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Sur la décision
| Référence : | TJ Saint-Étienne, 4e ch. civ., 8 sept. 2025, n° 25/00988 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00988 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Etablit un plan comportant les mesures visées aux articles L. 733-1, L. 733-7 et L. 733-8 C. consom. |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
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Texte intégral
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE N° minute :
TRIBUNAL JUDICIAIRE de SAINT ETIENNE
SURENDETTEMENT
N° RG 25/00988 – N° Portalis DBYQ-W-B7J-IU6P
JUGEMENT du 08 SEPTEMBRE 2025
DEMANDEUR :
Monsieur [R] [O], demeurant [Adresse 1]
comparant,
DEFENDEURS :
[3], demeurant [Adresse 8]
non comparante, ni représentée
[3], demeurant Chez [Adresse 2]
non comparante, ni représentée
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Juge : Valérie CARRASCO
Greffier : Sophie SIMEONE
DEBATS :
Audience publique du 23 juin 2025
FAITS ET PROCÉDURE
Le 10 octobre 2024, la [6] a déclaré recevable la demande formulée par Monsieur [R] [O] tendant au traitement de sa situation de surendettement.
Le 23 janvier 2025, la commission de surendettement a :
— fixé la capacité de remboursement du débiteur à la somme de 230,20 euros,
— rééchelonné les créances sur une durée de 12 mois au taux de 0% avec report du passif restant dû,
— imposé la vente du véhicule OPEL MOKA immatriculé le 18 octobre 2022.
Par courrier adressé le 12 février 2025, Monsieur [R] [O] a contesté les mesures imposées par la commission, aux motifs qu’il ne peut procéder à la vente de son véhicule, nécessaire à ses déplacements professionnels et familiaux ;
Les parties ont été convoquées à l’audience du 23 juin 2025 par lettre recommandée avec accusé réception, doublée d’une lettre simple pour le débiteur.
A cette date, Monsieur [R] [O], comparant en personne, a maintenu les termes de son recours ; Il a justifié d’une embauche professionnelle à 5 heures du matin, heure à laquelle il ne peut disposer des transports en commun ; Il précise également qu’étant divorcé, son véhicule lui permet d’aller récupérer ses enfants lors de l’exercice de son droit de visite et d’hébergement ;
Le seul créancier, en l’espèce la [4] n’a pas comparu, non plus que fait valoir d’observations sur le bien fondé des mesures imposées ;
Sur quoi, l’affaire a été mise en délibéré au 8 septembre 2025 pour y être prononcé le présent jugement par sa mise à disposition au greffe.
MOTIFS DE LA DECISION
— Sur la recevabilité du recours
L’article R. 733-6 du code de la consommation prévoit que la décision de la commission de surendettement des particuliers peut faire l’objet d’un recours dans le délai de 30 jours de sa notification.
En l’espèce, Monsieur [R] [O] a reçu notification des mesures imposées le 30 janvier 2025 et a adressé son courrier de contestation le 12 février suivant.
Régulièrement formé dans les délais, ce recours est déclaré recevable.
— Exposé de la situation du débiteur
Monsieur [R] [O], âgé de 51 ans, est adjoint technique principal à [Localité 7] METROPOLE et perçoit un salaire moyen de 2264 euros ; Il est divorcé et accueille ses deux enfants selon les modalités classiques de droit de visite et d’hébergement ;
Ses charges doivent être évaluées, conformément au barème retenu par la commission de surendettement et aux pièces versées aux débats, à la somme de 2098 euros, se décomposant comme suit :
logement : 686 euros charges comprisesforfait charges courantes (alimentation, habillement, transport, mutuelle) : 632 euroscharges habitation (frais énergétiques, eau, téléphone, assurances) : 343 eurospension alimentaire : 127 eurosimpôts : 130 eurosaccueil des enfants : 180 euros
Monsieur [O] ne possède aucun bien de valeur.
Son endettement s’élève à la somme de 50 385,24 euros, correspondant à un regroupement de crédits auprès de la [5].
