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Sur la décision
| Référence : | TJ Saint-Gaudens, jcp réf., 4 mai 2026, n° 26/00026 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00026 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs en accordant des délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 14 mai 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
de SAINT- GAUDENS
[Adresse 1]
[Localité 1]
N° RG 26/00026 – N° Portalis 46CZ-W-B7K-UJU
Nature de l’Affaire:
5AA
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
du 04 Mai 2026
Minute n° 2026/
Notifié le
1 fe + 1 ccc Me BAYSSET
1 ccc M. [S]
1 ccc dossier
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
A l’audience publique des référés de ce Tribunal judiciaire tenue le 04 mai 2026 ;
Sous la Présidence de Emilie SENDRANE, Vice présidente des contentieux de la protection, assistée de Thérèse BOUDON, Greffière ;
Aprés débats à l’audience du 30 Mars 2026,
l’affaire a été mise en délibéré au 04 mai 2026 date à laquelle le jugement suivant a été rendu,
ENTRE :
DEMANDEUR
S.A. CITE JARDINS, immatriculée au RCS de [Localité 2] ous le n°600800825 demeurant [Adresse 2]
non comparant représenté par Me [C], avocat au barreau de TOULOUSE
,
c/
DEFENDEUR
Monsieur [L] [S] demeurant [Adresse 3]
comparant
********************
RAPPEL DES FAITS
La SA CITE JARDINS a donné à bail à M. [S] [L] et Mme [S] [D] un local à usage d’habitation situé [Adresse 4] [Localité 3] par contrat en date du 1er novembre 2018, pour un loyer mensuel de 615,59 € et 39.16 € de provisions sur charges.
Par courrier du 18 septembre 2025, Mme [S] [D] a indiqué quitter le logement.
Des loyers étant demeurés impayés, la SA CITE JARDINS a fait signifier un commandement de payer visant la clause résolutoire le 10 octobre 2025 pour un montant de 989,63 €.
La SA CITE JARDINS a ensuite fait assigner M. [S] [L] le 16 janvier 2026 devant le Juge des contentieux de la protection de [Localité 3] statuant en référé pour obtenir la résiliation du contrat, l’expulsion et la condamnation au paiement.
A l’audience du 30 mars 2026, la SA CITE JARDINS – représenté par la SCP MARGUERIT- BAYSSET – demande de constater l’acquisition de la clause résolutoire ; d’ordonner l’expulsion de M. [S] [L] et de condamner ce dernier au paiement de la somme actualisée de 5047,22 € avec les intérêts au taux légal, d’une indemnité mensuelle d’occupation, outre une somme de 500 € en application de l’article 700 du Code de procédure civile et les dépens.
M. [S] [L] comparaît en personne et reconnaît le montant de la dette locative, et explique sa situation personnelle et professionnelle ayant amené à cette situation d’impayés.
Un diagnostic social et financier a été reçu au greffe le 5 mars 2026 et il a été donné lecture de ses conclusions à l’audience.
L’affaire a été mise en délibéré au 4 mai 2026 par mise à disposition au greffe.
MOTIFS DE LA DECISION
I. SUR LA RÉSILIATION :
Sur la recevabilité de l’action
Une copie de l’assignation a été notifiée à la préfecture de la Haute-Garonne par la voie électronique le 19 janvier 2026, soit plus de six semaines avant l’audience, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
Par ailleurs, la SA CITE JARDINS justifie avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives par la voie électronique le 14 octobre 2025, soit deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation du 16 janvier 2026, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
L’action est donc recevable.
Sur l’acquisition des effets la clause résolutoire
L’article 24 I de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 prévoit que « Tout contrat de bail d’habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux. » ; mais l’article 24 V de cette même loi ajoute que « le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d’office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, par dérogation au délai prévu au premier alinéa de l’article 1343-5 du code civil, au locataire en situation de régler sa dette locative. Le quatrième alinéa de l’article 1343-5 s’applique lorsque la décision du juge est prise sur le fondement du présent alinéa. Le juge peut d’office vérifier tout élément constitutif de la dette locative et le respect de l’obligation prévue au premier alinéa de l’article 6 de la présente loi. Il invite les parties à lui produire tous éléments relatifs à l’existence d’une procédure de traitement du surendettement au sens du livre VII du code de la consommation ».
