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Sur la décision
| Référence : | TJ Versailles, tpx ram cg fond, 5 mai 2026, n° 26/00117 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00117 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs en accordant des délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 15 mai 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE [Localité 1]
TRIBUNAL DE PROXIMITÉ DE RAMBOUILLET
[Courriel 1]
Tél. 01.30.46.29.60
N° RG 26/00117 – N° Portalis DB22-W-B7K-TYY7
MINUTE : /2026
JUGEMENT
Du : 05 Mai 2026
contradictoire
et en premier ressort
DEMANDEUR(S) :
SYNDICAT DES COPROPRIETAIRES DE LA [Adresse 1] à [Localité 2]
DEFENDEUR(S) :
[E] [W]
expédition exécutoire
délivrée le
à
copies délivrées
le
à
JUGEMENT
REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
L’AN DEUX MILLE VINGT-SIX
et le CINQ MAI
Après débats à l’audience publique du Tribunal de Proximité de RAMBOUILLET tenue le 10 Mars 2026 ;
Sous la présidence de Amandine DUPLEIX, Juge du Tribunal Judiciaire de VERSAILLES exerçant au Tribunal de Proximité de RAMBOUILLET, assistée de Virginie DUMINY, Greffier ;
le jugement suivant a été rendu en indiquant que la décision serait mise à disposition au greffe aux horaires d’ouverture au public, conformément aux dispositions de l’article 450 du code de procédure civile ;
ENTRE :
DEMANDEUR(S) :
SYNDICAT DES COPROPRIETAIRES DE LA [Adresse 1] à [Localité 2] cadastré BL [Cadastre 1] ET BL [Cadastre 2] dans le [Adresse 2], [Adresse 3] et [Adresse 4],
agissant poursuites et diligences de son syndic, FONCIA MANSART, Société par actions simplifiée, immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés de VERSAILLES sous le numéro 490 205 184, ayant son siège social situé [Adresse 5] MARLY-LE-ROI, prise en la personne de son représentant légal domicilié en cette qualité audit siège.
représentée par Me Annabelle ORTEGA GONZALEZ, avocat au barreau de PARIS, substituée par Me ALLALI Bruno, avocat au barreau de PARIS.
ET :
DEFENDEUR(S) :
M. [E] [W]
demeurant [Adresse 6]
comparant en personne
EXPOSE DU LITIGE
M. [E] [W] est propriétaire de divers lots de copropriété situés [Adresse 3] et [Adresse 7].
Le 12 février 2026, le syndicat des copropriétaires de la [Adresse 8], bâtiments A et B, représenté par son syndic, la SAS FONCIA MANSART, a fait assigner M. [E] [W] devant le tribunal de proximité de Rambouillet aux fins de paiement des charges de copropriété et demande, sous le bénéfice de l’exécution provisoire, de condamner M. [E] [W] à lui payer les sommes de :
1868,46 € au titre des charges impayées au 5 février 2026, avec intérêts au taux légal à compter du 20 juillet 2024,
2000 € à titre de dommages et intérêts,
1628,13 € au titre de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, avec intérêts au taux légal à compter du 20 juillet 2024,
2000 € sur le fondement des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile, outre les entiers dépens.
L’affaire a été appelée et retenue à l’audience du 10 mars 2026, lors de laquelle le syndicat des copropriétaires de la [Adresse 9], représenté par son conseil, sollicite le bénéfice de son acte introductif d’instance. Il convient de s’y référer pour l’exposé des moyens venant au soutien de ces demandes, par application des articles 446-1 et suivants et 455 du code de procédure civile.
Il actualise sa créance à la somme de 1718,46 €, arrêtée au 6 mars 2026, outre 2058,13 € de frais et ajoute s’opposer à l’octroi de délais de paiement.
Cité par acte remis à étude, M. [E] [W] est présent. Il ne conteste pas le principe de la créance réclamée au titre des charges, mais sollicite des délais de paiement sur 24 mois. Il précise que son appartement a été mis en vente, et devrait être vendu pour la fin de l’année 2026. Il ajoute qu’il enverra sa fiche de paye par courriel.
L’affaire est mise en délibéré au 5 mai 2026.
