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Sur la décision
| Référence : | TJ Bergerac, 2e ch. réf., 4 nov. 2025, n° 25/00166 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00166 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 13 novembre 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BERGERAC
JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
MINUTE N° : 25/00048
DOSSIER N° : N° RG 25/00166 – N° Portalis DBXO-W-B7J-C5Q4
CODE NAC :5AA
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
Par mise à disposition au greffe le 04 Novembre 2025,
Nous, Frédérique POLLE, magistrate à titre temporaire au Tribunal judiciaire de Bergerac, assistée de Muriel DOUSSET, greffier
Après débats à l’audience publique du 16 Septembre 2025, l’ordonnance suivante a été rendue ;
DANS L’AFFAIRE QUI OPPOSE :
D’une part,
DEMANDEUR :
Monsieur [H] [K] [S] [P], né le 25 décembre 1974 à [Localité 5] , de nationalité française, consultant indépendant, demeurant [Adresse 3], venant aux droits de M.[X] [C], suivant acte notarié reçu par Maître [Z] [B], Notaire à [Localité 6], en date du 28 septembre 2023,
représenté par Maître Isabelle RAYGADE de l’AARPI AGGERIS AVOCATS, barreau de BERGERAC
ET
D’autre part,
DÉFENDEUR :
Monsieur [A] [M], demeurant [Adresse 1]
non comparant et non représenté à l’audience de plaidoirie,
Le :
Formule exécutoire délivrée à : Me RAYGADE
Copie conforme délivrée à : Me RAYGADE, M [M], ADIL 24, Préfecture de la Dordogne,
copie dossier
EXPOSE DU LITIGE :
Par acte sous seing privé du 1er juillet 2012, [H] [P] venant aux droits de [X] [C] a donné à bail à [A] [M] un local à usage d’habitation situé [Adresse 2] à [Localité 4], moyennant un loyer mensuel révisable de 366,26 euros outre une provision sur charges de 76 euros par mois, soit un total de 442,26 euros.
Par acte de Maître [F] [U], commissaire de justice associé à BERGERAC (24) délivré le 29 juillet 2025, [H] [P] venant aux droits de [X] [C] a fait assigner son locataire, [A] [M], en référé devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de BERGERAC, aux fins de voir :
▸ constater la résiliation du bail par application de la clause résolutoire, et ce à la suite de la délivrance le 28 avril 2025 d’un commandement de payer visant cette clause et dont les causes n’ont pas été réglées dans les deux mois de sa délivrance,
▸ ordonner l’expulsion du locataire, et de tous occupants de son chef,
▸ condamner [A] [M] au paiement à titre provisionnel de la somme principale de 636,50 euros au titre des loyers et charges arrêtés à la date du 30 avril 2025, ainsi que d’une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du loyer augmenté des charges jusqu’à la libération effective des lieux,
▸ condamner [A] [M] au paiement d’une indemnité de 300 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, outre les entiers dépens, incluant notamment le coût du commandement de payer et de l’assignation.
L’affaire a été appelée à l’audience du 16 septembre 2025.
****
[H] [P] venant aux droits de [X] [C], représenté par Maître Isabelle RAYGADE, a sollicité le bénéfice de son acte introductif d’instance en actualisant sa demande principale en paiement à la somme provisionnelle de 3089,82 euros arrêtée à la date du 2 septembre 2025, terme de septembre 2025 inclus.
****
[A] [M], régulièrement assigné à étude, n’a pas comparu et n’était pas représenté.
****
Les conclusions de l’enquête sociale réalisée par la Préfecture, conformément aux dispositions de l’article 114 de la loi du 28 juillet 1998, ont été portées à la connaissance des parties.
A l’issue des débats, l’affaire a été mise en délibéré au 4 novembre 2025 par mise à disposition au greffe conformément aux dispositions de l’article 450 du code de procédure civile.
DISCUSSION
L’article 472 du code de procédure civile dispose que lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond, le juge ne faisant droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur la recevabilité :
L’article 24 III de la loi du 6 juillet 1989 prévoit qu’à peine d’irrecevabilité de la demande, l’assignation aux fins de constat de la résiliation est notifiée par le commissaire de justice au représentant de l’Etat au moins dans les six semaines avant l’audience.
L’assignation ayant été dénoncée le 31 juillet 2025 au représentant de l’Etat, pour l’audience du 16 septembre 2025, l’action est donc recevable.
Sur la demande de constat de l’acquisition de la clause résolutoire :
A titre liminaire, conformément à l’article 2 du code civil qui prévoit que la loi ne dispose que pour l’avenir et n’a point d’effet rétroactif, il convient d’indiquer que les dispositions de la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 ayant modifié l’article 24 I° de la loi du 6 juillet 1989, et prévoyant un délai réduit à six semaines imparti au locataire pour apurer la dette à la suite de la délivrance d’un commandement de payer, ne sont pas applicables au présent litige dès lors que le contrat de bail a été conclu antérieurement à l’entrée en vigueur de la loi nouvelle.