Le bail conclu le 1er novembre 2018 contient une clause résolutoire et un commandement de payer visant cette clause a été signifié le 10 octobre 2025, pour la somme en principal de 989,63 €. Ce commandement est demeuré infructueux pendant plus de deux mois, de sorte qu’il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail étaient réunies à la date du 11 décembre 2025.
En conséquence, l’expulsion de M. [S] [L] sera ordonnée.
Le sort des meubles sera régi conformément aux dispositions des articles L433-1 et L433-2 du code des procédures civiles d’exécution.
II. SUR LES DEMANDES DE CONDAMNATION AU PAIEMENT :
La SA CITE JARDINS produit un décompte selon lequel M. [S] [L] reste devoir, après soustraction des frais de poursuite la somme de 5047,22 euros, il convient toutefois de soustraire la somme de 643,92 euros facturée et indiquée APL CAF sans aucun justificatif d’où une dette de 4403,30 € à la date du 27 mars 2026.
M. [S] [L] ne conteste pas le principe ou le montant de cette dette. Il sera par conséquent condamné à titre provisionnel au paiement de cette somme de 4403,30 €, avec les intérêts au taux légal à compter de la présente ordonnance.
M. [S] [L] sera également condamné au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation pour la période courant du 31 mars 2026 à la date de la libération effective et définitive des lieux. Cette indemnité mensuelle d’occupation sera fixée au montant actuel du loyer et des charges, à savoir 765,82 €.
III. SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES :
M. [S] [L], partie perdante, supportera la charge des dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer du 10 octobre 2025, de l’assignation en référé du 16 janvier 2026 et de sa notification à la préfecture le 19 janvier 2026.
Compte tenu des démarches judiciaires qu’a dû accomplir la SA CITE JARDINS, M. [S] [L] sera condamné à lui verser une somme de 150 € au titre de l’article 700 du Code de procédure civile.
La présente décision est exécutoire à titre provisoire, conformément aux articles 489, 514 et 515 du Code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS,
Le Juge des contentieux de la protection, statuant en référé, par mise à disposition au greffe, par ordonnance contradictoire et en premier ressort,
CONSTATONS que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 1er novembre 2018 entre la SA CITE JARDINS et M. [S] [L] concernant le local à usage d’habitation situé [Adresse 5] [Localité 4] sont réunies à la date du 11 décembre 2025 ;
ORDONNONS en conséquence à M. [S] [L] de libérer les lieux et de restituer les clés dans le délai d’un mois à compter de la signification de la présente ordonnance ;
DISONS qu’à défaut pour M. [S] [L] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, la SA CITE JARDINS pourra, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours d’un serrurier et de la force publique dans un délai de deux mois à compter de la signification d’un commandement d’avoir à libérer les lieux, avec l’assistance de la force publique si besoin est, ainsi que le transport des meubles laissés dans les lieux loués, conformément aux dispositions des articles L433-1 et L433-2 du code des procédures civiles d’exécution,
CONDAMNONS M. [S] [L] à verser à la SA CITE JARDINS à titre provisionnel la somme de 4403,30 € au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation impayés (décompte arrêté au 27 mars 2026, incluant un dernier appel de 765,82 € le 28 février 2026 et un dernier virement de 180 € enregistré le 11 avril 2025), avec les intérêts au taux légal à compter de la présente ordonnance ;
CONDAMNONS M. [S] [L] à payer à la SA CITE JARDINS à titre provisionnel une indemnité mensuelle d’occupation à compter du 31 mars 2026 et jusqu’à la date de la libération définitive des lieux et la restitution des clés ;
FIXONS cette indemnité mensuelle d’occupation au montant actuel du loyer et des charges, soit 765,82 € ;
CONDAMNONS M. [S] [L] à verser à la SA CITE JARDINS une somme de 150 € au titre de l’article 700 du Code de procédure civile ;
CONDAMNONS M. [S] [L] aux dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer du 10 octobre 2025, de l’assignation en référé du 16 janvier 2026 et de sa notification à la Préfecture le 19 janvier 2026 ;
DEBOUTONS les parties de toute demande plus ample ou contraire ;
RAPPELONS que la présente ordonnance est de plein droit exécutoire à titre provisoire ;
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition de la décision au greffe du Tribunal judiciaire, le 4 mai 2026, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du Code de procédure civile, la minute étant signée par Madame Emilie SENDRANE, Juge des contentieux de la protection, et par Madame Thérèse BOUDON, Greffière.
La Greffière, La Juge des contentieux
de la protection,
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