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Sur la décision
| Référence : | TJ Paris, surendettement, 20 avr. 2026, n° 25/00648 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00648 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Etablit un plan comportant les mesures visées aux articles L. 733-1, L. 733-7 et L. 733-8 C. consom. |
| Date de dernière mise à jour : | 28 avril 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Parties : | Etablissement public SIP PARIS 5E-6E-7E, LA BANQUE POSTALE |
|---|
Texte intégral
PROCÉDURE DE SURENDETTEMENT
JUGEMENT
DU LUNDI 20 AVRIL 2026
TRIBUNAL
JUDICIAIRE
DE PARIS
■
Parvis Robert BADINTER
75859 PARIS Cedex 17
Téléphone : 01.87.27.96.89
Télécopie : 01.87.27.96.15
Mél : surendettement.tj-paris@justice.fr
Surendettement
Références à rappeler
N° RG 25/00648 – N° Portalis 352J-W-B7J-DA2Q2
N° MINUTE :
26/00238
DEMANDEUR:
[O] [A]
DEFENDEURS:
LA BANQUE POSTALE CF
SIP PARIS 5E-6E-7E
LA BANQUE POSTALE
DEMANDERESSE
Madame [O] [A]
100 rue du chateau des rentiers
Esc 07
75013 PARIS
Comparante en personne
DÉFENDERESSES
Société LA BANQUE POSTALE CF
SERVICE SURENDETTEMENT
93812 BOBIGNY CEDEX 09
non comparante
Etablissement public SIP PARIS 5E-6E-7E
9 PL SAINT SULPICE
75292 PARIS CEDEX 06
non comparante
Société LA BANQUE POSTALE
SERVICE SURENDETTEMENT
20900 AJACCIO CEDEX 9
non comparante
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Présidente : Emmanuelle RICHARD
Greffière : Stellie JOSEPH
DÉCISION :
réputée contradictoire,rendue en premier ressort, et mise à disposition au greffe le 20 avril 2026
EXPOSE DU LITIGE
Par déclaration enregistrée le 27 mars 2025, Mme [O] [A] a déposé un dossier auprès de la Commission de surendettement des particuliers de Paris.
Le 15 mai 2025, la Commission de surendettement des particuliers de Paris a déclaré sa demande recevable.
Le 07 août 2025, la Commission de surendettement des particuliers de Paris a imposé un rééchelonnement des dettes pour une durée de 36 mois, au taux de 2,76 %, retenant une capacité de remboursement de 478 €.
Selon courrier recommandé avec accusé de réception envoyé le 8 septembre 2025, Mme [O] [A] a formé une contestation des mesures imposées notifiées le 18 août 2025.
La Commission de surendettement des particuliers de Paris a transmis le dossier de la débitrice au greffe du tribunal judiciaire de Paris qui l’a convoquée ainsi que les créanciers connus par lettre recommandée avec avis de réception conformément aux dispositions de l’article R 733-16 du Code de la consommation.
A l’audience du 16 février 2026, après deux renvois, Mme [O] [A], comparante en personne, sollicite du juge du surendettement une diminution des mensualités prévues au plan de désendettement.
Au soutien de sa demande, elle explique qu’elle est en arrêt maladie depuis octobre en raison des problèmes d’arthrose du dos et du genou et que son poste de travail doit être réaménagé pour qu’elle puisse reprendre son travail. Elle connaît donc une diminution de salaire. En outre, elle vit seule avec son enfant de 18 mois et doit s’acquitter des frais de crèche.
Par courrier reçu au greffe le 28 novembre 2025, la société Banque Postale a adressé les caractéristiques de ses crédits.
Par courrier reçu au greffe le 8 décembre 2025, la direction générale des finances publiques a indiqué qu’elle ne serait ni présente ni représentée à l’audience et a adressé le détail de sa créance.
Les autres créanciers, convoqués par courrier recommandé avec accusé de réception à leur adresse déclarée en procédure, n’ont pas comparu et n’ont pas écrit à la juridiction.
À l’issue des débats, l’affaire a été mise en délibéré au 20 avril 2026.
