Infirmation partielle 13 mai 2025
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Sur la décision
| Référence : | CA Rouen, ch. soc., 13 mai 2025, n° 24/01530 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour d'appel de Rouen |
| Numéro(s) : | 24/01530 |
| Importance : | Inédit |
| Décision précédente : | Conseil de prud'hommes de Rouen, 27 mars 2024 |
| Dispositif : | Autre |
| Date de dernière mise à jour : | 23 juillet 2025 |
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Texte intégral
N° RG 24/01530 – N° Portalis DBV2-V-B7I-JURV
COUR D’APPEL DE ROUEN
CHAMBRE SOCIALE ET DES AFFAIRES DE
SECURITE SOCIALE
ARRET DU 13 MAI 2025
DÉCISION DÉFÉRÉE :
Jugement du CONSEIL DE PRUD’HOMMES DE ROUEN du 27 Mars 2024
APPELANTE :
S.A.S. DS SMITH PAPER ROUEN
[Adresse 195]
[Localité 168]
représentée par Me Esthel MARTIN de la SELARL SEL EMC, avocat au barreau de ROUEN substituée par Me Valéry ABDOU, avocat au barreau de LYON
INTIMÉS :
Madame [AJ] [J]
[Adresse 108]
[Localité 168]
représentée par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [JX] [EA]
[Adresse 123]
[Localité 144]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [IW] [B]
[Adresse 182]
[Localité 168]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [PG] [G]
[Adresse 52]
[Localité 149]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Madame [EN] [G]
[Adresse 52]
[Localité 149]
représentée par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [JE] [F]
[Adresse 171]
[Localité 169]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [OK] [X]
[Adresse 175]
[Localité 168]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [PD] [R]
[Adresse 87]
[Localité 168]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [VX] [HS]
[Adresse 92]
[Localité 141]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [WN] [IN]
[Adresse 2]
[Localité 71]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [UI] [KF]
[Adresse 16]
[Localité 59]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Madame [V] [TM]
[Adresse 42]
[Localité 137]
représentée par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [FH] [SR]
[Adresse 193]
[Localité 134]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [AV] [TE]
[Adresse 124]
[Localité 154]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [OP] [ZO]
[Adresse 183]
[Localité 141]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Madame [EI] [RP]
[Adresse 38]
[Localité 141]
représentée par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [HJ] [UA]
[Adresse 101]
[Localité 132]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Madame [Z] [ZG]
[Adresse 106]
[Localité 63]
représentée par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Madame [ZB] [HX]
[Adresse 82]
[Localité 158]
représentée par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [OC] [NB]
[Adresse 28]
[Localité 140]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [GW] [E]
[Adresse 35]
[Localité 156]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [UN] [MT]
[Adresse 24]
[Localité 138]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [GD] [PR]
[Adresse 180]
[Localité 65]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [JX] [FS]
[Adresse 95]
[Localité 155]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [WW] [HM]
[Adresse 26]
[Localité 168]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [JE] [KC]
[Adresse 1]
[Localité 61]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [JS] [DP]
[Adresse 40]
[Localité 149]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [GD] [ZJ]
[Adresse 191]
[Localité 168]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [AV] [PR]
[Adresse 39]
[Localité 75]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [VX] [ND]
[Adresse 93]
[Localité 139]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Madame [MF] [IK]
[Adresse 45]
[Localité 157]
représentée par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [VX] [GF]
[Adresse 19]
[Localité 152]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [KY] [ZX]
[Adresse 55]
[Localité 153]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [OY] [RC]
[Adresse 120]
[Localité 162]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [Y] [OT]
[Adresse 116]
[Localité 168]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [VX] [UD]
[Adresse 23]
[Localité 136]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Madame [II] [BR]
[Adresse 96]
[Localité 58]
représentée par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [GN] [JG]
[Adresse 89]
[Localité 141]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Madame [II] [PZ]
[Adresse 176]
[Localité 168]
représentée par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [NX] [LB]
[Adresse 173]
[Localité 144]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [YK] [UW]
[Adresse 14]
[Localité 154]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [YT] [MC]
[Adresse 36]
[Localité 160]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [YC] [OH]
[Adresse 102]
[Localité 152]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Madame [I] [XS]
[Adresse 131]
[Localité 132]
représentée par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [UZ] [CV]
[Adresse 47]
[Localité 168]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [RE] [AO]
[Adresse 11]
[Localité 168]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [ZU] [VM]
[Adresse 34]
[Localité 134]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [WN] [D]
[Adresse 5]
[Localité 151]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [BE] [PU] [S]
[Adresse 48]
[Localité 145]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [ZE] [LG]
[Adresse 112]
[Localité 66]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [TV] [D]
[Adresse 115]
[Localité 74]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [JE] [KT]
[Adresse 29]
[Localité 153]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [NX] [VE]
[Adresse 127]
[Localité 73]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [UI] [JB]
[Adresse 118]
[Localité 161]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [BU] [RH]
[Adresse 194]
[Localité 79]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [CP] [CD]
[Adresse 111]
[Localité 114]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [UI] [NG]
[Adresse 25]
[Localité 68]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [NL] [AN]
[Adresse 32]
[Localité 168]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [HV] [XB]
[Adresse 130]
[Localité 136]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Madame [MF] [MP]
[Adresse 10]
[Localité 136]
représentée par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [NU] [EW]
[Adresse 125]
[Localité 144]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Madame [MK] [CM]
[Adresse 13]
[Localité 76]
représentée par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [N] [NZ]
[Adresse 50]
[Localité 168]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [VX] [AY]
[Adresse 15]
[Localité 153]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [NX] [XX]
[Adresse 129]
[Localité 70]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [PD] [LX]
[Adresse 100]
[Localité 168]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [GW] [DM]
[Adresse 184]
[Localité 143]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [NL] [KK]
[Adresse 172]
[Localité 144]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [N] [GR]
[Adresse 37]
[Localité 134]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [H] [IT]
[Adresse 177]
[Localité 166]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [WR] [TS]
[Adresse 31]
[Localité 144]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [LO] [JO]
[Adresse 119]
[Localité 144]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [N] [BV]
[Adresse 122]
[Localité 60]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [VX] [LJ]
[Adresse 49]
[Localité 142]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [ZU] [SL]
[Adresse 189]
[Localité 134]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [N] [XE]
[Adresse 91]
[Localité 168]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [NX] [DE]
[Adresse 113]
[Localité 62]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Madame [AL] [ED]
[Adresse 21]
[Localité 144]
représentée par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [AK] [OY]
[Adresse 174]
[Localité 168]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [IF] [WF]
[Adresse 41]
[Localité 139]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [JX] [NO]
[Adresse 188]
[Localité 168]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [SW] [HB]
[Adresse 185]
[Localité 179]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [VJ] [EA]
[Adresse 18]
[Localité 79]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [UI] [LU]
[Adresse 8]
[Localité 61]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [WR] [ZJ]
[Adresse 192]
[Localité 168]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [HV] [XO]
[Adresse 4]
[Localité 72]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [NX] [VV]
[Adresse 98]
[Localité 136]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [H] [YY] [KW]
[Adresse 178]
[Localité 167]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [LO] [DY]
[Adresse 105]
[Localité 144]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [UR] [W]
[Adresse 53]
[Localité 161]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [NL] [JJ]
[Adresse 190]
[Localité 144]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Madame [MK] [AC]
[Adresse 7]
[Localité 154]
représentée par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [YT] [YA]
[Adresse 88]
[Localité 67]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [FJ] [YF]
[Adresse 44]
[Localité 168]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [U] [HE]
[Adresse 6]
[Localité 141]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [UZ] [DH]
[Adresse 12]
[Localité 168]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Madame [YW] [EZ]
[Adresse 81]
[Localité 22]
représentée par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [YC] [A]
[Adresse 86]
[Localité 134]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [GW] [RM]
[Adresse 94]
[Localité 147]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [DC] [SZ]
[Adresse 107]
[Localité 163]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [LO] [GI]
[Adresse 46]
[Localité 143]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [NL] [ER]
[Adresse 128]
[Localité 135]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [CZ] [JO]
[Adresse 119]
[Localité 144]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [ZE] [FE]
[Adresse 187]
[Localité 150]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [BY] [ZS]
[Adresse 27]
[Localité 134]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [BY] [VB]
[Adresse 30]
[Localité 83]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [JX] [TH]
[Adresse 43]
[Localité 168]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [LO] [AB]
[Adresse 109]
[Localité 77]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [FV] [VS]
[Adresse 181]
[Localité 78]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Madame [DV] [T]
[Adresse 117]
[Localité 133]
représentée par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [GW] [WI]
[Adresse 84]
[Localité 160]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [HV] [EL]
[Adresse 51]
[Localité 136]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [UN] [SA]
[Adresse 85]
[Localité 60]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [BU] [XJ]
[Adresse 186]
[Localité 152]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [GW] [AU]
[Adresse 3]
[Localité 144]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [YT] [AH]
[Adresse 103]
[Localité 168]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [XG] [PU]
[Adresse 90]
[Localité 146]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [IA] [SU]
[Adresse 3]
[Localité 144]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [K] [SD]
[Adresse 20]
[Localité 165]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [KA] [WA]
[Adresse 9]
[Localité 148]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [RY] [AZ]
[Adresse 126]
[Localité 80]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Madame [C] [M]
[Adresse 110]
[Localité 157]
représentée par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [GW] [MY]
[Adresse 33]
[Localité 159]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [NX] [WT]
[Adresse 121]
[Localité 160]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [BU] [GA]
[Adresse 104]
[Localité 134]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [GW] [P]
[Adresse 17]
[Localité 160]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Madame [KN] [GZ]
[Adresse 54]
[Localité 149]
représentée par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [SI] [YN]
[Adresse 97]
[Localité 57]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [FM] [RV]
[Adresse 99]
[Localité 69]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [OV] [CG]
[Adresse 56]
[Localité 164]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
Monsieur [PL] [D]
[Adresse 170]
[Localité 64]
représenté par Me Frédéric QUINQUIS de la SELARL Ledoux & Associés, avocat au barreau de PARIS
***
COMPOSITION DE LA COUR :
En application des dispositions de l’article 805 du Code de procédure civile, l’affaire a été plaidée et débattue à l’audience du 26 Mars 2025 sans opposition des parties devant Madame BACHELET, Conseillère, magistrat chargé du rapport.
