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Sur la décision
| Référence : | TJ Versailles, tpx sgl jcp fond, 27 mars 2026, n° 25/00376 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00376 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "conditionnelle" ordonnée au fond avec suspension des effets de la clause résolutoire |
| Date de dernière mise à jour : | 7 avril 2026 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : |
Texte intégral
MINUTE N°
N° RG 25/00376 – N° Portalis DB22-W-B7J-S5MG
Société IMMOBILIERE 3F
C/
Monsieur, [L], [R], [G]
Madame, [V], [Z], [K] épouse, [R], [G]
TRIBUNAL DE PROXIMITÉ
Juge des contentieux de la protection,
[Adresse 1],
[Adresse 2],
[Localité 1]
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
JUGEMENT DU 27 Mars 2026
DEMANDEUR :
Société IMMOBILIERE 3F, société anonyme d’habitations à loyer modéré, immatriculée au R.C.S. de Paris sous le numéro B 552 141 533, dont le siège social est sis, [Adresse 3], agissant poursuites et diligences de ses représentants légaux domiciliés en cette qualité audit siège, représentée par Maître Elisabeth WEILLER, avocat au barreau de PARIS, avocat de la SCP MENARD – WEILLER, société d’avocats au barreau de PARIS
d’une part,
DÉFENDEURS :
Monsieur, [L], [R], [G], né le 18 août 1958 à, [Localité 2], demeurant, [Adresse 4], [Localité 3], comparant en personne
Madame, [V], [Z], [K] épouse, [R], [G], né le 8 novembre 1973 à, [Localité 4], demeurant, [Adresse 4], [Localité 3], comparante en personne
d’autre part,
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Juge des contentieux de la protection : Christine CAMPISTRON, vice-présidente
Greffier : Thomas BOUMIER
Copies délivrées le :
1 copie exécutoire à la SCP MENARD – WEILLER
1 copie certifiée conforme à Monsieur, [L], [R], [G] et à Madame, [V], [Z], [K] épouse, [R], [G]
FAITS ET PROCÉDURE
Par acte sous seing privé en date du 09 novembre 2004, la société IMMOBILIERE 3F a donné à bail à Madame, [V], [R], [O] née, [Z], [K] et à Monsieur, [L], [R], [G] un logement n° 1128L-00470501 et un parking n°1128P-00337 situés, [Adresse 5] à, [Localité 5] dont le loyer initial s’élevait à 395,13 euros.
Par avenant au contrat de bail signé le 12 février 2009, la société IMMOBILIERE 3F a donné à bail à Madame, [V], [R], [O] née, [Z], [K] et à Monsieur, [L], [R], [G] un emplacement de stationnement n°1128P-0339 situé, [Adresse 6] à, [Localité 5] dont le loyer initial s’élevait à 60,68 euros.
Par avenant au contrat de bail signé le 01 juin 2021, la société IMMOBILIERE 3F a donné à bail à Madame, [V], [R], [O] née, [Z], [K] et à Monsieur, [L], [R], [G] un emplacement de stationnement n°1128P-0429 dont le loyer initial s’élevait à 34,45 euros.
Faisant valoir que les loyers sont impayés, la société IMMOBILIERE 3F a fait délivrer assignation à Madame, [V], [R], [O] née, [Z], [K] et à Monsieur, [L], [R], [G] par exploit du 24 mars 2025 afin d’entendre le juge des contentieux de la protection du Tribunal de proximité de Saint-Germain-en-Laye :
— constater acquise la clause résolutoire du bail pour défaut de paiement du loyer et des charges et, subsidiairement, prononcer la résiliation judiciaire du bail,
— ordonner l’expulsion de Madame, [V], [R], [O] née, [Z], [K], de Monsieur, [L], [R], [G] et de tous occupants de leur chef, avec au besoin l’assistance de la force publique et d’un serrrier, dans les deux mois suivant le commandement d’avoir à libérer les lieux,
— condamner solidairement Madame, [V], [R], [O] née, [Z], [K] et Monsieur, [L], [R], [G] au payement d’une indemnité mensuelle d’occupation égale au montant du loyer et des charges qui auraient été dus si le bail s’était poursuivi avec une majoration de 50 % pour le loyer et ce jusqu’à la reprise des lieux, et subsidiairement, dire que cette indemnité ne saurait être inférieure au montant du loyer majoré des charges,
— condamner solidairement Madame, [V], [R], [O] née, [Z], [K] et Monsieur, [L], [R], [G] au paiement de la somme de 2.863,62 euros,
— condamner solidairement Madame, [V], [R], [O] née, [Z], [K] et Monsieur, [L], [R], [G] à lui verser la somme de 350,00 euros sur le fondement des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile,
— ne pas écarter l’exécution provisoire,
— condamner solidairement Madame, [V], [R], [O] née, [Z], [K] et Monsieur, [L], [R], [G] au paiement des entiers dépens, en ce compris les frais du commandement de payer et de l’assignation.
A l’audience du 20 janvier 2026, le conseil de la société IMMOBILIERE 3F, Madame, [V], [R], [O] née, [Z], [K] et Monsieur, [L], [R], [G] sont présents.
