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Sur la décision
| Référence : | TJ Lyon, réf. civils, 17 févr. 2026, n° 25/02050 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/02050 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Désigne un expert ou un autre technicien |
| Date de dernière mise à jour : | 25 février 2026 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Cabinet(s) : | |
| Parties : | S.A.S. [ Localité 1 ], S.A.S. MEDIS ( [ G ] [ F ] ), S.A.S. MEDIS, S.A.S., CPAM DU RHONE |
Texte intégral
MINUTE N° :
ORDONNANCE DU : 17 Février 2026
DOSSIER N° : N° RG 25/02050 – N° Portalis DB2H-W-B7J-3ODJ
AFFAIRE : [Z] [V] C/ CPAM DU RHONE, S.A.S. [Localité 1] [Localité 2], S.A.S. MEDIS ([G] [F])
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LYON
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
PRÉSIDENT : Mme Marie PACAUT,
GREFFIER : Madame Florence FENAUTRIGUES
PARTIES :
DEMANDEUR
Monsieur [Z] [V]
né le [Date naissance 1] 1964 à [Localité 3]
demeurant [Adresse 1]
représenté Maître Charles TANGUY, avocat au barreau de LYON
DEFENDERESSES
CPAM DU RHONE
dont le siège social est sis [Adresse 2]
non comparante, ni représentée
S.A.S. [Localité 1] [Localité 2]
dont le siège social est sis [Adresse 3]
représentée par Maître Anne SULIGA de L’AARPI LAROQUE & SULIGA, avocat au barreau de PARIS (avocat plaidant) et par Maître Caroline DENAMBRIDE, avocat au barreau de LYON (avocat postulant)
S.A.S. MEDIS ([G] [F])
dont le siège social est sis [Adresse 4]
représentée par Maître Anne SULIGA de L’AARPI LAROQUE & SULIGA, avocat au barreau de PARIS (avocat plaidant) et par Maître Caroline DENAMBRIDE, avocat au barreau de LYON (avocat postulant)
Débats tenus à l’audience du 06 Janvier 2026 – Délibéré au 17 Février 2026
Notification le
à :
Me Caroline DENAMBRIDE – 182 (expédition)
Me Charles TANGUY – 3630 (grosse + expéditions)
+ service du suivi des expertises, régie (expéditions x2)
expert via SELEXPERT
FAITS, PROCÉDURE ET PRÉTENTIONS DES PARTIES
Le 5 Septembre 2024, Monsieur [V] a glissé sur du raisin situé sur le sol du magasin [G] [F] situé à [Localité 4]. Un certificat médical était établi par le MEDIPOLE le jour même et faisait état d’une chute sur le genou (en convalescence dans un contexte de fracture tibiale), d’absence de fracture radiologique mais de la présence d’un œdème important avec la nécessité d’un bilan IRM en deuxième intention et d’un traitement antalgique.
Par actes d’huissier signifiés les 7,10 et 12 Novembre 2025, Monsieur [V] a fait assigner en référé la société [Localité 1] [Localité 2], la société MEDIS ([Adresse 5]) et la CPAM du Rhône aux fins de voir ordonner, au visa des articles 145 et 835 du code de procédure civile, une expertise médicale, la condamnation solidaire de la société [Localité 1] [Localité 2] et de la société MEDIS à lui verser une indemnité provisionnelle de 4.000 € à valoir sur l’indemnisation définitive de son préjudice, et à défaut de versement effectif dans le délai de 10 jours suivant la signification de cette assignation à chaque partie, à lui verser les intérêts légaux produits par cette somme de 4.000 euros à compter du 10 Octobre 2025, et fixer le terme de ces intérêts au jour du règlement effectif de cette somme, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter du jour du jugement ainsi qu’une provision ad litem de 3.000€, la somme de 2 000 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile, ainsi que sa condamnation aux dépens.
Il sollicite également que l’ordonnance à intervenir soit déclarée commune et opposable à la CPAM du Rhône.