Le contrat signé par les parties prévoit une clause résolutoire de plein droit à défaut de paiement du loyer et de ses accessoires deux mois après la délivrance d’un commandement de payer resté infructueux.
Par acte de commissaire de justice du 28 avril 2025, [H] [P] venant aux droits de [X] [C] a fait délivrer à [A] [M] un commandement de payer visant la clause résolutoire pour un montant de 636,50 euros, reproduisant les dispositions des articles 24 de la loi du 6 juillet 1989 et celles de l’article 6 de la loi du 31 mai 1990 au titre des loyers et charges arrêtés à la date du 21 avril 2025, lequel est demeuré infructueux.
Le défendeur n’ayant pas réglé les sommes visées au commandement dans le délai de deux mois, il y a lieu en conséquence de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire sont réunies à la date du 28 juin 2025.
Il convient d’ordonner l’expulsion de [A] [M] et de tous occupants de son chef des lieux loués selon les modalités prévues au dispositif ci-après.
Le sort des meubles sera régi conformément aux dispositions des articles L. 433-1 et L. 433-2 du code des procédures civiles d’exécution.
Sur l’indemnité d’occupation :
[A] [M] sera également condamné au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation pour la période courant du 29 juin 2025 à la date de la libération effective et définitive des lieux. Le montant de cette indemnité mensuelle d’occupation sera fixé à la somme de 688 euros.
Sur la demande en paiement des loyers et charges :
Le paiement des loyers et charges aux termes convenus dans le contrat est une obligation essentielle du locataire, résultant tant des dispositions contractuelles du bail signé entre les parties que de l’article 7 a) de la loi du 6 juillet 1989.
En l’espèce, il résulte des pièces versées aux débats que [A] [M] n’a pas réglé avec régularité le montant des loyers, charges et indemnités d’occupation, de sorte qu’à ce titre reste due à la date du 2 septembre 2025 la somme de 3089,82 euros, terme de septembre 2025 inclus.
La créance n’étant pas sérieusement contestable, il convient en conséquence de condamner [A] [M] au paiement à titre provisionnel de la somme de 3089,82 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la présente ordonnance.
Sur les demandes accessoires :
Compte tenu de l’équité et de la situation économique des parties, il serait inéquitable de laisser à la charge de [H] [P] venant aux droits de [X] [C] les sommes exposées par lui dans la présente instance et non comprises dans les dépens. Il convient donc de condamner [A] [M] à lui verser une somme de 300 euros sur le fondement des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.
[A] [M], qui succombe, supportera les dépens, incluant le coût du commandement de payer et de l’assignation.
PAR CES MOTIFS :
Nous, Frédérique POLLE, magistrat à titre temporaire, statuant en référé, par ordonnance mise à disposition au greffe, contradictoire et en premier ressort,
Au principal, RENVOYONS les parties à se pourvoir ainsi qu’elles aviseront mais dès à présent et par provision, vu l’urgence,
CONSTATONS que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire sont réunies à la date du 28 juin 2025,
ORDONNONS à [A] [M] de libérer les lieux et de restituer les clés dans le délai de quinze jours à compter de la signification de la présente décision,
DISONS qu’à défaut pour [A] [M] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, [H] [P] venant aux droits de [X] [C] pourra, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle des tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours d’un serrurier et de la force publique, conformément aux dispositions des articles L 412-1 et suivants, R. 411-1 et suivants, R. 412-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution,
DISONS que le sort des meubles sera réglé conformément aux articles L. 433-1 et suivants et R. 433-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution,
FIXONS l’indemnité mensuelle d’occupation provisionnelle à compter du 29 juin 2025 à une somme égale au montant du loyer révisé, augmenté des charges qui auraient été dues si le bail s’était poursuivi, soit la somme de 688 euros,
CONDAMNONS [A] [M] au paiement à titre prévisionnel d’une indemnité mensuelle d’occupation à compter du 3 septembre 2025 et jusqu’à la libération effective des lieux,
CONDAMNONS [A] [M] à payer à titre provisionnel à [H] [P] venant aux droits de [X] [C] la somme de 3089,82 euros (trois-mille-quatre-vingt-neuf euros et quatre-vingt-deux centimes) au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation arrêtés à la date du 2 septembre 2025, terme de septembre 2025 inclus,
DISONS que cette somme produira intérêts au taux légal à compter de la présente ordonnance,
DÉBOUTONS les parties de leurs demandes plus amples ou contraires,
CONDAMNONS [A] [M] à payer à [H] [P] venant aux droits de [X] [C] la somme de 300 euros (trois-cents euros) sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile,
CONDAMNONS [A] [M] aux dépens, en ce compris le coût du commandement de payer et de l’assignation,
RAPPELONS que la présente ordonnance est assortie de droit de l’exécution provisoire.
Ainsi fait et prononcé par mise à disposition , les jour, mois et an susdits, la présente décision a égé signée par Frédérique POLLE, magistrat à titre temporaire au tribunal judiciaire de BERGERAC, et, Muriel DOUSSET, greffier.
LE GREFFIER LA PRÉSIDENTE
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