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Sur la décision
| Référence : | TJ Avignon, ch. 04 surendettement, 25 juin 2025, n° 25/01472 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/01472 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Infirme la décision déférée dans toutes ses dispositions, à l'égard de toutes les parties au recours |
| Date de dernière mise à jour : | 15 juillet 2025 |
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Texte intégral
COUR D’APPEL DE [Localité 52]
TRIBUNAL JUDICIAIRE d’AVIGNON
N° RG 25/01472 – N° Portalis DB3F-W-B7J-KCWH
Minute N° : 25/00059
JUGEMENT DU 25 JUIN 2025
DEMANDEURS :
Madame [W] [C] épouse [L]
[Adresse 2]
[Adresse 55]
[Localité 22]
comparant en personne
Monsieur [M] [L]
[Adresse 2]
[Adresse 55]
[Localité 22]
comparant en personne
DEFENDEURS :
ONEY BANK
Chez [46]
[Adresse 25]
[Localité 18]
non comparant
[57]
Chez [56]
[Adresse 13]
[Localité 11]
non comparant
[32]
Chez [43]
[Adresse 5]
[Localité 15]
non comparant
[54]
[Adresse 45]
[Adresse 6]
[Localité 19]
non comparant
[26]
EX FINANCO – Service Surendettement
[Adresse 40]
[Localité 8]
non comparant
[36]
[Adresse 28]
[Localité 21]
non comparant
[33] ([44])
[Adresse 12]
[Localité 17]
non comparant
VERALTIS [Localité 48]
[Adresse 38]
[Localité 7]
non comparant
[35]
Chez [58]
[Adresse 39]
[Localité 16]
non comparant
[42]
Secteur Surendettement
[Adresse 4]
[Adresse 41]
[Localité 15]
non comparant
[53]
[Adresse 59]
[Localité 23]
non comparant
[34]
Chez [Localité 51] CONTENTIIEUX – Service Surendettement
[Localité 24]
non comparant
HOIST FINANCE AB
Service Surendettement
[Adresse 60]
[Localité 14]
non comparant
[30]
Chez [47]
[Adresse 3]
[Localité 9]
non comparant
[32]
Chez [Localité 51] CONTENTIEUX – Service Surendettement
[Localité 24]
non comparant
SIP SUD [Localité 61]
[Adresse 27]
[Adresse 31]
[Localité 20]
non comparant
S.A.R.L. [49]
Chez [50]
NANTIL A
[Adresse 1]
[Localité 10]
non comparant
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
PRESIDENT : BADENE Karim
GREFFIER : RANC Agnès
DEBATS : 28 mai 2025
Copie délivrée à toutes les parties (par LRAR)
Copie délivrée à la [29] (par LS)
le :
EXPOSE DU LITIGE
Le 24 décembre 2024, la commission de surendettement du [Localité 61] a déclaré recevable la demande présentée par Monsieur [M] [L] et Madame [W] [L] aux fins de bénéficier des dispositions légales propres au traitement du surendettement des particuliers.
Le 19 mars 2025, la commission a recommandé le rééchelonnement de tout ou partie des créances sur une durée maximum de 80 mois au taux maximum de 3,71%.
La décision relative aux mesures imposées a été notifiée à Monsieur [M] [L] et Madame [W] [L] par courrier recommandé avec avis de réception reçu le 22 mars 2025.
Monsieur [M] [L] et Madame [W] [L] ont contesté cette décision par lettre recommandée avec avis de réception adressée le 19 avril 2025 au secrétariat de la commission de surendettement en faisant valoir que leur loyer avait augmenté d’un montant de 300€ et qu’ils ne pouvaient plus en conséquence honorer les mensualités décidées par la commission.
Après transmission de l’entier dossier par la commission de surendettement au juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire d’Avignon le 02 mai 2025, les débiteurs et l’ensemble des créanciers ont été convoqués par le greffe par lettres recommandées avec avis de réception pour comparaître à l’audience du 28 mai 2025.
Monsieur [M] [L] et Madame [W] [L] comparaissent à l’audience et réitèrent les motifs développés dans leur courrier de contestation, ajoutant que la commission a pris en compte leurs revenus augmentés des primes et qu’ils ne pourront parvenir, compte-tenu de l’ensemble de ces éléments, à dégager une mensualité de 1 400€ pour le remboursement de leurs dettes.
Les créanciers ne comparaissent pas, certains d’entre eux ayant fait parvenir un courrier faisant état de leur créance et/ou de ce qu’ils s’en remettent à la décision du tribunal.
La décision est mise en délibéré au 25 juin 2025.
MOTIVATION DE LA DÉCISION
I. Sur la recevabilité de la contestation
L’article R.733-6 du code de la consommation dispose que la commission notifie, par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, au débiteur et aux créanciers les mesures qu’elle entend imposer en application des dispositions des articles L.733-1, L.733-4 et L.733-7.
