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Sur la décision
| Référence : | TJ Toulon, réf., 24 févr. 2026, n° 25/02687 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/02687 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Accorde une provision et désigne un expert ou un autre technicien |
| Date de dernière mise à jour : | 4 mars 2026 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : |
Texte intégral
N° RG 25/02687 – N° Portalis DB3E-W-B7J-NQ44
Minute n° 26/
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE TOULON
ORDONNANCE DE REFERE
du : 24 Février 2026
N° RG 25/02687 – N° Portalis DB3E-W-B7J-NQ44
Président : Anne LEZER, 1ère Vice-Présidente
Assistée de : Jade DONADEY, Greffier
Entre
DEMANDERESSE
Madame [S] [Y], née le [Date naissance 1] 1990 au [Localité 1], demeurant [Adresse 1]
Représentée par Maître Romain ALLONGUE, avocat au barreau de MARSEILLE
Et
DEFENDERESSES
CPAM DU VAR, dont le siège social est sis [Adresse 2], et actuellement sis [Adresse 3], et encore sis [Adresse 4], prise en la personne de son représentant légal en exercice,
Non comparante, non représentée
S.A. ALLIANZ IARD, immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés de Nanterre sous le numéro B 542 110 291, dont le siège social est sis [Adresse 5], prise en la personne de son représentant légal en exercice,
Représentée par Maître Didier CAPOROSSI, avocat au barreau de TOULON
Débats :
Après avoir entendu à l’audience du 13 Janvier 2026, les parties comparantes ou leurs conseils, le président les a informés que l’affaire était mise en délibéré et que l’ordonnance serait rendue ce jour par mise à disposition au greffe.
Grosse(s) délivrée(s) le : 24/02/2026
à : Me Romain ALLONGUE
Me Didier CAPOROSSI – 0150
2 copies à la régie
Copie au dossier
EXPOSE DU LITIGE
Le 10 mars 2024, Madame [S] [Y], âgée de 33 ans, a été victime d’un accident de la circulation. En effet, celle-ci a été violemment percutée par le véhicule de Monsieur [V], assuré auprès de la S.A ALLIANZ IARD.
Madame [S] [Y] a été transportée aux urgences de l’hôpital d’instruction des armées SAINTE-ANNE à [Localité 2].
Le certificat médical initial mentionne une fracture fermée du pied droit et une fracture ouverte du fémur distal droit.
La demanderesse a été opérée en urgence pour un parage de la plaie ainsi qu’une exofixation de la fracture. Dans un second temps, Madame [S] [Y] a subi une ostéosynthèse par plaque anatomique distal du fémur droit. Ceci a entraîné une hospitalisation au sein de l’hôpital d’instruction des armées SAINTE-ANNE du 10 mars 2024 au 25 mars 2024.
Par la suite, Madame [S] [Y] a été hospitalisée au centre de rééducation [Localité 3] Bérard à [Localité 4].
Le 14 mai 2025, le docteur [U] [M], mandaté par la S.A ALLIANZ IARD, a rendu son rapport provisoire d’expertise médicale amiable. Il conclut notamment à un DFP inférieur à 10%, des souffrances endurées à 4.5/7 et un préjudice esthétique à 2/7.
Ultérieurement, le 01 octobre 2025, le Docteur [C] [J] a souligné l’existence d’une pseudarthrose de la fracture du fémur et préconise une nouvelle intervention chirurgicale.
En sus, la S.A ALLIANZ a versé une provision de 4 500 euros puis une provision de 8 000 euros à Madame [S] [Y], nonobstant la demande de provision de 15 000 euros de la part de la demanderesse.
C’est dans ces conditions que, par actes de commissaire de justice des 13 et 15 octobre 2025, Madame [S] [Y] a assigné la S.A ALLIANZ IARD et la CPAM du Var devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Toulon afin de :
— condamner ALLIANZ IARD à indemniser à titre provisionnel les préjudices corporels et matériels de Madame [Y], en lui allouant une indemnité provisionnelle de 30 000 euros ;
— désigner un expert judiciaire médical orthopédique avec pour mission d’évaluer les préjudices subis par Madame [S] [Y] et dire qu’il pourra s’adjoindre tous sapiteurs nécessaires à sa mission d’évaluation des préjudices subis ;
— condamner ALLIANZ IARD à payer à Madame [Y] la somme de 1 800 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile ;
— condamner ALLIANZ IARD aux entiers dépens de la procédure.
