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Sur la décision
| Référence : | TJ Paris, ps ctx protection soc. 4, 21 mai 2025, n° 18/01194 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 18/01194 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Déboute le ou les demandeurs de l'ensemble de leurs demandes |
| Date de dernière mise à jour : | 24 septembre 2025 |
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Sur les parties
| Parties : | EURL [ 7 ] sis [ Adresse 1 ] |
|---|
Texte intégral
TRIBUNAL
JUDICIAIRE
DE [Localité 8] [1]
[1] 2 Expéditions exécutoires délivrées aux parties par LRAR le :
■
PS ctx protection soc 4
N° RG 18/01194
N° Portalis 352J-W-B7C-CONGL
N° MINUTE :
Requête du :
19 Mars 2018
JUGEMENT
rendu le 21 Mai 2025
DEMANDERESSE
Madame [T] [F]
EURL [7] sis [Adresse 1]
Non comparante, ni représentée
DÉFENDERESSE
[9], dont le siège social est sis [Adresse 5]
Représentée par Mme [W] [Z], inspecteur contentieux, munie d’un pouvoir spécial
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Monsieur NOIROT, Juge
Monsieur CRONIER, Assesseur
Madame BERREBI, Assesseur
assistés de Carla RODRIGUES, Greffière
Décision du 21 Mai 2025
PS ctx protection soc 4
N° RG 18/01194 – N° Portalis 352J-W-B7C-CONGL
DEBATS
A l’audience du 12 Mars 2025 tenue en audience publique avis a été donné aux parties que le jugement serait rendu par mise à disposition au greffe le 21 Mai 2025.
JUGEMENT
Rendu par mise à disposition au greffe
Réputé contradictoire
en premier ressort
EXPOSE DU LITIGE
Le 28 novembre 2017, l’URSSAF [6] a adressé à Mme [T] [F] une mise en demeure au titre de ses cotisations sociales pour le 4e trimestre 2017 pour un solde total de 2428 €.
Le 21 décembre 2017, Mme [F] a formé un recours à l’encontre de cette mise en demeure auprès de la [3] ([4]).
Le 15 janvier 2018, la [4] a rendu une décision de rejet.
Par requête reçue le 20 mars 2018 au tribunal des affaires de la sécurité sociale de PARIS, devenu le pôle social du tribunal judiciaire de PARIS, Mme [F] a formé un recours à l’encontre de la décision de rejet de la [4].
L’affaire a été appelée pour plaidoiries à l’audience du 12 mars 2025. L’URSSAF était présente, tandis que Mme [F] était absente. L’URSSAF justifie avoir envoyé ses conclusions à Mme [F].
Par sa requête, Mme [F] demande l’annulation de la mise en demeure précitée.
Par ses conclusions reprises oralement à l’audience, l’URSSAF demande au tribunal de :
— Confirmer la décision de la [4] du 15 janvier 2018 ;
— Accueillir la demande reconventionnelle en paiement de l’URSSAF [6] ;
— Condamner Mme [F] [T] au paiement de 2120 € de cotisations et 308 € de majorations de retard pour la période du 4e trimestre 2017.
Les moyens sont repris dans les motifs ; en application de l’article 455 du code de procédure civile, il est renvoyé aux dernières écritures précitées des parties pour leur exposé complet.
L’affaire a été mise en délibéré au 21 mai 2025.
MOTIFS
Sur la validité de la mise en demeure du 28 novembre 2017
Dans sa requête, Mme [F] expose notamment que :
— l’URSSAF relève de l’article L. 362-2 du code des assurances, transposition des directives 94/49/CEE et 92/96/CEE ;
— elle a souscrit des contrats d’assurance pour couvrir les risques maladie et retraite qui se substituent à la sécurité sociale française ;
— elle n’est donc redevable d’aucune cotisation auprès de l’URSSAF et la mise en demeure délivrée doit être annulée.
