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Sur la décision
| Référence : | TJ Saint-Gaudens, jcp réf., 11 août 2025, n° 25/00006 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00006 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs en accordant des délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
de SAINT- GAUDENS
[Adresse 6]
[Localité 3]
N° RG 25/00006 – N° Portalis 46CZ-W-B7I-R6B
Nature de l’Affaire:
5AA
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
du 11 Août 2025
Minute n° 2025/
Notifié le
1 fe + 1 ccc Me HEIL NUEZ
1 ccc dossier
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
A l’audience publique des référés de ce Tribunal judiciaire tenue le 11 août 2025 ;
Sous la Présidence de Emilie SENDRANE, Vice présidente des contentieux de la protection, assistée de Thérèse BOUDON, Greffière ;
Aprés débats à l’audience du 30 Juin 2025,
l’affaire a été mise en délibéré au 11 août 2025 date à laquelle le jugement suivant a été rendu,
ENTRE :
DEMANDEUR
Madame [S] [X] demeurant [Adresse 4]
comparante, représentée par Me [B], avocat au barreau de TOULOUSE
c/
DEFENDEUR
Madame [Z] [U] demeurant [Adresse 1]
non comparant, ni représentée
********************
RAPPEL DES FAITS
Mme [X] [S] a donné à bail à M. [D] [K] et Mme [D] [U] [Z] un local à usage d’habitation situé [Adresse 5] » depuis renommé [Adresse 2] par contrat en date du 16 octobre 2014, pour un loyer mensuel de 660 € et 30 € de provisions sur charges. M. [D] [K] s’est désolidarisé du bail en 2017
Des loyers étant demeurés impayés, Mme [X] [S] a fait signifier un commandement de payer visant la clause résolutoire le 11 juillet 2024 pour un montant de 1763,85 €.
Mme [X] [S] a ensuite fait assigner Mme [U] [Z] le 13 décembre 2024 devant le Juge des contentieux de la protection de [Localité 7] statuant en référé pour obtenir la résiliation du contrat, l’expulsion et la condamnation au paiement.
A l’audience du 30 juin 2025, Mme [X] [S] – représentée par Maître HEIL-NUNEZ – demande de constater l’acquisition de la clause résolutoire ; d’ordonner l’expulsion de Mme [U] [Z] et de condamner cette dernière au paiement de la somme actualisée de 3512,13 € avec intérêts au taux légal à compter du commandement de payer, d’une indemnité mensuelle d’occupation, outre une somme de 800 € en application de l’article 700 du Code de procédure civile et les dépens.
Bien que convoquée par acte d’huissier signifié à étude le 13 décembre 2024, Mme [U] [Z] n’est ni présente ni représentée à l’audience, son conseil ayant dégagé sa responsabilité.
Aucun diagnostic social et financier n’a été reçu au greffe avant l’audience, Mme [U] [Z] ne s’étant pas présentée aux rendez-vous qui lui ont été proposés.
L’affaire a été mise en délibéré au 11 août 2025 par mise à disposition au greffe.
MOTIFS DE LA DECISION
L’ordonnance est réputée contradictoire en application de l’article 473 du Code de procédure civile, du seul fait qu’elle est susceptible d’appel.
I. SUR LA RÉSILIATION :
Sur la recevabilité de l’action
Une copie de l’assignation a été notifiée à la préfecture de la Haute-Garonne par la voie électronique le 16 décembre 2024, soit plus de six semaines avant l’audience, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
Par ailleurs, Mme [X] [S] justifie avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives par la voie électronique le 11 juillet 2024, soit deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation du 13 décembre 2024, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
L’action est donc recevable.
Sur l’acquisition des effets la clause résolutoire
L’article 24 I de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 prévoit que « Tout contrat de bail d’habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux. » ; mais l’article 24 V de cette même loi ajoute que « le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d’office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, par dérogation au délai prévu au premier alinéa de l’article 1343-5 du code civil, au locataire en situation de régler sa dette locative. Le quatrième alinéa de l’article 1343-5 s’applique lorsque la décision du juge est prise sur le fondement du présent alinéa. Le juge peut d’office vérifier tout élément constitutif de la dette locative et le respect de l’obligation prévue au premier alinéa de l’article 6 de la présente loi. Il invite les parties à lui produire tous éléments relatifs à l’existence d’une procédure de traitement du surendettement au sens du livre VII du code de la consommation ».