Le magistrat rapporteur a rendu compte des plaidoiries dans le délibéré de la Cour composée de :
Madame LEBAS-LIABEUF, Présidente
Madame BACHELET, Conseillère
Monsieur LABADIE, Conseiller
GREFFIER LORS DES DEBATS :
Monsieur GUYOT, Greffier
DEBATS :
A l’audience publique du 26 mars 2025, où l’affaire a été mise en délibéré au 13 mai 2025
ARRET :
CONTRADICTOIRE
Prononcé le 13 Mai 2025, par mise à disposition de l’arrêt au greffe de la Cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du Code de procédure civile,
signé par Madame LEBAS-LIABEUF, Présidente et par Madame DUBUC, Greffière.
***
Saisi le 4 juillet 2022 d’une demande tendant à réparer le préjudice d’anxiété de 131 salariés engagés par la société DS Smith paper Rouen, le conseil de prud’hommes de Rouen a, par jugement du 27 mars 2024 :
— décidé la jonction des 131 dossiers présentés le jour du bureau de jugement,
— écarté la demande de la société DS Smith paper Rouen visant à la saisine du tribunal administratif et dit n’y avoir lieu à surseoir à statuer,
— dit qu’il était incompétent quant à la demande des concluants relative à l’éligibilité au bénéfice de l’allocation amiante mais qu’il était compétent pour juger des demandes des concluants,
— dit que les concluants devaient être pris en compte, ainsi que leurs demandes, dans le passif de la société DS Smith paper Rouen,
— jugé que les concluants avaient été exposés à l’amiante et qu’il y avait un préjudice spécifique d’anxiété à l’amiante,
— condamné la société DS Smith paper Rouen à régler à chaque concluant les sommes suivantes au titre des dommages et intérêts dû au préjudice d’anxiété :
— [EI] [RP] : 4 500 euros
— [OP] [ZO] : 1 500 euros
— [AV] [TE] : 2 700 euros
— [FH] [SR] : 6 900 euros
— [V] [TM]: 3 600 euros
— [UI] [KF] : 2 100 euros
— [WN] [IN] : 2 100 euros
— [VX] [HS]: 5 100 euros
— [PD] [R] : 13 800 euros
— [OK] [X] : 5 700 euros
— [JE] [F] : 13 800 euros
— [EN] [G] : 3 000 euros
— [PG] [G] : 1 500 euros
— [IW] [B] : 7 200 euros
— [AJ] [J]: 6 000 euros
— [HJ] [UA]: 3 300 euros
— [Z] [ZG] : 5 700 euros
— [ZB] [HX] : 2 400 euros
— [OC] [NB] : 3 600 euros
— [GW] [E] : 3 900 euros
— [UN] [MT] : 9 300 euros
— [GD] [PR] : 1 500 euros
— [JX] [FS] : 3 300 euros
— [WW] [HM] : 3 900 euros
— [JE] [KC] : 5 700 euros
— [JS] [TS] :1 500 euros
— [GD] [ZJ] :10 200 euros
— [AV] [PR] : 2 100 euros
— [VX] [ND] :1 800 euros
— [MF] [IK] : 6 600 euros
— [VX] [GF] : 3 600 euros
— [KY] [ZX]: 7 200 euros
— [OY] [RC]: 9 000 euros
— [Y] [OT] : 5 400 euros
— [VX] [UD] : 3 600 euros
— [II] [BR] : 2 400 euros
— [GN] [JG] : 9 000 euros
— [II] [PZ] :1 800 euros
— [NX] [LB] :7 200 euros
— [YK] [UW] :1 800 euros
— [YT] [MC] : 3 600 euros
— [YC] [OH] : 4 200 euros
— [I] [XS] : 9 300 euros
— [UZ] [CV] : 3 900 euros
— [RE] [AO]: 11 400 euros
— [ZU] [VM] : 12 000 euros
— [WN] [D] : 5 400 euros
— [BE] [PU] [S] : 1 200 euros
— [ZE] [LG] : 5 400 euros
— [TV] [D] : 9 300 euros
— [JE] [KT]: 2 700 euros
— [NX] [VE] : 7 800 euros
— [UI] [JB]: 2 700 euros
— [BU] [RH]: 9 000 euros
— [CP] [CD] : 7 800 euros
— [UI] [NG] : 9 300 euros
— [NL] [AN] : 6 300 euros
— [HV] [XB] : 9 300 euros
— [MF] [MP], ayant droit de [NX] [MP] : 9 000 euros
— [NU] [EW] : 3 600 euros
— [MK] [CM] : 2 100 euros
— [N] [NZ] : 2 100 euros
— [VX] [AY] : 2 700 euros
— [NX] [XX] : 10 200 euros
— [PD] [LX] : 9 300 euros
— [GW] [DM] : 10 200 euros
— [NL] [KK] : 10 200 euros
— [N] [GR] : 10 200 euros
— [H] [IT] : 7 200 euros
— [WR] [TS] : 10 200 euros
— [LO] [JO] : 10 500 euros
— [N] [BV] : 9 000 euros
— [VX] [LJ] : 9 000 euros
— [ZU] [SL] : 3 900 euros
— [N] [XE] : 3 900 euros
— [NX] [DE] : 2 700 euros
— [AL] [ED] : 12 300 euros
— [AK] [OY] : 10 500 euros
— [IF] [WF] : 5 100 euros
— [JX] [NO] : 11 100 euros
— [SW] [HB] : 9 300 euros
— [JX] [EA] : 9 300 euros
— [VJ] [EA] : 10 200 euros
— [UI] [LU] : 2 700 euros
— [WR] [ZJ] : 9 300 euros
— [HV] [XO] : 10 500 euros
— [NX] [VV] : 7 200 euros
— [O] [KW] : 9 300 euros
— [LO] [DY] : 7 800 euros
— [UR] [W] : 10 200 euros
— [NL] [JJ] : 10 500 euros
— [MK] [AC] : 2 700 euros
— [YT] [YA] : 10 200 euros
— [FJ] [YF] : 12 300 euros
— [U] [HE] : 6 900 euros
— [UZ] [DH] : 7 200 euros
— [YW] [EZ] : 6 900 euros
— [YC] [A] 12 300 euros :
— [GW] [RM] : 11 400 euros
— [DC] [SZ] : 11 100 euros
— [LO] [GI] : 10 200 euros
— [NL] [ER] : 11 700 euros
— [CZ] [JO] : 1 200 euros
— [ZE] [FE] : 3 000 euros
— [BY] [ZS] : 13 500 euros
— [BY] [VB] : 10 200 euros
— [JX] [TH] : 11 700 euros
— [LO] [AB] : 11 100 euros
— [FV] [VS] : 2 100 euros
— [DV] [T] : 7 200 euros
— [GW] [WI] : 13 200 euros
— [HV] [EL] : 11 700 euros
— [UN] [SA] : 10 200 euros
— [BU] [XJ] : 3 600 euros
— [GW] [AU] : 9 000 euros
— [YT] [AH] : 9 000 euros
— [XG] [PU] : 2 100 euros
— [IA] [SU] : 15 000 euros
— [L] [SD] : 7 500 euros
— [KA] [WA] : 7 800 euros
— [RY] [AZ] : 6 000 euros
— [C] [M] : 10 200 euros
— [GW] [MY] : 10 200 euros
— [NX] [WT] : 11 400 euros
— [BU] [GA] : 3 900 euros
— [GW] [P] : 7 800 euros
— [KN] [GZ] : 3 300 euros
— [SI] [YN] : 2 100 euros
— [FM] [RV] : 7 500 euros
— [OV] [CG] : 12 000 euros
— [PL] [D] : 7 500 euros
— au titre de l’article 700 du code de procédure civile la somme de 1 500 euros,
— condamné la société DS Smith papier Rouen aux entiers dépens,
— dit que les intérêts légaux courraient à compter de la mise à disposition du jugement,
— débouté les concluants de leurs autres demandes et la société DS Smith paper Rouen de l’ensemble de ses demandes.
