Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Paris, service des réf., 10 déc. 2024, n° 24/56390 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/56390 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 16 décembre 2024 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
TRIBUNAL
JUDICIAIRE
DE PARIS
■
N° RG 24/56390
N° Portalis 352J-W-B7I-C5OCD
N° : 8
Assignation du :
09 septembre 2024
[1]
[1] 2 copies exécutoires
délivrées le :
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
rendue le 10 décembre 2024
par Fabrice VERT, Premier Vice-Président au Tribunal judiciaire de Paris, agissant par délégation du Président du Tribunal,
Assisté de Arnaud FUZAT, Greffier.
DEMANDEURS
Madame [G] [L]
[Adresse 1]
[Localité 4]
Monsieur [E] [N]
[Adresse 1]
[Localité 4]
représentés par Maître Yoni MARCIANO, avocat au barreau de HAUTS-DE-SEINE – #PN69
DEFENDERESSE
La S.A.R.L. LAMIS
[Adresse 2]
[Localité 3]
représentée par Maître Jean-Marc BENHAMOU, avocat au barreau de PARIS – #D849
DÉBATS
A l’audience du 05 novembre 2024, tenue publiquement, présidée par Fabrice VERT, Premier Vice-Président, assisté de Arnaud FUZAT, Greffier,
Nous, Président,
Après avoir entendu les conseils des parties,
Vu l’assignation en référé, enrôlée sous le N°RG 24/56390 délivrée à la requête des consorts [L] [N], bailleur, devant le président du tribunal judiciaire de céans tendant, principalement, à voir constater l’acquisition de la clause résolutoire du bail commercial liant les parties, condamner le preneur à payer une provision sur loyers impayés et indemnités d’occupation et à voir ordonner son expulsion ;
Les consorts [L] [N] demandent le bénéfice de l’assignation sauf à augmenter la demande en paiement au titre des loyers et charges impayés arrêtés au 4 novembre 2024 à la somme de 12 000 euros ;
Le défendeur indique acquiescer à la demande sauf à demander le rejet de la demande formée du chef de l’article 700 du code de procédure civile.
Il est renvoyé aux dernières écritures des parties et à leurs observations à l’audience pour plus ample exposé des faits, moyens et prétentions qui y sont contenus conformément à l’article 446-1 du code de procédure civile.
MOTIFS
Il résulte des dispositions conjuguées des articles 834 et 835 du code de procédure civile, que le juge des référés peut, dans tous les cas d’urgence, ordonner toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend et que, même en présence d’une contestation sérieuse, il peut prescrire les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite.
L’article 835, alinéa 2, du code de procédure civile dispose que le juge des référés peut accorder une provision au créancier, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire « dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable »
Le juge des référés a le pouvoir de constater l’acquisition de la clause résolutoire délibérée en application des dispositions de l’article L 145-41 du code de commerce ;
Le juge des référés peut constater la résiliation de plein droit du bail au titre d’une clause contenue à l’acte à cet effet, à condition que :
— le défaut de paiement de la somme réclamée dans le commandement de payer visant la clause résolutoire soit manifestement fautif,
— le bailleur soit, de toute évidence, en situation d’invoquer de bonne foi la mise en jeu de cette clause,
— la clause résolutoire soit dénuée d’ambiguïté et ne nécessite pas interprétation ; en effet, la clause résolutoire d’un bail doit s’interpréter strictement.
En l’espèce, la soumission du bail au statut des baux commerciaux ne donne lieu à aucune discussion.
Il n’existe aucune contestation sérieuse sur la régularité du commandement du 4 000 euros en ce qu’il mentionne la nature des sommes réclamées et les échéances auxquelles elles se rapportent.
Il précise en outre qu’à défaut de paiement dans le délai d’un mois, le bailleur entend expressément se prévaloir de la clause résolutoire incluse dans le bail.
Ainsi le commandement contenait toutes les précisions permettant au locataire de connaître la nature, la cause, le montant des sommes réclamées et les sanctions encourues, de procéder au règlement des sommes dues ou de motiver la critique du décompte.
La SARL Lamis est preneur de locaux commerciaux dépendant d’un immeuble sis [Adresse 2].
Le bailleur a fait délivrer au preneur un commandement, en date du 30 juillet 2024, visant la clause résolutoire insérée au bail et reproduisant les dispositions de l’article L 145-41 du code de commerce, d’avoir à payer la somme de 4 000 euros au titre des loyers et charges impayés;
Les causes de ce commandement n’ont pas été acquittées dans le mois de sa délivrance ;
Dès lors, la clause résolutoire est acquise et le bail se trouve résilié de plein droit avec toutes conséquences de droit ; l’expulsion du preneur et de tout occupant de son chef sera ordonnée en cas de non restitution volontaire des lieux dans les 15 jours de la signification de la présente ordonnance ;
L’indemnité d’occupation due depuis l’acquisition de la clause résolutoire et jusqu’à la libération effective des lieux par la remise des clés, est fixée à titre provisionnel au montant du loyer contractuel, outre les charges, taxes et accessoires et le défendeur sera condamnée à payer cette indemnité d’immobilisation jusqu’à la libération effective des lieux.