Le bail conclu le 16 octobre 2014 contient une clause résolutoire (article XII) et un commandement de payer visant cette clause a été signifié le 11 juillet 2024, pour la somme en principal de 1763,85 €. Ce commandement est demeuré infructueux pendant plus de deux mois, de sorte qu’il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail étaient réunies à la date du 12 septembre 2024.
En conséquence, l’expulsion de Mme [U] [Z] sera ordonnée.
Le sort des meubles sera régi conformément aux dispositions des articles L433-1 et L433-2 du code des procédures civiles d’exécution.
II. SUR LES DEMANDES DE CONDAMNATION AU PAIEMENT :
Mme [X] [S] produit un décompte démontrant que Mme [U] [Z] reste devoir, après soustraction des frais de poursuite, la somme de 3512,13 € à la date du 26 juin 2025.
Mme [U] [Z], non comparante, n’apporte par définition aucun élément de nature à contester le principe ou le montant de cette dette. Elle sera par conséquent condamnée à titre provisionnel au paiement de cette somme de 3512,13 €, avec les intérêts au taux légal sur la somme de 1763,85 € à compter du commandement de payer (11 juillet 2024) et à compter de la présente ordonnance pour le surplus.
Mme [U] [Z] sera également condamnée au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation pour la période courant du 1er juillet 2025 à la date de la libération effective et définitive des lieux. Cette indemnité mensuelle d’occupation sera fixée au montant actuel du loyer et des charges, à savoir 707,48 €.
III. SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES :
Mme [U] [Z], partie perdante, supportera la charge des dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer du 11 juillet 2024, de l’assignation en référé du 13 décembre 2024 et de sa notification à la préfecture le 16 décembre 2024.
Compte tenu des démarches judiciaires qu’a dû accomplir Mme [X] [S], Mme [U] [Z] sera condamnée à lui verser une somme de 500 € au titre de l’article 700 du Code de procédure civile.
La présente décision est exécutoire à titre provisoire, conformément aux articles 489, 514 et 515 du Code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS,
Le Juge des contentieux de la protection, statuant en référé, par mise à disposition au greffe, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort,
CONSTATONS que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 16 octobre 2014 entre Mme [X] [S] et Mme [U] [Z] concernant le local à usage d’habitation situé [Adresse 2] sont réunies à la date du 12 septembre 2024 ;
ORDONNONS en conséquence à Mme [U] [Z] de libérer les lieux et de restituer les clés dans le délai d’un mois à compter de la signification de la présente ordonnance ;
DISONS qu’à défaut pour Mme [U] [Z] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, Mme [X] [S] pourra, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours d’un serrurier et de la force publique dans un délai de deux mois à compter de la signification d’un commandement d’avoir à libérer les lieux, avec l’assistance de la force publique si besoin est, ainsi que le transport des meubles laissés dans les lieux loués, conformément aux dispositions des articles L433-1 et L433-2 du code des procédures civiles d’exécution,
CONDAMNONS Mme [U] [Z] à verser à Mme [X] [S] à titre provisionnel la somme de 3512,13 € au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation impayés (décompte arrêté au 26 juin 2025, incluant un dernier appel de 707 ,48 € le 1er juin 2025 et un dernier virement de 192,48 € enregistré le 7 avril 2025), avec les intérêts au taux légal sur la somme de 1763,85 € à compter du commandement de payer (11 juillet 2024) et à compter de la présente ordonnance pour le surplus ;
CONDAMNONS Mme [U] [Z] à payer à Mme [X] [S] à titre provisionnel une indemnité mensuelle d’occupation à compter du 1er juillet 2025 et jusqu’à la date de la libération définitive des lieux et la restitution des clés ;
FIXONS cette indemnité mensuelle d’occupation au montant actuel du loyer et des charges soit 707,48 € ;
CONDAMNONS Mme [U] [Z] à verser à Mme [X] [S] une somme de 500 € au titre de l’article 700 du Code de procédure civile ;
CONDAMNONS Mme [U] [Z] aux dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer du 11 juillet 2024, de l’assignation en référé du 13 décembre 2024 et de sa notification à la préfecture le 16 décembre 2024 ;
DEBOUTONS les parties de toute demande plus ample ou contraire ;
RAPPELONS que la présente ordonnance est de plein droit exécutoire à titre provisoire ;
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition de la décision au greffe du Tribunal judiciaire, le 11 août 2025, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du Code de procédure civile, la minute étant signée par Madame Emilie SENDRANE, Juge des contentieux de la protection, et par Madame Thérèse BOUDON, Greffière.
La Greffière, La Juge des contentieux
de la protection,
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