La [4] a notamment exposé que :
— Mme [F] qui réside en France est affiliée au régime des travailleurs indépendants en sa qualité de gérante majoritaire de l’EURL [7] depuis le 1er avril 2003 ;
— à ce titre Mme [F] est redevable des cotisations personnelles d’allocations familiales ainsi que des contributions sociales obligatoires (CSG-CRDS-CFP) calculées sur les revenus tirés de cette activité indépendante ;
— Mme [F] n’a pas payé la totalité des sommes réclamées au titre du 4e trimestre 2017, raison pour laquelle mise en demeure lui a été adressée ;
— Mme [F] opère une confusion entre la protection sociale obligatoire dont les principes et les valeurs sont inscrits dans le Constitution française et la protection sociale soumise aux règles de la concurrence relevant du droit national mis en conformité avec la réglementation européenne applicable ;
— pour permettre aux citoyens européens de compléter leur niveau de protection sociale en souscrivant à une assurance privée de leur choix, les directives n° 92-49 CEE et 92-96 CEE des 18 juin et 12 novembre 1992, ont mis en place un marché unique de l’assurance privée, qui vise uniquement les compagnies d’assurance privées et les mutuelles et non les régimes légaux de sécurité sociale qui en sont expressément exclus.
— Mme [F] est donc redevable des cotisations et contributions mises à sa charge sur les revenus qu’elle tire de son activité libérale peu important en outre, qu’elle ait décidé de souscrire une assurance privée à l’étranger.
Sur ce,
L’article L. 111-1 du code de la sécurité sociale dispose :
« La sécurité sociale est fondée sur le principe de solidarité nationale.
Elle assure, pour toute personne travaillant ou résidant en France de façon stable et régulière, la couverture des charges de maladie, de maternité et de paternité ainsi que des charges de famille et d’autonomie.
Elle garantit les travailleurs contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leurs revenus. Cette garantie s’exerce par l’affiliation des intéressés à un ou plusieurs régimes obligatoires.
Elle assure la prise en charge des frais de santé, du soutien à l’autonomie, le service des prestations d’assurance sociale, notamment des allocations vieillesse, le service des prestations d’accidents du travail et de maladies professionnelles ainsi que le service des prestations familiales dans le cadre du présent code, sous réserve des stipulations des conventions internationales et des dispositions des règlements européens ».
L’article L. 311-2 du code de la sécurité sociale dispose :
« Sont affiliées obligatoirement aux assurances sociales du régime général, quel que soit leur âge et même si elles sont titulaires d’une pension, toutes les personnes quelle que soit leur nationalité, de l’un ou de l’autre sexe, salariées ou travaillant à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs et quels que soient le montant et la nature de leur rémunération, la forme, la nature ou la validité de leur contrat ou la nature de leur statut ».
L’article L. 615-1 du code de la sécurité sociale dispose :
« Sont obligatoirement affiliés au régime d’assurance maladie et d’assurance maternité des travailleurs non-salariés des professions non-agricoles :
1°) les travailleurs non-salariés relevant des groupes de professions mentionnés aux 1°, 2° et 3° de l’article L. 621-3 et ceux qui relèvent de la [2], mentionnée à l’article L. 723-1, soit :
a. le groupe des professions artisanales ;
b. le groupe des professions industrielles et commerciales, y compris les débitants de tabacs ;
c. le groupe des professions libérales, y compris les avocats ;
2°) les personnes ayant exercé les professions mentionnées au 1° ci-dessus et qui bénéficient d’une allocation ou d’une pension de vieillesse ou d’une pension d’invalidité, en application de l’article L. 621-1 ou en application du chapitre 3 du titre II du livre VII ;
3°) les personnes titulaires d’une allocation ou d’une pension de réversion servie par un régime non agricole en application de l’article L. 643-7, les personnes titulaires d’une allocation ou d’une pension de veuve en application des articles L. 644-1 et L. 644-2 ainsi que les personnes titulaires d’une allocation ou d’une pension de réversion servie par la [2], mentionnée à l’article L. 723-1, et les anciens débitants de tabacs bénéficiaires de l’allocation viagère prévue par l’article 59 de la loi de finances n° 63-156 du 23 février 1963 ;
4°) sous réserve des dispositions de l’article L. 311-2 et du 11° de l’article L. 311-3, le conjoint associé qui participe à l’activité de l’entreprise artisanale ou commerciale ;
5°) l’associé unique des entreprises unipersonnelles à responsabilité limitée sauf si l’activité qu’il exerce est de nature agricole au sens de l’article 1144 du code rural ».