Cette lettre mentionne également les dispositions des articles L.733-8, L.733-9 et L.733-14.
En cas d’application des dispositions du 3° de l’article L.733-1 ou de l’article L.733-4, elle énonce les éléments qui motivent spécialement la décision de la commission.
Elle indique que la contestation à l’encontre des mesures que la commission entend imposer est formée par déclaration remise ou adressée par lettre recommandée avec demande d’avis de réception à son secrétariat dans un délai de trente jours à compter de leur notification ; elle précise que cette déclaration indique les nom, prénoms et adresse de son auteur, les mesures contestées ainsi que les motifs de la contestation, et est signée par ce dernier.
En l’espèce, le recours a été exercé dans les formes et délais prescrits par l’article R.733-6 du code de la consommation.
Il est donc recevable.
II. Sur le bien fondé de la contestation
. Sur l’état des créances
La situation de surendettement du débiteur doit s’apprécier au jour de l’audience en fonction de l’ensemble de ses ressources et de son patrimoine rapporté au passif exigible ou à échoir en ce compris les dettes non-susceptibles de réaménagement ou d’effacement visées aux articles L711-4 et L711-5 du code de la consommation.
Il résulte de l’état des créances arrêté au 25 avril 2025 que le passif total dû par Monsieur [M] [L] et Madame [W] [L] s’élève à la somme de 146 350,64€.
. Sur la situation financière
Selon l’article L.731-2 du même code, la part des ressources nécessaire aux dépenses courantes du ménage ne peut être inférieure, pour le ménage en cause, au revenu de solidarité active. Elle intègre le montant des dépenses de logement, d’électricité, de gaz, de chauffage, d’eau, de nourriture et de scolarité, de garde et de déplacements professionnels ainsi que les frais de santé. Les conditions de prise en compte et d’appréciation de ces dépenses par le règlement intérieur de chaque commission sont précisées par la voie réglementaire.
Les articles R.731-2 et R.731-3 du code de la consommation disposent que la part de ressources réservée par priorité au débiteur est déterminée au regard de l’ensemble des dépenses courantes du ménage, qui intègre les dépenses mentionnées à l’article L.731-2.
Le montant des dépenses courantes du ménage est apprécié par la commission, soit pour leur montant réel sur la base des éléments déclarés par le débiteur, soit en fonction du barème fixé par son règlement intérieur et prenant en compte la composition de la famille.
Lorsque la commission prend en compte des dépenses courantes du ménage pour leur montant réel, elle peut demander au débiteur d’en fournir des justificatifs. Si le débiteur ne les fournit pas, les dépenses concernées sont appréciées selon le barème susvisé.
Au vu de l’état descriptif de situation dressé par la commission de surendettement et des justificatifs produits à l’audience, les ressources de Monsieur [M] [L] et Madame [W] [L] s’établissent à la somme de 4 300€ par mois quant leurs charges s’élèvent à celle de 2 893€.
Ils ont un enfant à charge âgé de 17 ans.
Selon les renseignements obtenus, ils ne disposent ni d’un bien immobilier, ni de biens mobiliers d’une valeur significative ni d’une épargne.
. Sur la capacité de remboursement
Aux termes de l’article L.731-1 du code de la consommation, pour l’application des dispositions des articles L.732-1, L.733-1 ou L.733-4, le montant des remboursements est fixé, dans des conditions précisées par décret en Conseil d’État, par référence à la quotité saisissable du salaire telle qu’elle résulte des articles L.3252-2 et L.3252-3 du code du travail, de manière à ce que la part des ressources nécessaire aux dépenses courantes du ménage lui soit réservée par priorité.
La balance entre les ressources et les charges fait donc apparaître une capacité de remboursement de 1 407€, alors que la quotité saisissable est évaluée à 2 598€.
Il résulte de l’état des créances que cette capacité de remboursement des débiteurs ne leur permet manifestement pas de faire face aux mensualités exigibles ou à échoir du passif.
Dès lors, il convient au regard des éléments actualisés de fixer la capacité de remboursement réelle des débiteurs à la somme de 1 400€.
. Sur les mesures d’apurement du passif
Conformément à l’article L.733-1 du code de la consommation, eu égard au volume important de l’endettement et aux faibles capacités de remboursement, il convient de prévoir un échelonnement sur la durée légale maximum avec réduction des intérêts à taux 0, cette diminution du taux des intérêts étant l’unique moyen de permettre le remboursement des dettes, le seul allongement de la durée de remboursement avec des intérêts au taux légal faisant apparaître une charge de remboursement excédant les capacités financières du débiteur.
Conformément à l’article L.733-4 du code de la consommation, lorsque les mesures d’échelonnement sont insuffisantes à apurer la situation, il est possible de mettre en place un effacement partiel des créances.