La société DS Smith paper Rouen a interjeté appel de cette décision le 25 avril 2024 en ce que le conseil de prud’hommes a rejeté sa contestation de l’inscription ACAATA et de la légalité de l’arrêté d’inscription, sa demande de saisine du tribunal administratif au titre d’une question préjudicielle et sa demande de sursis à statuer.
Mmes et MM. [OP] [ZO], [AV] [TE], [V] [TM], [UI] [KF], [WN] [IN], [OK] [X], [EN] [G], [PG] [G], [OC] [NB], [GW] [E], [GD] [PR], [JX] [FS], [WW] [HM], [JS] [TS], [AV] [PR], [VX] [ND], [VX] [GF], [VX] [UD], [II] [BR], [II] [PZ], [YK] [UW], [YT] [MC], [YC] [OH], [UZ] [CV], [WN] [D], [BE] [PU] [S], [ZE] [LG], [JE] [KT], [UI] [JB], [NU] [EW], [MK] [CM], [VX] [AY], [ZU] [SL], [N] [XE], [NX] [DE], [IF] [WF], [UI] [LU], [MK] [AC], [ZE] [FE], [FV] [VS], [BU] [XJ], [XG] [PU], [KA] [WA], [KN] [GZ] et [SI] [YN] ont interjeté appel de cette décision le 22 mai 2024.
Deux dossiers ayant été ouverts en raison des appels croisés de la société DS Smith paper Rouen et de ces 45 salariés, une jonction a été prononcée le 31 mai 2024.
Les parties ont chacune conclu d’une part sur l’appel interjeté par la société DS Smith paper Rouen et d’autre part sur l’appel interjeté par 45 des salariés.
Ainsi, sur l’appel interjeté par la société DS Smith paper Rouen, par conclusions remises le 13 juillet 2024, auxquelles il est renvoyé pour un plus ample exposé des moyens, la société DS Smith paper Rouen demande à la cour d’infirmer le jugement sur la question préjudicielle et, statuant à nouveau, de l’autoriser à saisir le tribunal administratif en contestation de l’inscription du site sur l’arrêté du 7 juin 2021 et de surseoir à statuer dans l’attente de la décision du tribunal administratif sur la légalité de cet arrêté.
Par conclusions remises le 23 juillet 2024, auxquelles il est renvoyé pour un plus ample exposé des moyens, les 131 salariés demandent à la cour de dire la société DS Smith paper Rouen mal fondée en son appel, de confirmer le jugement entrepris en ce qu’il a rejeté les demandes de question préjudicielle et de sursis à statuer formées par la société DS Smith paper Rouen et y ajoutant, de la condamner à verser à chacun d’eux une somme de 3 000 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile.
Sur l’appel interjeté par 45 des salariés, par conclusions remises le 3 juillet 2024, auxquelles il est renvoyé pour un plus ample exposé des moyens, Mmes et MM. [OP] [ZO], [AV] [TE], [V] [TM], [UI] [KF], [WN] [IN], [OK] [X], [EN] [G], [PG] [G], [OC] [NB], [GW] [E], [GD] [PR], [JX] [FS], [WW] [HM], [JS] [TS], [AV] [PR], [VX] [ND], [VX] [GF], [VX] [UD], [II] [BR], [II] [PZ], [YK] [UW], [YT] [MC], [YC] [OH], [UZ] [CV], [WN] [D], [BE] [PU] [S], [ZE] [LG], [JE] [KT], [UI] [JB], [NU] [EW], [MK] [CM], [VX] [AY], [ZU] [SL], [N] [XE], [NX] [DE], [IF] [WF], [UI] [LU], [MK] [AC], [ZE] [FE], [FV] [VS], [BU] [XJ], [XG] [PU], [KA] [WA], [KN] [GZ] et [SI] [YN] demandent à la cour de rejeter l’ensemble des fins et exceptions de non-recevoir invoquées, d’infirmer le jugement sur le montant des dommages et intérêts qui leur a été accordé au titre de la réparation de leur préjudice d’anxiété et de condamner la société DS Smith paper Rouen à leur verser chacun la somme de 20 000 euros en réparation de leur préjudice spécifique d’anxiété, et, y ajoutant, de condamner la société DS Smith paper Rouen à leur payer chacun la somme de 3 000 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile.
Par conclusions remises le 13 juillet 2024, auxquelles il est renvoyé pour un plus ample exposé des moyens, la société DS Smith demande à la cour de :
— à titre principal, infirmer le jugement sur le rejet de la question préjudicielle et sur les condamnations à l’article 700 du code de procédure civile, et statuant à nouveau, l’autoriser à saisir le tribunal administratif en contestation de l’inscription du site sur l’arrêté du 7 juin 2021, publié au journal officiel le 9 juin 2021, et surseoir à statuer dans l’attente de la décision du tribunal administratif sur la légalité de l’arrêté du 7 juin 2021, publié au journal officiel le 9 juin 2021,
— à titre subsidiaire, confirmer le jugement en ce qu’il a accordé aux salariés les sommes suivantes en indemnisation de leur préjudice spécifique d’anxiété, à savoir :
— [OP] [ZO] : 1 500 euros
— [AV] [TE] : 2 700 euros
— [V] [TM]: 3 600 euros
— [UI] [KF] : 2 100 euros
— [WN] [IN] : 2 100 euros
— [OK] [X] : 5 700 euros
— [EN] [G] : 3 000 euros
— [PG] [G] : 1 500 euros
— [OC] [NB] : 3 600 euros
— [GW] [E] : 3 900 euros
— [GD] [PR] : 1 500 euros
— [JX] [FS] : 3 300 euros
— [WW] [HM] : 3 900 euros
— [JS] [TS] :1 500 euros
— [AV] [PR] : 2 100 euros
— [VX] [ND] :1 800 euros
— [VX] [GF] : 3 600 euros
— [VX] [UD] : 3 600 euros
— [II] [BR] : 2 400 euros
— [II] [PZ] :1 800 euros
— [YK] [UW] :1 800 euros
— [YT] [MC] : 3 600 euros
— [YC] [OH] : 4 200 euros
— [UZ] [CV] : 3 900 euros
— [WN] [D] : 5 400 euros
— [BE] [PU] [S] : 1 200 euros
— [ZE] [LG] : 5 400 euros
— [JE] [KT]: 2 700 euros
— [UI] [JB]: 2 700 euros
— [NU] [EW] : 3 600 euros
— [MK] [CM] : 2 100 euros
— [VX] [AY] : 2 700 euros
— [ZU] [SL] : 3 900 euros
— [N] [XE] : 3 900 euros
— [NX] [DE] : 2 700 euros
— [IF] [WF] : 5 100 euros
— [UI] [LU] : 2 700 euros
— [MK] [AC] : 2 700 euros
— [ZE] [FE] : 3 000 euros
— [FV] [VS] : 2 100 euros
— [BU] [XJ] : 3 600 euros
— [XG] [PU] : 2 100 euros
— [KA] [WA] : 7 800 euros
— [KN] [GZ] : 3 300 euros
— [SI] [YN] : 2 100 euros
— réduire à de plus justes proportions le montant alloué au titre de l’article 700 du code de procédure civile, sans excéder 500 euros.
L’ordonnance de clôture de la procédure a été rendue le 6 mars 2025.
Par une note en délibéré du 6 mars 2025, il a été demandé aux parties leurs observations écrites sur le fait que la cour, conformément à l’article 954 du code de procédure civile, ne pourra statuer sur la demande d’infirmation des montants alloués formulée par 45 des salariés dans la mesure où cette demande n’a pas été reprise dans le dispositif des dernières conclusions remises à la cour.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur l’application de l’article 954 du code de procédure civile.
