Confirmation 23 septembre 2025
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Sur la décision
| Référence : | CA Colmar, ch. 6 étrangers, 23 sept. 2025, n° 25/03668 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour d'appel de Colmar |
| Numéro(s) : | 25/03668 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Autre |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
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Texte intégral
COUR D’APPEL DE COLMAR
SERVICE DES RETENTIONS ADMINISTRATIVES
N° RG 25/03668 – N° Portalis DBVW-V-B7J-IT7C
N° de minute : 405/25
ORDONNANCE
Nous, Marie-Dominique ROMOND, Présidente de Chambre à la Cour d’Appel de Colmar, agissant par délégation de la première présidente, assisté(e) de Marine HOUEDE BELLON, greffier ;
Dans l’affaire concernant :
M. [B] [P] [N]
né le 01 Avril 1988 à [Localité 3] (ALGERIE)
de nationalité algérienne
Actuellement retenu au centre de rétention de [Localité 2]
VU les articles L.141-2 et L.141-3, L.251-1 à L.261-1, L.611-1 à L.614-19, L.711-2, L.721-3 à L.722-8, L.732-8 à L.733-16, L.741-1 à L.744-17, L.751-9 à L.754-1, L761-8, R.741-1, R.744-16, R.761-5 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile (CESEDA) ;
VU l’arrêté pris le 12 juin 2025 par LE PREFET DU BAS-RHIN faisant obligation à M. [B] [P] [N] de quitter le territoire français ;
VU la décision de placement en rétention administrative prise le 23 juillet 2025 par LE PREFET DU BAS-RHIN à l’encontre de M. [B] [P] [N], notifiée à l’intéressé le même jour à 8h38 ;
Vu l’ordonnance rendue le 27 juillet 2025 par le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Strasbourg, statuant en qualité de magistrat du siège, prolongeant la rétention administrative de M. [B] [P] [N] pour une durée de vingt-six jours à compter du 26 juillet 2025 ;
Vu l’ordonnance rendue le 23 août 2025 par le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Strasbourg, statuant en qualité de magistrat du siège, prolongeant la rétention administrative de M. [B] [P] [N] pour une durée de trente jours à compter du 21 août 2025 décision confirmée par le premier président de la cour d’appel de Colmar le 23 août 2025 ;
VU la requête de LE PREFET DU BAS-RHIN datée du 20 septembre 2025, reçue et enregistrée le même jour à 13h32 au greffe du tribunal, tendant à la prolongation de la rétention administrative pour une durée de 15 jours de M. [B] [P] [N] ;
VU l’ordonnance rendue le 22 Septembre 2025 à 11h43 par le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Strasbourg, statuant en qualité de magistrat du siège, déclarant la requête de LE PREFET DU BAS-RHIN recevable, et la procédure régulière, et ordonnant la prolongation de la rétention de M. [B] [P] [N] au centre de rétention de Geispolsheim, ou dans tout autre centre ne dépendant pas de l’administration pénitentiaire, pour une durée de 15 jours à compter du 20 septembre 2025 ;
VU l’appel de cette ordonnance interjeté par M. [B] [P] [N] par voie électronique reçue au greffe de la Cour le 22 Septembre 2025 à 15h49 ;
VU les avis d’audience délivrés le 22 septembre 2025 à l’intéressé, à Maître Eulalie LEPINAY, avocat de permanence, à la SELARL CENTAURE AVOCATS, à LE PREFET DU BAS-RHIN et à M. Le Procureur Général ;
Le représentant de M. LE PREFET DU BAS-RHIN, intimé, dûment informé de l’heure de l’audience par courrier électronique du 22 septembre 2025, n’a pas comparu, mais a fait parvenir des conclusions en date du 23 septembre 2025, qui ont été communiquées au conseil de la personne retenue.
Après avoir entendu M. [B] [P] [N] en ses déclarations par visioconférence, la SELARL CENTAURE AVOCATS, avocats au barreau de PARIS, commis(e) d’office, en ses observations pour le retenu et à nouveau l’appelant qui a eu la parole en dernier.
MOTIFS DE LA DÉCISION :
Sur la recevabilité de l’appel :
Au terme de l’article R 743-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, l’ordonnance du juge des libertés et de la détention est susceptible d’appel devant le Premier Président de la Cour d’appel ou son délégué dans les vingt-quatre heures de son prononcé, par l’étranger, par le préfet du département et, à Paris, par le préfet de police.
L’appel de M. [B] [P] [N] formé par écrit motivé le 22 septembre 2025 à 15 h 49 à l’encontre de l’ordonnance du juge des libertés et de la détention de [Localité 4] rendue le 22 septembre 2025 à 11 h 43 doit donc être déclaré recevable.
Sur le fond :
M. [N] met en avant trois moyens pour contester l’ordonnance du juge du siège ayant ordonné la troisième prolongation de sa mesure de rétention.