Dès lors, en considération de l’importance de l’endettement, il convient de prévoir dans un premier temps le remboursement des créances sociales et des petites créances afin d’assurer un remboursement réel. En effet un remboursement au marc l’euro aurait pour conséquence d’engendrer des mensualités trop faibles. Dans un second temps, il sera retenu l’effacement des reliquats.
Ainsi, et sauf disposition contraire expresse dudit jugement, les créanciers seront remboursés par le rééchelonnement de leur créance sur une durée de 84 mois, période au cours de laquelle, le taux des intérêts sera réduit à 0 %, selon les modalités visées au tableau en annexe.
Par ailleurs, pour assurer l’apurement du passif, le juge peut subordonner le redressement à l’accomplissement par le débiteur d’actes propres à faciliter ledit apurement en application de l’article L.733-7 du code de la consommation.
En l’occurrence, il convient de subordonner le plan de redressement des débiteurs à l’interdiction de tout nouveau recours au crédit et de tout acte de disposition de leur patrimoine sans l’autorisation du juge.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant publiquement et par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,
DÉCLARE recevable le recours de Monsieur [M] [L] et Madame [W] [L];
FIXE à 1 400€ la contribution mensuelle totale de Monsieur [M] [L] et Madame [W] [L] affectée à l’apurement du passif de la procédure ;
ARRÊTE les mesures propres à traiter la situation de surendettement de Monsieur [M] [L] et Madame [W] [L] par le rééchelonnement des créances sans intérêt pendant 84 mois, avec effacement à l’issue de toutes les créances subsistantes, selon les modalités visées au tableau annexé ;
RAPPELLE que les créances telles que définitivement arrêtées par la commission lors de l’établissement du passif ne peuvent avoir produit d’intérêts ou généré de pénalités de retard jusqu’à la mise en œuvre du plan résultant de la présente décision ;
DIT que Monsieur [M] [L] et Madame [W] [L] devront prendre l’initiative de contacter leurs créanciers pour mettre en place les modalités pratiques de règlement des échéances ;
DIT que chaque créancier, après actualisation du tableau d’amortissement d’origine le cas échéant, informera dans les meilleurs délais Monsieur [M] [L] et Madame [W] [L] des nouvelles modalités de recouvrement de sa créance, notamment de la date du premier règlement devant intervenir au plus tard dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement ;
RAPPELLE qu’à défaut de paiement d’une seule de ces échéances à son terme, l’ensemble du plan est de plein droit caduc 15 jours après une mise en demeure restée infructueuse adressée à Monsieur [M] [L] et Madame [W] [L] d’avoir à exécuter ses obligations ;
RAPPELLE qu’aucune voie d’exécution ne pourra être poursuivie par l’un quelconque des créanciers pendant toute la durée d’exécution des mesures sauf à constater la caducité de ces dernières ;
DIT qu’il appartiendra à Monsieur [M] [L] et Madame [W] [L], en cas de changement significatif de leurs conditions de ressources à la hausse comme à la baisse, de ressaisir la commission de surendettement d’une nouvelle demande ;
ORDONNE à Monsieur [M] [L] et Madame [W] [L] pendant la durée du plan de ne pas accomplir d’acte qui aggraverait leur situation financière, sauf autorisation du juge, et notamment :
— de ne pas avoir recours à un nouvel emprunt,
— de ne pas faire des actes de disposition étrangers à la gestion normale de son patrimoine ;
RAPPELLE que ces mesures sont signalées au Fichier des Incidents de paiement de remboursement des Crédits aux Particuliers géré par la [29] et qu’une inscription sera maintenue pendant toute la durée du plan sans pouvoir excéder sept ans ;
RAPPELLE que demeurent exclues de toute remise, de tout rééchelonnement ou effacement :
— les dettes alimentaires,
— les réparations pécuniaires allouées aux victimes dans le cadre d’une condamnation pénale,
— les dettes ayant pour origine des manœuvres frauduleuses commises au préjudice des organismes de protection sociale énumérés à l’article L.114-12 du code de la sécurité sociale ; l’origine frauduleuse de la dette est établie soit par une décision de justice, soit par une sanction prononcée par un organisme de sécurité sociale dans les conditions prévues aux articles L.114-17 et L.114-17-1 du code de la sécurité sociale,
— les amendes prononcées dans le cadre d’une condamnation pénale sont exclues de toute remise et de tout rééchelonnement ou effacement ;
LAISSE les éventuels dépens à la charge du Trésor public ;
DIT que le présent jugement sera notifié aux débiteurs et aux créanciers par lettre recommandée avec accusé de réception et communiqué à la [37], par lettre simple ;
Ainsi jugé et prononcé par mise à la disposition au greffe le 25 juin 2025.
La greffière Le vice-président
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