MOTIFS DE LA DÉCISION
I. SUR LES DEMANDES PRINCIPALES
Sur les sommes dues au titre des charges de copropriété
Aux termes de l’article 10, dans sa version en vigueur, de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis, les copropriétaires sont tenus de participer aux charges relatives aux services collectifs et équipements communs, ainsi qu’à celles relatives à la conservation, l’entretien et l’administration des parties communes proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots.
En application de l’article 14-1 de la loi du 10 juillet 1965, les copropriétaires sont tenus de verser au syndicat des provisions égales au quart du budget voté en assemblée générale, ces provisions devenant exigibles le premier jour de chaque trimestre.
En l’espèce, le syndicat des copropriétaires de la [Adresse 8], bâtiments A et B verse aux débats:
un relevé de propriété attestant de ce que M. [E] [W] est propriétaire des lots 18 et 62 situés [Adresse 3] et [Adresse 7],
un décompte daté du 6 mars 2026,
les appels de fonds,
les relances et mises en demeure,
les procès-verbaux des assemblées générales tenues les 9 mai 2022, 6 juin 2023, 3 juin 2024, 26 juin 2025, et ayant approuvé les comptes des années antérieures, ainsi que des budgets prévisionnels correspondants,
les attestations de non-recours,
les contrats de syndic,
les factures de frais de recouvrement.
Le syndicat des copropriétaires justifie ainsi que M. [E] [W] n’a pas acquitté dans son intégralité sa quote-part des charges de copropriété dues pour un montant de 1718,46 € (hors frais).
Il convient, en conséquence, de condamner M. [E] [W] au paiement de la somme de 1718,46 €, au titre des charges dues à la date du 6 mars 2026, provisions de charges pour la période du 1er trimestre 2026 incluses.
Cette somme portera intérêts au taux légal à compter de l’assignation du 12 février 2026.
Sur les sommes nécessaires au recouvrement
En application de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, seuls peuvent être mis à la charge du copropriétaire défaillant le coût de la mise en demeure, des relances justifiées, des droits et émoluments facturés par les huissiers de justice et des frais exposés pour la prise d’hypothèque sur le lot des copropriétaires débiteurs.
Seuls les frais nécessaires, c’est-à-dire ceux exposés pour l’avancement de la procédure sont à la charge du copropriétaire défaillant. Tel n’est pas le cas à titre d’exemple des frais de syndic intitulés « frais de relance », de contentieux, ou des frais correspondant à la transmission des dossiers aux avocats ou aux huissiers, qui correspondent à des frais d’honoraires du syndic. En effet, l’activité du syndic pour engager le recouvrement des sommes constitue un acte élémentaire d’administration de la copropriété faisant partie de ses fonctions de base et le fait que le contrat de syndic prévoit une rémunération spécifique de cette activité, à titre d’honoraires supplémentaires, n’en change pas la nature.
En l’espèce, il apparaît que le syndicat des copropriétaires de la [Adresse 8], bâtiments A et B est fondé à solliciter, au titre des frais imputables à M. [E] [W] seul, la somme de 616,79 €, les autres frais sollicités étant soit injustifiés, soit superfétatoires, et donc non nécessaires au sens de l’article 10-1 susvisé.
Par conséquent, M. [E] [W] sera condamné à payer la somme de 616,79 € au syndicat des copropriétaires de la [Adresse 8], bâtiments A et B au titre des frais de recouvrement nécessaires.
Cette somme portera intérêts au taux légal à compter de l’assignation du 12 février 2026.
Sur les dommages et intérêts
L’article 1231-1 du code civil dispose que le débiteur est condamné, s’il y a lieu, au paiement de dommages et intérêts, soit à raison de l’inexécution de l’obligation, soit à raison du retard dans l’exécution, s’il ne justifie pas que l’exécution a été empêchée par la force majeure.
L’article 1231-6 du même code précise que les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d’une obligation de somme d’argent consistent dans l’intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure.
Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d’aucune perte.
Le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages-intérêts distincts des intérêts moratoires.
En l’espèce, le syndicat des copropriétaires de la [Adresse 8], bâtiments A et B ne rapporte la preuve ni de la mauvaise foi du défendeur, qui ne résulte pas de la seule carence dans le paiement, ni de la réalité du préjudice spécial qu’il aurait supporté, se distinguant du préjudice naissant du retard de paiement d’ores et déjà indemnisé par l’allocation d’intérêts moratoires par application de l’article 1231-6 du code civil.
