Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Paris, pcp jtj proxi fond, 28 oct. 2024, n° 24/02398 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/02398 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Déboute le ou les demandeurs de l'ensemble de leurs demandes |
| Date de dernière mise à jour : | 5 mai 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Parties : | La société CAR SHARING AND MOBILITY SERVICES FRANCE |
|---|
Texte intégral
TRIBUNAL
JUDICIAIRE
DE [Localité 3] [1]
[1] Copie conforme délivrée
le :
à :
Me Morgane GREVELLEC
Copie exécutoire délivrée
le :
à :
Monsieur [H] [U]
Pôle civil de proximité
■
PCP JTJ proxi fond
N° RG 24/02398 – N° Portalis 352J-W-B7I-C4UZQ
N° MINUTE :
JUGEMENT
rendu le lundi 28 octobre 2024
DEMANDERESSE
La société CAR SHARING AND MOBILITY SERVICES FRANCE
dont le siège social est sis [Adresse 2]
représentée par Me Morgane GREVELLEC, avocat au barreau de PARIS, vestiaire : E2122
DÉFENDEUR
Monsieur [H] [U]
demeurant [Adresse 1]
non comparant, ni représenté
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Romain BRIEC, Président,
assisté de Coraline LEMARQUIS, Greffière,
DATE DES DÉBATS
Audience publique du 02 septembre 2024
JUGEMENT
réputé contradictoire, en premier ressort, prononcé par mise à disposition le 28 octobre 2024 par Romain BRIEC, Président, assisté de Coraline LEMARQUIS, Greffière
Décision du 28 octobre 2024
PCP JTJ proxi fond – N° RG 24/02398 – N° Portalis 352J-W-B7I-C4UZQ
EXPOSE DU LITIGE
La SAS CAR SHARING AND MOBILITY SERVICES FRANCE a supposément conclu un contrat le 2 janvier 2023 avec Monsieur [H] [U], portant sur la location de son véhicule ZITY immatriculé GD-755-IQ.
Se plaignant de dommages que Monsieur [H] [U] aurait causés au véhicule, la SAS CAR SHARING AND MOBILITY SERVICES FRANCE l’a mis en demeure, par courriers des 30 janvier 2023 et 21 avril 2023, d’avoir à payer la somme de 6976,30 euros, correspondant au coût des réparations selon facture d’un garagiste agréé en date du 5 janvier 2023.
Par acte de commissaire de justice du 11 mars 2024, la SAS CAR SHARING AND MOBILITY SERVICES FRANCE a assigné Monsieur [H] [U] devant le tribunal judiciaire de Paris, chambre de proximité, aux fins d’obtenir, sous le bénéfice de l’exécution provisoire, sa condamnation en paiement de la somme de 6976,30 euros, avec intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure du 21 avril 2023 à titre principal, subsidiairement de l’assignation, outre sa condamnation en paiement de 2200 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, ainsi qu’aux dépens en ce compris le coût de l’acte introductif d’instance.
L’affaire a été appelée et retenue à l’audience du 2 septembre 2024.
A l’audience, la SAS CAR SHARING AND MOBILITY SERVICES FRANCE a renvoyé aux termes de son assignation soutenue oralement.
Bien que régulièrement assigné à étude, Monsieur [H] [U] n’a pas comparu ni ne s’est fait représenter ni enfin n’a fait connaître les motifs de son absence. En application de l’article 473 du code de procédure civile, la décision sera réputée contradictoire.
A l’issue des débats, l’affaire a été mise en délibéré au 28 octobre 2024, par mise à disposition au greffe.
MOTIFS DE LA DECISION
Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur la demande en paiement
Aux termes de l’article 1103 du code civil, les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits. Pour qu’il soit fait application de cette disposition encore faut-il que la preuve de l’existence du contrat, acte juridique, soit apportée, étant précisé, d’une part, que selon l’article 1113 du code civil le contrat est formé par la rencontre d’une offre et d’une acceptation par lesquelles les parties manifestent leur volonté de s’engager et que, d’autre part, l’accord doit porter sur les éléments essentiels du contrat envisagé.
En application de l’article 1353 du code civil, celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation. Il ressort par ailleurs de l’article 1359 du code civil que la preuve d’une obligation dont le montant est supérieur à 1500 euros se fait par un écrit, cette règle s’appliquant lorsque la preuve d’une créance doit être administrée par un commerçant à l’encontre d’un non-commerçant (article L.110-3 du code de commerce). A contrario, pour un acte juridique dont le montant est inférieur à 1 500 euros, la preuve est libre et peut se faire par tout moyen, notamment par témoins, aveu, présomption ou encore un commencement de preuve par écrit corroboré par un autre moyen de preuve. Toutefois, nul ne peut se constituer un titre à soi-même en vertu de l’article 1263 du code civil.
Il résulte du rappel de ces textes de droit commun que la charge de la preuve de l’existence d’un contrat incombe à celui qui s’en prévaut et qu’il appartient ainsi à la personne qui demande un quelconque paiement au titre du contrat d’établir que le client en a donné son consentement.