L’affaire a été appelée et évoquée à l’audience du 13 janvier 2026.
Madame [S] [Y], représentée par son avocat, s’en remet à son acte introductif d’instance.
Par conclusions déposées et soutenues oralement par son avocat, auxquelles il convient de se référer pour un plus ample exposé des moyens et arguments, la S.A ALLIANZ IARD demande au juge des référés du tribunal judiciaire de Toulon de :
— débouter Madame [S] [Y] de sa demande d’expertise judiciaire ;
A titre subsidiaire :
— ordonner et juger recevables les protestations et réserves de la compagnie ALLIANZ sur cette demande d’investigations ;
— débouter Madame [S] [Y] de l’intégralité de ses demandes, fins et conclusions au titre de sa demande provisionnelle ;
— ordonner et juger que la provision allouée à Madame [S] [Y] ne saurait excéder la somme de 10 000 euros ;
N° RG 25/02687 – N° Portalis DB3E-W-B7J-NQ44
— débouter Madame [S] [Y] de sa réclamation au titre de l’article 700 du code de procédure civile à titre principal, et à titre subsidiaire, la ramener à de plus justes proportions ;
— statuer ce que de droit sur les dépens.
Régulièrement assignée à personne habilitée par acte de commissaire de justice du 13 octobre 2025, la CPAM du Var n’a pas comparu et n’a pas conclu.
L’affaire a été retenue et mise en délibéré au 24 février 2026.
MOTIFS DE LA DECISION
Sur la demande d’expertise judiciaire
L’article 145 du code de procédure civile dispose : « S’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé. »
L’existence de contestations, même sérieuses, ne constitue pas un obstacle à la mise en œuvre des dispositions de l’article précité. Il appartient uniquement au juge des référés de caractériser le motif légitime d’ordonner une mesure d’instruction, sans qu’il soit nécessaire de procéder préalablement à l’examen de la recevabilité d’une éventuelle action, non plus que de ses chances de succès sur le fond.
Il suffit de constater qu’un tel procès est possible, qu’il a un objet et un fondement suffisamment déterminés, que sa solution peut dépendre de la mesure d’instruction sollicitée et que celle-ci ne porte aucune atteinte illégitime aux droits et libertés fondamentaux d’autrui.
Dès lors, la victime d’un accident de la circulation conserve la possibilité de solliciter une expertise judiciaire en référé sur le fondement de l’article 145 du code de procédure civile si elle justifie d’un motif légitime, condition exigée par ce même article, laquelle ne peut en pareil cas s’analyser en une demande de contre-expertise à la suite d’une expertise amiable.
Au cas présent, il résulte des pièces médicales versées aux débats que l’accident du 10 mars 2024 a causé à Madame [S] [Y] une fracture fermée du pied droit et une fracture ouverte du fémur distal droit.
En outre, la demanderesse produit le rapport provisoire d’expertise médicale amiable mettant en exergue un DFP inférieur à 10%, des souffrances endurées à 4.5/7, un préjudice esthétique à 2/7, un DFT de Classe III du 26/10/2024 au 04/12/2024 et du 04/01/2025 au 14/02/2025, un DFT de Classe II depuis le 15/02/2025, une aide humaine de 1h30 par jour du 26/10/2024 au 04/12/2024, d'1h par jour du 04/01/2025 au 14/02/2025 et 4 heures par semaine du 15/02/2025 au 14/05/2025, date de l’expertise. Enfin, l’expert mandaté a conclu un arrêt temporaire des activités professionnelles du 10 mars 2024 au 14 mai 2025, date de l’expertise.
En sus, selon une attestation du 01 octobre 2025, le Docteur [C] [J] mentionne « la persistance d’un retard de consolidation avec une légère stagnation depuis les images du mois de juin 2025. En somme, il existe donc actuellement une pseudarthrose de cette fracture du fémur. Devant le délai depuis le traumatisme, nous discutons ce jour de la possibilité d’une nouvelle intervention chirurgicale qui consisterait en une cure de pseudarthrose avec changement du matériel, nouvelle greffe osseuse, prélèvement à visée bactériologique et probable antibiothérapie probabiliste étant donné le caractère ouvert de la fracture initiale et le fait que nous puissions éliminer une pseudarthrose septique ».