En conséquence, le syndicat des copropriétaires sera débouté de sa demande de ce chef.
II. SUR LA DEMANDE DE DÉLAIS DE PAIEMENT
L’article 1343-5 du code civil dispose que le juge peut, compte tenu de la situation du débiteur et en considération des besoins du créancier, reporter ou échelonner, dans la limite de deux années, le paiement des sommes dues.
En l’espèce, M. [E] [W] justifie de ses ressources, sa fiche de paye ayant été reçue.
Compte tenu de ces éléments, et en considération des besoins du syndicat des copropriétaires, il convient de faire droit à la demande de M. [E] [W] et de lui permettre d’échelonner le paiement de sa dette en 23 mensualités de 97 € chacune et une dernière mensualité, correspondant au solde de la dette, payables le 15 de chaque mois.
Afin de garantir le paiement de la dette, il convient de dire qu’à défaut, pour M. [E] [W] de payer une seule des mensualités prévues à l’échéancier ci-dessus ou un seul des appels de fonds à venir, la créance du syndicat des copropriétaires de la [Adresse 8], bâtiments A et B sera due dans sa totalité et sera immédiatement exigible après une mise en demeure de payer demeurée infructueuse selon les modalités prévues au dispositif.
III. SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES
Sur les dépens
L’article 696 du code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
M. [E] [W], qui succombe à l’instance sera condamné aux dépens.
Sur les frais irrépétibles
Il résulte des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans tous les cas, le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à ces condamnations. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu’elles demandent.
Compte tenu des circonstances du litige et de la situation économique du défendeur, il convient de condamner celui-ci à payer au syndicat des copropriétaires de la [Adresse 8], bâtiments A et B la somme de 300 € en application de l’article précité.
Sur l’exécution provisoire
Conformément à l’article 514 du code de procédure civile, les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n’en dispose autrement.
En l’espèce, compte tenu de la nature du litige et en l’absence de dispositions légales contraires, l’exécution provisoire est de droit, et il n’y a pas lieu de l’écarter.
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, statuant publiquement, par mise à disposition au greffe, par jugement contradictoire et en premier ressort,
CONDAMNE M. [E] [W] à verser au syndicat des copropriétaires de la [Adresse 8], bâtiments A et B, représenté par son syndic, la SAS FONCIA MANSART, la somme de 1718,46 €, au titre des charges dues à la date du 6 mars 2026, provisions de charges pour la période du 1er trimestre 2026 incluses, ainsi que la somme de 616,79 € au titre des frais de recouvrement, majorées des intérêts au taux légal à compter du 12 février 2026 ;
AUTORISE M. [E] [W] à s’acquitter de ces sommes en 23 mensualités de 97 € chacune outre une 24e mensualité qui soldera la dette en principal et intérêts ;
PRÉCISE que chaque mensualité devra intervenir avant le 15 de chaque mois et pour la première fois le 15 du mois suivant la signification du présent jugement ;
DIT qu’à défaut de paiement d’une seule échéance à son terme ou des appels de fonds courants, l’intégralité des sommes restant dues deviendra de plein-droit immédiatement exigible sept jours après la date de présentation d’une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception demeurée infructueuse ;
DÉBOUTE le syndicat des copropriétaires de la [Adresse 8], bâtiments A et B, représenté par son syndic, la SAS FONCIA MANSART, de sa demande en dommages et intérêts;
CONDAMNE M. [E] [W] à verser au syndicat des copropriétaires de la [Adresse 8], bâtiments A et B, représenté par son syndic, la SAS FONCIA MANSART, la somme de 300 € sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE M. [E] [W] aux entiers dépens de la présente instance ;
RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit et DIT n’y avoir lieu de l’écarter;
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition du jugement au greffe du tribunal, le 5 mai 2026, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du code de procédure civile, par Amandine DUPLEIX, Présidente assistée de Virginie DUMINY, Greffier, la minute étant signée par la Présidente et par le Greffier.
Le Greffier La Présidente
Virginie DUMINY Amandine DUPLEIX
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