Préalablement autorisée par la juge, Mme [O] [A] a fait parvenir en cours de délibéré, divers documents.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur la recevabilité de la contestation
Mme [O] [A] est recevable en sa contestation des mesures imposées, formée dans les trente jours de la notification qui lui en a été faite le 18 août 2025, conformément aux prévisions des articles L 733-10 et R 733-6 du Code de la consommation.
Sur le bien fondé de la contestation
Sur la bonne foi et l’état d’endettement de la débitrice
Aux termes de l’article L. 711-1, alinéa 1, du code de la consommation, le bénéfice des mesures de traitement des situations de surendettement est ouvert aux personnes physiques de bonne foi.
En l’espèce, la bonne foi de Mme [O] [A] n’est pas contestée par les créanciers.
Selon l’état des créances en date du 09 septembre 2025 transmis par la Commission, l’endettement de Mme [O] [A] s’élève à la somme de 16 208,78 €.
Sur la capacité de remboursement de la débitrice et l’existence d’une situation de surendettement
En vertu de l’article L711-1 du Code de la consommation, la situation de surendettement est caractérisée par l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de ses dettes non professionnelles exigibles et à échoir. Le seul fait d’être propriétaire de sa résidence principale dont la valeur estimée à la date du dépôt du dossier de surendettement est égale ou supérieure au montant de l’ensemble des dettes non-professionnelles exigibles et à échoir ne fait pas obstacle à la caractérisation de la situation de surendettement. L’impossibilité de faire face à un engagement de cautionner ou d’acquitter solidairement la dette d’un entrepreneur individuel ou d’une société caractérise également une situation de surendettement.
En application des dispositions de l’article R731-1 du Code de la consommation, la part des ressources mensuelles du débiteur à affecter à l’apurement de ses dettes est calculée, dans les conditions prévues aux articles L. 731-1, L. 731-2 et L. 731-3, par référence au barème prévu à l’article R. 3252-2 du code du travail. Toutefois, cette somme ne peut excéder la différence entre le montant des ressources mensuelles réelles de l’intéressé et le montant forfaitaire du revenu de solidarité active mentionné au 2° de l’article L. 262-2 du code de l’action sociale et des familles applicable au foyer du débiteur.
En l’espèce, il ressort des éléments transmis par la Commission et complétés par la débitrice à l’audience que Mme [O] [A] est âgée de 50 ans et est accompagnatrice de vie, en contrat à durée indéterminée.
Elle perçoit un salaire mensuel net de 1574 euros selon bulletin de salaire de janvier 2026.
Elle perçoit en outre l’allocation de base-PAJE à hauteur de 196, 60 euros et la prime d’activité majorée à hauteur de 402,92 euros (attestation CAF du 20 février 2026)
En outre, il résultait de l’état descriptif de situation de la débitrice qu’elle percevait également une pension alimentaire de 199 euros, qu’elle n’a pas mentionnée à l’audience.
Soit un total de 2372,52 euros.
Elle a un enfant à charge.
La capacité théorique de remboursement, déterminée en application du barème prévu pour la saisie des rémunérations, s’élève à 655.68 euros par mois.
Toutefois, il convient de prendre en considération les charges mensuelles effectives de la débitrice, lesquelles sont les suivantes :
— forfait de base : 913 euros
— forfait habitation : 190 euros
— forfait chauffage : 167 euros
— loyer : 560 euros
— frais enfants : 274 euros
— ----------------
Soit au total : 2104 euros
La différence entre les ressources et les charges est ainsi de 2372, 52 – 2104 = 268,52 euros.
Il en résulte que l’état de surendettement de Mme [O] [A] est incontestable, sa capacité de remboursement étant insuffisante pour faire face au passif ci-dessus rappelé.
Sur le traitement de la situation de surendettement
L’article L733-13 du Code de la consommation prévoit que le juge saisi d’une contestation des mesures imposées prend tout ou partie des mesures définies aux articles L 733-1, L 733-4 et L 733-7. Dans tous les cas, la part des ressources nécessaires aux dépenses courantes du ménage est déterminée dans les conditions prévues à l’article L 731-2.
En application de l’article L 733-1 du Code de la consommation, peuvent être imposés un rééchelonnement du paiement des dettes avec possibilité de report pour une partie d’entre elles, l’imputation prioritaire des paiements sur le capital, la réduction des intérêts, outre la suspension d’exigibilité des créances autres qu’alimentaires pour une durée de 2 ans au maximum.
