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Sur la décision
| Référence : | TJ Chartres, jcp civil2, 25 nov. 2025, n° 24/03518 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/03518 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à l'ensemble des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 27 décembre 2025 |
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Texte intégral
N° RG 24/03518 – N° Portalis DBXV-W-B7I-GOJC
Minute : GMC JCP
Copie exécutoire
à :
SELARL GIBIER FESTIVI RIVIERRE GUEPIN, avocats au barreau de CHARTRES, vestiaire : T 21,
Copie certifiée conforme
à :
[I] [J]
Préf28
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE CHARTRES
Juge des Contentieux de la Protection
JUGEMENT Contradictoire
DU 25 Novembre 2025
DEMANDEUR(S) :
Monsieur [K] [H]
né le 22 Février 1976 à CHARTRES (28000)
demeurant 7 rue Victor Gilbert – 28000 CHARTRES
représenté par Me MEHEUST de la SELARL GIBIER FESTIVI RIVIERRE GUEPIN, demeurant 30 Boulevard Chasles – 28000 CHARTRES, avocats au barreau de CHARTRES, vestiaire : T 21 postulant de la SELARL AQUI’LEX, avocats au barreau de BORDEAUX, plaidant
D’une part,
DÉFENDEUR(S) :
Monsieur [I] [J]
né le 26 Juin 1963 à BWANDJOUMBA (CAMEROUN)
demeurant Domaine de la Closeraie – Rue Hubert Latham – lot n018 – 28000 CHARTRES
non comparant, ni représenté
D’autre part,
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Juge des contentieux de la protection : François RABY
Greffier: Karine SZEREDA
DÉBATS :
L’affaire a été plaidée à l’audience publique du 16 Septembre 2025 et mise en délibéré au 25 Novembre 2025 date à laquelle la présente décision est rendue par mise à disposition au greffe.
* * *
EXPOSE DU LITIGE
Par acte sous-seings privés en date du 02 avril 2010 prenant effet à compter du 8 avril 2010, Monsieur [K] [H], régulièrement représenté par la société CENTURY21 MAITREJEAN IMMOBILIER dont le siège social est situé 14 rue Mathurin Régnier 28000 CHARTRES, a donné à bail à Monsieur [I] [J] une maison et un garage situés rue Hubert Latham, domaine de la Closeraie, lot n°18 à CHARTRES 28000, pour un loyer mensuel de 840 euros, outre une provision sur charges de 10 euros.
Les échéances de loyer n’étant pas régulièrement payées, un commandement de payer rappelant la clause résolutoire insérée au bail a été délivré à Monsieur [I] [J] le 26 août 2024 aux fins d’obtenir le paiement de la somme de 1 227,01 euros en principal.
Par acte de commissaire de justice signifié à étude le 2 décembre 2024, Monsieur [K] [H] a fait assigner Monsieur [I] [J] à comparaître devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de CHARTRES, aux fins de voir :
Juger que par l’effet du commandement en date du 26 août 2024 resté infructueux, la clause résolutoire contenue au bail signé le 2 avril 2010 avec prise d’effet le 8 avril 2010 est acquise depuis le 28 octobre 2024, et que Monsieur [I] [J], occupe sans droit ni titre, depuis cette date, les locaux sis rue Hubert Latham, domaine de la Closeraie, lot n°18 à CHARTRES 28000, Ordonner en conséquence l’expulsion immédiate de Monsieur [I] [J], ainsi que de tous occupants de son chef, avec l’assistance d’un serrurier et de la force publique si besoin est des locaux sis rue Hubert Latham, domaine de la Closeraie, lot n°18 à CHARTRES 28000, Condamner Monsieur [I] [J], à payer et porter au requérant la somme de 1 307,05 euros, déduction éventuellement faite des provisions qui auraient pu être versées depuis le commandement de payer précité, ou augmentées des termes postérieurs restés également impayés, jusqu’à la date du jugement à intervenir, majorée des intérêts au taux légal à compter du 26 août 2024, date du commandement de payer, en application de l’article 1231-6 du Code civil, Ordonner la capitalisation des intérêts, en application des dispositions de l’article 1343-2 du Code civil, Fixer à la somme de 2 000 euros l’indemnité d’occupation due mensuellement par Monsieur [I] [J], à compter de la date de l’acquisition de la clause résolutoire jusqu’à complet délaissement des lieux, Condamner Monsieur [I] [J], à payer à Monsieur [K] [H], la somme de 3 700 euros au titre de dommages et intérêts, Condamner Monsieur [I] [J], à payer la somme de 1 500 euros au titre de l’article 700 du Code de Procédure Civile, Condamner Monsieur [I] [J], en tous les dépens qui comprendront le coût du commandement visant la clause résolutoire du 26 août 2024.
L’assignation a été dénoncée à la préfecture d’Eure-et-Loir le 4 décembre 2024.
