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Sur la décision
| Référence : | TJ Nanterre, réf., 22 avr. 2026, n° 25/01713 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/01713 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Désigne un expert ou un autre technicien |
| Date de dernière mise à jour : | 6 mai 2026 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Cabinet(s) : | |
| Parties : | Société c/ Caisse CPAM des HAUTS-DE-SEINE, Caisse Primaire d'Assurance Maladie ( CPAM ) des HAUTS-DE-SEINE, AIG EUROPE |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NANTERRE
RÉFÉRÉS
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ RENDUE LE 22 AVRIL 2026
N° RG 25/01713 – N° Portalis DB3R-W-B7J-2NVY
N° de minute :
Madame [I] [H], agissant tant en son nom personnel qu’en qualité de représentante légale de sa fille mineure [O] [H]
c/
Société AIG EUROPE, Caisse CPAM des HAUTS-DE-SEINE
DEMANDERESSE
Madame [I] [H]
agissant tant en son nom personnel qu’en qualité de représentante légale de sa fille mineure [O] [H]
demeurant ensemble, [Adresse 1]
représentées par Me Sophie DUGUEY, avocat au barreau de PARIS, vestiaire : G0229
DEFENDERESSES
Société AIG EUROPE
[Adresse 2]
[Localité 1]
représentée par Maître William FUMEY de la SELARL ROINÉ ET ASSOCIES, avocats au barreau de PARIS, vestiaire : A0002
Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) des HAUTS-DE-SEINE
[Adresse 3]
[Localité 2]
COMPOSITION DE LA JURIDICTION
Président : Karine THOUATI, Vice-présidente, tenant l’audience des référés par délégation du Président du Tribunal,
Greffier : Flavie GROSJEAN, Greffier
Statuant publiquement en premier ressort par ordonnance réputée contradictoire mise à disposition au greffe du tribunal, conformément à l’avis donné à l’issue des débats.
Nous, Président , après avoir entendu les parties présentes ou leurs conseils, à l’audience du 11 février 2026, avons mis l’affaire en délibéré au 12 mars 2026 prorogé à ce jour .
EXPOSE DU LITIGE
Le 20 mars 2023, à [Localité 3], Madame [I] [H] et sa fille mineure [O] [H], âgée de cinq ans, qui évoluaient sur une bicyclette, ont été victime d’un accident de la circulation impliquant un véhicule conduit par Monsieur [J] et assuré auprès de la société AIG EUROPE SA.
Madame [I] [H] et sa fille ont été transportés à l’hôpital [Etablissement 1] où le certificat médical initial du 20 mars 2023, s’agissant de [O] [H], fait état d’une chute sur le genou et de douleur et dermabrasion du genou et, s’agissant de Madame [I] [H], notamment d’une entorse à la cheville gauche.
Une expertise amiable contradictoire a été organisée par le Docteur [G] qui a déposé son rapport, le 30 septembre 2024, et qui a évalué les préjudices subis par Madame [I] [H].
Par actes de commissaire de justice du 2 juillet 2025, Madame [I] [H], agissant tant en son nom personnel qu’es qualité de représentante légale de sa fille mineure [O] [H], a fait assigner en référé devant le président du tribunal judiciaire de Nanterre la Compagnie AIG EUROPE et la CPAM des Hauts-de-Seine aux fins de voir :
— Condamner la Compagnie AIG EUROPE SA à verser à Madame [I] [H], agissant en son nom personnel, une indemnité provisionnelle de 15.000 € à valoir sur l’indemnisation définitive de ses différents préjudices ;
— Condamner la Compagnie AIG EUROPE SA à verser à Madame [I] [H], ès qualités de représentante légale de sa fille mineure [O] [H], une indemnité provisionnelle de 3.000 € à valoir sur l’indemnisation définitive de ses différents préjudices ;
— Condamner la Compagnie AIG EUROPE SA à verser à Madame [I] [H] une indemnité d’un montant de 3.000 € au visa des dispositions de l’article 700 du Code de procédure civile ;
— Condamner la Compagnie AIG EUROPE SA aux entiers dépens d’instance.
