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Sur la décision
| Référence : | TJ Bourg-en-Bresse, ctx protection soc., 26 mai 2025, n° 24/00110 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/00110 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expertise |
| Date de dernière mise à jour : | 25 septembre 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOURG-EN-BRESSE
PÔLE SOCIAL
JUGEMENT DU 26 Mai 2025
Affaire :
M. [Y] [M]
contre :
[8]
Dossier : N° RG 24/00110 – N° Portalis DBWH-W-B7I-GURP
Décision n°25/617
Notifié le
à
— [Y] [M]
— CAISSE PRIMAIRE D’ASSURANCE MALADIE DE L’AIN
Copie le:
à
— la SELARL CONTE-JANSEN & FAUCONNET AVOCATS
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
PRÉSIDENT : Nadège PONCET
ASSESSEUR EMPLOYEUR : Mathilde VERON-GOYET
ASSESSEUR SALARIÉ : Catherine MARTIN-SISTERON
GREFFIER : Ludivine MAUJOIN
PARTIES :
DEMANDEUR :
Monsieur [Y] [M]
[Adresse 4]
[Localité 2]
représenté par Maître Emilie CONTE-JANSEN de la SELARL CONTE-JANSEN & FAUCONNET AVOCATS, avocats au barreau de LYON substituée par Me Thomas MONTES, avocat au barreau de LYON
DÉFENDEUR :
[8]
Pôle des affaires juridiques
[Adresse 3]
[Localité 1]
représentée par Madame [O] [E], dûment mandatée,
PROCEDURE :
Date du recours : 08 Février 2024
Plaidoirie : 31 Mars 2025
Délibéré : 26 Mai 2025
EXPOSE DU LITIGE
Le 1er mars 2023, Monsieur [Y] [M] a demandé la reconnaissance d’une maladie professionnelle auprès de la [8] (la [12]). Le certificat médical initial établi le 23 février 2023, par le Docteur [W], indiquait «tendinopathie du sus et du sous épineux sans calcification ».
La [12] a instruit la demande et a sollicité l’avis du [11] [Localité 15] [5] afin qu’il donne son avis sur l’existence d’un lien direct entre la maladie déclarée par Monsieur [Y] [M] et son travail habituel.
Le 22 septembre 2023, le comité a rendu un avis défavorable à la reconnaissance du caractère professionnel de la pathologie.
Le 26 septembre 2023, la [12] a notifié à Monsieur [Y] [M] un refus de prise en charge de cette maladie à titre professionnel.
Monsieur [Y] [M] a contesté cette décision auprès de la commission de recours amiable de la caisse.
En l’absence de décision, Monsieur [Y] [M] a contesté cette décision implicite de rejet en saisissant le tribunal judiciaire de Bourg-en-Bresse par lettre recommandée en date du 8 février 2024.
Ce recours a été enregistré sous le RG n° 24/110.
La commission de recours amiable, par décision du 1er mars 2024, a rejeté l’ensemble des demandes de Monsieur [Y] [M] et a confirmé la décision initiale de la caisse.
Par requête transmise au greffe de la juridiction le 25 mars 2024, Monsieur [Y] [M], représenté par son conseil, a saisi le pôle social du tribunal judiciaire de Bourg-en-Bresse d’un recours contre cette décision explicite de rejet.
L’affaire a été enregistrée sous le RG n° 24/212.
Les parties ont été régulièrement convoquées pour l’audience du 31 mars 2025.
L’affaire a été retenue et les parties se sont référées à leurs écritures.
[Y] [M] demande au tribunal :
— d’ordonner la jonction des dossiers,
— de désigner un second comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles,
— en tout état de cause, de dire que la maladie déclarée constitue une maladie professionnelle,
— de condamner la [6] à lui payer la somme de 2.500 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile outre la prise en charge des dépens.
A l’appui de ses demandes il expose :
— que l’obligation de désignation d’un second comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles s’impose,
— qu’il n’est pas compréhensible que la date de première constatation médicale retenue soit le 18 novembre 2022, alors que le docteur [W] avait écrit le 27 janvier 2023 comme date de première constatation,
— que les conditions du tableau n°57 sont toutes remplies,
— que l’agent assermenté n’a étudié qu’un seul poste alors qu’il tournait sur plusieurs machines,
— que le médecin du travail et d’autres salariés confirment qu’il effectuait les gestes visés au tableau,
— que le médecin rhumatologue est également d’avis que la pathologie est d’origine professionnelle.
MOTIFS
Sur la recevabilité du recours
L’article R 142-1 du code de la sécurité sociale prévoit que les réclamations relevant de l’article L 142-4 formées contre les décisions prises par les organismes de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole de salariés ou de non-salariés sont soumises à une commission de recours amiable. Cette commission doit être saisie dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision contre laquelle les intéressés entendent former une réclamation.
