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Sur la décision
| Référence : | TJ Dijon, ppp jcp, 13 mars 2026, n° 25/00516 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00516 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "conditionnelle" ordonnée en référé avec suspension des effets de la clause résolutoire |
| Date de dernière mise à jour : | 28 mai 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE DIJON
[Adresse 1]
[Localité 1]
Minute n°
Références : RG n° N° RG 25/00516 – N° Portalis DBXJ-W-B7J-I72D
GRAND [Localité 2] HABITAT
C/
Mme [Z] [O]
REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
ORDONNANCE DE REFERE DU 13 Mars 2026
DEMANDEUR:
E.P.I.C. [Localité 3], dont le siège social est sis [Adresse 2], agissant poursuites et diligences de son représentant légal en exercice, domicilié de droit audit siège
représenté par Madame [N] [B], munie d’un pouvoir écrit
assignation en référé du 23 octobre 2025
DEFENDEUR :
Mme [Z] [O], demeurant [Adresse 3]
comparante,
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Président : Marie LANGLOIS Magistrat exerçant à titre temporaire au Tribunal Judiciaire de DIJON ayant qualité de Juge des Contentieux de la Protection
Greffier lors des débats : LECOMTE Martine
Greffier lors du prononcé : BAZEROLLE Géraldine
DEBATS:
Audience publique du : 09 Janvier 2026
DECISION:
Contradictoire, et en premier ressort, prononcée publiquement le 13 Mars 2026 par mise à disposition au greffe conformément aux articles 450 et suivants du code de procédure civile, les parties ayant été préalablement avisées.
Copie exécutoire délivrée le :
à :
+ COPIE AUX PARTIES
RAPPEL DES FAITS ET DE LA PROCEDURE
Par acte sous seing privé en date du 31 juillet 2017 , soumis aux dispositions de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 [Localité 4] [Localité 2] HABITAT a donné en location à Madame [Z] [O] un appartement Type 4 n° 202 – 2ème étage – situé [Adresse 4] à [Localité 5] moyennant le paiement d’un loyer et charges provisionnelles de 705.47 € par mois.
Par acte séparé du 21 septembre 2017 [Localité 3] a donné en location à Madame [Z] [O] un garage situé [Adresse 4] à [Localité 5] moyennant le paiement d’un loyer et de charges provisionnelles de 39.93€ par mois.
Suite à des incidents de paiement, la bailleresse a notifié un commandement de payer à la locataire le 9 juillet 2025 pour paiement de la somme de 3 722.54 €, ledit commandement ayant été notifié à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions le 9 juillet 2025.
Par acte d’ un commissaire de justice délivré à sa personne le 23 octobre 2025, GRAND DIJON HABITAT a saisi le Juge des contentieux de la protection du Tribunal Judiciaire de Dijon, statuant en référé, afin de :
— constater la résiliation du bail par le jeu de la clause résolutoire,
— ordonner l’expulsion de la locataire ainsi que celle de toutes personnes introduites dans les lieux,
— la condamner au paiement, à titre provisionnel, de la somme de 3 722.54 € ,
— la condamner au paiement à titre provisionnel des loyers, charges impayés au jour du commandement de payer jusqu’au jour du jugement à intervenir et avec intérêts,
— la condamner au paiement d’une indemnité d’occupation mensuelle fixée provisoirement au montant actuel du loyer et des charges jusqu’à son départ effectif des lieux, laquelle indemnité sera indexée tout comme le loyer, et ce avec intérêts de droit, – la condamner au paiement de la somme de 300 € à titre de participation aux frais et honoraires exposés par le requérant, ainsi qu’aux frais et dépens de la présente instance.
Le 24 octobre 2025 une copie de l’assignation a été dénoncée à la Préfecture de [Localité 2] .
L’affaire a été évoquée à l’audience du 9 janvier 2026 au cours de laquelle, Madame [B], représentant [Localité 4] [Localité 2] HABITAT, a maintenu ses demandes telles qu’exposées dans son exploit introductif d’instance, sauf à produire un décompte actualisé présentant un solde débiteur de 6 629.58 € mois de décembre 2025 inclus frais déduits et dire qu’un accord est intervenu pour la mise en place d’un échéancier.
Madame [Z] [O] est présente à l’audience. Elle sollicite des délais de paiement avec effet suspensif de la clause résolutoire.
L’affaire a été mise en délibéré au 13 mars 2026 par mise à disposition au greffe.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur la recevabilité
Aux termes des articles 834 et 835 du code de procédure civile dans tous les cas d’urgence, le juge du contentieux de la protection dans les limites de sa compétence, peut ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend.