A l’audience du 11 février 2026, Madame [I] [H] a soutenu son exploit introductif d’instance.
Elle indique qu’il y a eu un accord sur sa demande de provision pour elle même et renonce donc à cette demande de provision. Elle sollicite oralement une demande d’expertise pour sa fille en raison de troubles psychiatriques liés à l’accident, et une provision ad litem de 2 500 euros. Elle maintient, es qualité de représentante légale de sa fille mineure [O] [H] âgée de huit ans, sa demande de provision de 3 000 euros et sa demande au titre l’article 700 du code de procédure civile.
La société AIG EUROPE SA a soutenu des conclusions aux fins de :
A titre liminaire :
Juger que Madame [I] [H], agissant en son nom personnel, ne dispose pas d’intérêt à agir ;Juger irrecevable la demande de provision à valoir sur l’indemnisation définitive de ses préjudices ;Juger irrecevables les demandes de condamnation au titre de l’article 700 du Code de procédure civile et des dépens ;A titre principal :
Débouter Madame [I] [H], agissant ès qualités de représentante légale de sa fille mineure [O] [H], de sa demande de provision à valoir sur l’indemnisation définitive des préjudices de cette dernière.Débouter Madame [I] [H], agissant es qualité, de représentante légale de sa fille mineure [O] [H], du surplus de ses réclamations.
La société AIG EUROPE SA fait état d’un protocole d’accord par lequel Madame [I] [H] a perçu, le 5 février 2025, une indemnité définitive de tous les préjudices qu’elle a subis suite à l’accident du 20 mars 2023. Elle soutient qu’en l’absence de toute pièce médicale justifiant le préjudice de l’enfant [O], il convient de rejeter la demande de provision pour celle-ci.
Régulièrement assignée par remise à la personne morale, la CPAM des Hauts-de-Seine n’a pas comparu. Par courrier au tribunal du 28 août 2025, la CPAM a indiqué que la victime a été prise en charge au titre du risque maladie et que le montant définitif des débours s’élève à 3 209,13 euros.
Conformément aux dispositions de l’article 455 du code de procédure civile, pour plus ample informé de l’exposé et des prétentions des parties, il est renvoyé à l’assignation introductive d’instance et aux conclusions développées oralement à l’audience.
MOTIFS
Conformément à l’article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparait pas, le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Il convient de constater tout d’abord que la demanderesse abandonne sa demande de provision faite en son nom propre.
Sur la demande d’expertise
Aux termes de l’article 145 du code de procédure civile, s’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé.
Justifie d’un motif légitime au sens de ce texte la partie qui démontre la probabilité de faits susceptibles d’être invoqués dans un litige éventuel non manifestement voué à l’échec.
En l’espèce,
Madame [I] [H], es qualité, verse aux débats le certificat médical initial du 20 mars 2023 qui, s’agissant de [O] [H], fait état d’une chute sur le genou et de douleur et dermabrasion du genou et la société AIG EUROPE SA a versé, au mois de juillet 2024, une provision à valoir sur l’indemnisation définitive des préjudices de [O] [H] d’un montant de 300 euros.
Par ces éléments, Madame [I] [H], es qualité, justifie d’un motif légitime à voir ordonner une mesure d’expertise judiciaire afin d’évaluer ses préjudices selon les modalités prévues dans le présent dispositif.
L’expertise étant ordonnée à la demande de Madame [I] [H], es qualité, et dans son intérêt probatoire, les frais de consignation seront à sa charge.
Sur la demande de provision à valoir sur les préjudices de l’enfant [O] [H]
Aux termes de l’article 835 alinéa 2 du code de procédure civile, dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, le président du tribunal peut accorder, en référé, une provision au créancier.
L’octroi d’une provision suppose le constat préalable par le juge de l’existence d’une obligation non sérieusement contestable au titre de laquelle la provision est demandée. Cette condition intervient à un double titre : elle ne peut être ordonnée que si l’obligation sur laquelle elle repose n’est pas sérieusement contestable et ne peut l’être qu’à hauteur du montant non sérieusement contestable de cette obligation, qui peut d’ailleurs correspondre à la totalité de l’obligation.