Monsieur [V] expose que l’IRM et le scanner réalisés par la suite ont objectivé une fracture plurifragmentaire de la patella avec marche d’escalier de la surface articulaire de la facette latérale de la patella, un épanchement intra-articulaire et un kyste poplité. Il ajoute que de nombreuses séances de rééducation du genou lui ont été prescrits (trois par semaine) qui sont toujours en cours. Il indique que malgré les soins reçus, il souffre toujours de douleurs et de limitations fonctionnelles majeurs au niveau du genou dont la flexion reste très limitée. Il en conclut qu’il dispose d’un motif légitime pour solliciter la réalisation d’une expertise médicale. Il considère que l’obligation indemnitaire des défendeurs n’est ni contestable ni contestée justifiant ses demandes de provision et de provision ad litem.
A l’audience et au regard du paiement de la somme de 4.000 euros par la société [Localité 1] [Localité 2], Monsieur [V] entend se désister de sa demande de paiement de la somme de 4.000 euros sous astreinte mais maintient sa demande de paiement aux intérêts légaux produits par cette somme.
En défense, la société [Localité 1] [Localité 2] et la société MEDIS ([Adresse 5]) demandent la mise hors de cause de la société MEDIS et de recevoir la société CSF en son intervention volontaire ainsi que la mise hors de cause de la société [Localité 1] [Localité 2] et de recevoir la société CHUBB EUROPEAN GROUPE SE en son intervention.
Elles ne s’opposent pas à l’expertise demandée, sous les réserves et protestations d’usage, à condition que la mission en soit précisée, qu’elle soit confiée à un spécialiste en chirurgie orthopédique et qu’elle soit aux frais de Monsieur [V]. Elles demandent à ce qu’il leur soit donné acte du paiement de la provision d’un montant de 4.000 euros mais s’opposent, en raison de l’existence de contestations sérieuses quant à l’étendu du dommage de Monsieur [V], à la provision ad litem sollicitée ainsi qu’à la demande fondée sur l’application de l’article 700 du code de procédure civile.
La CPAM du Rhône, citée à personne habilitée, n’a pas comparu ni constitué avocat.
L’affaire a été appelée à l’audience du 06 Janvier 2026 et mise en délibéré au 17 Février 2026.
MOTIFS
A titre liminaire, il importe de rappeler qu’une décision de « donner acte » étant dépourvue de toute portée juridique et n’étant pas susceptible de conférer un droit à la partie qui l’a requise et obtenue, il ne sera pas répondu aux demandes formées à ce titre par les parties, qui ne constituent pas des prétentions et n’ont donc pas été rappelées dans l’exposé du litige.
Sur la mise hors de cause de la société [Localité 1] [Localité 5] HONORE et l’intervention volontaire de la société CSF
Il résulte de l’article 66 du Code de procédure civile que constitue une intervention la demande dont l’objet est de rendre un tiers partie au procès engagé entre les parties originaires. Lorsque la demande émane du tiers, l’intervention est volontaire ; l’intervention est forcée lorsque le tiers est mis en cause par une partie.
L’article 325 du Code de procédure civile dispose que l’intervention n’est recevable que si elle se rattache aux prétentions des parties par un lien suffisant.
La société MEDIS indique avoir été créée en février 2025 et exploite, depuis cette date de manière indépendante via un contrat de franchise, le magasin [Adresse 6]. Or au moment des faits litigieux en septembre 2024, le magasin [G] [F] était un établissement secondaire de la société CSF.
Dans ces conditions, l’intervention volontaire de la société CSF sera déclarée recevable et la société MEDIS ([G] [F]) sera mise hors de cause.
Sur la mise hors de cause de la société MEDIS ([Adresse 5]) et l’intervention volontaire de la société CHUBB EUROPEAN GROUPE SE
La société [Localité 1] [Localité 2], assignée, indique ne pas être l’assureur mais un courtier, intermédiaire d’assurance. A l’inverse, la société CHUBB se reconnaît assureur de responsabilité civile de la société CSF, exploitante du magasin [Adresse 6] au jour des faits litigieux et entend intervenir volontairement à l’instance, au soutien de ses propres prétentions.
L’intervention volontaire de la société CHUBB EUROPEAN GROUPE SE sera déclarée recevable et la société [Localité 1] [Localité 2] sera mise hors de cause.