Le conseil de la société IMMOBILIERE 3F reprend les demandes figurant dans l’assignation et actualise la dette locative à la somme de 1.796,70 euros, terme de décembre 2025 inclus, selon décompte arrêté au 31 décembre 2025.
Il ajoute qu’un plan d’apurement est en cours avec une somme de 98,00 euros par mois en sus du loyer courant et des charges et dit être favorable à la poursuite de cet échéancier.
Madame, [V], [R], [O] née, [Z], [K] et Monsieur, [L], [R], [G] contestent la dette locative réclamée au motif qu’ils ont réglé la somme de 1.069,94 euros pour janvier 2026.
Ils affirment que la dette s’élève à la somme de 824,76 euros et demandent la poursuite de l’échéancier de 98,00 euros par mois en sus du loyer et des charges.
La Présidente demande au conseil de la société IMMOBILIERE 3F de produire avant le 20 février 2026 dans le cadre d’une note en délibéré la dette actualisée.
L’affaire a été mise en délibéré au 27 mars 2026.
Aucune note en délibéré n’a été adressée dans le délai imparti.
MOTIFS DE LA DÉCISION
— Sur la recevabilité de la demande :
La société IMMOBILIERE 3F justifie avoir notifié l’assignation au préfet des Yvelines six semaines au moins avant la date de l’audience, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.
Egalement, la société IMMOBILIERE 3F justifie avoir saisi la caisse d’allocations familiales des Yvelines dans le délai de deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.
La demande est en conséquence recevable et il peut être statué sur le fond du litige.
— Sur l’impayé locatif :
L’article 7 a) de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 énonce que le locataire est obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus.
En application de l’article 1353 du Code Civil, celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver et réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation ;
Il résulte des éléments produits, et notamment du dernier décompte locatif arrêté au 31 décembre 2025, terme de décembre 2025 inclus, que Madame, [V], [R], [O] née, [Z], [K] et Monsieur, [L], [R], [G] sont solidairement redevables de la somme de 1.743,16 euros au titre de leur arriéré locatif (loyers, charges, indemnité d’occupation), les frais « divers » non justifiés étant déduits.
Aucune note en délibéré n’ayant été produite et les défendeurs n’ayant pas justifié à l’audience du règlement allégué de janvier 2026, le décompte est arrêté au 31 décembre 2025 et les sommes versées ultérieurement viendront à parfaire c’est-à-dire en déduction de la somme due.
Madame, [V], [R], [O] née, [Z], [K] et Monsieur, [L], [R], [G] sont donc condamnés solidairement au paiement de la somme de 1.743,16 euros.
— Sur l’acquisition de la clause résolutoire et l’expulsion:
Le bail signé par les parties contient à l’article 9 des conditions générales une clause résolutoire énonçant qu’à défaut de paiement de loyers ou charges régulièrement appelées, il pourra être résilié de plein droit à l’initiative du bailleur, deux mois après un commandement de payer resté sans effet.
Le commandement signifié le 24 mai 2024 pour avoir le paiement de la somme de 1.652,71 euros en principal, reproduit cette clause résolutoire ainsi que les dispositions de l’article 24 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 et des trois premiers alinéas de l’article 6 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant la mise en œuvre du droit au logement, et mentionne la faculté pour le locataire de saisir le fonds de solidarité pour le logement, dont l’adresse de saisine est précisée. Le décompte qui était joint a permis aux défendeurs de connaître le détail des loyers et charges qui leur était réclamé.
Ce commandement n’ayant pas été suivi d’effet dans le délai prévu, il convient de constater la résiliation du bail au 25 juillet 2024 par acquisition de la clause résolutoire et d’accueillir en conséquence la demande en expulsion pour le logement, et pour les trois emplacements de stationnement.
— Sur l’indemnité d’occupation :
A compter de l’acquisition de la clause résolutoire, soit à compter du 25 juillet 2024, il sera dû solidairement par Madame, [V], [R], [O] née, [Z], [K] et par Monsieur, [L], [R], [G] une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du loyer et des charges, et ce jusqu’à la libération des lieux par la remise des clés.
La demande de majoration de 50 % du montant du loyer n’étant justifiée par aucun élément et n’étant pas motivée, elle est rejetée.
— Sur la suspension de la clause résolutoire et les délais de paiement :
Aux termes des dispositions de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 dans sa rédaction issue de la loi du 27 juillet 2023, d’application immédiate, le locataire ne peut bénéficier de délais de paiement qu’à condition d’avoir repris le paiement intégral du loyer et être en situation de régler sa dette locative.
Il ressort des décomptes que Madame, [V], [R], [O] née, [Z], [K] et Monsieur, [L], [R], [G] ont repris le paiement intégral du loyer et des charges et que les parties sollicitent la poursuite du plan d’apurement déjà en place.
Au vu de l’accord des parties sur le principe d’un échéancier sur 18 mois, il convient d’autoriser les défendeurs à s’acquitter de leur dette dans les conditions précisées au dispositif de la présente, conformément à la faculté prévue par les articles 1343-5 du code civil.