Cette condition est suffisante et la provision peut être octroyée, quelle que soit l’obligation en cause. La nature de l’obligation sur laquelle est fondée la demande de provision est indifférente, qui peut être contractuelle, quasi-délictuelle ou délictuelle.
Il appartient au demandeur de prouver l’existence de l’obligation, puis au défendeur de démontrer qu’il existe une contestation sérieuse susceptible de faire échec à la demande. La non-comparution du défendeur ne peut, à elle seule, caractériser l’absence de contestation sérieuse. L’existence d’une contestation sérieuse s’apprécie à la date de sa décision et non à celle de sa saisine.
En l’espèce,
Madame [I] [H] es qualité ne verse aux débats que le certificat médical initial qui fait état d’une chute sur le genou et de douleur et dermabrasion du genou.
La société AIG EUROPE SA a versé une provision à valoir sur l’indemnisation définitive des préjudices de l’enfant [O] d’un montant de 300 euros.
En l’absence de tout élément concernant les préjudices de l’enfant [O], il existe une contestation sérieuse sur la demande.
Il n’y a donc pas lieu à référé sur la demande.
Sur la demande de provision ad litem
Si le juge des référés dispose du pouvoir d’accorder une provision pour frais d’instance sur le fondement de l’article 835 alinéa 2 du code de procédure civile, qui ne prévoit aucune restriction quant à la nature ou l’objet des provisions susceptibles d’être allouées, c’est nécessairement dans les conditions précisément et strictement définies par celui-ci.
Sur le fondement de ce texte, la provision pour frais d’instance peut être accordée sous deux conditions : la première est la justification du caractère non sérieusement contestable de la prétention au fond ; la seconde, la justification de la nécessité d’engager des frais pour lesquels la provision est demandée. Ces deux conditions sont cumulatives, nécessaires et ensemble suffisantes, toute autre considération étant indifférente.
En l’espèce,
Il est justifié par la présente décision que des frais d’expertise vont être engagés et l’obligation de réparation pesant sur la société AIG EUROPE SA n’est pas sérieusement contestable.
Dans ces conditions, la demande de provision ad litem apparaît justifiée et la société AIG EUROPE SA sera condamnée à verser à payer à Madame [I] [H], ès qualités de représentante légale de sa fille mineure [O] [H], la somme de 1 300 euros.
Sur les demandes accessoires
L’article 491 du code de procédure civile impose au juge des référés de statuer sur les dépens. L’article 696 du code de procédure civile énonce que la partie perdante est en principe condamnée aux dépens. La société L’article 491 du code de procédure civile impose au juge des référés de statuer sur les dépens. L’article 696 du code de procédure civile énonce que la partie perdante est en principe condamnée aux dépens. La société AIG EUROPE SA, succombant, sera condamnée aux dépens.
L’article 700 du code de procédure civile dispose que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il doit à ce titre tenir compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée et peut écarter pour les mêmes considérations cette condamnation.
En l’espèce, il serait inéquitable de laisser au demandeur la charge de la totalité des frais irrépétibles qu’elle a dû exposer pour la défense de ses intérêts et il y aura lieu en conséquence de condamner la société AIG EUROPE SA à payer à Madame [I] [H], ès qualités de représentante légale de sa fille mineure [O] [H], la somme de 1 500 euros au titre de ses frais irrépétibles.
PAR CES MOTIFS
Le juge des référés, statuant publiquement par mise à disposition au greffe, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort, exécutoire à titre provisoire,
Renvoyons les parties à se pourvoir sur le fond du litige,
Par provision, tous moyens des parties étant réservés,
Ordonnons une expertise et désignons pour y procéder :
[V] [B]
.
Hôpital [Etablissement 2] pédiatrique.