Sur la demande d’expertise médicale
Il résulte des dispositions de l’article 145 du code de procédure civile que s’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé.
Le motif est légitime dès lors qu’est caractérisée l’existence d’un fait crédible et plausible qui présente un lien utile avec un litige potentiel futur susceptible d’opposer les parties dont l’objet et le fondement juridique sont suffisamment déterminables et dont la solution peut dépendre de la mesure d’instruction sollicitée.
Monsieur [V] produit aux débats différents documents et comptes-rendus médicaux, qui objectivent la réalité du fait générateur allégué et des suites dommageables dont il est fait état.
De plus, il n’est pas démontré que l’action au fond envisagée est manifestement vouée à l’échec.
Monsieur [V] justifie ainsi d’un motif légitime à faire évaluer, avant tout procès, les préjudices en relation avec l’accident dont il a été victime.
Il convient donc de faire droit à la demande d’expertise de Monsieur [V], seule mesure d’instruction susceptible d’apporter l’ensemble des éléments techniques et de fait nécessaires pour trancher, s’il y a lieu, le litige.
La mission sera adaptée pour tenir compte des circonstances de survenue du dommage, de la situation de Monsieur [V] et de la nature des lésions invoquées.
Cette expertise se déroulera aux frais avancés de Monsieur [V], qui a intérêt à son exécution.
Sur la demande de provision et de provision ad litem
Les dispositions de l’article 835 alinéa 2 du code de procédure civile prévoient que dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, le juge des référés peut accorder une provision au créancier.
Le montant de la provision allouée en référé n’a d’autre limite que le montant non sérieusement contestable de la dette alléguée, le juge fixant alors discrétionnairement la somme qu’il convient d’allouer au requérant.
Une provision pour frais d’instance peut également être accordée, sous réserve du caractère non sérieusement contestable de la prétention au fond et de la nécessité d’engager des frais pour lesquels la provision est demandée.
En l’espèce, il ressort des pièces médicales produites que Monsieur [V] a souffert d’une fracture plurifragmentaire de la patella avec marche d’escalier de la surface articulaire de la facette latérale de la patella, d’un épanchement intra-articulaire.
A ce jour, plus d’un après les faits, Monsieur [V] continue de suivre des séances de rééducations. Il souffre toujours de douleurs et de limitations fonctionnelles majeures au niveau du genou, dont la flexion demeure limitée.
Dans ces conditions, le droit à indemnisation de Monsieur [V] ne se heurte à aucune contestation sérieuse, compte tenu des circonstances de réalisation du fait générateur et n’étant pas contesté dans son principe par la société [Localité 1] [Localité 2].
Toutefois, il convient de constater que la société [Localité 1] [Localité 2] a versé la somme de 4.000 euros au titre de la quittance indemnitaire un mois après la signification de l’assignation et que Monsieur [V] se désiste de cette demande de paiement de 4.000 euros à titre de provision.
Par ailleurs, il convient de constater que cette quittance est un reçu d’acompte et non une transaction. Par conséquent, il ne sera donc pas fait droit à la demande de paiement des intérêts sollicités par Monsieur [V].
Enfin, il sera fait droit à la demande de provision ad litem, à hauteur de 3.000 €, pour couvrir les frais de consignation et d’assistance à expertise.
Sur les demandes accessoires
En application de l’article 699 du code de procédure civile, la société CSF et la société CHUBB EUROPEAN GROUPE SE supporteront in solidum les dépens de l’instance.
Il sera également alloué à Monsieur [V] la somme de 1 000 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile, que la société CSF et la société CHUBB EUROPEAN GROUPE SE seront condamnées, in solidum, à lui payer.
La CPAM du Rhône, qui a été assignée, est partie à la procédure, bien que ne comparaissant pas, de sorte que la demande tendant à ce que l’ordonnance lui soit déclarée commune et opposable est sans objet.
Enfin, il sera rappelé que par application de l’article 514 du code de procédure civile la présente ordonnance est exécutoire par provision.
