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Sur la décision
| Référence : | TJ Nice, service de proximite, 28 oct. 2025, n° 25/00910 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00910 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Se dessaisit ou est dessaisi au profit d'une autre juridiction |
| Date de dernière mise à jour : | 7 novembre 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : | Chez IQERA SERVICES SERVICE SURENDETTEMENT, Société BNP PARIBAS, Etablissement CAF DES ALPES MARITIMES |
Texte intégral
COUR D’APPEL D’AIX EN PROVENCE
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NICE
JUGEMENT DU 28 OCTOBRE 2025
Service du surendettement
Organisme COTE D’AZUR HABITAT c/ Etablissement CAF DES ALPES MARITIMES, [N], Société BNP PARIBAS
MINUTE N°
DU 28 Octobre 2025
N° RG 25/00910 – N° Portalis DBWR-W-B7J-QJCY
Copie certifiée conforme délivrée
à toutes les parties
à Me POUSSIN
le
DEMANDERESSE:
CREANCIER :
COTE D’AZUR HABITAT
M.[K]
53 Boulevard René Cassin
06282 NICE CEDEX 3
représenté par Me Marina POUSSIN, avocate au barreau de NICE
DEFENDEURS:
DEBITEUR :
Monsieur [R] [N]
16 AV JEAN MOULIN
RES LE CHENE VERT BAT 1 ESC 3
06340 DRAP
comparant en personne
AUTRES CREANCIERS PARTIE INTERVENANTE :
Etablissement CAF DES ALPES MARITIMES
47 avenue de la Marne
06175 NICE CEDEX 2
non comparante, ni représentée
Société BNP PARIBAS
Chez IQERA SERVICES SERVICE SURENDETTEMENT
186 AV DE GRAMMONT
37917 TOURS CEDEX 9
non comparante, ni représentée
COMPOSITION DE LA JURIDICTION:
Lors des débats et qui a délibéré :
Président : Madame Caroline ATTAL, assistée lors des débats par Mme Muriel BOLARD, Greffier et lors du prononcé par Mme Muriel BOLARD qui a signé la minute avec le président
DEBATS : A l’audience publique du 09 Septembre 2025, l’affaire a été mise en délibéré au 28 Octobre 2025, les parties ayant été avisées que le prononcé de la décision aurait lieu par mise à disposition au greffe
PRONONCE : par mise à disposition au greffe le 28 Octobre 2025
EXPOSE DU LITIGE
Par déclaration déposée le 17 septembre 2024, Monsieur [R] [N] a sollicité de la commission de surendettement des particuliers des Alpes-Maritimes, l’ouverture d’une procédure de surendettement.
Suivant décision du 29 octobre 2024, la commission de surendettement a déclaré recevable la demande de Monsieur [R] [N] et le 7 janvier 2025 a préconisé une mesure de rétablissement personnel sans liquidation judiciaire.
Consécutivement à la notification de cette décision, un recours en contestation a été formé par Côte d’Azur Habitat, en faisant valoir que le débiteur a pu régler des échéances de loyer de sorte que la mise en place d’un plan classique de surendettement doit être privilégiée.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience du 9 septembre 2025.
A l’audience du 9 septembre 2025
Côte d’Azur Habitat, représenté par son conseil, a maintenu sa contestation et a sollicité qu’un plan soit établi avec règlement prioritaire de la dette de logement, en faisant valoir que la dette locative a considérablement augmenté et s’élève désormais à la somme de 5411,34 euros suivant décompte du 8 septembre 2025. Côte d’Azur Habitat estime que Monsieur [R] [N] est de mauvaise foi.
Monsieur [R] [N], présent à l’audience, expose quant à lui qu’il a eu une période au cours de laquelle il ne percevait que le RSA ce qui ne lui a pas permis de régler son loyer. Désormais sa situation financière s’est améliorée en ce qu’il a retrouvé un emploi qui lui procure 1450 euros. Il réalise également des heures supplémentaires. Il verse une contribution mensuelle à l’entretien et l’éducation de ses enfants de 150 euros. Il est favorable à la mise en œuvre d’un plan de remboursement et propose de régler une mensualité comprise entre 100 et 150 euros.
La CAF des Alpes-Maritimes a par courrier, déclaré s’excuser de ne pas comparaître et a adressé les caractéristiques de ses créances, sans justifier du caractère contradictoire de ses observations.
Aucune observation n’a été adressée par les autres parties.
MOTIFS
La présente décision rendue par le juge des contentieux de la protection, susceptible d’appel selon l’article R. 741-12 du code de la consommation, sera réputée contradictoire en application de l’article 474 du code de procédure civile en l’état de l’absence de comparution des créanciers non demandeurs.