Par ailleurs, aux termes de l’article 1366 du code civil, l’écrit électronique a la même force probante que l’écrit sur support papier, sous réserve que puisse être dûment identifiée la personne dont il émane et qu’il soit établi et conservé dans des conditions de nature à en garantir l’intégrité. L’article 1367 du même code ajoute que la signature nécessaire à la perfection d’un acte juridique identifie son auteur. Elle manifeste son consentement aux obligations qui découlent de cet acte. Lorsqu’elle est électronique, elle consiste en l’usage d’un procédé fiable d’identification garantissant son lien avec l’acte auquel elle s’attache.
En l’espèce, la SAS CAR SHARING AND MOBILITY SERVICES FRANCE produit les « conditions générales » de son service de location de voitures qui décrit le processus de location des véhicules (article 4). Ce processus comprend la signature électronique d’un contrat de location sur l’application à cet effet et la communication par le client de son permis de conduire et de sa pièce d’identité. Pour autant, la SAS CAR SHARING AND MOBILITY SERVICES FRANCE ne verse pas aux débats de quelconque contrat, même sous format électronique, sauf une capture d’écran (pièce n°2) qui est en partie illisible, laquelle est une pièce constituée par elle-même et aucunement signée par Monsieur [H] [U], soit directement, soit au travers d’un processus d’authentification. Pareillement, les copies de la carte nationale d’identité et du permis de conduire (pièce n°2) versées aux débats, ne permettent pas non plus d’en lire l’identité du titulaire.
Ne rapportant donc pas la preuve de l’existence du contrat invoqué à l’appui de ses prétentions, la SAS CAR SHARING AND MOBILITY SERVICES FRANCE sera déboutée de ses demandes.
Sur les demandes accessoires
La SAS CAR SHARING AND MOBILITY SERVICES FRANCE supportera la charge des dépens, en application de l’article 696 du code de procédure civile.
Elle sera par ailleurs déboutée de sa demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
L’issue du litige (rejet des prétentions du demandeur) ne justifie pas le prononcé de l’exécution provisoire de la présente décision.
PAR CES MOTIFS,
Le tribunal statuant publiquement, après débats en audience publique, par jugement mis à disposition au greffe réputé contradictoire et en premier ressort,
DEBOUTE la SAS CAR SHARING AND MOBILITY SERVICES FRANCE de ses demandes,
CONDAMNE la SAS CAR SHARING AND MOBILITY SERVICES FRANCE aux entiers dépens de l’instance,
DIT n’y avoir lieu au paiement d’une indemnité au titre l’article 700 du code de procédure civile,
DIT n’y avoir lieu à exécution provisoire.
La greffière, Le président,
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Banque - effets de commerce ·
- Droit des affaires ·
- Espagne ·
- Capital ·
- Sociétés ·
- Tribunal judiciaire ·
- Parlement européen ·
- Demande ·
- Etats membres ·
- Mise en état ·
- Juridiction ·
- Dommage
- Habitat ·
- Loyer ·
- Commandement de payer ·
- Expulsion ·
- Contrat de location ·
- Commissaire de justice ·
- Résiliation ·
- Bailleur ·
- Locataire ·
- Assignation
- Saisie-attribution ·
- Résidence ·
- Mainlevée ·
- Tribunal judiciaire ·
- Exécution ·
- Adresses ·
- Indivision ·
- Créanciers ·
- Commissaire de justice ·
- Créance
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Désistement d'instance ·
- Adresses ·
- Juridiction ·
- Renonciation ·
- Dessaisissement ·
- Contentieux ·
- Protection ·
- Juge ·
- Conforme
- Installation ·
- Bon de commande ·
- Sociétés ·
- Énergie ·
- Contrats ·
- Technique ·
- Thermodynamique ·
- Information ·
- Commissaire de justice ·
- Vente
- Hospitalisation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Tiers ·
- État de santé, ·
- Contrainte ·
- Avis ·
- Manifeste ·
- Trouble ·
- République ·
- Saisine
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Crédit lyonnais ·
- Déchéance du terme ·
- Commissaire de justice ·
- Tribunal judiciaire ·
- Consommation ·
- Forclusion ·
- Sociétés ·
- Intérêt ·
- Contentieux ·
- Protection
- Finances ·
- Intérêt ·
- Tribunal judiciaire ·
- Déchéance du terme ·
- Sanction ·
- Prêt ·
- Commissaire de justice ·
- Capital ·
- Contrat de crédit ·
- Directive
- Biens - propriété littéraire et artistique ·
- Saisies et mesures conservatoires ·
- Saisie conservatoire ·
- Malfaçon ·
- Commissaire de justice ·
- Créance ·
- Carrelage ·
- Mainlevée ·
- Mesures conservatoires ·
- Rapport ·
- Abandon de chantier ·
- Adresses
Sur les mêmes thèmes • 3
- Syndicat de copropriétaires ·
- Mise en demeure ·
- Taux légal ·
- Copropriété ·
- Titre ·
- Tribunal judiciaire ·
- Minute ·
- Dommages et intérêts ·
- Commandement de payer ·
- Article 700
- Tribunal judiciaire ·
- Irrecevabilité ·
- Sécurité sociale ·
- Ordonnance ·
- Manifeste ·
- Adresses ·
- Copie ·
- Décision implicite ·
- Mentions obligatoires ·
- Notification
- Tribunal judiciaire ·
- Recours ·
- Aide sociale ·
- Dépens ·
- Indemnités journalieres ·
- Dessaisissement ·
- Droit commun ·
- Instance ·
- Contentieux ·
- Audience
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.