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement, en référé, par ordonnance réputée contradictoire susceptible d’appel, tous droits et moyens des parties réservés,
Mettons hors de cause la société [Localité 1] [Localité 2] la société MEDIS ([Adresse 5]) ;
Donnons acte à La société CSF et la société CHUBB EUROPEAN GROUPE SE de leur intervention volontaire ;
Ordonnons une expertise médicale de Monsieur [Z] [V] et commettons pour y procéder :
Le Docteur [W] [J]
(Spécialité chirurgie orthopédique et traumatologique des membres inférieurs)
SELARL du Dr [J] [W] [Adresse 7]
[Localité 6]
[Courriel 1]
0662268788
0472448788
Expert inscrit sur la liste de la Cour d’appel de LYON
Ayant précédemment accepté sa mission [Adresse 8],
avec la mission suivante :
Après avoir recueilli les renseignements nécessaires sur l’identité du plaignant, les conditions de son activité professionnelle, son niveau scolaire s’il s’agit d’un enfant ou d’un étudiant, son statut et/ou sa formation s’il s’agit d’un demandeur d’emploi, ses activités familiales et sociales s’il s’agit d’une personne restant au foyer sans activité professionnelle rémunérée, son mode de vie antérieur à l’accident et sa situation actuelle,
« Convoquer les parties et leur conseil en les informant de leur droit de se faire assister par un médecin conseil de leur choix ;
« Prendre connaissance du dossier médical de Monsieur [Z] [V] et se faire communiquer par l’intéressé ou tout tiers détenteur, avec l’accord de l’intéressé, tous documents médicaux relatifs à l’événement rapporté,
« Se faire communiquer par l’intéressé ou par l’organisme de sécurité sociale un relevé détaillé des débours et frais médicaux de l’intéressé,
« Recueillir les doléances de l’intéressé et au besoin de ses proches, l’interroger sur les conditions d’apparition des lésions, l’importance des douleurs, le gène fonctionnel subie et leurs conséquences,
« Procéder, en présence des médecins mandatés par les parties avec l’assentiment de l’intéressé et dans le respect de son intimité, à un examen clinique détaillé en fonction des lésions initiales et des doléances exprimées par l’intéressé,
« A l’issue de cet examen, analyser dans un exposé précis et synthétique :
— La réalité des lésions initiales et de leur évolution,
— L’état séquellaire,
— L’imputabilité directe et certaine des séquelles aux lésions causées par l’accident en précisant au besoin l’incidence d’un état antérieur, si celui-ci aurait évolué de façon identique en l’absence d’accident, et si l’accident a eu un effet déclenchant d’une décompensation, ou s’il a entraîné une aggravation de l’évolution normalement prévisible en l’absence de ce traumatisme. Dans ce cas, donner tous éléments permettant de dégager une proportion d’aggravation et préciser si l’évaluation médico-légale des séquelles est faite avant ou après application de cette proportion.
— Le chiffrage des différents postes de préjudice selon les distinctions suivantes :
1. Dépenses de santé actuelles
Déterminer les débours et frais médicaux en relation directe et certaine avec l’événement à l’origine du dommage. L’organisme de sécurité social sera invité à fournir un relevé détaillé de ses débours afin que l’éventuelle imputabilité de tout ou partie de ceux-ci puisse faire l’objet d’une discussion contradictoire au stade de la mesure d’expertise.
2. Déficit fonctionnel temporaire
Indiquer les périodes pendant lesquelles l’intéressé a été, du fait de son déficit fonctionnel temporaire, dans l’incapacité totale ou partielle de poursuivre ses activités personnelles habituelles.
En cas d’incapacité partielle, préciser le taux et la durée. Décrire, pour chacune des périodes retenue, la perte de qualité de vie et des joies usuelles de la vie au cours de la maladie traumatique.
3. Pertes de gains professionnels actuels
Indiquer les périodes pendant lesquelles l’intéressé a été, du fait de son déficit fonctionnel temporaire, dans l’incapacité d’exercer totalement ou partiellement son activité professionnelle. Préciser la durée des arrêts de travail au regard des organismes sociaux ; si cette durée est supérieure à l’incapacité temporaire retenue, dire si ces arrêts sont liés au fait dommageable.
