Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Paris, pcp jcp acr référé, 19 mars 2026, n° 25/08091 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/08091 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 31 mars 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
TRIBUNAL
JUDICIAIRE
DE, [Localité 1] [1]
[1] Copie conforme délivrée
le :
à :, [O], [B]
Copie exécutoire délivrée
le :
à : Me Joseph PANGALLO
Pôle civil de proximité
■
PCP JCP ACR référé
N° RG 25/08091 – N° Portalis 352J-W-B7J-DAYU4
N° MINUTE : 3
ORDONNANCE DE REFERE
rendue le 19 mars 2026
DEMANDERESSE
S.C.I. ROSANNA, dont le siège social est sis, [Adresse 1], [Localité 2]
représentée par Me Joseph PANGALLO, avocat au barreau de PARIS, vestiaire : #L0281
DÉFENDEUR
Monsieur, [O], [B], demeurant, [Adresse 2]
non comparant, ni représenté
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Morgane JUMEL, Vice-présidente, juge des contentieux de la protection assistée de Clarisse DUMONTET, Greffier,
DATE DES DÉBATS
Audience publique du 07 janvier 2026
ORDONNANCE
réputée contradictoire et en premier ressort prononcée par mise à disposition le 19 mars 2026 par Morgane JUMEL, Vice-présidente, assistée de Clarisse DUMONTET, Greffier
Décision du 19 mars 2026
PCP JCP ACR référé – N° RG 25/08091 – N° Portalis 352J-W-B7J-DAYU4
EXPOSE DU LITIGE
Par acte d’huissier du 1er septembre 2025, la SCI ROSANNA a fait assigner Monsieur, [O], [B] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Paris, statuant en référé, afin notamment que celui-ci :
— à titre principal, constate l’acquisition de la clause résolutoire prévue à l’engagement de location et à titre subsidiaire, prononce la résiliation de plein droit du bail ;
— ordonne l’expulsion de Monsieur, [O], [B] ainsi que de tous occupants de son chef, avec le concours de la force publique si nécessaire, à défaut de départ volontaire ;
— dise que s’agissant des meubles et objets mobiliers laissés dans les lieux, il devra être procédé conformément aux dispositions de l’article L.433-1 du code des procédures civiles d’exécution ;
— condamner Monsieur, [O], [B] à lui verser une indemnité d’occupation provisionnelle égale au montant du loyer et des charges outres les taxes à compter de la résiliation, jusqu’au jour de la libération effective des lieux ;
— condamne Monsieur, [O], [B] à lui payer la somme provisionnelle de 5.663,43 euros au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation impayés au 4 juillet 2025 ;
— condamne Monsieur, [O], [B] au versement d’une somme de 1.600 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile ainsi qu’aux entiers dépens.
A l’audience, la SCI ROSANNA a sollicité le bénéfice de son exploit introductif d’instance. La SCI ROSANNA s’est opposée à l’octroi de délais de paiement suspendant la clause résolutoire au regard de l’ancienneté de la dette locative et de l’absence de reprise du paiement du loyer courant.
Monsieur, [O], [B], cité selon procès-verbal de recherches infructueuses, n’a pas comparu.
MOTIFS DE LA DECISION
Vu l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989,
Vu le contrat de location meublée conclu le 6 mai 2024, portant sur le logement situé, [Adresse 3],
Vu le commandement de payer en date du 7 mars 2025 portant sur une somme en principal de 2.404 euros,
Vu la saisine CCAPEX du 11 mars 2025,
Vu la notification au Préfet du 1er septembre 2025,
Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, le défendeur qui ne comparait pas s’expose néanmoins à ce qu’un jugement soit rendu contre lui. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
En application de l’article 834 du code de procédure civile, le juge des contentieux de la protection peut, dans tous les cas d’urgence et dans les limites de sa compétence, ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend.
Sur la demande d’expulsion
L’article 24 I de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 dans sa version en vigueur depuis le 29 juillet 2023 prévoit que :
« I. – Tout contrat de bail d’habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux.
Le commandement de payer contient, à peine de nullité :
1° La mention que le locataire dispose d’un délai de six semaines pour payer sa dette ;
2° Le montant mensuel du loyer et des charges ;
3° Le décompte de la dette ;
4° L’avertissement qu’à défaut de paiement ou d’avoir sollicité des délais de paiement, le locataire s’expose à une procédure judiciaire de résiliation de son bail et d’expulsion ;
5° La mention de la possibilité pour le locataire de saisir le fonds de solidarité pour le logement de son département, dont l’adresse est précisée, aux fins de solliciter une aide financière ;
6° La mention de la possibilité pour le locataire de saisir, à tout moment, la juridiction compétente aux fins de demander un délai de grâce sur le fondement de l’article 1343-5 du code civil.
Lorsque les obligations résultant d’un contrat de location conclu en application du présent titre sont garanties par un cautionnement, le commandement de payer est signifié à la caution dans un délai de quinze jours à compter de sa signification au locataire. A défaut, la caution ne peut être tenue au paiement des pénalités ou des intérêts de retard.