L’affaire a été appelée à l’audience du 13 mai 2025 et renvoyée à l’audience du 16 septembre 2025.
A l’audience, Monsieur [K] [H], représenté par son avocat, indique maintenir les demandes de son assignation et actualise sa créance à la somme de 8 834,16 euros, échéance du mois de septembre 2025 incluse.
Monsieur [I] [J], régulièrement cité en l’étude, n’a pas comparu et n’a pas été représenté.
La décision a été mise en délibéré par mise à disposition au greffe au 25 novembre 2025.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, le défaut de comparution du défendeur ne fait pas obstacle à ce qu’il soit statué au fond. Le juge ne fait droit à la demande que s’il l’estime recevable, régulière et bien fondée.
Sur la recevabilité
Une copie de l’assignation a été dénoncée à la préfecture d’Eure-et-Loir le 4 décembre 2024, soit plus de six semaines avant l’audience, conformément aux nouvelles dispositions de l’article 24 III de la loi n° 89-462 du 06 juillet 1989.
Il est par ailleurs justifié de la saisine de la CCAPEX le 28 août 2024, soit deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation signifiée le 2 décembre 2024, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n° 89-462 du 06 juillet 1989.
L’action est donc recevable.
Sur la résiliation du bail
À titre préalable, il sera relevé que, si le commandement de payer du 26 août 2024 a été délivré postérieurement à l’entrée en vigueur de la Loi n°2023-668 du 27 juillet 2023, qui est d’application immédiate, cet acte vise les dispositions de l’article 24 de la Loi du 06 juillet 1989 dans leur rédaction antérieure, notamment s’agissant du délai laissé au locataire pour lui permettre de régler la dette visée au commandement. Il sera donc fait application des dispositions de la Loi du 06 juillet 1989 dans leur rédaction antérieure à l’entrée en vigueur de la Loi n°2023-668 du 27 juillet 2023.
Aux termes de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989, dans sa version applicable au litige, toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux.
Conformément aux dispositions de l’article 642 du code de procédure civile, « Tout délai expire le dernier jour à vingt-quatre heures.
Le délai qui expirerait normalement un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé est prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant ».
En l’espèce, un commandement de payer reproduisant textuellement les dispositions légales et la clause résolutoire contenue dans le contrat de location a été signifié au locataire le 26 août 2024. Or, d’après l’historique des versements, la somme de 1 227,01 euros n’a pas été réglée par Monsieur [I] [J] dans le délai de deux mois suivant la signification de ce commandement.
Le bailleur est donc bien fondé à se prévaloir du jeu de la clause résolutoire, et la juridiction constatera que le contrat de bail s’est trouvé résilié de plein droit le 27 octobre 2024.
Ce jour étant un dimanche, il y a lieu de proroger le délai jusqu’au prochain jour ouvrable soit jusqu’au 28 octobre 2024.
Par ailleurs, l’article 24 de la loi n° 89-462 du 06 juillet 1989, tel que modifié par la loi n°2023-668 du 27 juillet 2023, permet au juge même d’office d’accorder des délais de paiement dans la limite de trois années « à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience ».
Les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant ce délai.
En l’espèce, il ressort du décompte actualisé de la dette que Monsieur [I] [J] n’a pas repris le paiement du loyer courant avant la date de l’audience et que, depuis la signification du commandement de payer et de l’assignation, sa dette locative a grandement augmenté. En outre, l’absence de comparution de Monsieur [I] [J] et d’éléments sur sa situation personnelle laissent le juge dans l’ignorance de sa situation financière et ne permettent pas de déterminer des mensualités susceptibles d’être respectées pour acquitter la dette.
Dans ces conditions il ne sera pas fait application de l’article précité.
Monsieur [I] [J] se trouvant dans le logement sans droit ni titre depuis le 28 octobre 2024, il convient d’ordonner son expulsion ainsi que celle de tous occupants de son chef à défaut de départ volontaire après commandement de quitter les lieux, et ce avec le concours de la force publique si besoin est et l’assistance d’un serrurier.
Sur l’indemnité d’occupation
Compte tenu du bail antérieur et afin de préserver les intérêts de Monsieur [K] [H], il convient de fixer le montant de l’indemnité d’occupation mensuelle due à compter du 28 octobre 2024 jusqu’au départ effectif de Monsieur [I] [J] par remise des clés ou procès-verbal d’expulsion au montant du loyer et des charges qui auraient été payés si le bail s’était poursuivi et de condamner Monsieur [I] [J] au paiement de celle-ci.
Sur la demande en paiement de l’arriéré
Le paiement des loyers et charges aux termes convenus dans le contrat de location constitue une obligation essentielle du locataire, ce qui résulte tant de l’article 7 a) de la loi du 6 juillet 1989 que du bail signé entre les parties.