Dans tous les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, il peut accorder une provision au créancier ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
L’assignation a été notifiée au représentant de l’Etat dans le département de la Côte d’Or le 24 octobre 2025, soit six semaines avant l’audience, conformément aux dispositions de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989.
Par ailleurs, le bailleur justifie avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions deux mois avant la notification de l’assignation, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi du 6 juillet 1989.
En outre, le non paiement des loyers justifie la saisine du juge des référés.
La demande sera donc déclarée recevable.
Sur le fond
En l’espèce, il résulte des pièces versées aux débats :
Que depuis le 31 juillet 2017 Madame [Z] [O]est locataire auprès de [Localité 4] [Localité 2] HABITAT d’un appartement Type 4 n° 202 – 2ème étage – situé [Adresse 4] à [Localité 6] et depuis le 21 septembre 2017 d’un garage situé à la même adresse.
Que les baux signés par les parties contiennent une clause résolutoire qui prévoit qu’en cas de non-paiement des loyers ou charges échus, celui-ci pourra être résilié de plein droit à l’initiative du bailleur deux mois après un commandement de payer resté sans effet, et un mois en cas de non justificatif d’une assurance locative.
Que la locataire n’a pas régularisé les termes du commandement de payer visant la clause résolutoire dans le délai de deux mois de sorte que les conditions d’application de la clause résolutoire sont réunies à compter du 10 septembre 2025.
Sur le montant de la dette de loyers
Il résulte du dernier décompte versé aux débats par [Localité 3] que Madame [Z] [O] reste débitrice de la somme de 6 629.58 € mois de décembre 2025 inclus, au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation dus., somme qui n’est pas contestée par la débitrice.
Par conséquent, il convient de condamner Madame [Z] [O] à payer à [Localité 4] [Localité 2] HABITAT la somme provisionnelle de 6 629.58 euros, mois de décembre 2025 inclus , avec intérêts au taux légal en application de l’article 1231-6 du code civil, à compter de la signification de la présente décision.
Sur les délais de paiement
Aux termes du paragraphe V de l’article 24 de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989, « Le juge peut, même d’office, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, par dérogation au délai prévu au premier alinéa de l’article 1343-5 du code civil, au locataire en situation de régler sa dette locative. Le quatrième alinéa de l’article 1343-5 s’applique lorsque la décision du juge est prise sur le fondement du présent alinéa. Le juge peut d’office vérifier tout élément constitutif de la dette locative et le respect de l’obligation prévue au premier alinéa de l’article 6 de la présente loi.
Pendant le cours des délais ainsi accordés, les effets de la clause de résiliation de plein droit sont suspendus ; ces délais et les modalités de paiement accordés ne peuvent affecter l’exécution du contrat de location et notamment suspendre le paiement du loyer et des charges.
Si le locataire se libère dans le délai et selon les modalités fixés par le juge, la clause de résiliation de plein droit est réputée ne pas avoir joué ; dans le cas contraire, elle reprend son plein effet ».
Madame [Z] [O] sollicite des délais de paiement avec effet suspensif de la clause résolutoire. Elle propose de régler 50 € en plus du loyer et des charges courants. Elle indique qu’elle est en CDI mais actuellement en arrêt maladie , qu’elle va être en ALD et a deux enfants à charge. Elle est suivie par le point Passerelle et par une assistante sociale.
Lecture a été faite du diagnostic financier lequel confirme les dires de Madame [Z] [O] à l’audience.
Madame [B], représentant [Localité 4] [Localité 2] HABITAT ne s’oppose pas à la demande de délais.
Dans ces conditions, il convient d’ordonner la suspension des effets de la clause résolutoire et d’autoriser Madame [Z] [O] à se libérer du montant de sa dette selon les modalités précisées au dispositif de la présente décision.
Il importe de rappeler que, même si le respect de ces modalités neutralise les effets de la clause résolutoire et, partant, la résiliation, leur non-respect entraîne la résiliation du bail et fait encourir l’expulsion. Le cas échéant, faute de libération spontanée des lieux par Madame [Z] [O] il pourra être procédé à son expulsion et celle de tous occupants de son chef avec le concours de la force publique et d’un serrurier, sans préjudice toutefois du délai de deux mois des dispositions des articles L. 412-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution.
De même, il convient de prévoir que le défaut de paiement des loyers et charges courants, comme l’absence de respect des délais de paiement, justifiera la condamnation de Madame [Z] [O] au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation provisionnelle, laquelle sera fixée à une somme égale au montant des loyers et charges qui auraient été payés si ledit contrat s’était poursuivi pour le logement et le garage.
