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Sur la décision
| Référence : | TJ Nice, service de proximite, 12 janv. 2026, n° 25/04291 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/04291 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 31 janvier 2026 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : |
Texte intégral
COUR D’APPEL D'[Localité 4]
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NICE
MINUTE
(Décision Civile)
Service de proximité
MINUTE N°
DU 12 Janvier 2026
N° RG 25/04291 – N° Portalis DBWR-W-B7J-QXL7
Grosse délivrée
à Me LACOME
D’ESTALENX
Expédition délivrée
à Mme [J]
le
DEMANDERESSES:
S.A. WAKAM
prise en la personne de son représentant légal en exercice
[Adresse 1]
représentée par Me Marion LACOME D’ESTALENX, avocat au barreau de PARIS substituée par Me Antoine VANDELET, lui-même substitué par Me Hind MAGHNAOUI, avocats au barreau de NICE
Madame [G] [T]
née le 13 février 1948 à [Localité 5]
[Adresse 3]
représentée par Me Marion LACOME D’ESTALENX, avocat au barreau de PARIS substituée par Me Antoine VANDELET, lui-même substitué par Me Hind MAGHNAOUI, avocats au barreau de NICE
DEFENDERESSE:
Madame [N] [J]
née le 14 mars 1971 à [Localité 6] (ITALIE)
[Adresse 2]
non comparante, ni représentée
COMPOSITION DE LA JURIDICTION:
Lors des débats et qui a délibéré :
Juge des contentieux de la protection : Madame Caroline ATTAL, Vice-Présidente au Tribunal judiciaire de Nice, assistée lors des débats et lors du prononcé par Mme Magali MARTINEZ, Cadre greffier, qui a signé la minute avec la présidente
DEBATS : A l’audience publique du 23 Octobre 2025, l’affaire a été mise en délibéré au 18 Décembre 2025, les parties ayant été avisées que le prononcé de la décision aurait lieu par mise à disposition au greffe. Le délibéré a été prorogé au 12 Janvier 2026
PRONONCE : par jugement réputé contradictoire, en premier ressort, par mise à disposition au greffe le 12 Janvier 2026
EXPOSE DU LITIGE
Par contrat de location en date du 26 janvier 2021 à effet du 10 février 2021, Madame [G] [T] a donné à bail à Madame [N] [J] un logement à usage d’habitation situé à [Adresse 7], moyennant un loyer mensuel en principal de 620 euros et une provision sur charges de 50 euros.
La société WAKAM s’est portée caution de Madame [N] [J] au titre de la garantie GARANTME.
La société WAKAM a réglé à Madame [G] [T] la somme de 12144,46 au titre de la garantie loyers impayés.
Par acte de commissaire de justice en date du 13 août 2025, la société WAKAM et Madame [G] [T] ont fait assigner Madame [N] [J] devant le juge des contentieux de la protection de la chambre de Proximité du Tribunal Judiciaire de Nice, afin de :
— de voir constater l’application de la clause résolutoire et de constater la résiliation du
bail,
— ordonner son expulsion et celle de tous occupants de son chef, avec si besoin le concours de la force publique,
— condamner Madame [N] [J] à payer :
— la somme de 5174,28 euros à Madame [G] [T] au titre des loyers et charges impayés arrêtée au mois d’août 2025 échu avec intérêts au taux légal à compter de la délivrance de l’assignation
— la somme de 2144,46 euros à la société WAKAM subrogée dans les droits de Madame [G] [T] au titre des loyers et charges impayés arrêtée au mois d’août 2025 échu avec intérêts au taux légal à compter de la délivrance de l’assignation
— une indemnité mensuelle d’occupation provisionnelle égale au loyer et charges jusqu’à son départ effectif des lieux,
— outre une somme de 1000 € en application de l’article 700 du code de procédure civile et aux dépens, en ce compris le coût du commandement de payer.
A l’audience du 23 octobre 2025, la société WAKAM et Madame [G] [T] ont maintenu leurs demandes en l’état de l’acte introductif d’instance.
Madame [N] [J] régulièrement assignée à domicile, n’a pas comparu.
La juridiction n’a pas été destinataire d’un diagnostic social et financier.
L’affaire a été mise en délibéré au 18 décembre 2025, prorogée au 12 janvier 2026 en raison de la surcharge de travail du magistrat.
MOTIFS DE LA DECISION
I. SUR LA RESILIATION DU BAIL
Sur la recevabilité
L’article 2309 du code civil prévoit que « la caution qui a payé tout ou partie de la dette est subrogée dans les droits qu’avait le créancier contre le débiteur. »
La Société WAKAM qui a réglé les loyers impayés aux lieu et place de la locataire a qualité pour engager à l’encontre du locataire une action en résolution du bail et de ses conséquences afin de limiter son engagement de caution.
Une copie de l’assignation a été notifiée à la préfecture des Alpes-Maritimes par la voie électronique le 19 août 2025, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
La signification du commandement de payer du 6 février 2025 a été enregistré à la CCapex le 18 février 2025.
L’action est donc recevable.
Sur l’acquisition des effets de la clause résolutoire
L’article 24 I de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 prévoit que « toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que six semaines ou deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux ».