Le conseil des salariés a fait valoir que le dépôt de deux jeux de conclusions s’explique par les appels croisés des parties, lesquelles ont respectivement conclu en fonction de la procédure qui leur était applicable, rappelant qu’en cas de jonction, chacune des deux instances reste soumise aux règles de procédure qui lui sont propres dès lors que la jonction d’instance ne crée par une procédure unique et, qu’ainsi, l’appelant qui dépose des dernières conclusions à l’appui de son appel de la seconde décision, n’est pas réputé avoir abandonné, au sens de l’article 954 du code de procédure civile les prétentions et moyens qu’il avait antérieurement présentés, sachant qu’en leur qualité d’appelant, il leur fallait, à peine de caducité de leur déclaration d’appel, produire leurs écritures dans le délai de l’article 908 du code de procédure civile. Il ajoute qu’à défaut de retenir ces écritures, c’est leur droit au procès équitable tel que garanti par l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’Homme qui s’en trouverait atteint.
La société DS Smith paper Rouen a indiqué s’en rapporter à la décision de la cour.
Selon l’article 954 du code de procédure civile, les conclusions d’appel contiennent, en en-tête, les indications prévues à l’article 961. Elles doivent formuler expressément les prétentions des parties et les moyens de fait et de droit sur lesquels chacune de ces prétentions est fondée avec indication pour chaque prétention des pièces invoquées et de leur numérotation. Un bordereau récapitulatif des pièces est annexé.
Les conclusions comprennent distinctement un exposé des faits et de la procédure, l’énoncé des chefs de jugement critiqués, une discussion des prétentions et des moyens ainsi qu’un dispositif récapitulant les prétentions. Si, dans la discussion, des moyens nouveaux par rapport aux précédentes écritures sont invoqués au soutien des prétentions, ils sont présentés de manière formellement distincte.
La cour ne statue que sur les prétentions énoncées au dispositif et n’examine les moyens au soutien de ces prétentions que s’ils sont invoqués dans la discussion.
Les parties doivent reprendre, dans leurs dernières écritures, les prétentions et moyens précédemment présentés ou invoqués dans leurs conclusions antérieures. A défaut, elles sont réputées les avoir abandonnés et la cour ne statue que sur les dernières conclusions déposées.
La partie qui conclut à l’infirmation du jugement doit expressément énoncer les moyens qu’elle invoque sans pouvoir procéder par voie de référence à ses conclusions de première instance.
La partie qui ne conclut pas ou qui, sans énoncer de nouveaux moyens, demande la confirmation du jugement est réputée s’en approprier les motifs.
Au regard des observations apportées, et alors que la jonction d’instance ne crée pas une procédure unique, il n’y a pas lieu de retenir que les 45 salariés auraient abandonné les prétentions émises dans leurs conclusions d’appelant déposées le 3 juillet 2024 en concluant en tant qu’intimés par conclusions déposées le 23 juillet 2024.
Sur la demande de sursis à statuer.
La société DS Smith paper Rouen fait valoir que le présent contentieux est lié à l’inscription de son site sur le dispositif ACAATA, inscription qu’elle conteste et qui relève de la compétence exclusive des juridictions administratives.
Or, elle considère que si le délai de prescription de l’action du salarié court à compter de la publication de l’arrêté en ce sens qu’il formalise son information quant à l’importance de son exposition, au contraire, pour l’employeur, cette publication ne lui cause à ce stade aucun grief et le délai de deux mois pour contester l’arrêté ACAATA ne vaut donc que pour une contestation par voie d’action qui ne lui interdit aucunement d’agir par voie d’exception lorsque le salarié intente une action indemnitaire à son encontre pour obtenir la réparation de son préjudice d’anxiété lié à son exposition à l’amiante.
Dès lors, elle estime que la seule question qui se pose devant la cour est celle de savoir si sa demande présente un caractère sérieux, ce qui est le cas puisque l’inscription de l’établissement sur la liste ACAATA procède d’un acte réglementaire en ce qu’elle résulte de l’arrêté du 7 juin 2021 publié le 9 juin 2021 et ne s’adresse pas à une personne nommément désignée, sans que la référence à la dénomination de l’exploitant ne vienne personnaliser ou rendre nominatif l’arrêté, étant à cet égard précisé que la question qui importe n’est pas celle de l’exploitant inscrit mais bien de l’identité de l’exploitant actuel.
Elle relève encore que la seule exposition à l’amiante est insuffisante à considérer un site comme éligible au dispositif et qu’ainsi de l’appréciation des modalités d’exposition dépend la légalité de l’acte administratif, ce qui rend sa contestation sérieuse.
Enfin, elle indique que la résolution du litige dépend clairement, voire exclusivement de la persistance de l’inscription de l’établissement sur la liste ACAATA et qu’ainsi, en cas d’annulation de cette inscription, c’est le régime de droit commun qui s’appliquera, soit un délai de deux ans à compter au plus tard de la cessation de l’exposition pathogène si bien qu’un certain nombre de demandeurs verront leur action déclarée irrecevable et qu’en tout état de cause, ils devront alors démontrer le caractère direct et habituel de l’exposition mais aussi la réalité de l’anxiété alléguée.
En réponse, les salariés font valoir qu’il n’y a pas de caractère sérieux dans la mesure où le Conseil d’Etat a eu l’occasion, à deux reprises, de rappeler que la décision par laquelle l’administration se prononce sur l’inscription d’un établissement sur la liste des établissements ouvrant droit au dispositif de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante n’a pas un caractère réglementaire, ce qui est corroboré par une réponse de la Direction générale du travail qui a indiqué qu’un courrier avait été adressé le 21 juin 2021 à la société DS Smith paper Rouen afin qu’elle affiche l’arrêté au sein de son établissement et afin de l’informer de la possibilité qu’elle avait d’exercer un recours contentieux devant le tribunal administratif de Rouen, sachant que le risque de contentieux a éclos dès cette date.
Par ailleurs, ils relèvent que la solution du litige ne dépend pas exclusivement de la légalité de l’arrêté du 7 juin 2021 puisque l’exposition fautive aux poussières d’amiante, sans information et sans protection, est un fait qui s’impose à tous et qui imposera à la société DS Smith paper Rouen de faire la démonstration de ce qu’elle a pris toutes les mesures de protection et de prévention, sans qu’elle puisse valablement invoquer de possibles prescriptions puisque la Cour de cassation s’est déjà prononcée sur cette question et a jugé que c’est à la date de l’inscription sur la liste des établissements permettant la mise en oeuvre du régime général de l’ACAATA publiée que court le délai de prescription, peu important qu’il ait été remis en cause par la suite.
Selon l’article 49 du code de procédure civile, toute juridiction saisie d’une demande de sa compétence connaît, même s’ils exigent l’interprétation d’un contrat, de tous les moyens de défense à l’exception de ceux qui soulèvent une question relevant de la compétence exclusive d’une autre juridiction.
Lorsque la solution d’un litige dépend d’une question soulevant une difficulté sérieuse et relevant de la compétence de la juridiction administrative, la juridiction judiciaire initialement saisie la transmet à la juridiction administrative compétente en application du titre Ier du livre III du code de justice administrative. Elle sursoit à statuer jusqu’à la décision sur la question préjudicielle.
Alors que le Conseil d’Etat s’est déjà prononcé le 27 juin 2005 afin de dire que la décision par laquelle l’administration se prononce sur l’inscription d’un établissement sur la liste des établissements ouvrant droit au dispositif de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante n’a pas un caractère réglementaire et qu’il ressort des pièces du débat que la société DS Smith paper Rouen a eu connaissance de son inscription sur la liste ACAATA par le biais d’un courrier qui lui a été adressé par recommandé signé le 22 juin 2021 l’informant de sa possibilité d’exercer un recours, sans qu’elle ne l’exerce, alors même que cette décision lui causait grief dès sa publication pour ouvrir des droits à ses salariés et ce, au surplus à une période où les contentieux relatifs au préjudice d’anxiété lié à l’exposition à l’amiante étaient déjà particulièrement nombreux, il apparaît que la contestation de la demande de sursis à statuer ne revêt pas un caractère sérieux de sorte qu’il convient de confirmer le jugement en ce qu’il a débouté la société DS Smith paper Rouen de sa demande tendant à la transmission à la juridiction administrative de la question préjudicielle soulevée et en conséquence du sursis à statuer sollicité.
Sur la demande d’infirmation du jugement quant aux montants alloués formulée par 45 des salariés.
Les 45 salariés appelants exposent que la papeterie de [Localité 168] a été créée en 1928 pour y produire de la pâte papier et du papier jusqu’en 1998 avant d’être dédiée au papier pour ondulé, laquelle production nécessitait une quantité très importante de chaleur devant être maintenue en permanence dans la mesure où la société fonctionnait 24h/24, aussi le calorifugeage était nécessaire de bout en bout de la chaîne de production, ce qui impliquait que les salariés l’installe, le remplace et le maintienne en bon état. Ils précisent que les nombreuses machines, de très grande dimension, équipées de sécheries, étaient calorifugées à l’aide d’amiante et que la chaleur, produite sur place, était transportée par plusieurs kilomètres de tuyaux recouverts d’amiante et transportant de la vapeur.