Lorsque le locataire est en situation d’impayé de loyer ou de charges locatives sans interruption depuis une durée de deux mois ou lorsque la dette de loyer ou de charges locatives du locataire est équivalente à deux fois le montant du loyer mensuel hors charges locatives, les commandements de payer, délivrés pour le compte d’un bailleur personne physique ou société civile constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu’au quatrième degré inclus, sont signalés par le commissaire de justice à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives prévue à l’article 7-2 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 précitée. Lors de ce signalement, le commissaire de justice précise les coordonnées téléphoniques et électroniques et la situation socioéconomique des occupants au vu des informations en sa connaissance. Le signalement s’effectue par voie électronique par l’intermédiaire du système d’information prévu au dernier alinéa du même article 7-2.
Le représentant de l’Etat dans le département saisit l’organisme compétent désigné par le plan départemental d’action pour le logement et l’hébergement des personnes défavorisées, suivant la répartition de l’offre globale de services d’accompagnement vers et dans le logement prévue à l’article 4 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 précitée, afin qu’il réalise un diagnostic social et financier pour les locataires ainsi signalés par le commissaire de justice. Le diagnostic est transmis par l’opérateur à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives prévue à l’article 7-2 de la même loi avant l’expiration du délai mentionné au III du présent article. "
L’article 24 V indique pour sa part :
« Le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d’office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, par dérogation au délai prévu au premier alinéa de l’article 1343-5 du code civil, au locataire en situation de régler sa dette locative. Le quatrième alinéa de l’article 1343-5 s’applique lorsque la décision du juge est prise sur le fondement du présent alinéa. Le juge peut d’office vérifier tout élément constitutif de la dette locative et le respect de l’obligation prévue au premier alinéa de l’article 6 de la présente loi. Il invite les parties à lui produire tous éléments relatifs à l’existence d’une procédure de traitement du surendettement au sens du livre VII du code de la consommation. »
L’article 24 VII précise :
« Lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais accordés par le juge dans les conditions prévues aux V et VI du présent article. Cette suspension prend fin dès le premier impayé ou dès lors que le locataire ne se libère pas de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixés par le juge. Ces délais et les modalités de paiement accordés ne peuvent affecter l’exécution du contrat de location et notamment suspendre le paiement du loyer et des charges.
Si le locataire se libère de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixés par le juge, la clause de résiliation de plein droit est réputée ne pas avoir joué. Dans le cas contraire, elle reprend son plein effet. "
En l’espèce, le bail conclu entre les parties contient une clause résolutoire et un commandement de payer visant cette clause a été signifié le 7 mars 2025, pour la somme en principal de 2.404 euros, en mentionnant que cette somme doit être réglée dans un délai de six semaines. Ce commandement est demeuré infructueux pendant plus de six semaines, de sorte qu’il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail étaient réunies à la date du 18 avril 2025.
L’examen du décompte locatif laisse apparaître que le loyer courant n’est pas réglé de façon régulière depuis de nombreux mois.
Monsieur, [O], [B], qui ne comparaît pas, ne justifie pas disposer des moyens financiers suffisants pour lui permettre de s’acquitter du paiement du loyer courant ainsi que du solde de sa dette dans le délai légal. En outre, il n’a pas repris le paiement intégral du loyer courant avant l’audience. Il n’y a pas lieu en conséquence d’accorder de délais de paiement ou de suspension des effets de la clause résolutoire, les conditions de l’article 24 VII de la loi du 6 juillet 1989 n’étant pas remplies.
Il y a lieu, en conséquence, de constater la résiliation du bail par l’effet de la clause résolutoire et d’autoriser l’expulsion de Monsieur, [O], [B].
Aucun motif ne justifie la suppression du délai de deux mois après la signification du commandement de quitter les lieux pour procéder à l’expulsion.
Jusqu’à la complète libération des lieux par la locataire, il est par ailleurs légitime, faute pour le bailleur de justifier d’un préjudice plus important que celui résultant de la seule perte du montant des loyers et charges, de fixer une indemnité d’occupation égale au montant du loyer actuel et des charges à compter de la résiliation du bail et jusqu’à la complète libération des lieux, avec revalorisation de droit telle que prévue au contrat de bail.
Sur la demande en paiement de la dette de loyer
Au vu des pièces produites, notamment le contrat de bail et le décompte, il apparaît que Monsieur, [O], [B] reste redevable de la somme de 5.663,43 euros au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation impayés au 4 juillet 2025.
Dès lors, Monsieur, [O], [B] sera condamné au paiement de cette somme, à titre provisionnel, augmentée des intérêts au taux légal tel que précisé au dispositif.
Sur les frais et dépens
Monsieur, [O], [B], partie perdante, sera condamné aux dépens.