Sur la recevabilité de nouveaux moyens :
Il ressort des dispositions de l’article 743-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile qu’ 'à peine d’irrecevabilité, prononcée d’office, aucune irrégularité antérieure à une audience à l’issue de laquelle le juge des libertés et de la détention a prolongé la mesure ne peut être soulevée lors d’une audience ultérieure'.
Par ailleurs, sauf s’ils constituent des exceptions de procédure au sens de l’article 74 du code de procédure civile, les moyens nouveaux sont recevables en appel.
En application des dispositions de l’article 563 du code de procédure civile, pour justifier en appel les prétentions qu’elles avaient soumises au premier juge, les parties peuvent invoquer des moyens nouveaux, produire de nouvelles pièces ou proposer de nouvelles preuves. Les moyens nouveaux de l’acte d’appel peuvent être complétés ou régularisés dans le délai de recours de 24 heures.
Au regard de l’ensemble de ces dispositions, les nouveaux moyens développés dans la déclaration d’appel seront déclarés recevables.
Sur l’irrégularité de la requête :
Il ressort des pièces de la procédure que la requête en troisième prolongation de la mesure de rétention a été signée par M. [L] [F] et qu’il est justifié de la délégation de signature donnée à celui-ci par arrêté du préfet du Bas-Rhin régulièrement publié, la signature du délégataire emportant preuve d’indisponibilité des signataires de premier rang.
Dès lors, le moyen soulevé n’est pas fondé.
Sur l’absence de perspectives d’éloignement :
Si M. [N] soutient qu’il n’existe pas, à ce stade, de perspective d’éloignement, il n’en reste pas moins que l’administration a effectué toutes les diligences nécessaires pour parvenir à son éloignement, notamment en relançant régulièrement les autorités consulaires algériennes.
Par ailleurs, nonobstant l’absence de réponse à ce stade de ces autorités et le fait que la crise diplomatique existant entre la France et l’Algérie rende la délivrance des laissez-passer consulaires très difficile, il n’en reste pas moins que la situation actuelle reste évolutive. Dès lors et tout en tenant compte du profil pénal de l’intéressé comme l’a fort justement souligné le premier juge, aucun élément autre qu’hypothétique ne permet de présumer une carence définitive des autorités algériennes saisies.
Dans ces conditions, il persiste des perspectives raisonnables d’éloignement. Ce moyen sera donc écarté.
Il convient donc de rejeter l’appel de M. [B] [P] [N] et de confirmer l’ordonnance du juge des libertés et de la détention.
PAR CES MOTIFS :
DECLARONS l’appel de M. [B] [P] [N] recevable en la forme ;
au fond, le REJETONS ;
CONFIRMONS l’ordonnance rendue par le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Strasbourg le 22 septembre 2025 ;
RAPPELONS à l’intéressé les droits qui lui sont renconnus pendant la rétention :
— il peut demander l’assistance d’un interprète, d’un conseil ainsi que d’un médecin
— il peut communiquer avec son consulat et avec une personne de son choix
DISONS avoir informé M. [B] [P] [N] des possibilités et délais de recours contre les décisions le concernant.
Prononcé à [Localité 1], en audience publique, le 23 Septembre 2025 à 14h35, en présence de
— l’intéressé par visio-conférence
— Maître Eulalie LEPINAY, conseil de M. [B] [P] [N]
Le greffier, Le président,
reçu notification et copie de la présente,
le 23 Septembre 2025 à 14h35
l’avocat de l’intéressé
Maître Eulalie LEPINAY
l’intéressé
M. [B] [P] [N]
l’avocat de la préfecture
non comparant
EXERCICE DES VOIES DE RECOURS :
— pour information : l’ordonnance n’est pas susceptible d’opposition,
— le pourvoi en cassation est ouvert à l’étranger, à l’autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d’attente ou en rétention et au ministère public,
— le délai du pourvoi en cassation est de deux mois à compter du jour de la notification de la décision, ce délai étant augmenté de deux mois lorsque l’auteur du pourvoi demeure à l’étranger,
— le pourvoi en cassation doit être formé par déclaration au Greffe de la Cour de cassation qui doit être obligatoirement faite par un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation,
— l’auteur d’un pourvoi abusif ou dilatoire peut être condamné à une amende civile,
— ledit pourvoi n’est pas suspensif.
La présente ordonnance a été, ce jour, communiquée :
— au CRA de [Localité 2] pour notification à M. [B] [P] [N]
— à Maître Eulalie LEPINAY
— à LE PREFET DU BAS-RHIN
— à la SARL CENTAURE AVOCATS
— à M. Le Procureur Général près la Cour de ce siège.
Le Greffier
M. [B] [P] [N] reconnaît avoir reçu notification de la présente ordonnance
le À heures
Signature de l’intéressé
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