Ils indiquent que c’est ainsi que l’établissement a été inscrit sur la liste de ceux ouvrant droit au dispositif de l’allocation de cessation anticipé d’activité des travailleurs de l’amiante (ACAATA) pour la période de 1930 à 1998 inclus, sachant qu’ils ont tous travaillé sur la période d’inscription et qu’ils n’ont pas à apporter la preuve supplémentaire de leur exposition personnelle à l’amiante, ce qu’ils font cependant en justifiant non seulement de leur exposition mais également de l’absence de toute information en ce sens et de toute protection, sachant que ces fibres n’ont pas disparu dès le 1er juillet 1999 et qu’à titre d’illustration, un document établi en 2003 par la société Diagno-tech relevait encore la présence de 718 mètres de tuyauteries calorifugées à l’aide d’amiante à traiter par confinement limité et 1 076 mètres à traiter par confinement total.
Au vu de cette forte exposition aux poussières d’amiante avec la peur d’une pathologie cancéreuse, ils estiment que le conseil de prud’hommes leur a accordé une indemnisation sans lien avec la nature de leur préjudice et en oubliant que la toxicité de l’amiante ne diminue pas avec le temps, que le risque est tel qu’a été mis en place un suivi spécifique, que l’exposition professionnelle aux poussières d’amiante crée un risque extrêmement élevé de développer un cancer et qu’il n’existe pas de rapport dose-effet, ainsi le cancer primitif du larynx a été ajouté au tableau des maladies professionnelles sans aucun seuil d’exposition.
En réponse, la société DS Smith paper Rouen rappelle que le préjudice doit être évalué personnellement et non pas de manière forfaitaire, et qu’il convient donc de prendre en considération la durée d’exposition aux particules d’amiante, l’antériorité de l’exposition et les fonctions exercées, sachant que les indemnisations généralement accordées varient de 1 500 à 6 000 euros, et exceptionnellement à 8 000 euros.
Les salariés, qui ont travaillé dans l’un des établissements mentionnés à l’article 41 de la loi n° 98-1194 du 23 décembre 1998 et figurant sur une liste établie par arrêté ministériel pendant une période où étaient fabriqués ou traités l’amiante ou des matériaux contenant de l’amiante, et se trouvent, par le fait de l’employeur, dans une situation d’inquiétude permanente face au risque de déclaration à tout moment d’une maladie liée à l’amiante, ont droit à la réparation d’un préjudice spécifique d’anxiété.
En l’espèce, par arrêté du 7 juin 2021, publié le 9 juin, les établissements de la société DS Smith paper Rouen ont été inscrits sur la liste des établissements ayant fabriqué des matériaux contenant de l’amiante et des établissements de flocage et calorifugeage à l’amiante susceptibles d’ouvrir droit à l’allocation de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante et ce, pour la période de 1930 à 1998.
Le préjudice d’anxiété, qui ne résulte pas de la seule exposition au risque créé par une substance nocive ou toxique, est constitué par les troubles psychologiques qu’engendre la connaissance du risque élevé de développer une pathologie grave par les salariés.
Aussi, pour l’apprécier, il convient de préciser la situation de chacun des salariés, étant noté que, s’il n’est pas fixé de seuil d’exposition dans le tableau des maladies professionnelles relatives à l’exposition à la poussière d’amiante, il y est néanmoins, pour la plupart des maladies, à l’exception de deux d’entre elles, fixé des durées d’exposition, mais aussi une liste des travaux de nature à les provoquer, étant néanmoins relevé qu’il est mentionné dans le nouveau tableau 30 ter les 'travaux habituellement réalisés dans des locaux exposant directement à de l’amiante à l’état libre'.
M. [OP] [ZO]
Salarié depuis mai 1997 en qualité de cariste, il est attesté qu’il a travaillé dans le secteur des machines à papier 3 et 4 avec des tâches telles que soufflage, nettoyage lors des casses et travaux de maintenance engendrant de fortes quantités de poussière de toutes sortes du fait de la dégradation des éléments d’isolation, de calorifugeages et de cloisons, souvent en amiante et ce, sans protections individuelles.
Le père de M. [ZO] atteste qu’il a perçu une inquiétude chez son fils concernant son travail, en lien avec l’amiante, ce qui a entraîné sa crainte pour son avenir professionnel mais surtout le devenir de ses enfants. Il précise qu’une grande anxiété s’est installée chez lui au fur et à mesure qu’il découvrait les ravages de l’amiante dans les maladies, ce que confirment également sa mère et sa compagne.
M. [AV] [TE]
Salarié en qualité de conducteur trituration depuis octobre 1993, il est attesté qu’en tant que mécanicien, il devait effectuer des remplacements d’appareils installés sur les réseaux de vapeur et que pour y accéder, il devait décalorifuger, sachant que le calorifugeage à cette époque contenait de l’amiante, et ce, sans protections respiratoires.
Le fils de M. [TE] atteste que depuis que son père sait qu’il a travaillé avec de l’amiante, il en parle beaucoup, que cela a entraîné de l’anxiété sur toute la famille car il a peur de tomber malade, d’autant que son propre père souffre d’une maladie respiratoire liée à l’amiante, ce que confirment ses deux autres enfants, l’un évoquant des problèmes de sommeil et l’autre le fait qu’il passe en revue toutes les maladies possibles, ce qui engendre quotidiennement de l’anxiété.
Mme [V] [TM]
Salariée en tant qu’opératrice laboratoire depuis juillet 1990, il est attesté que dans le cadre de ses fonctions au sein du service comptabilité fournisseurs, elle était amenée à se déplacer régulièrement dans l’enceinte de l’usine, lesquels secteurs ont été reconnus comme affectés par l’amiante, étant ajouté que les bureaux administratifs étaient contaminés par l’amiante en raison des faux plafonds ou des passages de câbles non étanches ainsi que les combles où elle devait se rendre pour faire de l’archivage.
Son conjoint atteste d’un changement de comportement, notant qu’elle est plus inquiète et angoissée par son état de santé depuis que le site a été déclaré site amianté en juin 2021, notant des difficultés pour trouver le sommeil et un état préoccupé, ce que confirment sa fille et son fils, lequel ajoute qu’elle est plus irritable compte tenu de cette préoccupation sur son état de santé.
M. [UI] [KF]
Salarié en qualité de technicien maintenance depuis février 1995, il est attesté qu’il se déplaçait sur tous les lieux du site et pouvait donc être en contact direct ou indirect avec de l’amiante, soit sur des tuyauteries de vapeur ou en suspension dans l’air, étant parfois même obligé de déposer une partie des isolants en amiante sur les échangeurs et vannes, et ce, sans protection.
Sa mère atteste avoir constaté un changement de comportement chez son fils depuis que le site a été déclaré site amianté en juin 2021, celui-ci étant sujet à des insomnies ou à de l’anxiété, faisant fréquemment part de ses craintes de développer une maladie, ce que confirment sa fille et son ex-femme.
M. [WN] [IN]
Salarié depuis mars 1995 en qualité de cariste assistant logistique, il est attesté qu’il était cariste dans le magasin où il y avait beaucoup de tuyaux vapeur calorifugés à l’amiante, vieux et dégradés, l’empoussièrement étant omniprésent, sans que personne ne connaisse à l’époque les dangers de l’amiante qui était balayé.
Ses filles attestent que leur père est très préoccupé par son état de santé suite à son exposition prolongée dans des locaux plein d’amiante, qu’il en parle beaucoup et a fait des examens médicaux, précisant que cette situation anxiogène l’a même conduit vers une dépression et des arrêts maladie, cet état d’anxiété étant également confirmé par sa conjointe et par la production d’un compte-rendu médical de novembre 2021 faisant état de l’absence de pathologie physique à ce jour mais d’une anxiété réactionnelle, nécessitant un suivi médical spécialisé sur le plan pulmonaire.
M. [OK] [X]
Salarié de juillet 1986 à décembre 2017, il est attesté qu’il a travaillé sur la machine 5 et que, durant les opérations de nettoyage, des souffleurs d’air étaient utilisés faisant voler les poussières d’amiante qui étaient sur les calorifuges des tuyaux, et ce, sans protection.
Son épouse atteste que son mari appréhende de voir se déclarer la maladie de l’amiante, qu’il se fait beaucoup de soucis, ce que confirment ses filles qui le voit très anxieux et stressé.
Mme [EN] [G]
Salariée en contrat à durée déterminée de novembre 1984 à août 1985 et de février 1986 à janvier 1988, il est attesté qu’elle venait voir M. [OY] tous les lundis lorsque les machines tournaient pour des documents à signer, aussi elle respirait les poussières d’amiante lorsque les ouvriers soufflaient dans les sécheries.
