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Sur la décision
| Référence : | TJ Rennes, retablissement personnel, 15 juil. 2025, n° 25/01950 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/01950 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Prononce le rétablissement personnel sans LJ |
| Date de dernière mise à jour : | 29 juillet 2025 |
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Sur les parties
| Parties : | [, Société [ 14 ] c/ Service surendettement, Société, CENTRE DE RECOUVREMENT |
|---|
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE [Localité 27]
Service des contentieux de la protection
[Adresse 11]
[Adresse 21]
[Localité 7]
☎ : [XXXXXXXX01]
Fax : 02.99.65.37.12
[Courriel 29]
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
JUGEMENT
PROCÉDURE DE RÉTABLISSEMENT PERSONNEL
N° RG 25/01950 – N° Portalis DBYC-W-B7J-LPIG
JUGEMENT DU :
15 Juillet 2025
Copies certifiées conformes délivrées à toutes les parties
Le
par lettres recommandées avec
accusé réception
Rendu par mise à disposition le 15 Juillet 2025 ,
Par Maud CASAGRANDE, Vice Présidente, Juge des contentieux de la protection statuant en matière de surendettement, assistée de Emmanuelle BADUFLE, Greffier,
Après débats à l’audience, le jugement suivant a été rendu dans la procédure concernant :
Mme [T] [V]
[Adresse 9]
[Localité 8]
comparante
Ont été appelés à comparaître les créanciers suivants :
Société [14]
[Adresse 4]
[Localité 6]
représentée par madame [R], munie d’un pouvoir
Société [22]
CENTRE DE RECOUVREMENT
[Adresse 30]
[Localité 5]
non comparante, ni représentée
Société [20]
Service surendettement
[Localité 2]
non comparante, ni représentée
Société [23]
Chez [25]
[Adresse 13]
[Localité 10]
non comparante, ni représentée
Société [17]
Chez [Localité 26] contentieux
Service surendettement
[Localité 12]
non comparante, ni représentée
Société [15]
[Adresse 24]
[Adresse 28]
[Localité 3]
non comparante, ni représentée
RAPPEL DES FAITS, PROCÉDURE, PRÉTENTIONS ET MOYENS DES PARTIES
Par déclaration reçue le 17 octobre 2024, Mme [T] [V] a saisi la [19] d’une demande tendant au traitement de sa situation de surendettement.
La demande a été déclarée recevable le 7 novembre 2024 et, considérant que la situation de la débitrice se trouvait irrémédiablement compromise, la Commission a imposé, lors de sa séance du 10 janvier 2025, une mesure de rétablissement personnel sans liquidation judiciaire.
Par courrier reçu le 18 janvier 2025, la Commission a informé l’OPH [14] de sa décision d’effacement des créances, ce dernier a formé un recours, par courrier recommandé avec accusé de réception adressé au secrétariat de la Commission de Surendettement des Particuliers le 5 février 2025. Dans son courrier, l’OPH [14] a exposé que la situation de Mme [T] [V] ne pouvait être considérée comme irrémédiablement compromise en raison de son jeune âge (24 ans) et de sa capacité à accéder à l’emploi.
Conformément aux dispositions de l’article R 713-4 du Code de la Consommation, Mme [T] [V] et l’ensemble de ses créanciers déclarés ont été convoqués à l’audience du 27 mai 2025 par lettre recommandée avec demande d’avis de réception.
A cette audience, l’OPH [14] a confirmé son recours et les motifs de celui-ci, soulignant, en outre, que les ressources de Mme [T] [V] avaient augmenté, rendant impossible le constat du caractère irrémédiablement compromis de sa situation.
Présente à l’audience, Mme [T] [V] a sollicité la confirmation de la mesure de rétablissement personnel. Elle a indiqué être actuellement sans activité professionnelle et envisager une formation dans le domaine de la petite enfance à compter du mois de septembre 2025. Elle a précisé être en difficulté chaque mois pour assumer l’intégralité de ses charges.
Par courrier reçu le 3 avril 2025, le [20] a informé le Tribunal de son absence et déclaré s’en remettre à la décision du Tribunal.
Malgré la signature de l’avis de réception de leur lettres de convocations, les autres créanciers ne sont pas représentés et n’ont pas formulé d’observations par écrit.
L’affaire a été mise en délibéré au 15 juillet 2025 par mise à disposition au greffe par application des dispositions de l’article 450 alinéa 2 du Code de Procédure Civile.
EXPOSE DES MOTIFS
Sur la recevabilité du recours:
Il convient de constater que le recours de l’OPH [14] a été formé dans le délai de trente jours suivant la notification des mesures imposées, par lettre recommandée avec accusé de réception adressée au secrétariat de la Commission de Surendettement des Particuliers, conformément aux dispositions de l’article L. 741-4 du code de la consommation. Il est donc recevable.