— Sur la recevabilité de la procédure de surendettement
Selon l’article L. 711-1 du code de la consommation, la situation de surendettement des personnes physiques est caractérisée par l’impossibilité manifeste pour le débiteur de bonne foi de faire face à l’ensemble de ses dettes non professionnelles exigibles et à échoir.
En l’espèce, la situation de surendettement comme la bonne foi du débiteur non contestées, apparaissent établies à la lecture du dossier de la commission.
Il y a donc lieu de déclarer recevable la procédure de surendettement engagée par Monsieur [R] [O].
— Sur la capacité mensuelle de remboursement
Les articles L. 731-1 et L 731-2 du code de la consommation disposent que la faculté de remboursement des débiteurs « est fixée, dans des conditions précisées par décret, par référence à la quotité saisissable du salaire telle qu’elle résulte des articles L. 3252-2 et L. 3252-3 du code du travail, de manière à ce qu’une partie des ressources nécessaire aux dépenses courantes du ménage lui soit réservée par priorité. Cette part de ressources, qui ne peut être inférieure à un montant égal au revenu minimum garanti mentionné à l’article L. 262-2 du code de l’action sociale et des familles dont disposerait le ménage, intègre le montant des dépenses de logement, d’électricité, de gaz, de chauffage, d’eau, de nourriture et de scolarité, dans la limite d’un plafond, selon des modalités définies par décret. Elle est fixée par la commission, après avis d’une personne justifiant d’une expérience dans le domaine de l’économie sociale et familiale (…) et mentionnée dans le plan conventionnel de redressement (….) ou dans les recommandations (….) ».
L’analyse de ces textes signifie que la commission, comme le juge ensuite, n’est pas tenue par un calcul purement mathématique se référant notamment à une quotité saisissable théorique mais que l’une comme l’autre dispose d’un pouvoir d’appréciation.
Au vu des ressources et des charges de Monsieur [O], il y a lieu de confirmer la capacité de remboursement fixée par la commission de surendettement à la somme de 230,20 euros ;
— Sur l’élaboration d’un plan de surendettement
En application des articles L. 733-13 et L. 733-1 du code de la consommation, le juge prend tout ou partie des mesures qui peuvent consister à :
Rééchelonner le paiement des dettes de toute nature, y compris, le cas échéant, en différant le paiement d’une partie d’entre elles, sans que le délai de report ou de rééchelonnement puisse excéder sept ans ou la moitié de la durée de remboursement restant à courir des emprunts en cours ; en cas de déchéance du terme, le délai de report ou de rééchelonnement peut atteindre la moitié de la durée qui restait à courir avant la déchéance ;Imputer les paiements, d’abord sur le capital ;Prescrire que les sommes correspondant aux échéances reportées ou rééchelonnées porteront intérêt à un taux réduit qui peut être inférieur au taux de l’intérêt légal sur décision spéciale et motivée et si la situation du débiteur l’exige. Quelle que soit la durée du plan de redressement, le taux ne peut être supérieur au taux légal ;Ordonner l’effacement partiel des créances rééchelonnées ;Suspendre l’exigibilité des créances autres qu’alimentaires pour une durée qui ne peut excéder deux ans. Sauf décision contraire de la commission, la suspension de la créance entraîne la suspension du paiement des intérêts dus à ce titre. Durant cette période, seules les sommes dues au titre du capital peuvent être productives d’intérêts dont le taux n’excède pas le taux de l’intérêt légal.
