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Sur la décision
| Référence : | TJ Lisieux, baux d'habitation, 30 avr. 2026, n° 26/00017 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00017 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 14 mai 2026 |
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Texte intégral
Cour d’appel de [Localité 1]
— -----
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LISIEUX
[Adresse 1]
[Adresse 2]
[Localité 2]
☎ : [XXXXXXXX01]
N° RG 26/00017 – N° Portalis DBW6-W-B7K-DRJ3
JUGEMENT
DU 30 AVRIL 2026
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Président : Loïc FROSSARD, Juge des contentieux de la protection
Greffière : Laura MOTIER
DÉBATS :
L’affaire a été examinée à l’audience publique du 02 Mars 2026 du tribunal judiciaire de LISIEUX dans la composition énoncée ci-dessus.
***
L’affaire oppose :
PARTIE DEMANDERESSE
Madame [K] [V],
demeurant [Adresse 3]
représentée par Me Coline DASSANT, avocat au barreau de PARIS substitué par Me Ilyess ZRITA, avocat au barreau de CAEN
PARTIES DÉFENDERESSES
Madame [M] [W],
demeurant [Adresse 4]
non comparante, ni représentée
Monsieur [B] [U],
demeurant [Adresse 4]
non comparant, ni représenté
***
À l’issue des débats, l’affaire a été mise en délibéré. Le président a avisé les parties que le jugement serait prononcé le 30 Avril 2026 par mise à disposition au greffe de la juridiction.
FAITS ET PROCÉDURE
Par acte notarié du 16 février 2016, Madame [H] [N] (aux droits de qui vient désormais Madame [K] [V]) a donné en location à Madame [M] [W] et Monsieur [B] [U] un logement situé [Adresse 5] à [Localité 3] (maison individuelle) moyennant un loyer mensuel révisable d’un montant initial de 600,00 euros, hors charges.
Le 19 mars 2025, Madame [K] [V] a fait délivrer à Madame [M] [W] et Monsieur [B] [U] un commandement de payer la somme principale de 7 945,00 euros au titre des loyers et charges impayés.
La CCAPEX a été notifiée de la situation d’impayé le 20 mars 2025.
Par acte de commissaire de justice signifié le 30 décembre 2025, Madame [K] [V] a fait assigner Madame [M] [W] et Monsieur [B] [U] devant la présente juridiction aux fins de voir :
constater l’acquisition de la clause résolutoire,ordonner l’expulsion de Madame [M] [W] et Monsieur [B] [U] ainsi que de tous occupants de leur chef avec, si besoin est, le concours de la force publique,condamner solidairement Madame [M] [W] et Monsieur [B] [U] à lui payer la somme de 12 266,00 euros au titre des loyers et charges impayés, arrêtée au mois de novembre 2025, ainsi qu’à lui payer une indemnité d’occupation mensuelle d’un montant de 600,00 euros, jusqu’à libération effective des lieux,ordonner à ceux-ci de restituer l’intégralité des clés,condamner solidairement Madame [M] [W] et Monsieur [B] [U] aux dépens, avec faculté de recouvrement direct par l’avocat, ainsi qu’à lui payer la somme de 3 000,00 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile,le tout, sous le bénéfice de l’exécution provisoire.
L’assignation a été notifiée à la diligence du commissaire de justice au représentant de l’État dans le département le 31 décembre 2025.
À l’audience du 2 mars 2026, Madame [K] [V] réitère ses demandes par la voix de son avocate, précisant que :
le montant actualisé de l’impayé est de 14 606,00 euros, à la date de l’audience,le paiement intégral du loyer courant n’a pas repris (dernier paiement en février 2023).
Bien que convoqués par l’effet de l’assignation mentionnée ci-avant, Madame [M] [W] et Monsieur [B] [U] n’était ni présents, ni représentés.
MOTIFS DE LA DÉCISION
L’article 472 du code de procédure civile dispose que si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond.
Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur la recevabilité de la demande de résiliation du contrat de bail
Il apparaît que l’assignation a été délivrée aux locataires (le 30 décembre 2025) plus de deux mois après notification à la CCAPEX de la situation d’impayé (le 20 mars 2025) ; que l’audience (le 2 mars 2026) a eu lieu plus de six semaines après communication de l’assignation au représentant de l’État dans le département (le 31 décembre 2025) ; que dès lors, les délais impératifs prévus par l’article 24 de la loi n° 89-462 du 06 juillet 1989 ont été respectés ; que partant, la demande tendant à la résiliation du bail est recevable.
Sur le principe de la résiliation du bail
Le bail signé par les parties contient une clause résolutoire stipulant qu’il serait résilié de plein droit à défaut de paiement des loyers et deux mois après un commandement de payer resté infructueux, conformément à l’article 24 I. de la loi n° 89-462 du 06 juillet 1989.
En l’espèce, par acte de commissaire de justice du 19 mars 2025, Madame [K] [V] a fait délivrer à Madame [M] [W] et Monsieur [B] [U] un commandement de payer la somme principale de 7 945,00 euros visant la clause résolutoire et comportant les énonciations exigées par l’article 24 de la loi précitée du 06 juillet 1989.
La dette n’a pas été apurée dans les deux mois du commandement ; les conditions sont par conséquent réunies pour que la résiliation du bail intervienne de plein droit à l’expiration de ce délai de deux mois, soit en l’occurrence le 19 mai 2025.
Sur la demande en paiement
L’article 7 a) de la loi précitée du 06 juillet 1989 prévoit que l’obligation principale des locataires est de payer ponctuellement les loyers et les charges récupérables.
L’article 24 V. de la même loi confère au juge la faculté de vérifier d’office tout élément constitutif de la dette locative.
En l’espèce, il résulte des pièces versées aux débats par la bailleresse (contrat de bail, commandement de payer, décompte actualisé de la dette) que Madame [M] [W] et Monsieur [B] [U] restent lui devoir la somme de 14 606,00 euros arrêtée au 2 mars 2026, date de l’audience (terme du mois de mars 2026 inclus).
Partant, Madame [M] [W] et Monsieur [B] [U] seront condamnés au paiement de ladite somme, avec intérêts au taux légal à compter du 19 mars 2025 sur la somme de 7 945,00 euros, et à compter de la date de la présente décision pour le surplus.
Sur l’indemnité d’occupation
La cessation du bail provoquée par sa résiliation ou sa résolution met fin, à compter de sa date, à l’obligation contractuelle de régler les loyers et charges.
Toutefois, le maintien sans droit ni titre dans les lieux initialement loués constitue une faute civile préjudiciable pour la bailleresse, le logement objet du contrat demeurant immobilisé.
En application de l’article 1240 du code civil, la réparation du préjudice en résultant doit être fixée de façon à ce qu’il ne subsiste pour la bailleresse ni perte, ni profit.
Il y a donc lieu de fixer l’indemnité d’occupation à un montant égal à celui du loyer et des charges qui auraient été à la charge des preneurs si le bail s’était continué, avec application de l’éventuelle indexation contractuelle.
Il conviendra donc de prononcer une telle condamnation à l’égard Madame [M] [W] et Monsieur [B] [U], à compter de la date de résiliation du bail et jusqu’à la date de libération totale et effective des locaux.
Sur l’expulsion
En conséquence de la résiliation du contrat de bail, Madame [M] [W] et Monsieur [B] [U] devront rendre les lieux libres de toute occupation de leur chef et restituer les clés, faute de quoi ils pourraient y être contraints, au besoin avec l’assistance de la force publique et d’un serrurier, à l’expiration d’un délai de deux mois suivant la signification d’un commandement d’avoir à quitter les lieux, en application des dispositions des articles L. 411-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution.
En cas de difficulté de relogement ou de situation exceptionnelle, Madame [M] [W] et Monsieur [B] [U] pourront former des demandes de délais auprès du juge de l’exécution, en application des articles L. 412-1 et suivants du même code.
Le sort des meubles éventuellement laissés sur place est régi par les articles L. 433-1 et suivants et R. 433-1 et suivants de ce code.