En cas d’incapacité partielle, préciser le taux et la durée.
4. Consolidation
Fixer la date de consolidation en établissant que les différents bilans et examens pratiqués prouvent la stagnation de la récupération des séquelles physiques et psychologiques. Dans le cas où la consolidation ne serait pas acquise, indiquer l’évaluation minimum des différents postes de préjudice envisagée à ce jour et les besoins actuels, ainsi que le délai dans lequel l’intéressé devra être réexaminé(e) ; préciser, lorsque cela est possible, quels sont les projets thérapeutiques, de scolarité et de vie envisagés ou mis en place et donner toutes indications de nature à déterminer les besoins nécessaires à la réalisation de ceux-ci (aménagement de matériels, aides humaines et/ou matérielle, soutien scolaire, rééducation telle qu’ergothérapie ou psychomotricité, …).
5. Déficit fonctionnel permanent
Indiquer si, après la consolidation, l’intéressé subit un déficit fonctionnel permanent défini comme une altération permanente d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles ou mentales, ainsi que des douleurs permanentes ou tout autre trouble de santé, entraînant une limitation d’activité ou une restriction de participation à la vie en société ; décrire les conséquences de ces altérations permanentes et de ces douleurs sur la qualité de vie de la victime.
Évaluer l’importance du déficit fonctionnel permanent imputable et en chiffrer le taux, par référence au « Barème indicatif des déficits fonctionnels séquellaires en droit commun ».
Dans l’hypothèse d’un état antérieur préciser en quoi l’accident a eu une incidence sur cet état antérieur et décrire les conséquences.
6. Assistance par tierce personne
Indiquer le cas échéant si l’assistance constante ou occasionnelle d’une tierce personne (étrangère ou non à la famille) est ou a été nécessaire pour effectuer les démarches et plus généralement pour accomplir les actes élémentaires et élaborés de la vie quotidienne et pallier les conséquences des séquelles physiques ou psychologiques ; préciser si cette tierce personne doit ou non, être spécialisée, ses attributions exactes ainsi que les durées respectives d’intervention de l’assistant spécialisé et de l’assistant non spécialisé ; préciser la durée quotidienne et les modalités des aides techniques ; différencier, pour chacune des réponses, les besoins qui ont été nécessaires avant la consolidation de ceux devenus permanents après celle-ci.
7. Dépenses de santé futures
Décrire les soins futurs et les aides techniques compensatoires au handicap de l’intéressé (prothèses, appareillages spécifiques, …) en précisant la fréquence de leur renouvellement.
8. Frais de logement et/ou de véhicule adaptés
Donner son avis sur d’éventuels aménagements nécessaires pour permettre, le cas échéant, à l’intéressé d’adapter son logement et/ou son véhicule à son handicap, en différenciant les besoins qui ont été nécessaires avant la consolidation de ceux devenus permanents après celle-ci et, le cas échéant, la fréquence de leur renouvellement.
9. Pertes de gains professionnels futurs
Indiquer, notamment au vu des justificatifs produits, si le déficit fonctionnel permanent entraîne l’obligation pour l’intéressé de cesser totalement ou partiellement son activité professionnelle ou de changer d’activité professionnelle.
10. Incidence professionnelle
Indiquer, notamment au vu des justificatifs produits, si le déficit fonctionnel permanent entraîne d’autres répercussions sur son activité professionnelle actuelle ou future et les éventuelles restrictions ou contre-indications professionnelles (obligation de formation pour un reclassement professionnel, pénibilité accrue dans son activité, …).
11. Préjudice scolaire, universitaire ou de formation
Si l’intéressé est scolarisé ou en cours d’études, dire si en raison des lésions consécutives au fait traumatique, elle a subi une perte d’année scolaire, universitaire ou de formation, l’obligeant, le cas échéant, à se réorienter ou à renoncer à certaines formations.
12. Souffrances endurées
Décrire les souffrances physiques, psychiques ou morales découlant des blessures subies pendant la maladie traumatique (avant consolidation) ; les évaluer distinctement dans une échelle de 0 à 7.
