès-verbal d’interpellation que la procédure comporte est celui qui résulte du refus d’embarquer à 16h00.
Il s’en déduit une absence de document permettant d’informer le juge sur la privation de liberté entre la présentation au commissariat de [Localité 3] et son refus d’embarquer constaté par les fonctionnaires de l’ U.N.E.S.I /Groupe d’Appui à l’Eloignement Direction Nationale de la Police aux Frontières, Division Nationale de l’éloignement.
Ainsi, sans qu’il soit besoin de statuer sur les autres moyens d’irrégularité. Le moyen d’irrecevabilité sera accueilli.
PAR CES MOTIFS
ORDONNONS la jonction de la procédure introduite par la requête de PREFET DE POLICE DE [Localité 1] enregistré sous le N° RG 26/02164 – N° Portalis DB2Y-W-B7K-CENMG et celle introduite par le recours de M. [A] [K] enregistrée sous le N° RG 26/02176;
DÉCLARONS irrecevable la requête du PREFET DE POLICE DE [Localité 1] ;
DISONS n’y avoir lieu à statuer sur la prolongation de la rétention administrative de M. [A] [K].
RAPPELONS à M. [A] [K] qu’il devra se conformer à la mesure d’éloignement;
Prononcé publiquement au palais de justice du Mesnil-Amelot, le 23 Avril 2026 à 13h15.
Le greffier, Le juge,
qui ont signé l’original de l’ordonnance.
Pour information :
— Lorsqu’une ordonnance met fin à la rétention, elle doit être notifiée au procureur de la République. A moins que ce dernier n’en dispose autrement, l’étranger est alors maintenu à la disposition de la justice pendant un délai de six heures à compter de la notification de l’ordonnance au procureur. Durant cette période, l’étranger peut, s’il le souhaite, contacter son avocat ou un tiers, rencontrer un médecin et s’alimenter. Dans le cas où, dans ce délai de six heures le procureur de la République décide de former appel en demandant que son recours soit déclaré suspensif, l’intéressé reste maintenu à la disposition de la justice jusqu’à ce le premier président de la cour d’appel ou son délégué statue sur la demande du procureur, voire sur le fond s’il apparaît justifié de donner un effet suspensif à l’appel du ministère public.
— Le préfet peut aussi faire appel, dans un délai de 24h,mais, en ce cas, son recours n’est pas suspensif.
— L’appel du procureur de la République ou du préfet est transmis par tout moyen au greffe de la Cour d’appel de [Localité 1] (Service des étrangers – Pôle 1 Chambre 11), notamment par télécopie au n° : 01.44.32.78.05. ou par courriel à l’adresse mail [Courriel 1] .
— Tant que la rétention n’a pas pris fin, la personne retenue peut demander l’assistance d’un interprète, d’un avocat ainsi que d’un médecin, et communiquer avec son consulat ou toute personne de son choix.
— La personne retenue bénéficie également du droit de contacter toute organisation et instance nationale, internationale ou non gouvernementale compétente pour visiter les lieux de rétention, notamment :
• le Contrôleur général des lieux de privation de liberté ([Adresse 2] ; www.cglpl.fr ; tél. : [XXXXXXXX01] ; fax : 01.42.38.85.32) ;
• le Défenseur des droits ([Adresse 3] ; tél. : [XXXXXXXX02]) ;
• France Terre d’Asile ([Adresse 4] ; tél. : [XXXXXXXX03]) ;
• Forum Réfugiés Cosi ([Adresse 5] ; tél. : [XXXXXXXX04]) ;
• Médecins sans frontières – MSF ([Adresse 6] ; tél. : [XXXXXXXX05]).
• La CIMADE ([Adresse 7] 01 44 18 60 50)
— France Terre d'[Adresse 8] association indépendante de l’administration présente dans chacun des centres de rétention [Localité 4] (Tél. France [Adresse 9] CRA2 : [XXXXXXXX06] / [XXXXXXXX07] – Tél. France [Adresse 10] : 09.72.41.57.14 / 01.84.16.91.22), est à la disposition des retenus, sans formalité, pour les aider dans l’exercice effectif de leurs droits, aux heures d’accueil précisées par le règlement intérieur.
— A tout moment, la personne retenue peut demander que sa privation de liberté prenne fin, par simple requête, motivée et signée, adressée au magistrat du siège par tout moyen, accompagnée de toutes les pièces justificatives.
— L’ordonnance qui met fin à la rétention ne fait pas disparaître l’obligation de quitter le territoire français imposée par l’autorité administrative tant que la personne concernée n’en est pas relevée. Si celle-ci n’a pas quitté la France en exécution de la mesure d’éloignement ou si elle revient en France alors que cette mesure est toujours exécutoire, elle peut faire l’objet d’une nouvelle décision de placement en rétention, à l’expiration d’un délai de 7 jours à compter du terme de sa rétention ou d’un délai de 48 heures en cas de circonstances nouvelles de fait ou de droit.
Reçu le 23 avril 2026, dans une langue comprise, notification de la présente ordonnance avec remise d’une copie intégrale, information du délai d’appel et des modalités d’exercice de cette voie de recours, ainsi que le rappel des droits en rétention.
La personne retenue, L’interprète ayant prêté son concours
Reçu copie intégrale de la présente ordonnance le 23 avril 2026.
L’avocat du PREFET DE POLICE DE [Localité 1],
Reçu copie intégrale de la présente ordonnance le 23 avril 2026.
L’avocat de la personne retenue,
— NOTIFICATIONS -
Dossier N° RG 26/02176 – N° Portalis DB2Y-W-B7K-CENMG – M. [A] [K]
Nous, , greffier, certifions que la présente ordonnance a été notifiée
au procureur de la République le 23 avril 2026 à heures .
Le greffier,
Nous, , greffier, prenons acte le 23 avril 2026 à heures ,
que le procureur de la République nous fait connaître qu’il renonce à demander que ce recours soit déclaré suspensif mais qu’il se réserve le droit de former appel de la présente ordonnance dans les 24h de son prononcé. La personne retenue en a été aussitôt informée dans une langue qu’elle comprend.
Le greffier,
Nous, , greffier, prenons acte le 23 avril 2026 à heures ,
que le procureur de la République nous justifie qu’il a interjeté appel de la présente ordonnance avec demande d’effet suspensif. La personne retenue en a été aussitôt informée dans une langue qu’elle comprend.
Le greffier,
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Textes cités dans la décision
- Constitution du 4 octobre 1958
- LOI n°2025-796 du 11 août 2025
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
- Code de procédure civile
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