Selon les dispositions des articles 761 et 817 du code de procédure civile, la procédure est orale devant le juge des contentieux de la protection, ce qui implique en application de l’article 446-1 du même code, que les parties présentent oralement à l’audience leurs prétentions et les moyens à leur soutien, sauf possibilité prévue par l’article R. 713-4 du code de la consommation, de présenter ses moyens par écrit par lettre adressée au juge à condition de justifier que l’adversaire en a eu connaissance avant l’audience par lettre recommandée avec accusé de réception.
Toutes les observations écrites non adressées au contradictoire des autres parties, par des parties non comparantes, sont donc irrecevables et en tout état de cause, il ne pourra en être tiré de conséquence défavorable aux parties qui n’en sont pas régulièrement informées.
Quant aux parties comparantes, il est constant que le principe du contradictoire exige qu’il ne puisse être tenu compte que des prétentions et moyens nécessairement contenus dans le recours initial porté à la connaissance des autres parties ou l’objet de la convocation, sauf à ce que les éléments nouveaux aient été portés à la connaissance des autres parties, notamment à celles auxquelles ils sont susceptibles de faire grief.
Sur la recevabilité formelle du recours
Côte d’Azur Habitat a reçu notification de la décision de la commission de surendettement des particuliers des Alpes-Maritimes concernant la mesure de rétablissement personnel sans liquidation judiciaire de Monsieur [R] [N] , le 13 janvier 2025.
Le recours a été formé par lettre recommandée avec avis de réception adressée à la commission de surendettement des particuliers des Alpes-Maritimes, postée le 6 février 2025, soit dans le délai de trente jours à compter de la notification.
Il convient donc de le déclarer recevable, en application des dispositions de l’article R. 741-1 du code de la consommation auquel renvoie l’article L. 741-4 du code de la consommation.
Sur la mesure de rétablissement personnel sans liquidation judiciaire
Aux termes de l’article L. 711-1 du code de la consommation, la situation de surendettement des personnes physiques est caractérisée par l’impossibilité manifeste pour le débiteur de bonne foi de faire face à l’ensemble de ses dettes non professionnelles exigibles et à échoir ou à l’engagement donné de cautionner ou d’acquitter solidairement la dette d’un entrepreneur individuel ou d’une société.
L’article L. 741-1 du code de la consommation permet à la commission de surendettement d’imposer un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire, lorsque le débiteur se trouve dans une situation irrémédiablement compromise caractérisée par l’impossibilité manifeste de mettre en œuvre des mesures de traitement sous forme de plan et n’est propriétaire d’aucun bien.
Selon l’article L. 741-5 du code de la consommation, le juge saisi d’un recours en contestation contre la mesure de rétablissement personnel sans liquidation judiciaire, peut, avant de statuer faire publier un appel aux créanciers, vérifier, même d’office, la validité des créances, des titres qui les constatent ainsi que le montant des sommes réclamées, et s’assurer que le débiteur est bien de bonne foi et dans l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de ses dettes.
Il ressort du dossier transmis par la commission de surendettement des particuliers des Alpes-Maritimes qu’au jour de sa décision, l’endettement de Monsieur [R] [N] s’élève à 2641,53 euros dont 1867,12 euros au titre de la dette de logement auprès de Côte d’Azur Habitat .
Selon dernier décompte arrêté au 8 septembre 2025, la dette locative s’élève à 5411,34 euros, soit un montant supérieur à celui déclaré. Néanmoins, la mauvaise foi de Monsieur [R] [N] ne saurait être démontrée en ce qu’il a opéré des règlements au moins partiels. Il expose qu’il a désormais un emploi et réalise des heures supplémentaires ce qui lui permet de rembourser ses dettes.
En considération de l’ensemble de ces éléments, il n’est pas démontré que la situation de Monsieur [R] [N] est irrémédiablement compromise et il convient de renvoyer le dossier devant la commission de surendettement des particuliers des Alpes-Maritimes, pour élaboration de nouvelles mesures après actualisation de ses ressources et charges.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant après débats en audience publique par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire, en premier ressort,
DECLARE recevable en la forme le recours de Côte d’Azur Habitat contre la mesure imposée de rétablissement personnel sans liquidation judiciaire émise par la Commission de surendettement des particuliers à l’égard de Monsieur [R] [N] ;
DIT n’y avoir lieu au prononcé d’une mesure de rétablissement personnel sans liquidation judiciaire et renvoie le dossier à la commission de surendettement des particuliers des Alpes-Maritimes pour élaboration de nouvelles mesures après actualisation des ressources et charges de Monsieur [R] [N] ;
DIT que la présente décision sera notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception aux parties et par lettre simple à la commission de surendettement des particuliers des Alpes-Maritimes ;
RAPPELLE qu’en application de l’article R. 713-10 du code de la consommation, ce jugement est immédiatement exécutoire ;
LAISSE les dépens à la charge du Trésor Public.
LE GREFFIER LE JUGE
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