Son mari atteste avoir vu un changement radical depuis que le site a été déclaré site amianté, que ce soit les nuits sans sommeil, les sautes d’humeur ou les pleurs incontrôlés, cette peur présente au quotidien et dans toutes les conversations altérant leur vie de couple, ce que confirment son fils qui trouve qu’elle est devenue hypocondriaque, mais aussi sa mère qui a le sentiment qu’elle perd sa joie de vivre, ce qui lui fait très peur.
M. [PG] [G]
Salarié depuis le 11 juin 1997 en qualité d’approvisionneur, il est attesté qu’il a travaillé sur la machine 5 et que, durant les opérations de nettoyage, des souffleurs d’air étaient utilisés faisant voler les poussières d’amiante qui étaient sur les calorifuges des tuyaux, et ce, sans protection.
Sa femme atteste que son mari est devenu très anxieux et que tous ses sujets de conversations tournent autour de l’amiante, ce qui l’empêche de dormir, ce que confirment son fils et son beau-père qui précisent qu’il est depuis irritable
M. [OC] [NB]
Salarié depuis le 1er juin 1990 en qualité 'réserve haut niveau', il est attesté qu’il a travaillé sur la machine 5 et que, durant les opérations de nettoyage, des souffleurs d’air étaient utilisés faisant voler les poussières d’amiante qui étaient sur les calorifuges des tuyaux, et ce, sans protection.
Son épouse atteste que son mari est soucieux et angoissé de contracter une maladie liée à l’exposition pendant des années à l’amiante, ayant la crainte de ne pas être présent auprès de ses enfants dans l’avenir, sa mère ajoutant qu’il est devenu renfermé, ne parlant que du risque d’attraper le cancer, ce que confirme sa soeur.
M. [GW] [E]
Salarié de juillet 1989 à juillet 2020 en qualité de contremaître, il est attesté qu’il a effectué quotidiennement des nettoyages de machines et de leurs sécheries à l’aide de souffleurs pour dégager les résidus de papier et de poussières, sachant que toutes ces machines étaient calorifugées à l’amiante, et ce, sans protection.
Son épouse atteste que depuis juin 2021, son mari est très angoissé et inquiet, ce qui le rend susceptible et renfermé, ce que confirment ses filles qui indiquent qu’il dort mal et a des humeurs changeantes.
M. [GD] [PR]
Salarié depuis mars 1997 en qualité de cariste assistant logistique administratif, il est attesté qu’il a travaillé sur les machines 3 et 4, atelier dans lequel il y avait énormément de poussières en suspension, notamment lors des soufflages près des tuyaux de vapeur protégés par du calorifugeage en très mauvais état.
Sa compagne atteste que depuis que l’usine a été déclarée site amianté, il a changé de comportement, parlant souvent de sa santé avec la peur de mourir trop tôt, et ce d’autant qu’en septembre 2021, ils ont perdu un ami à l’âge de 60 ans décédé d’un cancer de l’amiante, cet état d’anxiété étant confirmé par sa voisine et son beau-fils.
M. [JX] [FS]
Salarié depuis le 10 juin 1991 en qualité de 1er bobineur, il est attesté qu’il a travaillé sur les machines 3, 4 et 5 en sécherie avec de l’amiante qui s’effritait sur les passerelles, le plancher et les cylindres, tout en étant omniprésente dans l’air avec les souffleries et la ventilation.
Son épouse atteste que depuis qu’il a appris le décès d’un collègue causé par l’amiante, il n’appréhende plus la retraite de la même façon, remettant en cause tous les projets qu’ils avaient faits. Elle ajoute qu’il présente des troubles du sommeil, qu’il est soucieux de l’avenir et préoccupé, une de ses filles expliquant qu’il est devenu négatif et angoissé alors qu’il avait avant une certaine insouciance de l’avenir et la deuxième considérant cette incertitude comme étant une épée de Damoclès sur leur vie. Enfin, son médecin traitant certifie en décembre 2021 qu’il présente des signes d’inquiétude de développer une maladie grave du fait d’une exposition à l’amiante.
M. [WW] [HM]
Salarié depuis octobre 1989 en qualité de conducteur pulpeur, il est attesté qu’il a travaillé en tant qu’aide bobineur et qu’il a ainsi fait l’habillage sur les machines à papier 3, 4 et 5 sans protection, devant nettoyer et souffler la machine avant d’installer les feutres ou les toiles, ce qui leur permettait de voir des particules et de la poussière provenant des tuyauteries protégées par de l’amiante.
Son épouse atteste qu’elle s’est aperçue que son mari était devenu soucieux de sa santé et que cela le perturbait entraînant un manque de sommeil et une inquiétude pour l’avenir, ce que confirment son fils et sa belle-mère.
M. [JS] [DP]
Salarié depuis février 1997 en qualité de technicien maintenance E4F, il est attesté qu’il devait toucher aux calorifugeages amiantés pour intervenir sur du matériel en panne ou déposer une partie des isolants en amiante, et ce, sans protection, en se déplaçant sur l’ensemble du site où il y avait des poussières d’amiante en suspension.
Sa fille atteste avoir constaté une certaine angoisse et inquiétude de son père pour sa santé depuis que le site a été classé établissement amianté, et ce, d’autant qu’il a pu voir certains de ses collègues souffrir ou mourir de la dangerosité de l’amiante, ce que confirment sa belle-mère et son épouse.
M. [AV] [PR]
Salarié depuis mars 1995, il est attesté qu’il a dû souffler les papiers dans les sécheries et a été exposé aux poussières d’amiante dû aux calorifugeages vétustes des circuits vapeur, lesquels s’effritaient et produisaient une poussière omniprésente, et ce, sans protection.
Un collègue, M. [UW], atteste avoir vu M. [PR] inquiet et préoccupé par sa santé présente et future depuis qu’ils savent que la papeterie est classée amiantée, ce que confirment sa fille et une amie mais aussi son épouse qui note un changement de comportement et une crainte de mourir du cancer de l’amiante, ce qui est aggravé par le décès de collègues en lien avec des cancers.
M. [VX] [ND]
Salarié depuis décembre 1996 en qualité de chef de quart maintenance, il est attesté qu’il a effectué des remplacements d’appareils installés sur des réseaux de vapeur et que pour y accéder, il devait décalorifuger les tuyaux qui contenaient de l’amiante, et ce, sans protection.
Sa fille atteste que son père est soucieux pour sa santé pour les années à venir depuis l’annonce 'site amiante’ de l’usine, ce que confirment sa concubine mais aussi son père qui note une prise de conscience des risques liés à l’inhalation de poussière d’amiante, cette anxiété se traduisant par une perte de patience envers ses proches qui peut nuire à moyen terme à de bonnes relations familiales.
M. [VX] [GF]
Salarié depuis novembre 1990 en qualité de 1er bobineur, il est attesté qu’il a travaillé sur la machine 5 qu’il fallait régulièrement nettoyer pour souffler les papiers dans la sécherie alimentée en vapeur par de la tuyauterie calorifugée par de l’amiante en mauvais état, et ce, sans protection malgré les nuages de poussières.
Son père atteste qu’il a dû mal à le reconnaître dans sa façon d’être depuis que le site a été reconnu site amianté, qu’il est depuis beaucoup moins joyeux, qu’il reste très préoccupé même quand ils essaient de lui changer les idées, qu’il craint de contracter la maladie, ce que confirme une amie.
M. [VX] [UD]
Salarié depuis mai 1990 en qualité de cariste, il est attesté qu’il a été sécheur sur la machine 5 et qu’il devait souffler les bourrages et les résidus de papier, ce qui faisait des nuages de poussières, sans protection.
Son fils atteste qu’il a développé des troubles anxiogènes avec un psoriasis qui est devenu omniprésent, mais aussi des troubles du sommeil qui l’obligent à prendre un traitement pour s’endormir, ce que confirment sa fille et un ami et collègue.
Mme [II] [BR]
Salariée depuis 1985, il est attesté qu’elle était secrétaire qualité-sécurité et qu’elle était chargée d’aller constater les problèmes directement sur place, soit sur des lieux poussiéreux et contaminés par l’amiante.
Une de ses filles atteste qu’elle a remarqué chez elle un changement net d’humeur depuis qu’elle a appris que le site était amianté, lui faisant part de son anxiété face aux risques pour sa santé, ce qui la rend triste et soucieuse, une autre confirme qu’elle semble moins épanouie et que cela rend la vie difficile à la maison, ce que constate également une tante qui évoque sa tristesse et son médecin traitant note en octobre 2021 qu’elle présente une angoisse d’avoir des signes d’asbestose.
Mme [II] [PZ]
Salariée en contrat à durée indéterminée depuis décembre 1998 en qualité d’analyse risques clients/approvisionnements après plusieurs contrats à durée déterminée entamés en 1995, il est attesté qu’elle se rendait régulièrement dans l’usine pour participer à des réunions, traversant des zones dégageant des poussières d’amiante, de même qu’elle se rendait aux archives sans protection alors que ce lien était à risque d’amiante.
