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Sur la décision
| Référence : | TJ Caen, 3e ch. civ., 13 févr. 2026, n° 25/02866 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/02866 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 22 février 2026 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : | LA BANQUE POSTALE FINANCEMENT devenue LA BANQUE POSTALE CONSUMER FINANCE - RCS [ Localité 2 ], S.A. BANQUE POSTALE CONSUMER FINANCE |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE CAEN
3ème chambre civile
[Adresse 1]
[Adresse 2]
[Localité 1]
☎ :[XXXXXXXX01]
N° RG 25/02866 – N° Portalis DBW5-W-B7J-JMCS
Minute : 2026/
Cabinet C
JUGEMENT
DU : 13 Février 2026
S.A. BANQUE POSTALE CONSUMER FINANCE
C/
[K] [A]
[I] [V] épouse [A]
Copie exécutoire délivrée le :
à :
Me Alicia BALOCHE – 28
Copie certifiée conforme délivrée le :
à :
Me Alicia BALOCHE – 28
M. [K] [A]
Mme [I] [V] épouse [A]
JUGEMENT
DEMANDEUR :
LA BANQUE POSTALE FINANCEMENT devenue LA BANQUE POSTALE CONSUMER FINANCE – RCS [Localité 2] 487 779 035, dont le siège social est sis [Adresse 3]
représentée par Me Alicia BALOCHE, avocat au barreau de CAEN, vestiaire : 28
ET :
DÉFENDEURS :
Monsieur [K] [A]
né le [Date naissance 1] 1972 à [Localité 3], demeurant [Adresse 4]
non comparant, ni représenté
Madame [I] [V] épouse [A]
née le [Date naissance 2] 1981 à [Localité 4], demeurant [Adresse 4]
non comparante, ni représentée
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Président : Marie-Ange LE GALLO, Première vice-présidente, Juge des Contentieux de la Protection
Greffier : Olivier POIX, présent à l’audience et lors de la mise à disposition
PROCÉDURE :
Date de la première évocation : 09 Décembre 2025
Date des débats : 09 Décembre 2025
Date de la mise à disposition : 13 Février 2026
EXPOSÉ DU LITIGE
Selon offre préalable acceptée le 9 juin 2021, la BANQUE POSTALE FINANCEMENT devenue LA BANQUE POSTALE CONSUMER FINANCE a consenti à Monsieur [K] [A] et Madame [I] [V] épouse [A] un prêt personnel d’un montant en capital de 18.690 euros, avec intérêts au taux débiteur de 3,92 %, remboursable en 85 mensualités s’élevant à 264,46 euros, hors assurance.
LA BANQUE POSTALE CONSUMER FINANCE a adressé à Monsieur [K] [A] et Madame [I] [V] épouse [A] une mise en demeure d’avoir à payer la somme de 2.285,50 euros au titre des échéances impayées par lettre recommandée en date du 10 septembre 2024.
La BANQUE POSTALE CONSUMER FINANCE a prononcé la résiliation du contrat par lettre recommandée en date du 19 février 2025.
Par acte de commissaire de justice en date du 28 juillet 2025, la BANQUE POSTALE CONSUMER FINANCE a fait assigner Monsieur [K] [A] et Madame [I] [V] épouse [A] devant le juge des contentieux de la protection afin de :
à titre principal,
— constater la déchéance du terme du contrat de crédit,
à titre subsidiaire,
— prononcer la résiliation judiciaire du contrat de crédit,
en tout état de cause,
— condamner solidairement Monsieur [K] [A] et Madame [I] [V] épouse [A] au paiement des sommes suivantes :
* 13.572,10 euros, au titre du capital restant dû et des échéances impayées, avec intérêts au taux contractuel à compter du 10 septembre 2024 jusqu’au jour du parfait paiement,
* 1.032,61 euros au titre de l’indemnité légale de 8 %,
* 1.500 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile et aux entiers dépens de l’instance,
— ordonner l’exécution provisoire de la présente décision.
A l’audience du 9 décembre 2025, la BANQUE POSTALE CONSUMER FINANCE, représentée, maintient ses demandes.
