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Sur la décision
| Référence : | TJ Marseille, 0p15 aud civ. prox 6, 16 juin 2025, n° 25/00160 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00160 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à l'ensemble des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 25 juin 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE
Pôle de Proximité
JUGEMENT DU : 16 Juin 2025
Président : Monsieur BIDAL, Juge
Greffier : DE ANGELIS,
Débats en audience publique le : 17 Mars 2025
GROSSE :
Le ……………………………………………
à Me ..Julien AYOUN……………………………..
Le ……………………………………………
à Me ………………………………………..
Le ……………………………………………
à Me ………………………………………..
EXPEDITION :
Le ………………………………………………….
à Me ………………………………………………
Le ………………………………………………….
à Me ………………………………………………
Le …………………………………………………..
à Me ………………………………………………
N° RG 25/00160 – N° Portalis DBW3-W-B7J-54E2
PARTIES :
DEMANDEURS
Madame [W], [L], [I] [H] épouse [G]
née le 25 Mars 1974 à [Localité 4], demeurant [Adresse 3]
représentée par Me Julien AYOUN, avocat au barreau de MARSEILLE
Monsieur [X], [Z] [G]
né le 28 Janvier 1978 à [Localité 5], demeurant [Adresse 3]
représenté par Me Julien AYOUN, avocat au barreau de MARSEILLE
DEFENDEUR
Monsieur [Y] [V]
né le 05 Février 2001 à , demeurant [Adresse 2]
non comparant
EXPOSE DU LITIGE
En vertu d’un contrat passé par acte sous seing privé, en date du 28 juillet 2022, Monsieur [X] [G] et Madame [W] [H] ont loué à Monsieur [Y] [V] un logement sis [Adresse 1], moyennant un loyer mensuel initial, révisable, de 847 euros outre 143 euros de provision sur charges.
Des loyers étant demeurés impayés, Monsieur [X] [G] et Madame [W] [H] a fait signifier à Monsieur [Y] [V] un commandement de payer visant la clause résolutoire le 27 juin 2024.
Par acte de commissaire de justice en date du 8 janvier 2025, auquel il y a lieu de se reporter pour l’exposé de leurs moyens et prétentions, Monsieur [X] [G] et Madame [W] [H] ont fait assigner Monsieur [Y] [V] devant le juge du contentieux de la protection du tribunal judiciaire de MARSEILLE, à l’audience du 17 mars 2025.
A cette audience, Monsieur [X] [G] et Madame [W] [H], représentés par leur Conseil, sollicitent le bénéfice de leur acte introductif d’instance.
Monsieur [Y] [V] ne comparaît pas et n’est pas représenté, bien que régulièrement cité par acte remis à étude.
L’affaire a été mise en délibéré au 16 juin 2025.
Vu les articles 446-1, 446-2 et 455 du code de procédure civile,
MOTIFS DE LA DECISION
Vu l’article 9 du code de procédure civile,
Vu l’article 1353 du code civil,
Selon les dispositions de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond et le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable, et bien fondée.
Sur la recevabilité
Vu les dispositions des articles 24 I, II et III de la loi du 6 juillet 1989 modifiée, dans leur version applicable au présent litige,
Monsieur [X] [G] et Madame [W] [H] produisent la dénonciation de l’assignation à la Préfecture en date du 9 janvier 2025, soit six semaines au moins avant l’audience du 17 mars 2025.
Leur action est donc recevable.
Sur les demandes principales
Sur la résiliation du contrat de bail et ses conséquences
Vu l’article 2 du code civil,
Vu les articles 7a et 24 de la loi du 6 juillet 1989 modifiée, dans leur version applicable au présent litige, dont il résulte que l’une des obligations essentielles du locataire est de payer les loyers aux termes convenus,
Vu le caractère d’ordre public de protection de la loi du 6 juillet 1989 modifiée, dont il ressort que le délai donné au locataire pour régulariser la dette locative est un délai minimum durant lequel les effets de clause résolutoire sont neutralisés,
Vu le contrat de bail liant les parties, qui contient une clause résolutoire,
En l’espèce, un commandement de payer visant la clause résolutoire a été signifié à Monsieur [Y] [V] le 27 juin 2024, pour un arriéré locatif de 2 802 euros.
Les sommes visées au commandement, non contestées, n’ont pas été intégralement payées dans le délai imparti.
En conséquence, la clause résolutoire est acquise.
Il convient de constater la résiliation du contrat de bail à effet au 27 août 2024, et d’ordonner l’expulsion de Monsieur [Y] [V] des lieux occupés.
