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Sur la décision
| Référence : | TJ Bobigny, ch. 22 proxi référé, 9 janv. 2026, n° 25/02270 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/02270 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 7 février 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOBIGNY
[Adresse 13]
[Adresse 2]
[Adresse 6]
[Localité 8]
Téléphone : [XXXXXXXX01]
Télécopie : 01 48 96 07 52
@ : [Courriel 12]
N° RG 25/02270 – N° Portalis DB3S-W-B7J-35IM
Minute : 26/00014
OPH EST ENSEMBLE HABITAT
Représentant : M. [Y] [W] (Salarié) muni d’un pouvoir spécial
C/
Madame [X] [V] [U]
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ DU 09 Janvier 2026
DEMANDEUR :
OPH EST ENSEMBLE HABITAT
Venant aux droits de l’OPH DE [Localité 11]
[Adresse 3]
[Localité 9]
représenté par Monsieur [Y] [W] (Salarié), muni d’un pouvoir spécial
DÉFENDEUR :
Madame [X] [V] [U]
[Adresse 4]
[Adresse 10]
[Localité 7]
non comparante, ni représentée
DÉBATS :
Audience publique du 05 Décembre 2025
DÉCISION:
Réputée contradictoire, premier ressort, prononcée publiquement par mise à disposition au greffe le 09 Janvier 2026, par Madame Mathilde ZYLBERBERG, en qualité de Juge des contentieux de la protection, assistée de Madame Anne-Marie ANTUNES, faisant fonction de Greffier.
EXPOSE DU LITIGE
Par acte sous signature privée en date du 17 octobre 2018, l’OPH de [Localité 11] aux droits duquel vient l’OPH EST ENSEMBLE HABITAT, a donné à bail à Mme [X] [V] [U] un local à usage d’habitation situé [Adresse 5], moyennant un loyer mensuel initial de 635,18 euros, outre une provision pour charges récupérables.
Par acte sous signature privée en date du 7 novembre 2022, l’OPH de [Localité 11] aux droits duquel vient l’OPH EST ENSEMBLE HABITAT, a donné à bail à Mme [X] [V] [U] un emplacement de parking n°45 situé [Adresse 15], moyennant un loyer mensuel initial de 51 euros.
Suite à des impayés de loyer, par acte de commissaire de justice en date du 4 octobre 2024, l’OPH EST ENSEMBLE HABITAT venant aux droits de l’OPH de [Localité 11] a fait signifier à Mme [X] [V] [U] un commandement visant la clause résolutoire d’avoir à payer dans le délai de deux mois la somme de 3 544,39 euros en principal, au titre des loyers et charges impayés et d’avoir à justifier de l’assurance contre les risques locatifs dans le délai d’un mois.
Cette situation d’impayés a été notifiée à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) de Seine-[Localité 14] par courrier recommandé avec accusé de réception en date du 2 octobre 2024.
Par exploit de commissaire de justice en date du 24 juillet 2025, l’OPH EST ENSEMBLE HABITAT venant aux droits de l’OPH BOBIGNY a fait assigner Mme [X] [V] [U] devant le juge des contentieux de la protection de la chambre des contentieux de proximité du tribunal de Bobigny, statuant en référé, à l’audience 5 décembre 2025, au visa des articles 7 et suivants de la loi du 6 juillet 1989 aux fins de :
— voir constater que les conditions de l’acquisition de la clause résolutoire insérée au bail liant les parties sont réunies et par voie de de conséquence la résiliation du bail,
— ordonner l’expulsion de la défenderesse ainsi que celle de tous occupants de son chef des locaux sis [Adresse 5] au besoin avec le concours de la force publique et l’assistance d’un serrurier,
— dire que le sort des meubles sera réglé selon les dispositions des articles L. 433-1 et suivants du code des procédure civiles d’exécution,
— condamner la défenderesse à payer au bailleur une indemnité mensuelle d’occupation égale au montant du loyer augmenté des charges exigibles, à compter de la date de résiliation du bail et jusqu’à leur départ effectif et celui de tout occupant de leur chef,
— la condamnation au paiement de la dette à titre de provision,
— la condamnation au paiement d’une indemnité d’occupation prévisionnelle,
— condamner la défenderesse à payer au bailleur la somme de 4 771,58 euros, arrêtée à la date du 22/05/2025, à parfaire avec les termes dus postérieurement et quittancés au jour de l’audience même en cas de non comparution, augmentée des intérêts légaux à compter de la date du commandement de payer visant la clause résolutoire,
— condamner la défenderesse au paiement de la somme de 500 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile car il serait inéquitable de laisser au bailleur la charge des frais irrépétibles qu’il a dû engager pour recouvrer sa créance,
— condamner la défenderesse aux entiers dépens en ce compris le coût du commandement de payer ainsi que le coût de l’assignation.