Sur la solidarité passive entre les locataires
L’article 1310 du code civil dispose que : « La solidarité est légale ou conventionnelle ; elle ne se présume pas. »
En l’espèce, le bail comporte une clause de solidarité passive (page 2) permettant de faire droit à la demande tendant à ce que les condamnations pécuniaires soient assorties de la solidarité.
Sur les frais du procès et l’exécution provisoire
Madame [M] [W] et Monsieur [B] [U], qui perdent le procès, seront condamnés in solidum aux dépens limitativement énumérés au dispositif, étant précisé que le commandement de payer et celui d’avoir à justifier de l’assurance, signifiés le même jour, pouvaient faire l’objet d’un acte unique.
De plus, vu l’article 700 du code de procédure civile, ils indemniseront in solidum Madame [K] [V] de ses frais irrépétibles à hauteur d’une somme que l’équité commande de fixer à 800,00 euros.
Vu l’article 514 du code de procédure civile, l’exécution provisoire de droit sera constatée.
PAR CES MOTIFS,
LE JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION,
Statuant publiquement par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire en premier ressort,
DÉCLARE RECEVABLE la demande en résiliation du bail soutenue par Madame [K] [V] ;
CONSTATE que la clause résolutoire du bail susvisé, daté du 16 février 2016, conclu entre les parties pour le logement situé [Adresse 5] à [Localité 3] (maison individuelle) a produit son effet le 19 mai 2025 ;
CONDAMNE SOLIDAIREMENT Madame [M] [W] et Monsieur [B] [U] à payer à Madame [K] [V] la somme de 14 606,00 euros, arrêtée au 2 mars 2026 (jusqu’au terme du mois de mars 2026 inclus), au titre des loyers et charges, ou à défaut de l’indemnité d’occupation fixée ci-dessous, et majorée des intérêts au taux légal à compter du 19 mars 2025 sur la somme de 7 945,00 euros, le surplus produisant intérêts au taux légal à compter de la date du présent jugement ;
DIT que Madame [M] [W] et Monsieur [B] [U] devront quitter les lieux et restituer les clés, et qu’à défaut, ils pourront être expulsés selon la procédure prévue par le code des procédures civiles d’exécution, si nécessaire avec le concours de la force publique et d’un serrurier, et ORDONNE au besoin l’expulsion de Madame [M] [W] et Monsieur [B] [U] et de tous occupants de leur chef, cette expulsion ne pouvant avoir lieu qu’à l’expiration d’un délai de deux mois après la délivrance d’un commandement d’avoir à quitter les lieux, en application de l’article L. 412-1 du code des procédures civiles d’exécution ;
RAPPELLE que :
en cas de difficulté de relogement ou de situation exceptionnelle, les locataires peuvent former des demandes de délais auprès du juge de l’exécution, en application des articles L. 412-1 et suivants du même code,le sort des meubles laissés dans les lieux après l’expulsion est régi par les articles L. 433-1 et suivants et R. 433-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution ;
CONDAMNE SOLIDAIREMENT Madame [M] [W] et Monsieur [B] [U] à payer à Madame [K] [V] une indemnité d’occupation d’un montant de 600,00 euros par mois, et ce à compter du 19 mai 2025 et jusqu’à la libération effective des lieux ;
CONDAMNE IN SOLIDUM Madame [M] [W] et Monsieur [B] [U] à payer à Madame [K] [V] la somme de 800,00 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE IN SOLIDUM Madame [M] [W] et Monsieur [B] [U] aux dépens de l’instance, limitativement constitués du coût tarifé :
de la signification du commandement de payer et de sa notification à la CCAPEX,de la signification de l’assignation et de sa notification en préfecture, à l’exclusion des éventuels honoraires de rédaction et de placet de cet acte,de la signification du présent jugement ;
CONSTATE que le présent jugement est de plein droit assorti de l’exécution provisoire ;
Le présent jugement a été signé par le juge et la greffière, puis prononcé par mise à disposition au greffe à la date susdite après avis donné aux parties conformément aux dispositions de l’article 450, alinéa 2 du code de procédure civile.
LA GREFFIÈRE, LE JUGE,
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