Sur la contestation des mesures:
En application de l’article L. 724-1 du code de la consommation, lorsque le débiteur se trouve dans une situation irrémédiablement compromise caractérisée par l’impossibilité manifeste de mettre en oeuvre des mesures de traitement classiques, la commission de surendettement peut imposer un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire, si elle constate que le débiteur ne possède que des biens meublants nécessaire à la vie courante et des biens non professionnels indispensables à l’exercice de son activité professionnelle, ou que l’actif n’est constitué que de biens dépourvus de valeur marchande ou dont les frais de vente seraient manifestement disproportionnés au regard de leur valeur vénale.
Les articles L. 741-4 et R. 741-1 du code de la consommation précisent qu’une partie peut contester devant le juge du tribunal d’instance le rétablissement personnel sans liquidation judiciaire recommandé par la commission dans les trente jours de la notification qui lui en est faite.
A l’occasion de ce recours, l’article L. 741-5 du code de la consommation, prévoit que le juge « peut vérifier, même d’office, la validité des créances, des titres qui les constatent ainsi que le montant des sommes réclamées, et s’assurer que le débiteur se trouve bien dans la situation définie à l’article L. 711-1 », à savoir l’existence de la situation de surendettement et la bonne foi; étant rappelé qu’en matière de vérification des créances, sa décision n’a qu’une autorité relative. Et, en vertu de l’article L. 741-6, « s’il constate que la situation du débiteur n’est pas irrémédiablement compromise, il renvoie le dossier à la commission ».
Ainsi, lorsqu’un recours est formé, le juge peut vérifier la bonne foi de l’intéressé, l’existence de la situation irrémédiablement compromise et l’absence de valeur des biens.
Sur la bonne foi
La bonne foi de la débitrice est présumée et n’a fait, en l’espèce, l’objet d’aucune contestation. Elle sera donc retenue.
Sur la situation du débiteur et leur caractère irrémédiablement compromis de celle-ci:
La situation irrémédiablement compromise est caractérisée par l’impossibilité manifeste de mettre en oeuvre les mesures de traitement prévues aux articles L. 732-1 et suivants et L733-1 à L. 733-7 du code de la consommation. Ces mesures doivent permettre un apurement des dettes dans un délai maximum de 7 ans, avec un effacement partiel des dettes si nécessaire.
Afin d’évaluer si la situation de Mme [T] [V] est toujours irrémédiablement compromise, il convient d’actualiser sa situation financière actuelle et son éventuelle capacité de remboursement.
La Commission a retenu des ressources mensuelles pour Mme [T] [V] à hauteur de 1.199€, des charges mensuelles d’un montant de 1.830€ et une capacité de remboursement de 0,00€.
Mme [T] [V] est âgée de 24 ans. Elle est sans activité professionnelle. Actuellement célibataire, elle assume la charge de deux enfants, âgés de 4 ans et 6 mois. Ces derniers résident de manière habituelle au domicile de leur mère.
Les ressources de Mme [T] [V] sont actuellement composées du RSA (917€), de l’APL (336€) et des Allocations familiales (environ 350€) ainsi que d’une contribution à l’entretien et à l’éducation des enfants versée par le père selon des modalités amiables et d’un montant variable entre 200 et 300€. Le montant total des ressources s’élève donc à une somme variant entre 1800 et 1900€ par mois.
Les ressources de Mme [T] [V] ont donc significativement augmenté depuis l’examen du dossier par la Commission de Surendettement, en lien avec l’arrivée d’un second enfant et la perception d’allocations familiales.
Les charges courantes de Mme [T] [V] peuvent être forfaitairement fixées à la somme de 1 490€, conformément au barème établi par la Commission de Surendettement des particuliers pour un adulte avec deux enfants à charge. Il convient de rajouter à cette somme le montant du loyer à hauteur de 376,52€. Les charges fixes de Mme [T] [V] s’élèvent donc à la somme mensuelle de 1 862,36€.
