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Sur la décision
| Référence : | TJ Bordeaux, juge libertes detention, 2 juin 2026, n° 26/01458 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/01458 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 11 juin 2026 |
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Texte intégral
COUR D’APPEL DE BORDEAUX
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE BORDEAUX
N° RG 26/01458 – N° Portalis DBX6-W-B7K-3YQS
N° Minute :
ORDONNANCE DU 02 Juin 2026
A l’audience publique du 02 Juin 2026, devant Nous, Marie PESSIS, magistrat du siège du Tribunal judiciaire de Bordeaux, assistée de Julie MARQUANT, Greffier,
siégeant au Centre Hospitalier Spécialisé Psychiatrique de CADILLAC, dans une salle spécialement aménagée sur l’emprise de l’établissement et répondant aux exigences de l’article L 3211-12-2 du code de la santé publique,
DANS L’INSTANCE ENTRE :
REQUÉRANT :
Monsieur le PREFET DE LA GIRONDE
régulièrement avisé, non comparant,
DÉFENDEUR :
M. [P] [U]
né le 27 Juillet 1987
actuellement hospitalisé au Centre Hospitalier Spécialisé de CADILLAC
régulièrement convoqué, comparant assisté de Me Mathilde MACICIOR, avocat au barreau de BORDEAUX, avocat commis d’office,
MANDATAIRE :
Mme [T] [L] – Mandataire régulièrement avisé, non comparant
MINISTÈRE PUBLIC :
Madame le Vice-Procureur de la République régulièrement avisée, non comparante,
****
Vu le code de santé publique, et notamment ses articles L. 3211-1, L. 3211-2-1, L. 3211-2-2, L. 3211-12-1, L. 3211-12-2, L. 3213-1 à L. 3213-11, R. 3211-7 à R. 3211-18, R. 3211-24 à R. 3211-26 et R. 3213-1 à R. 3213-3,
Vu l’arrêté du préfet de l’Hérault du 15/01/2014 ordonnant la mise en œuvre de soins psychiatriques en faveur de Monsieur [P] [U] sous la forme d’une hospitalisation complète au CHU La Colombière de Montpellier, confirmant l’arrêté provisoire du maire de Montpellier du 13/01/2014,
Vu l’arrêté du préfet de l’Hérault du 07/05/2015 ordonnant le transfert de Monsieur [P] [U] à l’Unité pour Malades Difficiles (UMD) du centre hospitalier spécialisé Louis Crocq d’Albi,
Vu l’ordonnance du juge d’instruction de Montpellier du 05/06/2016 déclarant Monsieur [P] [U] pénalement irresponsable (meurtre perpétré au préjudice de sa mère le 12/01/2014),
Vu l’arrêté modificatif du préfet du Tarn du 15/06/2016 portant maintien de l’hospitalisation complète,
Vu l’arrêté du préfet de l’Hérault du 13/06/2019 ordonnant le transfert de l’intéressé à l’UMD du CHS de Cadillac,
Vu le bulletin de situation en date du ;
Vu la dernière décision judiciaire du 02/12/2026 autorisant la poursuite des soins sous la forme d’une hospitalisation complète,
Vu la requête du Préfet de la Gironde enregistrée au Greffe le 13/05/2026 et les pièces jointes,
Vu l’avis du Ministère public du 01/06/2026,
Vu le procès-verbal de l’audience du 02/06/2026,
Vu la comparution de Monsieur [P] [U] et ses explications à l’audience au terme desquelles il ne se dit pas opposé à la poursuite de la mesure d’hospitalisation complète, s’en remettant à l’avis du médecin ; Il indique que le dernier changement de traitement lui est très bénéfique.
Vu les observations de son avocat qui soutient la demande de Monsieur [P] [U].
MOTIFS DE LA DECISION
Au terme des dispositions de l’article L.3211-12-1 du code de la santé publique «l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuive sans que le magistrat du siège du tribunal judiciaire, préalablement saisi par le (…) le représentant de l’État ( …) n’ait statué sur cette mesure (…) avant l’expiration d’un délai de six mois suivant (…) toute décision prise par le juge (…) lorsque le patient a été maintenu en hospitalisation complète de manière continue depuis cette décision (…)».
Selon l’article L.3213-1 du même code, le représentant de l’État dans le département prononce par arrêté l’admission en soins psychiatriques des personnes dont les troubles nécessitent des soins et compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte, de façon grave, à l’ordre public. L’article L3213-2 autorise le maire à prendre un arrêté d’admission en soins psychiatriques à l’égard des personnes dont le comportement révèle des troubles mentaux manifestes, dans les formes décrites ci-dessus, provisoirement, en cas de danger imminent pour la sûreté des personnes, attesté par un avis médical, ces mesures provisoires devant caduques au terme d’une durée de 48 heures faute de décision du représentant de l’État.