En l’espèce, il est constant que Monsieur [O] possède un véhicule OPEL MOKA immatriculé en 2022 et dont il justifie une valeur ARGUS à hauteur de 11 000 euros ;
Monsieur [O] justifie également par la production d’une attestation de son employeur que ses horaires de travail sont de 5h à 12h36 et qu’il ne dispose pas de transports en commun lui permettant de rejoindre son lieu de travail de façon aussi matinale ;
Par ailleurs, Monsieur [O] justifie, par la production du jugement de divorce, de l’exercice d’un droit de visite et d’hébergement de ses deux enfants dont il assure les déplacements ;
Dès lors, un véhicule apparaît absolument indispensable aux déplacements essentiels du débiteur, de sorte que Monsieur [R] [O] est autorisé à conserver son véhicule OPEL MOKA actuel, qui présente l’avantage de la fiabilité durant plusieurs années ;
Dès lors, la situation du débiteur permet de rembourser partiellement l’unique créancier dans un délai de 84 mois, étant précisé que, pour laisser l’endettement compatible avec les facultés contributives de l’intéressé, les sommes rééchelonnées ou reportées ne porteront pas intérêt ;
Ainsi, par application des dispositions de l’article L. 733-1 du code de la consommation, il y a lieu de :
rééchelonner l’ensemble des dettes au taux de 0 % sur 84 mois,ordonner l’effacement du surplus du passif à hauteur de la somme de 31 057,64 euros en cas de respect total du plan jusqu’à son terme,dire que les assurances seront à souscrire en sus s’il y a lieu,résumer le plan par le tableau annexé au présent jugement,
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection,chargé du surendettement, statuant en audience publique, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,
Déclare recevable en la forme la contestation formée par Monsieur [R] [O] à l’encontre des mesures imposées par la commission de surendettement le 23 janvier 2025 ;
Constate que Monsieur [R] [O], de bonne foi, est dans l’incapacité de faire face à ses dettes exigibles et à échoir ;
Déclare la demande de Monsieur [R] [O] afin de traitement de sa situation de surendettement recevable ;
Fixe la capacité de remboursement de Monsieur [R] [O] à la somme de 230,20 euros ;
Dit que la situation de Monsieur [R] [O] justifie de :
rééchelonner l’ensemble des dettes au taux de 0 % sur 84 mois,ordonner l’effacement du surplus du passif à hauteur de la somme de 31 057,64 euros en cas de respect total du plan jusqu’à son terme,dire que les assurances seront à souscrire en sus s’il y a lieu, résumer le plan par le tableau annexé au présent jugement.
Dit que les présentes mesures d’apurement entreront en vigueur le 5° jour du mois suivant la notification du présent jugement ;
Dit que les acomptes éventuellement réglés depuis l’arrêté des comptes seront imputés sur les dernières échéances fixées par le plan ;
Rappelle que Monsieur [R] [O] ne pourra, pendant la durée des présentes mesures, accomplir aucun acte de disposition de son patrimoine, ni aucun acte aggravant son endettement sans autorisation préalable des créanciers, de la commission ou du juge;
Dit que faute pour Monsieur [R] [O] de respecter l’échéancier prescrit ou de s’abstenir de contracter tout nouvel emprunt durant l’exécution du plan de surendettement, et 15 jours après une mise en demeure restée infructueuse d’avoir à exécuter ses obligations, le présent plan sera caduc ;
Rappelle que s’il se trouve dans l’impossibilité de respecter le plan en raison de la survenance d’élément(s) nouveau(x), Monsieur [R] [O] pourra solliciter un nouvel examen de sa situation de surendettement et, le cas échéant, demander le bénéfice d’une procédure de rétablissement personnel ;
Dit que les créanciers devront, le cas échéant, fournir au débiteur un échéancier conforme aux présentes dispositions ;
Rappelle aux créanciers qu’ils ne pourront, pendant le délai d’exécution du plan, si celui-ci est respecté, diligenter aucune mesure d’exécution à l’encontre du débiteur ;
Rappelle que le présent jugement est de plein droit exécutoire par provision ;
Dit que la présente décision sera notifiée aux parties par lettre recommandée avec accusé de réception et par lettre simple à la commission de surendettement ;
Laisse les dépens à la charge du Trésor Public.
Le présent jugement, prononcé à la date indiquée en tête des présentes, est signé par le juge présidant l’audience qui l’a rendu et le greffier,
LE GREFFIER LE JUGE
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