Son frère atteste qu’elle est inquiète par le risque de développer une maladie professionnelle, ce que confirment son fils et son concubin qui évoquent une anxiété et des troubles du sommeil.
M. [YK] [UW]
Salarié depuis mai 1996 en qualité de sécheur, il est attesté qu’il a travaillé au sein des ateliers machines où il y avait de la poussière d’amiante dû aux calorifugeages vétustes et défectueux qui s’effritaient, cette poussière étant omniprésente dans l’air avec les souffleurs, et ce, sans protection.
Son épouse atteste qu’il est devenu inquiet et plus renfermé depuis la connaissance du classement amiante alors qu’il était de nature jovial, et ce, d’autant plus que des collègues, mais aussi son beau-père qui y a travaillé, sont décédés de cancers du poumon, ce que confirment son fils et sa belle-mère.
M. [YT] [MC]
Salarié depuis décembre 1990 en qualité de réserve haut niveau M5, il est attesté qu’il a travaillé dans le bâtiment de la machine 5 et qu’au regard de ses fonctions, il devait intervenir dans des lieux où passaient beaucoup de tuyauteries calorifugées amiantées, sachant que lors des casses, il soufflait et déplaçait poussières et fibres.
Sa femme atteste qu’il lui a fait part de son appréhension de contracter une maladie respiratoire grave, ce que confirment ses filles qui ajoutent qu’il a au surplus déjà une fragilité et qu’il est moins jovial et plus irritable.
M. [YC] [OH]
Salarié de février 1979 à décembre 1986, il est attesté qu’il intervenait sur les machines 3 et 4, et notamment sur le réseau vapeur nécessitant de décalorifuger pour remplacer le matériel de régulation de mesures, ce qui conduisait, notamment en raison du soufflage, à une ambiance poussiéreuse dans laquelle l’amiante était présente, et ce, sans protection.
Son épouse atteste que depuis qu’il a connaissance du classement site amianté, il dort très mal, grinçant des dents et se réveillant en sursaut et en sueur, tout en étant moins joyeux, plus agressif et susceptible, et ce, d’autant que son oncle qui a également travaillé sur ce site souffre d’un cancer, ce que confirme son fils qui évoque également le décès de son grand-père dans ces circonstances. Un ami évoque une perte de joie de vivre du jour au lendemain.
M. [UZ] [CV]
Salarié depuis avril 1989 en qualité de 1er bobineur, il est attesté qu’il a travaillé sur la machine 5 et que, durant les opérations de nettoyage, des souffleurs d’air étaient utilisés faisant voler les poussières d’amiante qui étaient sur les calorifuges des tuyaux, et ce, sans protection.
Son épouse atteste que depuis 2021, lorsque la société a été classée site amiantée, il a présenté des signes d’anxiété, se montrant soucieux, moins gai et perturbé face au risque de développer une maladie, ce d’autant qu’il a commencé à y travailler à l’âge de 20 ans, ce que confirment un voisin et un ami.
M. [WN] [D]
Salarié depuis juillet 1987 en qualité de contremaître, il est attesté qu’il participait à des tâches de sécheur l’exposant à l’amiante dans la mesure où il participait au nettoyage des machines contenant des poussières d’amiante dues au calorifugeage dégradé, et ce, sans protection.
Son épouse atteste qu’il est particulièrement angoissé, que ses relations avec ses proches ont changé par crainte de l’avenir et de ne pas voir ses petits-enfants grandir, ce que confirme sa fille qui évoque des troubles du sommeil et une grande fatigue, mais aussi son fils qui évoque des symptômes de déprime.
M. [BE] [PU]
Salarié en contrat à durée indéterminée depuis avril 2008 en qualité de réserve haut niveau après un contrat à durée déterminée d’avril à juin 1998, il est attesté qu’il a travaillé comme aide bobineur et a participé au nettoyage de la machine à papier, utilisant des souffleurs à air comprimé qui provoquait beaucoup de poussières provenant de tuyauteries de vapeur calorifugées avec de l’amiante.
Son épouse atteste qu’il est devenu anxieux avec un changement de comportement radical, parlant souvent de la mort. Elle indique que leurs projets se sont envolés et qu’elle trouve cette vie triste et injuste, d’autant qu’il se demande maintenant s’il verra sa petite fille grandir, ce que confirment son frère qui le trouve désormais distant et réservé alors qu’il était joyeux mais aussi sa belle-fille qui indique qu’il paraît dépressif.
M. [ZE] [LG]
Salarié en contrat à durée indéterminée depuis juillet 1988 en qualité de conducteur M5 après avoir effectué un contrat à durée déterminée de février à décembre 1986, il est attesté qu’il a travaillé sur les machines 3, 4 et 5 et que, durant les opérations de nettoyage, des souffleurs d’air étaient utilisés faisant voler les poussières d’amiante qui étaient sur les calorifuges des tuyaux, et ce, sans protection.
Son épouse atteste que le comportement de son mari a changé depuis juin 2021, qu’il présente des troubles du sommeil et de l’anxiété de tomber malade, ce que confirment sa fille et son fils qui ajoutent que le sujet revient régulièrement lors des repas de famille et qu’il est perturbé et troublé.
M. [JE] [KT]
Salarié de novembre 1993 à septembre 2016 en qualité de contrôleur qualité vieux papiers, il est attesté qu’il travaillait sur les machine 3 et 4 et participait à leur nettoyage et que, durant ces opérations, des souffleurs d’air étaient utilisés faisant voler les poussières d’amiante qui étaient sur les calorifuges des tuyaux, et ce, sans protection.
Son épouse atteste que depuis qu’il a appris que le site était classé amianté, il est très inquiet et a peur de développer une maladie grave, ce que confirment sa fille et un ami qui indiquent que ce sujet revient à chacune de leurs visites.
M. [UI] [JB]
Salarié d’octobre 1993 à août 2010, il est attesté qu’il était affecté à la maintenance de l’usine et a été exposé en sa qualité d’agent d’entretien aux travaux de réparation des machines pouvant contenir de l’amiante, sachant que les calorifugeages souvent délabrés par leur démontage et remontage se faisaient sans protection et à mains nues.
Son épouse atteste que depuis le mois de juin 2021, le comportement de son mari a changé, ainsi, alors qu’il était optimiste et dynamique, il est devenu très soucieux pour sa santé, et ce d’autant qu’il a un ami très proche qui est décédé d’un cancer de l’amiante, ce que confirment ses filles et ses gendres, une de ses filles évoquant en outre plusieurs décès en lien avec l’amiante.
M. [NU] [EW]
Salarié en contrat à durée indéterminée depuis le 1er octobre 1990 en qualité de contremaître après avoir été engagé par le biais de plusieurs contrats à durée déterminée de 1986 à 1988, il est attesté qu’il a travaillé sur les machines à papiers et que, durant les opérations de nettoyage, des souffleurs d’air étaient utilisés faisant voler les poussières d’amiante qui étaient sur les calorifuges des tuyaux, et ce, sans protection.
Sa mère atteste que depuis que le site a été reconnu amianté, il présente une anxiété accrue, ses projets ne sont plus les mêmes, ce sujet revient toujours dans les conversations et il est plus susceptible et pensif, ce que confirment sa nièce et sa soeur, évoquant la peur des résultats médicaux en pensant à ses anciens collègues malades ou décédés.
Mme [MK] [CM]
Salariée depuis avril 1995 en qualité de responsable contrôle matières premières, il est attesté qu’elle était amenée à se déplacer sous les machines 3 et 4 et dans sa zone de travail du magasin où des tuyauteries vapeur avec du calorifugeage contenant de l’amiante étaient présentes et généraient de la poussière.
Son époux atteste qu’elle est préoccupée en permanence par les risques liés à l’amiante, ce qui engendre un stress qui a des conséquences sur son comportement et altère ses relations avec ses proches, ce qui se traduit par des insomnies et une tristesse inexpliquée, ce que confirme sa mère qui indique qu’elle est devenue triste, renfermée avec un état d’angoisse et de stress face aux examens. Son beau-père ajoute qu’elle est très angoissée lorsqu’elle apprend le décès de ses collègues qui ont travaillé dans les mêmes conditions qu’elle.
M. [VX] [AY]
Salarié d’octobre 1993 à juin 2016 en qualité d’aide sécheur sur la machine 5, il est attesté que, durant les opérations de nettoyage, des souffleurs d’air étaient utilisés faisant voler les poussières d’amiante qui étaient sur les calorifuges des tuyaux, et ce, sans protection.
Son épouse et ses filles attestent que depuis 2021, il s’est renfermé et éprouve des inquiétudes face au risque de la maladie, éprouvant le besoin d’en parler, sa femme ajoute qu’il devient agressif et fait des insomnies.