En l’espèce, il ressort du commandement, de l’assignation et du décompte fourni que Monsieur [I] [J] reste devoir une somme de 1 307,05 euros au titre de l’arriéré de loyers et charges dus selon décompte arrêté au 30 octobre 2024, échéance du mois d’octobre 2024 incluse.
Il convient en conséquence de condamner Monsieur [I] [J] au paiement de cette somme, sous réserve des indemnités d’occupation échues depuis cette date et éventuellement impayées, avec intérêts au taux légal à compter du 26 août 2024, date du commandement de payer, sur la somme de 1 227,01 euros et à compter du 2 décembre 2024, date de l’assignation, pour le surplus.
Sur la demande de dommages-intérêts
Selon l’article 1231-6 alinéa 3 du Code civil « Le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts de l’intérêt moratoire ».
L’article 9 du code de procédure civile dispose qu’il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention.
En l’espèce, Monsieur [K] [H] se contente de demander l’octroi de dommages et intérêts sans pour autant démontrer l’existence d’un préjudice qui serait distinct de celui causé par le retard. En outre, le simple non-paiement des loyers ne peut à lui seul caractériser l’existence d’un tel préjudice pour le bailleur.
Par conséquent, Monsieur [K] [H] sera débouté de sa demande de dommages et intérêts.
Sur la capitalisation des intérêts
En vertu de l’article 1343-2 du code civil, les intérêts échus des capitaux peuvent produire des intérêts par une demande judiciaire à condition qu’il s’agisse d’intérêts dus au moins pour une année entière.
Il convient dès lors d’ordonner la capitalisation des intérêts dus pour une année entière.
Sur les demandes accessoires
Monsieur [I] [J], partie perdante, supportera la charge des dépens qui comprendront notamment le coût du commandement de payer du 26 août 2024.
L’équité commande de faire droit à la demande de Monsieur [K] [H] au titre de l’article 700 du code de procédure civile et de condamner Monsieur [I] [J] à lui payer la somme de 500 euros à ce titre.
Il convient de rappeler qu’aux termes des dispositions des articles 514 et 514-1 du code de procédure civile, applicables au présent litige, les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n’en dispose autrement.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,
DECLARE l’action de Monsieur [K] [H] recevable ;
CONSTATE la résiliation du bail conclu entre Monsieur [K] [H], régulièrement représenté par la société CENTURY21 MAITREJEAN IMMOBILIER, et Monsieur [I] [J] à compter du 28 octobre 2024 et portant sur les lieux situés rue Hubert Latham, domaine de la Closeraie, lot n°18 à CHARTRES 28000 ;
ORDONNE en conséquence à Monsieur [I] [J] de libérer les lieux et de restituer les clés dans le délai de quinze jours à compter de la signification de la présente décision ;
DIT qu’à défaut de départ volontaire des lieux, Monsieur [K] [H] pourra faire procéder à l’expulsion de Monsieur [I] [J], ainsi que de tous les occupants de son chef, avec le concours de la force publique et d’un serrurier le cas échéant, sous réserve des dispositions de l’article L. 412-1 du Code des Procédures Civiles d’Exécution ;
DIT que l’indemnité d’occupation due à compter du 28 octobre 2024 jusqu’au départ effectif des lieux, matérialisé par la remise des clés, procès-verbal d’expulsion ou de reprise sera égale au montant du loyer et des charges qui auraient été payés si le bail s’était poursuivi ;
CONDAMNE Monsieur [I] [J] à payer à Monsieur [K] [H] la somme de 1 307,05 euros (mille trois cent sept euros et cinq cents) au titre des loyers et charges impayés au 30 octobre 2024, échéance du mois d’octobre 2024 incluse, sous réserve des indemnités d’occupation échues depuis cette date et éventuellement impayées, avec intérêts au taux légal à compter du 26 août 2024 date du commandement de payer sur la somme de 1 227,01 euros et à compter du 2 décembre 2024, date de l’assignation, pour le surplus ;
RAPPELLE que les paiements intervenus postérieurement à l’assignation viennent s’imputer sur les sommes dues conformément à l’article 1342-10 du code civil et viennent ainsi en déduction des condamnations ci-dessus prononcées ;
ORDONNE la capitalisation des intérêts dus pour au moins une année entière ;
DEBOUTE Monsieur [K] [H] de sa demande de dommages et intérêts ;
CONDAMNE Monsieur [I] [J] aux dépens qui comprendront notamment le coût du commandement de payer du 26 août 2024 ;
CONDAMNE Monsieur [I] [J] à payer à Monsieur [K] [H] la somme de 500,00 euros (cinq cents euros) au titre des dispositions de l’article 700 du Code de procédure civile ;
RAPPELLE que la présente décision bénéficie de l’exécution provisoire de droit ;
REJETTE le surplus des demandes ;
DIT qu’une copie de la présente décision sera transmise par les soins du greffe au représentant de l’Etat dans le département.
Ainsi jugé et prononcé le 25 novembre 2025
LE GREFFIER LE JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
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