Enfin, Madame [S] [Y] produit une attestation d’accompagnement psychologique de Madame [D] [A], psychologue.
Compte tenu de ces éléments médicaux, il y a lieu de considérer que Madame [S] [Y] justifie d’un intérêt légitime à obtenir une expertise médicale, au contradictoire de l’ensemble des parties, afin de déterminer, de manière indépendante et impartiale, l’ensemble des préjudices de cette dernière résultant de l’accident du 10 mars 2024.
Sur la demande de provision
En application de l’article 835 du code de procédure civile, le président du tribunal judiciaire peut, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite.
Dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, il peut accorder une provision au créancier, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
Il appartient au demandeur d’établir l’existence de l’obligation qui fonde sa demande de provision tant en son principe qu’en son montant et la condamnation provisionnelle, que peut prononcer le juge des référés sans excéder ses pouvoirs, n’a d’autre limite que le montant non sérieusement contestable de la créance alléguée.
Une contestation sérieuse survient lorsque l’un des moyens de défense opposé aux prétentions du demandeur n’apparaît pas immédiatement vain et laisse subsister un doute sur le sens de la décision au fond qui pourrait éventuellement intervenir par la suite sur ce point si les parties entendaient saisir les juges du fond.
Enfin, c’est au moment où le tribunal statue qu’il doit apprécier l’existence d’une contestation sérieuse, le litige n’étant pas figé par les positions initiales ou antérieures des parties dans l’articulation de ce moyen.
En l’espèce, les parties ne contestent pas la survenance de l’accident du 10 mars 2024 dont a été victime Madame [S] [Y], pas plus que l’implication de [V], assuré auprès de la S.A ALLIANZ IARD.
Il est également acquis que l’offre d’indemnisation prévue par les articles L. 211-9 et R. 211-40 du code des assurances ne peut engager l’assureur que si elle est acceptée par la victime ou ses ayants droit, tant en ce qui concerne l’étendue du droit à réparation que le montant des indemnités proposées (Civ. 2ème 8 juin 2017, n°16-17767).
Il résulte des pièces versées aux débats que Madame [S] [Y] a enduré deux opérations chirurgicales à la suite d’une fracture fermée du pied droit et d’une fracture ouverte du fémur distal droit, une hospitalisation au centre de rééducation [Localité 3] Bérard, une période d’hospitalisation de jour, des séances de kinésithérapie et un suivi psychologique.
Par ailleurs, Madame [S] [Y] produit des justificatifs démontrant une baisse importante de ses revenus en raison de la perte de son emploi d’intérimaire et le versement de l’aide au retour à l’emploi.
Enfin, il convient de rappeler que Madame [S] [Y] a déjà perçu la somme provisionnelle de 12 500 euros de la S.A ALLIANZ IARD.
En l’état de l’ensemble de ces éléments, le montant non sérieusement contestable de la provision à valoir sur les préjudices de Madame [S] [Y] doit être fixé à 15 000 euros.
Il convient de rappeler qu’il n’entre pas dans les pouvoirs du juge des référés, juge de l’urgence et de l’évidence, de liquider entièrement les préjudices. Il lui appartient seulement de fixer le montant de la provision dans la limite du montant non sérieusement contestable.
Par conséquent, la S.A ALLIANZ IARD sera condamnée à payer à Madame [S] [Y] une provision de 15 000 euros à valoir sur l’indemnisation de ses préjudices.
Sur les dépens et frais irrépétibles
L’article 696 du code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
En vertu de l’article 700 1° du code de procédure civile, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à ces condamnations.
Il est constant que lorsqu’une partie succombe partiellement en ses prétentions, le tribunal a le pouvoir discrétionnaire d’effectuer la répartition des dépens. De même, l’application de l’article 700 du code de procédure civile relève du pouvoir discrétionnaire du juge.
En l’espèce, s’il est admis que la partie défenderesse à une demande d’expertise ordonnée sur le fondement de l’article 145 du code de procédure civile ne peut être considérée comme la partie perdante au sens des dispositions susvisées, tel n’est pas le cas dès lors que la partie demanderesse a obtenu une provision.