L’équité commande de condamner par ailleurs Monsieur, [O], [B] au versement d’une somme de 800 euros au titre des dispositions de l’article 700 du Code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Nous, juge des contentieux de la protection, statuant en matière de référé, par ordonnance réputée contradictoire, en premier ressort, et par mise à disposition au greffe,
CONSTATONS que la clause résolutoire prévue au contrat de location meublée en date du 6 mai 2024, portant sur le logement situé, [Adresse 3], est acquise par la SCI ROSANNA depuis le 18 avril 2025 ;
ORDONNONS, faute de départ volontaire de Monsieur, [O], [B], son expulsion, ainsi que celle de tout occupant de son chef, avec au besoin le concours de la force publique conformément aux dispositions des articles L.153-1 et L.153-2 du code des procédures civiles d’exécution ;
RAPPELONS que l’expulsion ne pourra être mise en œuvre qu’à l’expiration d’un délai de deux mois suivant le commandement d’avoir à quitter les lieux et dans les conditions prévues aux articles L.412-1 et L.412-2 du code des procédures civiles d’exécution ;
RAPPELONS, s’agissant des meubles et objets mobiliers laissés dans les lieux, qu’il devra être procédé conformément aux dispositions de l’article L.433-1 du code des procédures civiles d’exécution ;
CONDAMNONS Monsieur, [O], [B] au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation provisionnelle égale au montant du loyer actuel et des charges à compter de la résiliation du bail et jusqu’à la complète libération des lieux, avec revalorisation de droit telle que prévue au contrat de bail ;
CONDAMNONS Monsieur, [O], [B] à payer à la SCI ROSANNA la somme de 5.663,43 euros, à titre provisionnel, au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation au 4 juillet 2025, augmentée des intérêts au taux légal à compter de la présente décision;
CONDAMNONS Monsieur, [O], [B] à payer à la SCI ROSANNA la somme de 800 euros en application des dispositions de l’article 700 du Code de procédure civile ;
CONDAMNONS Monsieur, [O], [B] aux entiers dépens ;
RENVOYONS les parties à mieux se pourvoir pour leurs demandes plus amples et contraires ;
RAPPELONS que la présente décision est exécutoire de plein droit.
AINSI jugé et mis à la disposition des parties les jour, mois et an précités.
LE GREFFIER LE PRESIDENT
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Vietnam ·
- Ordonnance ·
- Juge des référés ·
- Expertise ·
- Liquidateur ·
- Extensions ·
- Mandataire ·
- Partie ·
- Commune
- Procédure accélérée ·
- Tribunal judiciaire ·
- Adresses ·
- Désistement ·
- Syndic ·
- Jugement ·
- Juge des référés ·
- Partie ·
- Siège social ·
- Cabinet
- Locataire ·
- Sociétés ·
- Garantie ·
- Mandataire ·
- Défaut d'entretien ·
- Gestion ·
- Dégradations ·
- Habitation ·
- Arbre ·
- État
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Laine ·
- Tribunal judiciaire ·
- Motif légitime ·
- Commune ·
- Mesure d'instruction ·
- Expertise ·
- Adresses ·
- Ordonnance de référé ·
- Dépôt ·
- Avis favorable
- Eures ·
- Hospitalisation ·
- Santé publique ·
- Centre hospitalier ·
- Adresses ·
- Détention ·
- Liberté ·
- Tribunal judiciaire ·
- Certificat médical ·
- Consentement
- Assureur ·
- Assurances ·
- Peinture ·
- Entreprise ·
- Qualités ·
- Sociétés ·
- Adresses ·
- Expert ·
- Référé ·
- Siège social
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Communauté d’agglomération ·
- Tribunal judiciaire ·
- Pays ·
- Mise en état ·
- Accord transactionnel ·
- Tiers détenteur ·
- Commissaire de justice ·
- Médiation ·
- Protocole d'accord ·
- Saisie
- Véhicule ·
- Immatriculation ·
- Mission d'expertise ·
- Remise en état ·
- Marque ·
- Tribunal judiciaire ·
- Moteur ·
- Consommation ·
- Examen ·
- Juge
- Russie ·
- Partage amiable ·
- Divorce ·
- Enfant ·
- Responsabilité parentale ·
- Date ·
- Autorité parentale ·
- Conjoint ·
- Obligation alimentaire ·
- Mariage
Sur les mêmes thèmes • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Vienne ·
- Renvoi ·
- Juridiction ·
- Ressort ·
- Appel ·
- Commissaire de justice ·
- Licitation ·
- Profession ·
- Mise en état
- Historique ·
- Protection ·
- Contentieux ·
- Tribunal judiciaire ·
- Sociétés ·
- Juge ·
- Crédit renouvelable ·
- Déchéance ·
- Offre de crédit ·
- Procédure civile
- Extrait ·
- Site ·
- Entrepreneur ·
- Adresses ·
- Tribunal judiciaire ·
- Commissaire de justice ·
- Devis ·
- Clôture ·
- Nom commercial ·
- Date
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.