Par application de l’article 24 de la Loi 89-462 du 6 juillet 1989 modifiée, les effets de la clause résolutoire seront suspendus pendant le cours des délais ci-dessus, mais seront rétablis de plein droit en cas d’éventuelle défaillance de Madame, [V], [R], [O] née, [Z], [K] et de Monsieur, [L], [R], [G] dans le respect des modalités de paiement.
— Sur l’exécution provisoire :
Il est rappelé que depuis le 01 janvier 2020, en application des dispositions de l’article 514 du code de procédure civile, l’exécution provisoire du jugement est de droit.
— Sur la demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile et les dépens :
Les efforts faits par Madame, [V], [R], [O] née, [Z], [K] et par Monsieur, [L], [R], [G] pour apurer leur dette justifient de les dispenser de toute contribution au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.
Parties succombantes, ils sont cependant condamnés solidairement au paiement des dépens, par application de l’article 696 du code de procédure civile, en ce compris les frais du commandement de payer et de l’assignation.
PAR CES MOTIFS :
La juge des contentieux de la protection du Tribunal de Proximité de Saint-Germainen-Laye, statuant par jugement contradictoire mis à disposition au greffe et en premier ressort,
— Constate la résiliation du bail conclu le 09 novembre 2004 et des avenants au bail conclus les 12 février 2009 et 01 juin 2021 entre Madame, [V], [R], [O] née, [Z], [K], Monsieur, [L], [R], [G] et la société IMMOBILIERE 3F par l’effet de l’acquisition de la clause résolutoire à compter du 25 juillet 2024, mais suspend les effets de la clause résolutoire pendant le cours des délais accordés ;
— Condamne solidairement Madame, [V], [R], [O] née, [Z], [K] et Monsieur, [L], [R], [G] à payer à la société IMMOBILIERE 3F la somme de 1.743,16 euros selon décompte arrêté au 31 décembre 2025 au titre de leur arriéré locatif (loyers, charges, indemnité d’occupation), terme de décembre 2025 inclus ;
— Autorise Madame, [V], [R], [O] née, [Z], [K] et Monsieur, [L], [R], [G] à se libérer de leur dette en 17 versements mensuels de 98,00 euros outre un 18ème versement devant apurer la dette en principal (1.743,16 euros) et intérêts et qui s’ajouteront aux termes courants du loyer, le premier versement devant intervenir à la première date d’échéance du loyer suivant la signification du présent jugement, le montant de la dernière échéance devant être ajustée au regard du solde de la dette ;
— Rappelle que si les locataires se libèrent de leur dette dans le délai et selon les modalités ci-dessus, la clause résolutoire sera réputée ne pas avoir joué ;
— Rappelle que le délai et les modalités d’exécution ci-dessus n’affectent pas l’exécution du contrat de location et notamment ne suspendent pas le paiement du loyer courant et des charges ;
— Dit qu’à défaut d’un seul règlement à la date d’échéance, la totalité du solde de la dette deviendra immédiatement exigible et la clause résolutoire acquise au bailleur, et dans ce cas :
Autorise la société IMMOBILIERE 3F à faire procéder à l’expulsion de Madame, [V], [R], [O] née, [Z], [K], de Monsieur, [L], [R], [G] et de tous occupants de leur chef, au besoin à l’aide de la force publique et d’un serrurier faute de libération volontaire des lieux situés : un logement n° 1128L-00470501 et un parking n°1128P-00337 au, [Adresse 5] à, [Localité 5], un emplacement de stationnement n°1128P-0429, et un emplacement de stationnement n°1128P-0339, [Adresse 6] à, [Localité 3] ;
Condamne solidairement Madame, [V], [R], [O] née, [Z], [K] et Monsieur, [L], [R], [G] à payer à la société IMMOBILIERE 3F une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du loyer d’habitation et des charges à compter du 25 juillet 2024 et ce jusqu’à parfaite libération des locaux (déduction faite de l’indemnité d’occupation déjà comptabilisée jusqu’au 31 décembre 2025 dans l’arriéré locatif) et déboute la société IMMOBILIERE 3F de sa demande de majoration du loyer ;
— Déboute la société IMMOBILIERE 3F de sa demande de condamnation de Madame, [V], [R], [O] née, [Z], [K] et de Monsieur, [L], [R], [G] au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ;
— Condamne solidairement Madame, [V], [R], [O] née, [Z], [K] et Monsieur, [L], [R], [G] au paiement des dépens, en ce compris les frais du commandement de payer et de l’assignation ;
— Rappelle qu’en cas de mise en place d’un plan de surendettement ou de mesures recommandées ou imposées, la dette sera apurée conformément aux termes du plan ou des mesures recommandées ou imposées ;
— Rappelle que l’exécution provisoire de la présente décision est de droit.
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition au greffe du tribunal de proximité le 27 mars 2026, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du code de procédure civile, la minute étant signée par Madame Christine CAMPISTRON, juge des contentieux de la protection, et par Monsieur Thomas BOUMIER, greffier.
Le greffier La juge des contentieux de la protection
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