[Adresse 4]
[Localité 4]
Tél : [XXXXXXXX01]
Port. : 06 84 20 49 98
Email : [Courriel 1]
(expert inscrit sur la liste de lacour d’appel de [Localité 5] sous la rubrique F-01.24 – Pédiatrie)
qui pourra se faire assister de tout spécialiste de son choix dans une autre spécialité que la sienne, avec pour mission de :
1. Convoquer les parties et leurs conseils en les informant de leur droit de se faire assister par un médecin conseil de leur choix ;
2. Se faire communiquer par la victime, son représentant légal ou tout tiers détenteur, tous documents médicaux relatifs à l’accident, en particulier le certificat médical initial ;
Analyse médico-légale
3. Fournir le maximum de renseignements sur l’identité de la victime, ses conditions d’activités professionnelles, son niveau scolaire s’il s’agit d’un enfant ou d’un étudiant, son statut exact et/ou sa formation s’il s’agit d’une demanderesse d’emploi ;
4. À partir des déclarations de la victime imputables au fait dommageable et des documents médicaux fournis, décrire en détail les lésions initiales, les modalités du traitement, en précisant autant que possible les durées exactes d’hospitalisation et de rééducation et, pour chaque période d’hospitalisation ou de rééducation, la nature et le nom de l’établissement, le ou les services concernés et la nature des soins ;
5. Indiquer la nature de tous les soins et traitements prescrits imputables à l’accident et, si possible, la date de la fin de ceux-ci ;
6. Retranscrire dans son intégralité le certificat médical initial et, si nécessaire, reproduire totalement ou partiellement les différents documents médicaux permettant de connaître les lésions initiales et les principales étapes de l’évolution ;
7. Prendre connaissance et interpréter les examens complémentaires produits ;
8. Recueillir les doléances de la victime en l’interrogeant sur les conditions d’apparition, l’importance des douleurs et de la gêne fonctionnelle et leurs conséquences ;
9. Décrire un éventuel état antérieur en interrogeant la victime et en citant les seuls antécédents qui peuvent avoir une incidence sur les lésions ou leurs séquelles. Dans cette hypothèse :
— au cas où il aurait entraîné un déficit fonctionnel antérieur, fixer la part imputable à l’état antérieur et la part imputable au fait dommageable ;
— au cas où il n’y aurait pas de déficit fonctionnel antérieur, dire si le traumatisme a été la cause déclenchante du déficit fonctionnel actuel ou si celui-ci se serait de toute façon manifesté spontanément dans l’avenir ;
10. Procéder à un examen clinique détaillé (y compris taille et poids) en fonction des lésions initiales et des doléances exprimées par la victime, en assurant la protection de son intimité, et informer ensuite contradictoirement les parties et leurs conseils de façon circonstanciée de ses constatations et de leurs conséquences ;
11. Analyser dans une discussion précise et synthétique l’imputabilité entre l’accident, les lésions initiales et les séquelles invoquées en se prononçant sur :
— la réalité des lésions initiales,
— la réalité de l’état séquellaire en décrivant les actes, gestes et mouvements rendus difficiles ou impossibles en raison de l’accident,
— l’imputabilité directe et certaine des séquelles aux lésions initiales,
et en précisant l’incidence éventuelle d’un état antérieur ;
Évaluation médico-légale
12. Déterminer la durée du déficit fonctionnel temporaire, période pendant laquelle, pour des raisons médicales en relation certaine et directe avec l’accident, la victime a dû interrompre totalement ses activités scolaires ou professionnelles, ou ses activités habituelles ; Si l’incapacité fonctionnelle n’a été que partielle, en préciser le taux ; Préciser la durée des arrêts de travail au regard des organismes sociaux ; si cette durée est supérieure à l’incapacité temporaire retenue, dire si ces arrêts sont liés au fait dommageable ;
13. Décrire les souffrances physiques, psychiques ou morales endurées pendant la maladie traumatique (avant consolidation) du fait des blessures subies. Les évaluer selon l’échelle habituelle de sept degrés ;
14. Donner un avis sur l’existence, la nature et l’importance du préjudice esthétique temporaire (avant consolidation). Le décrire précisément et l’évaluer selon l’échelle habituelle de sept degrés ;