En l’occurrence, dès lors qu’il a été fait droit à la demande de provision sollicitée par Madame [S] [Y] à valoir sur l’indemnisation de ses préjudices, il y a lieu de condamner la S.A ALLIANZ IARD aux dépens de l’instance de référé.
En outre, l’équité commande de condamner la S.A ALLIANZ IARD à verser à Madame [S] [Y] la somme de 900 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Nous, Juge des référés, statuant après débats en audience publique par ordonnance mise à la disposition des parties au greffe, réputée contradictoire et en premier ressort,
ORDONNONS une expertise médicale de Madame [S] [Y] demeurant [Adresse 6] au contradictoire de l’ensemble des parties ;
COMMETTONS à cette fin :
Le Docteur [N] [P], Hôpital Renée [Localité 5] [Adresse 7] ; Tél : [XXXXXXXX01] – Mèl : [Courriel 1]
SUR LA MISSION D’EXPERTISE :
— entendre contradictoirement les parties, leurs conseils convoqués et entendus, ceci dans le strict respect des règles de déontologie médicale ou relative au secret professionnel ;
— recueillir toutes informations orales ou écrites des parties ; se faire communiquer puis examiner tous documents utiles, à charge d’aviser le magistrat chargé du contrôle des expertises en cas de refus de lever le secret médical couvrant les documents concernés ;
— se faire communiquer le relevé des débours de l’organisme de sécurité sociale de la victime et indiquer si les frais qui y sont inclus sont bien en relation directe, certaine et exclusive avec les faits ;
— recueillir au besoin, les déclarations de toutes les personnes informées, en précisant alors leurs nom, prénom, domicile et leurs liens de parenté, d’alliance, de subordination ou de communauté de vie avec l’une des parties ;
— à partir des documents médicaux initiaux et complémentaires fournis, décrire en détail les pathologies ou lésions, les modalités de traitement, en précisant le cas échéant, les durées exactes d’hospitalisation et, pour chaque période d’hospitalisation, le nom de l’établissement, les services concernés et la nature des soins ;
— décrire au besoin un état antérieur en ne retenant que les seuls antécédents qui peuvent avoir une incidence sur les lésions ou leurs séquelles ;
— procéder, en présence des médecins mandatés par les parties avec l’assentiment de la victime, à un examen clinique détaillé en fonction des lésions initiales et des doléances exprimées par la victime ;
SUR LES PREJUDICES SUBIS :
— déterminer les préjudices subis par Madame [S] [Y] en relation de causalité avec les faits du 10 mars 2024, selon la nomenclature suivante :
1) Préjudices avant consolidation
1-1) Préjudices patrimoniaux
1-1-1) Pertes de gains professionnels actuels (P.G.P.A.) : Indiquer les périodes pendant lesquelles la victime a été, du fait de son déficit fonctionnel temporaire, dans l’incapacité d’exercer totalement ou partiellement son activité professionnelle ;
1-1-2) Frais divers : Dire si du fait de son incapacité provisoire, la victime directe a été amenée à exposer des frais destinés à compenser des activités non professionnelles particulières durant sa maladie traumatique (notamment garde d’enfants, soins ménagers, frais d’adaptation temporaire d’un véhicule ou d’un logement, assistance temporaire d’une tierce personne pour les besoins de la vie courante – dans ce dernier cas, la décrire, et émettre un avis motivé sur sa nécessité et ses modalités, ainsi que sur les conditions de la reprise d’autonomie)
1-2) Préjudices extra-patrimoniaux temporaires
1-2-1) Déficit fonctionnel temporaire : Décrire et évaluer l’invalidité subie par la victime dans sa sphère personnelle pendant sa maladie traumatique (troubles dans les actes de la vie courante)
1-2-2) Souffrances endurées avant consolidation : Décrire les souffrances endurées avant consolidation, tant physiques que morales, en indiquant les conditions de leur apparition et leur importance ; les évaluer sur une échelle de sept degrés,
1-2-3) Préjudice esthétique temporaire : Donner un avis sur l’existence, la nature et l’importance, sur une échelle de sept degrés, d’un éventuel préjudice esthétique temporaire,
2) Consolidation
2-1) Fixer la date de consolidation et, en l’absence de consolidation, dire à quelle date il conviendra de revoir la victime ; préciser, lorsque cela est possible, les dommages prévisibles pour l’évaluation d’une éventuelle provision ;