13. Préjudice esthétique temporaire et/ou définitif
Donner un avis sur l’existence, la nature et l’importance du préjudice esthétique, en distinguant éventuellement le préjudice temporaire et le préjudice définitif. Évaluer distinctement les préjudices temporaire et définitif dans une échelle de 0 à 7.
14. Préjudice sexuel
Indiquer s’il existe ou s’il existera un préjudice sexuel ; le décrire en précisant s’il recouvre l’un ou plusieurs des trois aspects pouvant être altérés séparément ou cumulativement, partiellement ou totalement : la morphologie, l’acte sexuel (libido, impuissance ou frigidité) et la fertilité (fonction de reproduction).
15. Préjudice d’établissement
Dire si l’intéressé subit une perte d’espoir ou de chance de normalement réaliser un projet de vie familiale.
16. Préjudice d’agrément
Indiquer, au vu des justificatifs produits, si l’intéressé est empêché(e) en tout ou partie de se livrer à des activités spécifiques de sport ou de loisir pratiquées antérieurement à l’événement traumatique ; donner un avis médical sur cette impossibilité ou cette limitation et son caractère définitif, sans prendre position sur l’existence ou non d’un préjudice afférent à cette allégation.
17. Préjudices permanents exceptionnels
Dire si l’intéressé subit des préjudices permanents exceptionnels correspondant à des préjudices atypiques directement liés aux handicaps permanent, non pris en compte dans les précédents chefs de préjudices.
« Donner son avis sur tous autres chefs de préjudices qui seraient invoqués par l’intéressé,
« Dire si l’état de l’intéressé est susceptible de modifications en aggravation,
« Établir un état récapitulatif de l’ensemble des postes énumérés dans la mission ;
Disons que l’expert pourra recueillir les déclarations de toutes personnes informées, en précisant nom, prénom et domicile, liens de parenté, d’alliance, de subordination ou de communauté d’intérêts avec l’une ou l’autre des parties ;
Disons que l’expert a fait connaître son acceptation via la procédure SELEXPERT, et qu’en cas de récusation ou d’empêchement légitime, il sera pourvu aussitôt à son remplacement par ordonnance ;
Disons que l’expert pourra s’adjoindre tout spécialiste de son choix comme sapiteur, à charge pour lui de solliciter une consignation complémentaire couvrant le coût de sa prestation, d’en informer préalablement les parties, le magistrat chargé du contrôle des expertises et de joindre l’avis du sapiteur à son rapport ;
Disons que si le sapiteur n’a pas pu réaliser ses opérations de manière contradictoire, son avis devra être immédiatement communiqué aux parties par l’expert ;
Disons que Monsieur [V] devra consigner au greffe du tribunal la somme de 1 200 € (mille deux cents euros) à valoir sur la rémunération de l’expert avant le 30 Avril 2026, sous peine de caducité de l’expertise ;
Rappelons qu’en application de l’article 271 du code de procédure civile, à défaut de consignation dans un délai prescrit, la désignation de l’expert sera caduque, sauf prolongation de délai ou relevé de caducité décidé par le juge chargé du contrôle des expertises ;
Disons que l’expert commencera ses opérations dès qu’il aura été averti par le greffe que la partie a versé la consignation mise à sa charge ou le montant de la première échéance ;
Disons que l’expert devra accomplir sa mission contradictoirement en présence des parties ou elles dûment convoquées, les entendre en leurs observations et déposer un rapport avant le 31 Octobre 2026, sauf prorogation des opérations dûment autorisée par le magistrat chargé du suivi des opérations d’expertise sur demande de l’expert ;
Disons que l’expert informera toutes les parties et leurs conseils, par lettre recommandée avec accusé de réception, de la date, de l’heure et du lieu de ses opérations, en les informant de la possibilité qu’ils ont de s’y faire représenter par tel médecin de leur choix ;
Disons que cette expertise sera réalisée conformément aux dispositions des articles 232 à 248 et 263 à 284-1 du code de procédure civile ;
Plus spécialement rappelons à l’expert :
« qu’il devra prendre connaissance des documents de la cause et se faire remettre par les parties ou des tiers tous documents nécessaires à l’accomplissement de sa mission,