En l’espèce, le bail conclu le 26 janvier 2021 entre Madame [G] [T] et Madame [N] [J] contient une clause résolutoire de plein droit à défaut de paiement du loyer et de ses accessoires deux mois après la délivrance d’un commandement de payer resté infructueux.
Par acte de commissaire de justice en date du 6 février 2025 la SA WAKAM et Madame [G] [T] ont fait délivrer à la locataire un commandement de payer la somme de 1429,64 euros au titre des loyers échus. Ce commandement se réfère à la clause de résiliation de plein droit du bail pour défaut de paiement et a été notifié à la Ccapex le 18 février 2025.
Ce commandement est régulier et ses causes n’ont pas été réglées dans les deux mois de sa signification, au vu du décompte versé, ce que Madame [N] [J], absente à l’audience, ne conteste pas.
Il y a lieu en conséquence de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire sont réunies à la date du 6 avril 2025.
Il convient donc au vu de l’urgence et du trouble subi par Madame [G] [T] d’ordonner l’expulsion de Madame [N] [J] selon les modalités prévues au dispositif de la décision.
Il y a lieu d’indiquer que le sort des meubles sera régi conformément aux dispositions des articles L.433-1 et L.433-2 du code des procédures civiles d’exécution.
II SUR LES DEMANDES EN PAIEMENT
Selon l’article 7 de la loi du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus ; le paiement mensuel est de droit lorsque le locataire en fait la demande. Le paiement partiel du loyer par le locataire réalisé en application de l’article L. 843-1 du code de la construction et de l’habitation ne peut être considéré comme un défaut de paiement du locataire.
Selon décompte arrêté au 1er août 2025, Madame [N] [J] reste devoir la somme de 5174,28 euros à Madame [G] [T].
En l’espèce, la société WAKAM qui justifie d’une quittance subrogative en date du 29 janvier 2025 conformément aux dispositions des articles 2309 et 1346-1 du code civil, produit un décompte démontrant que Madame [N] [J] reste lui devoir la somme de 2144,46 à la date du 1er août 2025, l’actualisation de la dette à la somme de 8800,90 euros à la date du 1er octobre 2025 ne pouvant être retenue faute d’avoir été contradictoirement débattue, en l’absence de Madame [N] [J] à l’audience.
Madame [N] [J] qui ne comparaît pas quoique régulièrement citée à l’audience du 23 octobre 2025, n’apporte aucun élément de nature à contester le principe ni le montant de la dette.
Elle sera donc condamnée à verser à Madame [G] [T] la somme de 5174,28 euros et à la société WAKAM la somme de 2144,46 euros avec intérêts au taux légal à compter de la date de la délivrance de l’assignation.
IV. SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES :
Madame [N] [J], partie perdante, supportera la charge des dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de la saisine de la Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions locatives de l’assignation et de sa notification à la préfecture.
Compte tenu de l’équité et de la situation économique des parties, il serait inéquitable de laisser à la charge de la société WAKAM les sommes exposées par elle dans la présente instance et non comprise dans les dépens. Il convient donc de condamner Madame [N] [J] à lui verser une somme de 800€ sur le fondement des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.
La présente décision est de plein droit exécutoire à titre provisoire.
PAR CES MOTIFS,
Le juge des contentieux de la protection statuant, par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,
DECLARE l’action de Madame [G] [T] et de la société WAKAM recevable
CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 26 janvier 2021 entre Madame [G] [T] et Madame [N] [J] portant sur l’appartement à usage d’habitation et l’emplacement de parking situés à [Adresse 7] sont réunies à la date du 6 avril 2025.
ORDONNE, à défaut de départ volontaire des lieux l’expulsion de Madame [N] [J] ainsi que de tout occupant de son chef, dans un délai de deux mois à compter de la signification d’un commandement d’avoir à libérer les lieux, avec l’assistance de la force publique si besoin est, ainsi que le transport des meubles laissés dans les lieux loués, conformément aux dispositions des articles L433-1 et L433-2 du code des procédures civiles d’exécution,
CONDAMNE Madame [N] [J] à verser à la société WAKAM la somme de 2144,46 euros arrêtée au 1er août 2025 comprenant les loyers, charges et indemnités d’occupation impayés avec intérêts au taux légal à compter de la date de la délivrance de l’assignation.
CONDAMNE Madame [N] [J] à verser à Madame [G] [T] la somme de 5174,28 euros arrêtée au 1er août 2025 comprenant les loyers, charges et indemnités d’occupation impayés avec intérêts au taux légal à compter de la date de la délivrance de l’assignation.
FIXE le montant de l’indemnité d’occupation due par Madame [N] [J] à compter de la résiliation du bail et jusqu’à la libération définitive des lieux, à une somme égale au montant mensuel du loyer indexé et des charges qui auraient été dus en cas de non-résiliation du bail,
CONDAMNE Madame [N] [J] à verser à la société WAKAM une somme de 800 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE Madame [N] [J] aux dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de la saisine de la Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions locatives, de l’assignation et de sa notification à la préfecture ;
REJETTE le surplus des demandes ;
RAPPELLE que le présent jugement est de plein droit exécutoire à titre provisoire ;
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition de la décision au greffe de la chambre de Proximité du Tribunal Judiciaire de Nice
La greffière, La vice-présidente,
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