L’assignation a été notifiée par la voie électronique au Préfet de Seine-[Localité 14] le 29 juillet 2025.
A l’audience du 5 décembre 2025, l’OPH EST ENSEMBLE HABITAT, représenté par M. [Y] [W], muni d’un pouvoir régulier, a maintenu les termes de son assignation.
Mme [X] [V] [U], régulièrement assignée à étude, n’a pas comparu.
L’affaire a été mise en délibéré au 9 janvier 2026 par mise à disposition au greffe du tribunal.
MOTIFS
Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, l’absence de Mme [X] [V] [U] ne fait pas obstacle à ce qu’une décision soit rendue sur le fond du litige, le juge ne faisant droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Selon l’article 834 du code de procédure civile, dans tous les cas d’urgence, le juge des contentieux de la protection dans les limites de sa compétence, peut ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend.
Dans les cas où l’obligation n’est pas sérieusement contestable, il peut accorder une provision au créancier, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
En vertu de ces textes, il est possible, dans le cadre d’une procédure en référé, de constater la résiliation de plein droit d’un contrat de location en application d’une clause résolutoire lorsque celle-ci est mise en œuvre conformément aux dispositions d’ordre public de la loi applicable en matière de baux d’habitation.
Sur la demande principale
Sur la demande aux fins de constat de résiliation
Sur la demande aux fins de résiliation pour défaut de justification de l’assurance habitation
Aux termes de l’article 1103 du code civil « les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits. »
L’article 7 g) de la loi du 6 juillet 1989 dispose que le locataire a l’obligation " de s’assurer contre les risques dont il doit répondre en sa qualité de locataire et d’en justifier lors de la remise des clés puis, chaque année, à la demande du bailleur. La justification de cette assurance résulte de la remise au bailleur d’une attestation de l’assureur ou de son représentant.
Toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut d’assurance du locataire ne produit effet qu’un mois après un commandement demeuré infructueux. Ce commandement reproduit, à peine de nullité, les dispositions du présent alinéa.
Le bail du 17 octobre 2018 contient une clause qui stipule : « en cas de non souscription d’une assurance contre les risques locatif, la résiliation du contrat interviendra de plein droit un mois après une sommation de justifier de la souscription d’une assurance demeurée infructueuse. »
L’OPH EST ENSEMBLE HABITAT, venant aux droits de l’OPH de [Localité 11], a fait délivrer par acte de commissaire de justice du 4 octobre 2024, un commandement d’avoir à justicier d’une assurance contre les risques locatifs dans le délai d’un mois. Ce commandement constitue la sommation exigée par la clause contractuelle, Mme [X] [V] [U] n’a pas démontré être assuré contre les risques locatifs dans le délai d’un mois suivant ce commandement. Il y a lieu de constater que le bail du 17 octobre 2018 est résilié à compter du 5 novembre 2024. Il convient par conséquent, d’ordonner l’expulsion de Mme [X] [V] [U], devenue occupante sans droit ni titre, et de tous occupants de son chef des lieux loués selon les modalités prévues au dispositif.
L’engagement de location du parking étant un accessoire du contrat de bail, il convient de lui faire suivre le même sort que le bail. Il sera constaté qu’il est résilié à la date du 5 novembre 2024.
Il convient par conséquent, d’ordonner l’expulsion de Mme [X] [V] [U], devenue occupante sans droit ni titre, et de tous occupants de son chef des lieux loués selon les modalités prévues au dispositif.
Le sort des meubles sera régi conformément aux dispositions des articles L433-1 et L433-2 du code des procédures civiles d’exécution.
Sur la demande aux fins de résiliation pour défaut de paiement des loyers et charges
Le bail étant résilié le 5 novembre 2024, il y a lieu de constater que la demande de résiliation pour défaut de paiement des loyers et charges est sans objet.
Sur la condamnation au paiement provisionnel d’une indemnité mensuelle d’occupation
Selon l’article 1730 du code civil, à l’expiration du bail le locataire doit restituer les locaux. La restitution des lieux est matérialisée par la remise des clefs.
L’occupant sans droit ni titre qui se maintient dans les lieux après la résiliation du contrat de bail commet une faute. En application de l’article 1240 du code civil, il doit indemniser le propriétaire du dommage causé par cette faute et résultant de l’indisponibilité du bien et de la perte des loyers et charges.
Mme [X] [V] [U], devenue occupante sans droit ni titre depuis le 5 novembre 2024, date de la résiliation du contrat, doit donc indemniser l’OPH EST ENSEMBLE HABITAT du préjudice causé par cette occupation. En conséquence, elle sera condamnée au paiement d’une indemnité d’occupation provisionnelle à compter du 5 novembre 2024 et jusqu’à la libération effective et définitive des lieux manifestée par la remise des clés, déduction faite des sommes déjà versées.