15. Décrire, en cas de difficultés éprouvées par la victime, les conditions de reprise de l’autonomie et, lorsque la nécessité d’une aide temporaire avant consolidation est alléguée, indiquer si l’assistance d’une tierce personne constante ou occasionnelle a été nécessaire, en décrivant avec précision les besoins (niveau de compétence technique, durée d’intervention quotidienne) ;
16. Fixer la date de consolidation, qui est le moment où les lésions se fixent et prennent un caractère permanent tel qu’un traitement n’est plus nécessaire, si ce n’est pour éviter une aggravation ;
Si la date de consolidation ne peut pas être fixée, l’expert établira un pré-rapport décrivant l’état provisoire de la victime et indiquera dans quel délai celle-ci devra être réexaminée ;
17. Chiffrer, par référence au « Barème indicatif des déficits fonctionnels séquellaires en droit commun » le taux éventuel de déficit fonctionnel permanent (état antérieur inclus) imputable à l’accident, résultant de l’atteinte permanente d’une ou plusieurs fonctions persistant au moment de la consolidation, le taux de déficit fonctionnel devant prendre en compte, non seulement les atteintes aux fonctions physiologiques de la victime mais aussi les douleurs physiques et morales permanentes qu’elle ressent, la perte de qualité de vie et les troubles dans les conditions d’existence qu’elle rencontre au quotidien après consolidation ; dans l’hypothèse d’un état antérieur, préciser en quoi l’accident a eu une incidence sur celui-ci et décrire les conséquences de cette situation ;
18. Donner un avis sur l’existence, la nature et l’importance du préjudice esthétique permanent ; le décrire précisément et l’évaluer selon l’échelle habituelle de sept degrés, indépendamment de l’éventuelle atteinte fonctionnelle prise en compte au titre du déficit ;
19. Si la victime allègue un préjudice d’agrément, à savoir l’impossibilité de se livrer à des activités spécifiques de sport et de loisir, ou une limitation de la pratique de ces activités, donner un avis médical sur cette impossibilité ou cette limitation et son caractère définitif, sans prendre position sur l’existence ou non d’un préjudice afférent à cette allégation ;
20. Dire s’il existe un préjudice sexuel ; le décrire en précisant s’il recouvre l’un ou plusieurs des trois aspects pouvant être altérés séparément ou cumulativement, partiellement ou totalement : la morphologie, l’acte sexuel (libido, impuissance ou frigidité) et la fertilité (fonction de reproduction) ;
21. Si la victime allègue une répercussion dans l’exercice de ses activités scolaires ou professionnelles, recueillir les doléances, les analyser, les confronter avec les séquelles retenues, en précisant les gestes professionnels rendus plus difficiles ou impossibles ; dire si un changement de poste ou d’emploi apparaît lié aux séquelles ;
22. Perte d’autonomie après consolidation : indiquer, le cas échéant :
— si l’assistance d’une tierce personne constante ou occasionnelle est nécessaire, en décrivant avec précision les besoins (niveau de compétence technique, durée d’intervention quotidienne) ;
— si des appareillages, des fournitures complémentaires et si des soins postérieurs à la consolidation sont à prévoir ; préciser la périodicité du renouvellement des appareils, des fournitures et des soins ;
— donner le cas échéant un avis sur les aménagements du logement, du véhicule, et plus généralement sur l’aptitude de la victime à mener un projet de vie autonome ;
23. Établir un récapitulatif de l’évaluation de l’ensemble des postes énumérés dans la mission ;
Faisons injonction aux parties de communiquer aux autres parties les documents de toute nature qu’elles adresseront à l’expert pour établir le bien fondé de leurs prétentions ;
Disons que l’expert pourra se faire communiquer tant par les médecins que par les caisses de sécurité sociale et par les établissements hospitaliers concernés, tous les documents médicaux qu’il jugerait utiles aux opérations d’expertise ;
Disons que l’expert ne communiquera directement aux parties les documents médicaux ainsi obtenu directement de tiers concernant la partie demanderesse qu’avec son accord ; qu’à défaut d’accord de celui-ci, ces éléments seront portés à la connaissance des parties par l’intermédiaire du médecin qu’elles auront désigné à cet effet ;