Au vu du décompte produit, l’obligation du preneur au titre des loyers, charges, taxes, accessoires et indemnités d’occupation dus au 4 novembre 2024 n’est pas sérieusement contestable à hauteur de 12 000 euros. Il sera donc condamné à titre provisionnel à payer cette somme au demandeur.
L’équité ne commande pas de faire application de l’article 700 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement, par ordonnance contradictoire et en premier ressort, rendue par mise à disposition au greffe, exécutoire à titre provisoire,
Constatons l’acquisition de la clause résolutoire insérée au bail à la date du 30 aout 2024 ;
Ordonnons, à défaut de restitution volontaire des lieux dépendant d’un immeuble sis [Adresse 2], dans les quinze jours de la signification de la présente ordonnance, l’expulsion du défendeur et de tout occupant de son chef des lieux susvisés [Adresse 2] avec le concours, en tant que de besoin, de la force publique et d’un serrurier ;
Disons, en cas de besoin, que les meubles se trouvant sur les lieux seront remis aux frais de la personne expulsée dans un lieu désignée par elle et qu’à défaut, ils seront laissés sur place ou entreposés en un autre lieu approprié et décrits avec précision par l’huissier chargé de l’exécution, avec sommation à la personne expulsée d’avoir à les retirer dans le délai d’un mois non renouvelable à compter de la signification de l’acte, à l’expiration duquel il sera procédé à leur mise en vente aux enchères publiques, sur autorisation du juge de l’exécution, ce conformément à ce que prévoient les articles L. 433-1 et suivants et R. 433-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution,
Fixons à titre provisionnel l’indemnité d’occupation, à compter de la résiliation du bail et jusqu’à la libération effective des lieux par la remise des clés, à une somme égale au montant du loyer contractuel, outre les taxes, charges et accessoires,
Condamnons la SARL Lamis à payer aux demandeurs la somme provisionnelle de 12 000 euros au titre de la dette locative arrêtée au 4 novembre 2024 ainsi que les indemnités d’occupation postérieures, jusqu’au jour de la libération effective des lieux, ainsi qu’aux dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer,
Disons n’y avoir lieu à l’application de l’article 700 du code de procédure civile,
Disons n’y avoir lieu à référé pour le surplus des demandes.
Fait à Paris le 10 décembre 2024.
Le Greffier, Le Président,
Arnaud FUZAT Fabrice VERT
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Chauffage ·
- Sociétés ·
- Peinture ·
- Actif ·
- Tribunal judiciaire ·
- Expertise ·
- Mandataire judiciaire ·
- Expert judiciaire ·
- Extensions ·
- Mission
- Maladie professionnelle ·
- État antérieur ·
- Incapacité ·
- Canal ·
- Consolidation ·
- Sociétés ·
- Expert ·
- Barème ·
- Assurance maladie ·
- Rapport
- Relations du travail et protection sociale ·
- Risques professionnels ·
- Associations ·
- Incapacité ·
- Barème ·
- Maladie professionnelle ·
- Tribunal judiciaire ·
- Assurance maladie ·
- Médecin ·
- Droite ·
- Consolidation ·
- Assurances
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Prolongation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Décision d’éloignement ·
- Maintien ·
- Étranger ·
- Menaces ·
- Diligences ·
- Nationalité ·
- Délivrance ·
- Voyage
- Authentification ·
- Sms ·
- Identifiants ·
- Crédit lyonnais ·
- Code confidentiel ·
- Banque ·
- Virement ·
- Téléphone ·
- Connexion ·
- Ligne
- Syndicat de copropriétaires ·
- Charges de copropriété ·
- Ensemble immobilier ·
- Assignation en justice ·
- Provision ·
- Assemblée générale ·
- Commissaire de justice ·
- Mise en demeure ·
- Lot ·
- Intérêt
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Conseil régional ·
- Comptable ·
- Tribunal judiciaire ·
- Ordre ·
- Épouse ·
- Expert ·
- Accord transactionnel ·
- Ordonnance ·
- Commissaire de justice ·
- Litige
- Clause resolutoire ·
- Résiliation du bail ·
- Expulsion ·
- Loyer ·
- Locataire ·
- Commandement de payer ·
- Délais ·
- Protection ·
- Indemnité ·
- Paiement
- Pension d'invalidité ·
- Tribunal judiciaire ·
- Salaire ·
- Vanne ·
- Assurance maladie ·
- Cotisations ·
- Sécurité sociale ·
- Invalide ·
- Sécurité ·
- Activité
Sur les mêmes thèmes • 3
- Clause resolutoire ·
- Loyer ·
- Commandement de payer ·
- Bail ·
- Résiliation ·
- Délais ·
- Adresses ·
- Paiement ·
- Meubles ·
- Indemnité d 'occupation
- Tribunal judiciaire ·
- Carolines ·
- Sécurité sociale ·
- Adresses ·
- Mise en état ·
- Pouvoir du juge ·
- Mission ·
- Notification ·
- Exonérations ·
- Pouvoir
- Tribunal judiciaire ·
- Assurance maladie ·
- Représentants des salariés ·
- Travailleur indépendant ·
- Lettre simple ·
- Désistement d'instance ·
- Dessaisissement ·
- Indépendant ·
- Courriel ·
- Lettre
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.