Sur les autres demandes
En application de l’article 696 du code de procédure civile, il y a lieu de condamner Madame [Z] [O] aux dépens de l’instance, lesquels comprennent notamment le coût du commandement et de l’assignation en référé, et le cas échéant des actes signifiés dans le cadre des mesures conservatoires qui pourront être prises sur les biens et valeurs mobilières du locataire.
En application de l’article 700 du code de procédure civile, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens (…). Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a lieu à condamnation.
En l’espèce, compte tenu de la situation économique de la débitrice, il est équitable de laisser à la charge de la requérante ses frais irrépétibles.
En application des dispositions de l’article 514-1 du code de procédure civile, la présente décision est exécutoire de plein droit à titre provisoire.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection du Tribunal judiciaire de Dijon,statuant en référé par mise à disposition au greffe, par ordonnance contradictoire et en premier ressort , à titre provisoire et renvoyant au fond pour le surplus,
DECLARONS recevable la demande de [Localité 7] HABITAT.
CONSTATONS que la clause résolutoire figurant au bail conclu le 31 juillet 2017 pour le logement Type 4 n° 202 – 2ème étage – situé [Adresse 4] à [Localité 5] et le 21 septembre 2017 pour le garage situé à la même adresse entre [Localité 4] [Localité 2] HABITAT et Madame [Z] [O] est acquise à compter du 10 septembre 2025.
CONDAMNONS Madame [Z] [O] à payer à [Localité 3] la somme provisionnelle de 6 629.58 euros, mois de décembre 2025 inclus ,avec intérêts au taux légal en application de l’article 1231-6 du code civil, à compter de la signification de la présente décision.
AUTORISONS Madame [Z] [O] à s’acquitter de cette somme, outre le loyer et les charges courants, en 35 mensualités de 50 euros chacune et une 36ème mensualité qui soldera la dette en principal, frais et intérêts, étant précisé que la poursuite du moratoire au-delà de ce terme est subordonné à l’accord des parties ;
DISONS que chaque mensualité devra intervenir avant le 5 de chaque mois et pour la première fois le mois suivant la date de signification de la présente ordonnance ;
ORDONNONS la suspension des effets de la clause résolutoire pendant la durée de ce moratoire ;
RAPPELONS que le respect des délais accordés neutralise les effets de la clause résolutoire, laquelle sera réputée n’avoir jamais été acquise, et que le bail pourra se poursuivre aux conditions antérieures ;
PRECISONS que le non-respect de ces modalités justifiera que :
— la clause résolutoire retrouve son plein effet
— le solde de la dette devienne immédiatement exigible
— à défaut pour Madame [Z] [O] d’avoir volontairement libéré les lieux dans les deux mois de la délivrance d’un commandement de quitter les lieux, [Localité 3] puisse faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous les occupants de son chef, avec le concours d’un serrurier et de la force publique sur le logement et le garage,
— que Madame [Z] [O] soit condamnée à verser à [Localité 3] une indemnité mensuelle d’occupation provisionnelle égale au montant du loyer et des charges qui auraient été dus en l’absence de résiliation du bail, sur le logement et le garage avec indexation contractuelle le cas échéant, jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux ;
ORDONNONS dans ce cas l’expulsion de Madame [Z] [O] qui devra rendre les lieux libres de toute occupation de son chef, faute de quoi elle pourra y être contrainte au besoin avec l’assistance de la force publique ;
CONDAMNONS en tant que de besoin Madame [Z] [O] à payer à [Localité 3] une indemnité d’occupation mensuelle égale au loyer et charges courants, sur le logement et le garage à compter de la prise d’effet de la clause résolutoire, c’est à dire du premier incident de paiement jusqu’à la libération effective des lieux avec restitution des clés ;
DISONS n’y avoir lieu à application de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNONS Madame [Z] [O] aux dépens, lesquels comprendront notamment le coût du commandement de payer et de l’assignation en référé , et le cas échéant des actes signifiés dans le cadre des mesures conservatoires qui pourront être prises sur les biens et valeurs mobilières du locataire.
RAPPELONS que la présente ordonnance est exécutoire à titre provisoire, frais et dépens compris.
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition de la décision au greffe du tribunal judiciaire, le 13 mars 2026, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du code de procédure civile, la minute étant signée par Madame Marie LANGLOIS, magistrat exerçant à titre temporaire, et par Madame Géraldine BAZEROLLE, greffière.
Le Greffier, Le Magistrat exerçant à titre temporaire,
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