3) Préjudices après consolidation
3-1) Préjudices patrimoniaux permanents
3-1-1) Dépenses de santé futures : décrire les frais hospitaliers, médicaux, para-médicaux, pharmaceutiques et assimilés, même occasionnels, mais médicalement prévisibles, rendus nécessaires par l’état pathologique de la victime après la consolidation
3-1-2) Frais de logement et de véhicule adapté : décrire et chiffrer les aménagements rendus nécessaires pour adapter le logement et/ou le véhicule de la victime à son handicap,
3-1-3) Assistance par une tierce personne : Se prononcer sur la nécessité d’une assistance par tierce personne ; dans l’affirmative, préciser le nombre nécessaire d’heures par jour ou par semaine, et la nature de l’aide (spécialisée ou non) ; décrire les attributions précises de la tierce personne : aide dans les gestes de la vie quotidienne, accompagnement dans les déplacements, aide à l’extérieur dans la vie civile, administrative et relationnelle etc… ; donner toutes précisions utiles ;
3-1-4) Perte de gains professionnels futurs : Indiquer, notamment au vu des justificatifs produits, si le déficit fonctionnel permanent entraîne l’obligation pour la victime de cesser totalement ou partiellement son activité professionnelle ou de changer d’activité professionnelle ;
3-1-5) Incidence professionnelle : Indiquer, notamment au vu des justificatifs produits, si le déficit fonctionnel permanent entraîne d’autres répercussions sur son activité professionnelle actuelle ou future (obligation de formation pour un reclassement professionnel, pénibilité accrue dans son activité, « dévalorisation » sur le marché du travail, etc.) ;
3-2) Préjudices extra-patrimoniaux
3-2-1) Déficit fonctionnel permanent : Donner un avis sur le taux de déficit fonctionnel permanent imputable à l’événement, résultant de l’atteinte permanente d’une ou plusieurs fonctions persistant au moment de la consolidation, ce taux prenant en compte non seulement les atteintes physiologiques, mais aussi les douleurs physiques et morales permanentes ressenties ;
Préciser le barème d’invalidité utilisé,
3-2-2) Préjudice d’agrément : si la victime allègue l’impossibilité définitive de se livrer à des activités spécifiques de sport ou de loisirs, correspondant à un préjudice d’agrément, donner un avis médical sur cette impossibilité ou cette limitation,
3-2-3) Préjudice esthétique permanent : donner un avis sur l’existence, la nature et l’importance du préjudice esthétique permanent, l’évaluer sur une échelle de sept degrés,
3-2-4) Préjudice sexuel : dire s’il existe un préjudice sexuel, le décrire en précisant s’il recouvre l’un ou plusieurs des trois aspects pouvant être altérés séparément ou cumulativement, partiellement ou totalement : la libido, l’acte sexuel proprement dit (impuissance ou frigidité), et la fertilité (fonction de reproduction),
Procéder de manière générale à toutes constatations ou conclusions utiles à la solution du litige,
Dire si la victime subit des préjudices permanents exceptionnels correspondant à des préjudices atypiques directement liés aux handicaps permanents ;
Établir un état récapitulatif de l’ensemble des postes énumérés dans la mission ;
SUR LES MODALITES D’ACCOMPLISSEMENT DE L’EXPERTISE :
DESIGNONS le magistrat chargé du contrôle des expertises par ordonnance présidentielle de roulement pour suivre la mesure d’instruction et statuer sur tous incidents ;
DISONS que l’expert fera connaître sans délai son acceptation au juge chargé du contrôle de l’expertise, et devra commencer ses opérations dès réception de l’avis de consignation ;
DISONS qu’en cas d’empêchement ou de refus de l’expert, il sera procédé à son remplacement par ordonnance du juge chargé du contrôle de l’expertise ou par simple mention au dossier ;
DISONS que l’expert devra accomplir sa mission conformément aux articles 232 et suivants du code de procédure civile, notamment en ce qui concerne le caractère contradictoire des opérations;
DISONS que l’expert devra tenir le juge chargé du contrôle de l’expertise, informé du déroulement de ses opérations et des difficultés rencontrées dans l’accomplissement de sa mission ;