« qu’il devra annexer à son rapport ceux des documents ayant servi à son établissement, ceux qui le complètent ou contribuent à sa compréhension, et restituera les autres, contre récépissé aux personnes les ayant fournis,
« qu’il ne pourra concilier les parties mais que si elles viennent à se concilier, il constatera que sa mission est devenue sans objet ; qu’en cas de conciliation partielle, il poursuivra ses opérations en les limitant aux autres questions exclues de l’accord,
« qu’il devra informer les parties du résultat de ses opérations, de l’avis qu’il entend exprimer sur tous les points de la mission et du coût de ses opérations,
« qu’à cette fin il leur remettra au cours d’une ultime réunion ou leur adressera un pré-rapport en les invitant à lui présenter dans un délai de 40 jours leurs observations et réclamations écrites rappelant sommairement le contenu de celles présentées antérieurement ; qu’il y répondra dans son rapport définitif en apportant, à chacune d’elles, la réponse appropriée en la motivant,
« qu’il n’est pas tenu de prendre en compte les observations et réclamations présentées au delà du délai de 40 jours, à moins qu’il n’existe une cause grave et dûment justifiée, auquel cas il en fait rapport au juge chargé du contrôle ;
Disons que sans observations ou réclamations présentées dans ce délai, le pré-rapport vaudra rapport définitif ;
Disons que, si le coût probable de l’expertise s’avère beaucoup plus élevé que la provision fixée, l’expert au plus tard à l’issue de la deuxième réunion des parties devra communiquer aux parties et au magistrat en charge du contrôle des opérations une évaluation prévisible de ses frais et honoraires en sollicitant la consignation d’une provision complémentaire ;
Disons qu’il nous en sera référé en cas de difficulté ;
Rappelons que l’article 173 du code de procédure civile fait obligation à l’expert d’adresser une copie de son rapport à chacune des parties, ou pour elles à leurs avocats ;
Disons que conformément à l’article 282 du Code de procédure civile, le dépôt par l’expert de son rapport est accompagné de sa demande de rémunération, dont il adresse un exemplaire aux parties par tout moyen permettant d’en établir la réception ;
Rappelons que pour le traitement de sa rémunération, l’expert devra adresser au service du suivi des expertises du Tribunal judiciaire de Lyon, le rapport d’expertise accompagné de la demande de rémunération (honoraires), la preuve de réception de ce document par les parties, ainsi qu’un relevé d’identité bancaire ;
Désignons le magistrat chargé du contrôle des expertises de référés pour suivre les opérations d’expertise et faire rapport en cas de difficultés ;
Disons qu’en cas de refus, d’empêchement ou de retard injustifié de l’expert commis, il sera pourvu d’office à son remplacement ;
Constatons le désistement de la demande de Monsieur [V] en paiement d’une provision ;
Rejetons la demande de Monsieur [V] en paiement des intérêts légaux produits par la somme de 4.000 euros ;
Condamnons in solidum la société CSF et la société CHUBB EUROPEAN GROUPE SE à verser à Monsieur [V] la somme de 3.000 € à titre de provision ad litem ;
Condamnons in solidum la société CSF et la société CHUBB EUROPEAN GROUPE SE à supporter le coût des dépens de l’instance ;
Condamnons in solidum la société CSF et la société CHUBB EUROPEAN GROUPE SE à verser à Monsieur [V] la somme de 1 000 € sur le fondement des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ;
Rejetons toutes les autres demandes plus amples ou contraires formées par les parties ;
Rappelons que la présente ordonnance est exécutoire par provision ;
Prononcé à la date de mise à disposition au greffe par Marie PACAUT, vice-président.
En foi de quoi, le président et le greffier ont signé la présente ordonnance.
Le greffier Le président
En conséquence, la République française mande et ordonne à tous huissiers de justice, sur ce requis, de mettre ladite décision à exécution, aux procureurs généraux et aux procureurs de la République près les tribunaux judiciaires d’y tenir la main, à tous commandants et officiers de la force publique de prêter main-forte lorsqu’ils en seront légalement requis.
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