L’article R.3222-1 du même code prévoit que les UMD accueillent des patients relevant de soins psychiatriques sans consentement sous la forme d’une hospitalisation complète en application des chapitres III et IV du titre Ier du livre II de la troisième partie du présent code ou de l’article 706-135 du code de procédure pénale et dont l’état de santé requiert la mise en œuvre, sur proposition médicale et dans un but thérapeutique, de protocoles de soins intensifs et de mesures de sécurité particulières.
L’article R.3222-2 II poursuit que l’admission du patient dans une UMD est prononcée par arrêté du préfet du département ou, à Paris, du préfet de police, où se trouve l’établissement dans lequel est hospitalisé le patient avant son admission en UMD.
Il résulte des éléments figurant au dossier que Monsieur [P] [U], souffrant d’une schizophrénie paranoïde avec de nombreux antécédents d’hospitalisations et de nombreux passages à l’acte hétéro-agressifs (matricide commis en 2014 notamment), a été admis à l’Unité pour malades difficiles du Centre Hospitalier Spécialisé de Cadillac afin de contenir sa symptomatologie positive, le patient présentant une dissociation majeure, un délire de persécution et de complot ainsi qu’une particulière froideur.
Les certificats médicaux exigés par les textes figurent au dossier, ils ont été établis dans les délais requis et contiennent des indications propres à répondre aux prescriptions légales .
La régularité de la procédure n’est d’ailleurs pas discutée.
L’avis médical motivé prévu par l’article L3211-12-1 II du Code de la Santé Publique établi le 18/05/2026 relève que l’état mental de Monsieur [P] [U] nécessite toujours des soins assortis d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, et ce en raison de la persistance de ses troubles se manifestant notamment par un contact altéré d’une coloration dissociative et des idées délirantes de persécution.
Le médecin conclut enfin à la nécessité de maintenir l’hospitalisation complète de Monsieur [P] [U] afin de poursuivre les adaptations thérapeutiques en cours et de travailler sur la prise de conscience du trouble, ce qui favoriserait l’adhésion aux soins.
En toute hypothèse, une sortie prématurée serait de nature à présenter des risques de rechute rapide.
Dans ces conditions, la prise en charge dans un cadre contenant et sécurisé s’impose encore, afin de garantir l’observance des soins, et le cas échéant la réadaptation du traitement, ce qui ne peut se faire qu’en milieu hospitalier. Le maintien de l’hospitalisation complète s’avère encore nécessaire à ce jour en raison de l’impossibilité pour l’intéressé de consentir aux soins de façon pérenne alors qu’ils sont indispensables pour stabiliser son état.
Au regard des circonstances qui ont donné lieu à la mesure d’hospitalisation et des troubles dont il souffre, l’état de santé de Monsieur [P] [U] doit être regardé comme pouvant compromettre la sûreté des personnes ou porter atteinte, de façon grave, à l’ordre public.
Dès lors, le maintien de l’hospitalisation complète de l’intéressé apparaît à ce jour justifié.
PAR CES MOTIFS
Statuant par mise à disposition au greffe le 02 Juin 2026, par décision contradictoire rendue en premier ressort après débats en audience publique du 02 Juin 2026,
Accorde l’aide juridictionnelle provisoire à M. [P] [U],
Autorise le maintien de l’hospitalisation complète de M. [P] [U],
Dit que la présente décision sera notifiée à :
M. [P] [U]
Mme [T] [L] – Mandataire
Ministère public
Monsieur le préfet de la Gironde
et adressée pour information au Directeur du Centre Hospitalier de CADILLAC.
Dit que les dépens comprenant les frais d’expertise seront supportés par le Trésor Public, en application des dispositions de l’article R 93-2° du Code de Procédure Pénale.
Le Greffier, Le Juge,
Cette décision peut être frappée d’appel dans un délai de 10 jours à compter de la présente notification par déclaration motivée transmise par tout moyen au greffe de la cour d’appel de BORDEAUX – Place de la République – 33 000 BORDEAUX. Cette déclaration peut notamment être envoyée par courriel à cette adresse : ho.ca-bordeaux@justice.fr
Le ministère public peut, dans tous les cas, interjeter appel dans le même délai.
N° RG : N° RG 26/01458 – N° Portalis DBX6-W-B7K-3YQS
M. [P] [U]
Ordonnance en date du 02 Juin 2026
Reçu notification de la présente le
Le patient
signature :
Reçu notification de la présente ordonnance le
le Directeur du Centre Hospitalier Spécialisé de Cadillac,
signature
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