DISONS que l’expert commis, saisi par le GREFFE DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE TOULON sur la plateforme OPALEXE s’il y est inscrit, devra accomplir personnellement sa mission conformément aux dispositions des articles 263 et suivants du code de procédure civile et qu’il déposera son rapport en DEUX EXEMPLAIRES, au greffe du tribunal judiciaire de Toulon, service du contrôle des expertises, dans le délai de 9 mois à compter de l’avis de consignation, sauf prorogation de délai dûment sollicité en temps utile auprès du juge du contrôle (en fonction d’un nouveau calendrier prévisionnel préalablement présenté aux parties),
DISONS que l’expert devra, dès réception de l’avis de versement de la provision à valoir sur sa rémunération, convoquer les parties à une première réunion qui devra se tenir avant l’expiration d’un délai de deux mois, au cours de laquelle il procédera à une lecture contradictoire de sa mission, présentera la méthodologie envisagée, interrogera les parties sur d’éventuelles mises en cause, établira contradictoirement un calendrier de ses opérations et évaluera le coût prévisible de la mission, et qu’à l’issue de cette première réunion il adressera un compte rendu aux parties ;
DISONS que l’expert devra impartir aux parties un délai pour déposer les pièces justificatives qui lui paraîtraient nécessaires et, éventuellement, à l’expiration dudit délai, saisir, en application de l’article 275 alinéa 2 du code de procédure civile, le juge chargé du contrôle des expertises pour faire ordonner la production de ces documents s’il y a lieu sous astreinte ou, le cas échéant, être autorisé à passer outre, poursuivre ses opérations et conclure sur les éléments en sa possession,
DISONS que l’expert pourra s’adjoindre tout spécialiste de son choix, à charge pour lui d’en informer préalablement le magistrat chargé du contrôle des expertises et de joindre l’avis du sapiteur à son rapport ; dit que si le sapiteur n’a pas pu réaliser ses opérations de manière contradictoire, son avis devra être immédiatement communiqué aux parties par l’expert ;
DISONS que, sauf accord contraire des parties, l’expert devra adresser à celles-ci une note de synthèse dans laquelle il rappellera l’ensemble de ses constatations matérielles, présentera ses analyses et proposera une réponse à chacune des questions posées par la juridiction,
DISONS que l’expert devra fixer aux parties un délai pour formuler leurs dernières observations ou réclamations en application de l’article 276 du code de procédure civile et rappelle qu’il ne sera pas tenu de prendre en compte les transmissions tardives ;
DISONS que l’expert devra rendre compte à ce magistrat de l’avancement de ses travaux et des diligences accomplies ainsi que des difficultés qui font obstacle à l’accomplissement de sa mission ;
ORDONNONS la consignation auprès du Régisseur DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE TOULON par Madame [S] [Y], d’une avance de 900 euros TTC à titre de provision à valoir sur la rémunération de l’expert dans les six semaines du présent jugement (accompagnée de la copie de la présente décision) ;
DISONS qu’à défaut de consignation dans ce délai la désignation de l’expert sera caduque et privée de tout effet en vertu de l’article 271 du code de procédure civile à moins que le juge du contrôle des expertises, à la demande d’une partie se prévalant d’un motif légitime, ne décide une prorogation du délai ou un relevé de la caducité ;
RAPPELONS que l’article 173 du code de procédure civile fait obligation à l’expert d’adresser une copie de son rapport à chacune des parties ou, pour elles, à leur avocat ;
CONDAMNONS la S.A ALLIANZ IARD à verser à Madame [S] [Y] la somme de 15 000 euros à titre de provision à valoir sur l’indemnisation de ses préjudices ;
CONDAMNONS la S.A ALLIANZ IARD à payer à Madame [S] [Y] la somme de 900 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNONS la S.A ALLIANZ IARD aux dépens de l’instance de référé ;
DISONS la présente décision, dès son prononcé, sera notifiée par le greffe à l’expert conformément à l’article 267 du code de procédure civile ;
RAPPELONS que la présente ordonnance est, de plein droit, exécutoire par provision ;
LA GREFFIÈRE LA PRÉSIDENTE
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