Un effacement partiel des dettes peut aussi être imposé.
En l’espèce, les mesures imposées ont été élaborées compte tenu d’une capacité de remboursement de 478 euros.
Or, il résulte des motifs précédents que la capacité de remboursement de Mme [O] [A] s’établit à ce jour à la somme de 268,52 euros.
Dans ces conditions, un nouveau plan sera établi en reprenant la capacité de remboursement de la débitrice modifiée. Ainsi :
— les dettes seront rééchelonnées sur une durée de 61 mois ;
— le taux d’intérêt des autres prêts sera ramené à zéro et les dettes reportées ou rééchelonnées ne produiront pas intérêts afin de ne pas alourdir le passif de la débitrice et de ne pas obérer les chances de redressement de sa situation ;
— les dettes seront apurées selon le plan ci-joint.
Il sera précisé que Mme [O] [A] pourra déposer un nouveau dossier en cas de changement significatif de ses conditions de ressources à la hausse comme à la baisse.
Les dépens seront laissés à la charge du Trésor public.
PAR CES MOTIFS
Le Juge des contentieux de la protection, statuant publiquement, par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et rendu en premier ressort,
DÉCLARE Mme [O] [A] recevable en sa contestation ;
FIXE la capacité de remboursement de Mme [O] [A] à 268,52 euros ;
MODIFIE les mesures imposées par la Commission de surendettement des particuliers de Paris par décision du 07 août 2025 au profit de Mme [O] [A],
DIT que la situation de surendettement de Mme [O] [A] sera traitée conformément aux mesures de redressement susvisées par le rééchelonnement des créances sans intérêt pendant 61 mois selon le plan annexé au présent jugement,
DIT que les échéances mensuelles devront être réglées le 10 de chaque mois à compter du 10 juin 2026;
INVITE Mme [O] [A] à mettre en place des virements bancaires automatiques conformes à ces mesures;
DIT que chaque créancier informera dans les meilleurs délais Mme [O] [A] des nouvelles modalités de recouvrement de sa créance en tenant compte de la date du premier règlement prévu par les mesures annexées au présent jugement ;
RAPPELLE qu’à défaut de paiement d’une seule de ces échéances à son terme, l’ensemble du plan est de plein droit caduc 15 jours après une mise en demeure restée infructueuse adressée à Mme [O] [A] d’avoir à exécuter ses obligations ;
DEBOUTE Mme [O] [A] de ses demandes plus amples ou contraires ;
ORDONNE à Mme [O] [A] pendant la durée des présentes mesures imposées, de ne pas accomplir d’acte qui aggraverait sa situation financière, sauf autorisation du juge, et notamment:
— d’avoir recours à un nouvel emprunt ;
— de faire des actes de disposition étrangers à la gestion normale de son patrimoine ;
sous peine d’être déchue du bénéfice de la présente décision ;
RAPPELLE que les voies d’exécution en cours, et notamment la saisie des rémunérations, devront être levées sur l’initiative du débiteur ou de ses créanciers pendant toute la durée d’exécution des mesures ;
DIT qu’il appartiendra à Mme [O] [A] , en cas de changement significatif de ses conditions de ressources à la hausse comme à la baisse, de ressaisir la Commission de surendettement d’une nouvelle demande ;
REJETTE toutes les autres demandes ;
RAPPELLE que ces mesures sont signalées au Fichier des Incidents de Paiement de remboursement des crédits aux particuliers géré par la Banque de France et qu’une inscription sera maintenue pendant toute la durée du plan sans pouvoir excéder sept ans ; qu’en l’absence de tout incident de paiement, ce délai sera ramené à 5 ans,
LAISSE les dépens à la charge du Trésor public,
RAPPELLE qu’en application de l’article R 733-6 du Code de la consommation la présente décision est exécutoire de plein droit à titre provisoire,
DIT que la décision sera notifiée par lettre recommandée avec avis de réception à Mme [O] [A] et ses créanciers, ainsi que par lettre simple à la Commission de surendettement des particuliers de Paris.
Le présent jugement a été signé par le juge des contentieux de la protection, et la greffière, le 20 avril 2026.
LA GREFFIÈRE LE JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
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