Les régimes de sécurité sociale sont exclus du champ d’application de la directive communautaire 92/49. En conséquence, ni les dispositions de la circulaire 92/96 CEE ni celles de la directive 92/49 CEE du 18 juin 1992 ne s’appliquent pas aux régimes obligatoires légaux de sécurité sociale français dans toute leur étendue et donc au régime d’assurance vieillesse et d’assurance invalidité décès des professions artisanales industrielles et commerciales tels qu’institués par les articles L. 621-1 et suivants du code de la sécurité sociale.
En l’espèce, l’assujettissement de Mme [F] à l’URSSAF constitue une obligation légale, de même que les cotisations sociales qu’elle doit payer auprès de cet organisme.
Mme [F] ne conteste pas le quantum des cotisations dues.
Il sera par conséquent fait droit à la demande de l’URSSAF.
Sur les dépens et l’exécution provisoire
Les parties conserveront la charge de leurs dépens.
En application de l’article R. 142-10-6, l’exécution provisoire, compatible avec la nature de l’affaire et nécessaire au regard de son ancienneté, sera ordonnée.
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, après en avoir délibéré conformément à la loi, statuant après débats en audience publique, par jugement réputé contradictoire, en premier ressort, prononcé par mise à disposition au greffe,
VALIDE la mise en demeure adressée le 28 novembre 2017 par l’URSSAF [6] à Mme [T] [F] à hauteur de 2428 € représentant 2120 € de cotisations et 308 € de majorations de retard au titre du reliquat restant dû pour le 4e trimestre 2017 ;
CONDAMNE Mme [T] [F] à payer à l’URSSAF [6] 2428 € représentant 2120 € de cotisations et 308 € de majorations de retard au titre du reliquat restant dû pour le 4e trimestre 2017 ;
DIT que chacune des parties conservera la charge de ses dépens ;
ORDONNE l’exécution provisoire du présent jugement.
Fait et jugé à [Localité 8] le 21 Mai 2025
Le Greffier Le Président
N° RG 18/01194 – N° Portalis 352J-W-B7C-CONGL
EXPÉDITION exécutoire dans l’affaire :
Demandeur : E.U.R.L. [7]
Défendeur : [9]
EN CONSÉQUENCE, LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE mande et ordonne :
A tous les huissiers de justice, sur ce requis, de mettre ladite décision à exécution,
Aux procureurs généraux et aux procureurs de la République près les tribunaux judiciaire d’y tenir la main,
A tous commandants et officiers de la force publique de prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement requis.
En foi de quoi la présente a été signée et délivrée par nous, Directeur de greffe soussigné au greffe du Tribunal judiciaire de Paris.
P/Le Directeur de Greffe
6 ème page et dernière
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Textes cités dans la décision
- Directive 92/49/CEE du 18 juin 1992 portant coordination des dispositions législatives, réglementaires et administratives concernant l'assurance directe autre que l'assurance sur la vie
- Directive 92/96/CEE du 10 novembre 1992 portant coordination des dispositions législatives, réglementaires et administratives concernant l'assurance directe sur la vie
- Directive 94/49/CE du 11 novembre 1994 portant mise à jour de la liste des entités couvertes par la directive 91/296/CEE du Conseil relative au transit du gaz naturel sur les grands réseaux
- Code de procédure civile
- Code rural ancien
- Code de la sécurité sociale.
- Code des assurances
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