Monsieur [K] [A] et Madame [I] [V] épouse [A], bien que valablement assignés à personne, n’ont pas comparu.
L’affaire a été mise en délibéré au 13 février 2026.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Conformément à l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond et le juge ne fait alors droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur la demande principale
Sur l’office du juge
En application de l’article R.632-1 du code de la consommation, le juge peut soulever d’office toutes les dispositions de ce code dans les litiges nés de son application.
L’article L.314-26 du code de la consommation précise que les dispositions des chapitres II et III et des sections II à VII du chapitre IV du code de la consommation sont d’ordre public.
En l’espèce, la BANQUE POSTALE CONSUMER FINANCE a évoqué la régularité de l’offre de prêt et a pu formuler ses observations quant au respect des dispositions d’ordre public des articles L.312-1 et suivants du code de la consommation.
Sur la recevabilité de la demande
En application de l’article R.312-35 du code de la consommation, dans sa version applicable au contrat de prêt du 9 juin 2021, les actions en paiement engagées devant le tribunal judiciaire à l’occasion de la défaillance de l’emprunteur doivent être formées dans les deux ans de l’événement qui leur a donné naissance à peine de forclusion.
Cet événement est caractérisé par le non-paiement des sommes dues à la suite de la résiliation du contrat ou de son terme ou le premier incident de paiement non-régularisé.
En l’espèce, il ressort de l’historique de compte que le premier impayé non-régularisé est intervenu au 4 juin 2024 et que l’assignation a été signifiée le 28 juillet 2025. Dès lors, la demande en paiement est recevable.
Sur l’exigibilité de la créance
Aux termes de l’article L.312-39 du code de la consommation, en cas de défaillance de l’emprunteur, le prêteur peut exiger le remboursement immédiat du capital restant dû majoré des intérêts échus mais non-payés.
En application des articles 1224 et 1225 du code civil, la résolution peut résulter de l’application d’une clause résolutoire, qui précise les engagements dont l’inexécution entraînera la résolution du contrat. En ce cas, la résolution est subordonnée à une mise en demeure infructueuse, s’il n’a pas été convenu que celle-ci résulterait du seul fait de l’inexécution, qui ne produit effet que si elle mentionne expressément la clause résolutoire.
Ainsi, si le contrat de prêt peut prévoir que la défaillance de l’emprunteur non-commerçant entraînera la déchéance du terme, celle-ci ne peut, sauf disposition expresse et non-équivoque être déclarée acquise au créancier sans délivrance d’une mise en demeure restée sans effet précisant le délai dont dispose le débiteur pour y faire obstacle.
En l’espèce, le prêt stipule qu’en cas de défaillance de l’emprunteur, le prêteur pourra exiger le remboursement immédiat du capital restant dû majoré des intérêts échus mais non-payés.
Il ressort des pièces communiquées que Monsieur [K] [A] et Madame [I] [V] épouse [A] ont cessé de régler les échéances du prêt. La BANQUE POSTALE CONSUMER FINANCE, qui a fait parvenir à ceux-ci une demande de règlement des échéances impayées le 10 septembre 2024, restée sans réponse, était dès lors bien fondée à se prévaloir de la déchéance du terme et de la résiliation de plein droit du contrat et à demander le remboursement immédiat des sommes exigibles selon les termes du contrat.
Sur les sommes dues
Aux termes de l’article L.312-39 du code de la consommation, en cas de défaillance de l’emprunteur, le prêteur peut exiger le remboursement immédiat du capital restant dû, majoré des intérêts échus mais non-payés. Jusqu’à la date du règlement effectif, les sommes restant dues produisent les intérêts de retard à un taux égal à celui du prêt. Le prêteur peut demander à l’emprunteur défaillant une indemnité qui, dépendant de la durée restant à courir du contrat et sans préjudice de l’application de l’article 1231-5 du code civil, égale à 8 % selon l’article D.312-16.
Selon l’article L.312-38 du même code, aucune indemnité ni aucuns frais autres que ceux mentionnés aux articles L.312-39 et L.312-40 ne peuvent être mis à la charge de l’emprunteur dans les cas de défaillance prévus par ces articles.