La situation financière de Mme [T] [V] demeure précaire et ce malgré une augmentation importante de ses ressources au cours des derniers mois. La différence entre les ressources et les charges de Mme [T] [V] est toujours négative. Par ailleurs, si elle mentionne des perspectives de formation, il convient de relever en premier lieu que cette dernière n’est pas certaine et que les conditions de rémunération ne sont pas connues. En second lieu, la prise en charge seule de deux jeunes enfants au quotidien va compliquer dans l’immédiat son retour à l’emploi. Par ailleurs, si la perception d’un salaire à moyen terme lui permettra d’augmenter ses ressources, il n’est pas certain que cette augmentation soit suffisante pour dégager une capacité de revenus significative permettant le remboursement même partiel de son endettement, ce dernier étant particulièrement élevé (39 879,29€) au regard des ressources potentielles que pourrait espérer percevoir Mme [T] [V]. Ainsi, il n’est pas évident que sa situation s’améliore suffisamment pour envisager la mise en place de mesures classiques de désendettement.
Il convient donc de considérer, au regard de l’ensemble de ces éléments, que la situation de Mme [T] [V] est toujours irrémédiablement compromise.
Sur le montant du passif:
L’état du passif a été arrêté par la commission à la somme de 39 879,29€, somme non contestée dans le cadre du présent recours.
Sur l’existence d’un actif réalisable
La commission a constaté que le patrimoine de Mme [T] [V] n’était composé que de biens meublants et/ou de biens non professionnels indispensables à l’exercice de son activité professionnelle, ou de biens dépourvu de valeur marchande ou dont les frais de vente seraient manifestement disproportionnés au regard de leur valeur vénale.
Aucun élément ne permet de remettre en cause cette appréciation. La procédure de rétablissement personnel sans liquidation judiciaire est donc justifiée.
Sur les dépens
En principe, en cette matière où la saisine du tribunal et la notification des décisions se font sans l’intervention d’un huissier et où le ministère d’avocat n’est pas obligatoire, il n’y a pas de dépens. En conséquence, les dépens éventuellement engagés par une partie resteront à sa charge.
PAR CES MOTIFS
La vice-Présidente du Tribunal Judiciaire de Rennes, statuant en matière de surendettement par jugement réputé contradictoire et en premier ressort ;
DÉCLARE recevable le recours de l’OPH [14] et le REJETTE au fond,
CONSTATE que Mme [T] [V] est dans une situation irrémédiablement compromise,
PRONONCE le rétablissement personnel de Mme [T] [V],
RAPPELLE que le rétablissement personnel sans liquidation judiciaire rendu par le Juge des Contentieux de la Protection du Tribunal Judiciaire entraîne l’effacement de toutes les dettes professionnelles (conformément au nouvel article L741-2 du Code de la Consommation d’application immédiate aux procédures en cours) et non professionnelles de Mme [T] [V] au jour de la présente décision, y compris celles non mentionnées dans le tableau joints en annexe pour mémoire, à l’exception des dettes alimentaires, des réparations pécuniaires allouées aux victimes, des dettes ayant pour origine des manoeuvres frauduleuses commises au préjudice des organismes de protection sociale énumérés à l’article L. 114-12 du Code de la Sécurité Sociale et des amendes prononcées dans le cadre d’une condamnation pénale (article L. 711-4), des dettes issues de prêts sur gage souscrits auprès des [18] (article L. 711-5) et des dettes qui ont été payées en lieu et place de Mme [T] [V] par la caution ou le coobligé, personne physique,
RAPPELLE que le rétablissement personnel sans liquidation judiciaire entraîne également l’effacement de la dette résultant de l’engagement que Mme [T] [V] a donné de cautionner et d’acquitter solidairement la dette d’un entrepreneur individuel ou d’une société,
PRÉCISE que le montant des créances effacées peut être différent du montant inscrit dans le tableau annexé à la présente décision dès lors que les dettes effacées sont arrêtées à la date de la présente décision,
RAPPELLE que la clôture de la procédure de rétablissement personnel sans liquidation judiciaire entraîne l’inscription de Mme [T] [V] au Fichier des Incidents de paiement de remboursement des Crédits des Particuliers géré par la [16] pour une période de 5 ans,
DIT qu’un extrait de la présente décision sera publiée par les soins du greffe au Bulletin Officiel des Annonces Civiles et Commerciales (BODACC),
DIT que les créanciers qui n’auraient pas été avisés de la présente procédure pourront former tierce opposition et qu’à défaut d’une tierce opposition dans un délai de deux mois à compter de la publicité du BODACC, leurs créances seront éteintes,
DIT que les frais de publicité resteront à la charge du Trésor Public,
DIT que les dépens éventuellement engagés par une partie resteront à sa charge,
DIT que la présente décision sera notifiée au débiteur et à ses créanciers par lettre recommandée avec accusé de réception et qu’une copie sera envoyée à la [19] par lettre simple,
La présente décision a été signée par Madame CASAGRANDE, Vice-Présidente et Madame BADUFLE, greffière présente lors de son prononcé.
LA GREFFIÈRE LA VICE-PRÉSIDENTE
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