En application des articles R 142-1-A et R 142-10-1 du code de la sécurité sociale, le tribunal judiciaire spécialement désigné pour connaître du contentieux visé à l’article L 211-16 du COJ doit être saisi dans un délai de deux mois à compter soit de la date de notification de la décision de la commission de recours amiable, soit de l’expiration du délai de deux mois prévu par l’article R 142-6 du même code.
La forclusion tirée de l’expiration de ces délais de recours ne peut être opposée au requérant que si celui-ci a été informé des délais de recours et de ses modalités d’exercice.
En l’espèce, la commission de recours amiable a été saisie préalablement à la juridiction et les délais ont été respectés.
Les recours sont donc recevables.
Comme ils ont le même objet, il est d’une bonne administration de la justice d’ordonner la jonction du dossier 24/ 212 au dossier 24/110.
Sur la demande de désignation d’un second comité régional de reconnaissances des maladies professionnelles
L’article L 461-1 du code de la sécurité sociale dispose :
« Est présumée d’origine professionnelle toute maladie désignée dans un tableau de maladies professionnelles et contractée dans les conditions mentionnées à ce tableau.
Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d’exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu’elle est désignée dans un tableau de maladies professionnelles peut être reconnue d’origine professionnelle lorsqu’il est établi qu’elle est directement causée par le travail habituel de la victime.
Peut être également reconnue d’origine professionnelle une maladie caractérisée non désignée dans un tableau de maladies professionnelles lorsqu’il est établi qu’elle est essentiellement et directement causée par le travail habituel de la victime et qu’elle entraîne le décès de celle-ci ou une incapacité permanente d’un taux évalué dans les conditions mentionnées à l’article L. 434-2 et au moins égal à 25 %.
Dans les cas mentionnés aux deux alinéas précédents, la caisse primaire reconnaît l’origine professionnelle de la maladie après avis motivé d’un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles. »
En application de l’article R 142-17-2 du code de la sécurité sociale, lorsque le différend porte sur la reconnaissance de l’origine professionnelle d’une maladie dans les conditions prévues aux sixième et septième alinéas de l’article L. 461-1, le tribunal recueille préalablement l’avis d’un comité régional autre que celui qui a déjà été saisi par la caisse en application du huitième alinéa de l’article L. 461-1.
En l’espèce, le tribunal est saisi d’une contestation portée contre la décision de la commission de recours amiable de la [7] refusant la prise en charge de la maladie au titre de la législation sur les risques professionnels, après avis d’un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelle. Cette dernière figure dans le tableau n°57 des maladies professionnelles « Tendinopathie chronique non rompue non calcifiante avec ou sans enthésopathie de la coiffe des rotateurs objectivée par [14] (*). » (épaule droite).
La question de savoir si la maladie est directement causée par le travail de la victime nécessite obligatoirement qu’un avis d’un autre comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles soit recueilli avant-dire droit.
Ce n’est qu’après recueil de ce second avis que le tribunal statuera ensuite, souverainement.
Il y a donc lieu de solliciter avant dire droit, en application des dispositions de L 461-1 et R 142-17-2 du code de la sécurité sociale, l’avis d’un deuxième comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles, les parties en faisant la demande conjointe.
Sur proposition de la caisse, il y a lieu également d’inviter le demandeur à communiquer au comité tout document supplémentaire permettant au comité de se prononcer sur l’origine professionnelle de la maladie, en complément des pièces déjà présentes dans le dossier constitué par la caisse, et ce en application de l’article D 461-29 du code de la sécurité sociale.
Dans l’attente de l’avis de ce comité, il sera sursis à statuer, à charge pour la partie la plus diligente de reprendre l’instance dès réception de l’avis.
PAR CES MOTIFS
Le pôle social du tribunal judiciaire de Bourg-en-Bresse, statuant publiquement par jugement contradictoire, avant dire droit, rendu par mise à disposition au greffe,
DECLARE le recours de la Monsieur [Y] [M] recevable,
ORDONNE la jonction de la procédure RG n° 24/212 à la procédure RG n° 24/110,
DESIGNE le [Adresse 9] pour donner son avis sur l’origine professionnelle de la maladie Tendinopathie chronique non rompue non calcifiante avec ou sans enthésopathie de la coiffe des rotateurs objectivée par [14] (*). » (épaule droite) de Monsieur [Y] [M], à savoir si la maladie est directement causée par le travail habituel de la victime,
DIT que le comité sera saisi par la [8] qui en informera l’autre partie,
DIT que la [8] devra transmettre au [13] désigné le dossier de Monsieur [Y] [M] conformément aux dispositions de l’article D.461-29 du code de la sécurité sociale,
DIT que l’affaire sera évoquée à la première audience utile après transmission de l’avis du [Adresse 9],
SURSOIT à statuer sur la demande de reconnaissance de maladie professionnelle de Monsieur [Y] [M] dans l’attente de l’avis du [10],
RESERVE les dépens.
En foi de quoi, la Présidente et le Greffier ont signé le présent jugement.
LE GREFFIER LA PRÉSIDENTE
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