Aucune circonstance particulière de l’espèce ne justifie que le délai de deux mois, prévu par les dispositions des articles L.412-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution, soit réduit ou supprimé.
Le sort des meubles et objets mobiliers présents dans le logement lors de l’expulsion sera régi par les dispositions de l’article L 433-1 du code des procédures civiles d’exécution.
Enfin, Monsieur [Y] [V] sera condamné à payer à Monsieur [X] [G] et Madame [W] [H] une indemnité d’occupation mensuelle d’un montant égal à celui du loyer et des charges, tel qu’il aurait été si le contrat s’était poursuivi (et à défaut de justificatifs, à la somme de 908 euros), à compter du 28 août 2024 jusqu’à la complète libération des lieux par la remise des clés à Monsieur [X] [G] et Madame [W] [H].
Sur le paiement de sommes au titre de l’arriéré locatif
Vu les articles 4 et 7 de la loi du 6 juillet 1989,
Vu le contrat de bail,
En l’espèce, le montant du loyer et des charges dus en application du bail n’est aucunement contesté Monsieur [Y] [V].
Il résulte du décompte locatif joint à l’assignation que la dette locative de Monsieur [Y] [V] s’élevait à la somme de 8 250 euros, terme du mois de décembre 2024 inclus.
Il convient de condamner Monsieur [Y] [V] à payer à Monsieur [X] [G] et Madame [W] [H] cette somme, avec les intérêts au taux légal à compter de l’assignation.
Sur les demandes accessoires
Sur les dépens
Vu l’article 695 du code de procédure civile, dont il résulte que :
Un procès-verbal de constat d’huissier n’entre pas dans les dépens si l’huissier n’a pas été commis à cet effet par une décision judiciaire ;Les actes faits avant d’introduire l’instance sont considérés comme y étant afférents, à la condition qu’ils se situent dans un rapport étroit et nécessaire avec le litige ;
L’article 696 du code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
Monsieur [Y] [V] succombe à l’instance de sorte qu’il doit être condamné aux entiers dépens, dont les frais engagés au titre du commandement de payer.
Sur les frais irrépétibles
Il résulte des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile que dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation.
Compte tenu des démarches judiciaires accomplies, Monsieur [Y] [V] sera condamné à verser à Monsieur [X] [G] et Madame [W] [H] la somme de 350 euros en application de l’article précité.
Sur l’exécution provisoire
Conformément à l’article 514 du code de procédure civile, les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n’en dispose autrement.
En l’espèce, compte tenu de la nature du litige et en l’absence de dispositions légales contraires, l’exécution provisoire est de droit.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant par jugement réputé contradictoire et en premier ressort, mis à disposition au greffe,
DECLARE l’action de Monsieur [X] [G] et Madame [W] [H] recevable ;
CONSTATE la résiliation du bail conclu entre les parties le 28 juillet 2022 concernant l’appartement sis [Adresse 1], à effet au 27 août 2024 ;
ORDONNE en conséquence à Monsieur [Y] [V] de libérer les lieux et de restituer les clés dans le délai de quinze jours à compter de la signification du présent jugement ;
DIT qu’à défaut pour Monsieur [Y] [V] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, Monsieur [X] [G] et Madame [W] [H] pourra, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à leur expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de leur chef, y compris le cas échéant avec le concours d’un serrurier et de la force publique ;
DIT que le sort des meubles et objets mobiliers présents dans le logement lors de l’expulsion sera régi par les dispositions de l’article L 433-1 du code des procédures civiles d’exécution ;
CONDAMNE Monsieur [Y] [V] à payer à Monsieur [X] [G] et Madame [W] [H] une indemnité mensuelle d’occupation à compter du 28 août 2024 et jusqu’à la date de la libération définitive des lieux et la restitution des clés ;
FIXE cette indemnité mensuelle d’occupation au montant du loyer et des charges, calculés tels que si le contrat s’était poursuivi (et à défaut de justificatifs, à la somme de 908 euros) ;
CONDAMNE Monsieur [Y] [V] à verser à Monsieur [X] [G] et Madame [W] [H] la somme de 8 250 euros, avec les intérêts au taux légal à compter de l’assignation ;
CONDAMNE Monsieur [Y] [V] à payer à Monsieur [X] [G] et Madame [W] [H] la somme de 350 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE Monsieur [Y] [V] aux entiers dépens de l’instance ;
RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit.
AINSI JUGE ET PRONONCE LES JOURS MOIS AN CI-DESSUS
La greffière, Le juge,
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