Aux termes de l’article 1353 du code civil, celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver.
En l’espèce, au regard des pièces communiquées, notamment, l’offre de prêt, le tableau d’amortissement du prêt, l’historique du compte et le décompte de la créance arrêté au 25 avril 2025, la BANQUE POSTALE CONSUMER FINANCE rapporte la preuve de l’existence de la dette, en application des stipulations contractuelles.
La BANQUE POSTALE CONSUMER FINANCE est fondée à obtenir la condamnation Monsieur [K] [A] et Madame [I] [V] épouse [A] au remboursement des sommes dues en exécution du contrat, calculées conformément aux dispositions du code de la consommation.
Les sommes dues s’élèvent à 10.880,74 euros au titre du capital restant dû à la date de la défaillance, et 2.691,36 euros au titre des échéances échues non payées jusqu’à la date de la déchéance du terme, soit un total de 13.572,10 euros.
D’une part, les intérêts moratoires sur les sommes dues en principal, calculés à un taux d’intérêt égal à celui du prêt, ne peuvent courir avant mise en demeure conformément à l’article 1231-6 du code civil ou à défaut, l’assignation. Ainsi il convient de faire débuter les intérêts au 19 février 2025.
D’autre part, il est également prévu au contrat le versement d’une indemnité de 8 % au prêteur en cas de défaillance de l’emprunteur. Cette pénalité, qui constitue une clause pénale, susceptible de modération conformément à l’article 1231-5 du code civil, apparaît manifestement excessive au regard du préjudice subi, qui est suffisamment réparé par le bénéfice des intérêts au taux contractuel sur les sommes dues. Il convient en conséquence de réduire la somme réclamée à ce titre à hauteur de 50 euros.
Le contrat de prêt prévoit expressément la solidarité entre les emprunteurs.
En conséquence, il convient de condamner solidairement Monsieur [K] [A] et Madame [I] [V] épouse [A] au paiement de la somme de 13.572,10 euros, arrêtée au 25 avril 2025, augmentée des intérêts au taux contractuel de 3,92 % à compter du 19 février 2025, date de la mise en demeure et de 50 euros au titre de la clause pénale, avec intérêts au taux légal à compter du présent jugement.
Sur les demandes accessoires
En application des dispositions des articles 696 et suivants du code de procédure civile, il convient de condamner in solidum Monsieur [K] [A] et Madame [I] [V] épouse [A] aux dépens de l’instance.
Il apparaît inéquitable de laisser à la charge de la BANQUE POSTALE CONSUMER FINANCE les frais non compris dans les dépens qu’elle a exposés dans le cadre de la présente instance. Il convient de condamner in solidum Monsieur [K] [A] et Madame [I] [V] épouse [A] à lui payer la somme de 300 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
Conformément à l’article 514 du code de procédure civile, le présent jugement est assorti de l’exécution provisoire, de droit.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant en audience publique, par jugement réputé contradictoire, en premier ressort, rendu par mise à disposition au greffe le jour de son délibéré,
DÉCLARE recevable la demande en paiement ;
CONDAMNE solidairement Monsieur [K] [A] et Madame [I] [V] épouse [A] à payer à la BANQUE POSTALE CONSUMER FINANCE la somme de 13.572,10 euros, arrêtée au 25 avril 2025, augmentée des intérêts au taux contractuel de 3,92 % à compter du 19 février 2025, date de la mise en demeure et celle de 50 euros au titre de la clause pénale, avec intérêts au taux légal à compter du présent jugement ;
CONDAMNE in solidum Monsieur [K] [A] et Madame [I] [V] épouse [A] à payer à la BANQUE POSTALE CONSUMER FINANCE la somme de 300 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE in solidum Monsieur [K] [A] et Madame [I] [V] épouse [A] aux dépens ;
DÉBOUTE la BANQUE POSTALE CONSUMER FINANCE de ses autres demandes et prétentions,
RAPPELLE que le présent jugement est assorti de l’exécution provisoire de droit.
LE GREFFIER LE JUGE DES CONTENTIEUX
DE LA PROTECTION
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