Disons que l’expert sera saisi et effectuera sa mission conformément aux dispositions des articles 263 et suivants du code de procédure civile et qu’il déposera son rapport en un exemplaire original sous format papier et en copie sous la forme d’un fichier PDF enregistré sur un CD-ROM au greffe du tribunal judiciaire de Nanterre, service du contrôle des expertises, extension du palais de justice, [Adresse 5] Cedex (01 40 97 14 82), dans le délai de huit mois à compter de l’avis de consignation, sauf prorogation de ce délai dûment sollicité en temps utile auprès du juge du contrôle (en fonction d’un nouveau calendrier prévisionnel préalablement présenté aux parties) ;
Disons que l’expert devra, dès réception de l’avis de versement de la provision à valoir sur sa rémunération, convoquer les parties à une première réunion qui devra se tenir avant l’expiration d’un délai de deux mois, au cours de laquelle il procédera a une lecture contradictoire de sa mission, présentera la méthodologie envisagée, interrogera les parties sur d’éventuelles mises en cause, établira contradictoirement un calendrier de ses opérations et évaluera le coût prévisible de la mission, et qu’à l’issue de cette première réunion il adressera un compte-rendu aux parties et au juge chargé du contrôle ;
Dans le but de limiter les frais d’expertise, nous invitons les parties, pour leurs échanges contradictoires avec l’expert et la communication des documents nécessaires à la réalisation de la mesure, à utiliser la voie dématérialisée via l’outil OPALEXE ;
Disons que, sauf accord contraire des parties, l’expert devra adresser à celles-ci une note de synthèse dans laquelle il rappellera l’ensemble de ses constatations matérielles, présentera ses analyses et proposera une réponse à chacune des questions posées par la juridiction ;
Disons que l’expert devra fixer aux parties un délai pour formuler leurs dernières observations ou réclamations en application de l’article 276 du code de procédure civile et rappelons qu’il ne sera pas tenu de prendre en compte les transmissions tardives ;
Désignons le magistrat chargé du contrôle des expertises pour suivre la mesure d’instruction et statuer sur tous incidents ;
Disons que l’expert devra rendre compte à ce magistrat de l’avancement de ses travaux d’expertise et des diligences accomplies et qu’il devra l’informer de la carence éventuelle des parties dans la communication des pièces nécessaires à l’exécution de sa mission conformément aux dispositions des articles 273 et 275 du code de procédure civile ;
Fixons à la somme de 1 300 euros la provision à valoir sur la rémunération de l’expert, qui devra être consignée par Madame [I] [H], es qualité de représentante légale de sa fille mineure [O] [H], entre les mains du régisseur d’avances et de recettes de ce tribunal, dans le délai maximum de huit (8) semaines à compter de la présente ordonnance, sans autre avis ;
Disons qu’il convient de privilégier le paiement par virement, la partie demanderesse devant solliciter les coordonnées de la régie par mail (avec une copie scannée de la décision) :
[Courriel 2] ;
Disons que, faute de consignation dans ce délai impératif, la désignation de l’expert sera caduque et privée de tout effet ;
Disons qu’en déposant son rapport, l’expert adressera aux parties et à leurs conseils une copie de sa demande de rémunération ;
Disons n’y avoir lieu à référé sur la demande de provision de Madame [I] [H], es qualité de représentante légale de sa fille mineure [O] [H],
Condamnons la société AIG EUROPE SA à payer à Madame [I] [H], es qualité de représentante légale de sa fille mineure [O] [H], la somme de 1 300 euros, à titre de provision ad litem,
Condamnons la société AIG EUROPE SA aux dépens,
Condamnons la société AIG EUROPE SA à payer à Madame [I] [H], en qualité de représentante légale de sa fille mineure [O] [H], la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile,
Rappelons que la présente ordonnance est exécutoire par provision.
FAIT À [Localité 6], le 22 avril 2026.
LE GREFFIER
Flavie GROSJEAN, Greffier
LE PRÉSIDENT
Karine THOUATI, Vice-présidente
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