Cette indemnité mensuelle d’occupation sera fixée au montant résultant du loyer et des charges, révisable chaque année tel qu’il aurait été si le contrat s’était poursuivi, le tout justifié au stade de l’exécution.
Sur la demande en paiement de l’arriéré locatif
En application de l’article 1353 du code civil celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver et réciproquement, celui qui se prétend libéré, doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation.
L’article 7a) de la loi du 6 juillet 1989 dispose que le locataire est obligé de payer les loyers et charges aux termes convenus.
En l’espèce, le bailleur produit, au soutien de sa demande, le bail signé le 17 octobre 2018 démontrant l’obligation de payer les loyers et charges de la locataire, Mme [X] [V] [U]. Il produit également le commandement de payer du 4 octobre 2024 et un décompte de la créance arrêté au 4 décembre 2025, échéance de novembre 2025 incluse mentionnant une dette de 2 516,74 euros. Il démontre donc l’existence d’une dette à hauteur de cette somme.
En conséquence, il convient de condamner Mme [X] [V] [U] à payer à l’OPH EST ENSEMBLE HABITAT la somme provisionnelle 2 516,74 euros arrêtée au 4 décembre 2025, échéance de novembre 2025 incluse et ce avec intérêts au taux légal à compter de la signification de la présente ordonnance des paiements étant intervenus depuis l’assignation.
Sur les demandes accessoires
Mme [X] [V] [U], qui succombe, supportera les dépens, en application de l’article 696 du code de procédure civile. Ces dépens comprendront notamment le coût du commandement de payer et de justifier de l’assurance du 4 octobre 2024 et celui de l’assignation du 24 juillet 2025.
Il serait inéquitable de laisser à la charge de l’OPH EST ENSEMBLE HABITAT, les frais exposés par lui dans la présente instance et non compris dans les dépens. La somme de 50 euros lui sera donc allouée au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
La présente décision est exécutoire à titre provisoire, conformément à l’article 514 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant en référé, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort,
Au principal, renvoie les parties à se pourvoir ainsi qu’il leur appartiendra et dès à présent, vu l’urgence,
Constate que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire pour défaut d’assurance contre les risques locatifs figurant au bail du 17 octobre 2018, conclu entre l’OPH de [Localité 11] aux droits duquel vient l’OPH EST ENSEMBLE HABITAT et Mme [X] [V] [U] concernant le local à usage d’habitation situé [Adresse 5], sont réunies à la date du 5 novembre 2024,
Constate la résiliation du bail à compter de cette date,
Constate que l’engagement de location du parking n°45 , Zac de la vahce à l’aise, du 7 novembre 2022, annexe du cntrat de bail du 17 octobre 2018 est également résilié à la date du 5 novembre 2024,
Constate que la demande visant à voir constater l’acquisition de la clause résolutoire pour défaut de paiement des loyers et charges est devenu sans objet,
Condamne Mme [X] [V] [U] à payer à l’OPH EST ENSEMBLE HABITAT la somme provisionnelle de 2 516,74 euros arrêtée au 4 décembre 2025, échéance de novembre 2025 incluse et ce avec intérêts au taux légal à compter de la signification de la présente ordonnance des paiements étant intervenus depuis l’assignation,
Ordonne, à défaut de départ volontaire, l’expulsion du local d’habitation situé [Adresse 5] et de l’emplacement de paking n°45 Zac de la vache à l’aise, de Mme [X] [V] [U] ainsi que de tout occupant de son chef, dans un délai de deux mois à compter de la signification d’un commandement d’avoir à libérer les lieux, avec le concours de la force publique et l’assistance d’un serrurier si besoin est, ainsi que le transport des meubles laissés dans les lieux loués, conformément aux dispositions des articles L433-1 et L433-2 du code des procédures civiles d’exécution,
Fixe le montant de l’indemnité d’occupation mensuelle due par Mme [X] [V] [U] à compter du 5 novembre 2024, date de la résiliation du bail, et jusqu’à la libération définitive des lieux manifestée par la remise des clés, à une somme égale au montant mensuel du loyer indexé et des charges qui auraient été dus si le bail s’était poursuivi,
Condamne par provision Mme [X] [V] [U] à payer à l’OPH EST ENSEMBLE HABITAT l’indemnité d’occupation mensuelle à compter du 5 novembre 2024, et jusqu’à complète libération des lieux manifestée par la remise des clés, déduction faite des sommes déjà versées,
Condamne Mme [X] [V] [U] au paiement des entiers dépens de la procédure, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer et de justifier de l’assurance du 4 octobre 2024 et celui de l’assignation du 24 juillet 2025,
Condamne Mme [X] [V] [U] à payer à l’OPH EST ENSEMBLE HABITAT une somme de 50 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile,
Rappelle que la présente ordonnance est de plein droit exécutoire à titre provisoire,
Ainsi ordonné et mis à disposition au greffe le 9 janvier 2026.
Le Greffier Le Juge
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