M. [ZU] [SL]
Salarié de juillet 1989 à décembre 2018 en qualité d’aide sécheur, il est attesté qu’il a travaillé sur les machines et que, durant les opérations de débourrage et de nettoyage, des souffleurs d’air étaient utilisés faisant voler les poussières d’amiante qui étaient sur les calorifuges des tuyaux, et ce, sans protection.
Sa fille atteste qu’il présente un comportement inhabituel depuis que le site a été classé amianté, étant perturbé, souvent 'ailleurs', s’inquiétant beaucoup plus dès le moindre souci de santé, ressassant souvent ses manoeuvres professionnelles, ce que confirme sa petite fille qui indique qu’il a moins le moral et est très inquiet, son gendre ajoutant qu’il a le sentiment de ne plus se projeter dans l’avenir.
M. [N] [XE]
Salarié de juillet 1989 à janvier 2016 en qualité de 1er bobineur, il est attesté qu’il a participé à l’entretien de la machine 5 et que, durant les opérations de nettoyage, des souffleurs d’air étaient utilisés faisant voler les poussières d’amiante qui étaient sur les calorifuges des tuyaux, et ce, sans protection.
Son épouse atteste qu’il est très soucieux et insomniaque avec un moral au plus bas depuis qu’il a appris que le site était déclaré amianté, ce que confirment sa soeur et sa fille mais aussi son médecin traitant qui note en octobre 2021 qu’il présente un état anxieux.
M. [NX] [DE]
Salarié de septembre 1993 à octobre 2019 en qualité de cariste assistant logistique, il est attesté qu’il a travaillé sur les machines 3 et 4 qui avaient des tuyaux en amiante avec des calorifugeages défectueux qui créaient des poussières d’amiante, et ce, sans protection, étant précisé que le nettoyage se faisait avec des soufflettes.
Son épouse atteste que depuis que son mari a appris que le site était classé amianté, son comportement a changé, qu’il est devenu anxieux avec la peur d’être contaminé dans les années à venir, se relevant la nuit très inquiet, ce que confirment son fils et sa belle-fille, ajoutant que les discussions ne cessent de tourner autour de ce sujet, qu’il est moins joyeux et a tendance à s’isoler et se renfermer.
M. [IF] [WF]
Salarié de décembre 1988 à septembre 1999 en qualité de chef service et maintenance machine 5, il est attesté qu’il a régulièrement dû intervenir sur les machines 3, 4 et 5, et notamment sur leur rénovation au cours de laquelle il a fallu déposer les calorifuges amiantés et ce, sans protection.
Son épouse atteste qu’il a changé après avoir appris que le site était classé amianté, qu’il a pris conscience de la réalité de son exposition et ce d’autant qu’il a repris contact d’anciens collègues et appris que certains d’entre eux avaient été touchés par des maladies liées à l’amiante. Elle note qu’il n’a plus les mêmes envies de voyages, fait des cauchemars, veut fêter ses 60 ans de peur de ne pouvoir fêter ses 70, ce que confirment ses fils qui constatent une envie de les voir plus régulièrement, de profiter de ses petits enfants de peur de ce que la vie lui réservera.
M. [UI] [LU]
Salarié d’octobre 1993 à juin 2015 en qualité de 1er bobineur, il est attesté qu’il a travaillé sur les machines 3 et 4 et que, durant les opérations d’entretien, des souffleurs d’air étaient utilisés faisant voler les poussières d’amiante qui étaient sur les calorifuges des tuyaux, et ce, sans protection.
Sa concubine atteste que depuis qu’il a appris que le site était classé amianté, il est très anxieux, irritable, qu’il présente des insomnies et craint de ne pas voir son petit-fils grandir, ce que confirment deux amis qui le décrivent comme triste, sans envie de sortir, ni même de faire des projets.
Mme [MK] [AC]
Salariée d’octobre 1993 à décembre 1998 en qualité d’ingénieur process et ingénieur formation, il est attesté qu’elle a réalisé des prélèvements sur les machines 3 et 4 et ce, sans protection alors qu’elle était proche de matériels calorifugés en très mauvais état et comportant de l’amiante, étant précisé qu’elle se rendait quotidiennement dans l’atelier de production alors que les ouvriers utilisaient des souffleurs.
Son époux atteste qu’elle présente une grande inquiétude depuis qu’elle a appris le classement du site en site amianté, qu’elle a ainsi du mal à l’endormir, présente des maux de tête et se dit très fatiguée, ce que confirment ses filles.
M. [ZE] [FE]
Salarié d’avril 1992 à avril 2007 en qualité d’opérateur station d’épuration, il est attesté qu’il est intervenu sur des tuyauteries au niveau de la centrale thermique alors qu’elles étaient calorifugées par de l’amiante en piteux état, et ce, sans protection et en les manipulant.
Son épouse atteste que depuis qu’il a appris que le site était classé amianté, il est très anxieux, présentant des angoisses par rapport aux éventuelles maladies qu’il pourrait développer. Elle ajoute qu’il est très négatif, préoccupé par l’avenir, ce que confirme son fils qui le décrit comme étant plus susceptible, indiquant qu’il se remémore toutes ses conditions de travail et parle souvent de ce sujet, ce qui est également attesté par une amie.
M. [FV] [VS]
En contrat d’apprentissage de septembre 1995 à septembre 1998, il est attesté qu’il a assuré des dépannages et des opérations de maintenance dans les sécheries alors que les tuyauteries vapeur étaient fortement dégradées.
Son épouse atteste qu’il a été constaté des respirations sifflantes chez son mari et qu’il est plus anxieux depuis qu’il sait que le site a été classé amianté, d’autant qu’il a connu des collègues qui ont développé des maladies ou qui sont décédés, ce que confirment son père et son frère.
M. [BU] [XJ]
Salarié de la société d’août 1990 à juin 1999 en qualité de chef bureau études et travaux neufs, il est attesté que ses études nécessitaient qu’il se rende sur le terrain, notamment lorsqu’il a fait l’étude d’implantation de la distribution électrique des machines 3, 4 et 5, et ce, dans un environnement avec des calorifugeages de tuyauteries en mauvais état et amiantés.
Son épouse atteste que depuis qu’il a appris que le site était amianté, il présente une inquiétude et un stress omniprésent, ce qui a un impact sur ses projets de vie et un effet délétère sur le quotidien, ce que confirment un collègue mais aussi sa fille qui ajoute que son grand-père est mort d’un cancer du poumon lié à l’amiante.
M. [XG] [PU]
Salarié de la société depuis le 13 février 1995, il est attesté qu’il a travaillé dans les ateliers de la machine 5 où il y avait poussières et chaleur, la poussière d’amiante étant due aux calorifugeages vétustes des planchers et des cylindres sécheurs.
Son épouse atteste que depuis qu’il a appris que le site était classé amianté, il a subitement changé, se montrant plus distant, silencieux et inquiet sur sa santé future, avec des doutes et des inquiétudes sur sa santé et son avenir, d’autant qu’il a participé à l’inhumation de collègues décédés de cancers, ce que confirment son frère et son fils, lequel craint que cela ne se transforme en dépression.
M. [KA] [WA]
Salarié de décembre 1979 à juillet 2019 en qualité de conducteur trituration, il est attesté qu’il a dû se rendre dans les services de production et notamment dans l’atelier de séchage du papier qui était particulièrement à risque compte tenu de la présence de tuyauteries enrobées de calorifuges amiantés qui se volatilisaient. Il est précisé qu’il a par la suite intégré le service fabrication où il y faisait des soufflages quotidiens.
Son épouse atteste que depuis qu’il a appris que le site était classé amianté, il est de plus en plus anxieux, d’autant qu’en sa qualité de secrétaire du CE, il faisait le lien entre les personnes malades ou veuves et le service ressources humaines de l’entreprise, ce que confirment sa fille et un ami, mais aussi son médecin traitant qui note en novembre 2021 qu’il présente une inquiétude de développer une maladie grave suite à son exposition prolongée à l’amiante.
Mme [KN] [GZ]
Salariée depuis août 1991 en qualité de responsable station épuration, il est attesté qu’elle est intervenue sur des tuyauteries au niveau de la centrale thermique alors qu’elles étaient calorifugées par de l’amiante en piteux état, et ce, sans protection et en les manipulant.
Sa mère atteste que depuis qu’elle a appris que le site était classé amianté, elle présente des crises d’angoisse et d’anxiété liées à la peur de développer une maladie et est devenue extrêmement soucieuse, ce que confirment une amie et sa fille, laquelle note que quelque part, cela l’empêche de vivre pleinement.
M. [SI] [YN]
Salarié depuis mars 1995 en qualité de contremaître M5, il est attesté que, durant les opérations de nettoyage, des souffleurs d’air étaient utilisés faisant voler les poussières d’amiante qui étaient sur les calorifuges des tuyaux, et ce, sans protection.
Son épouse atteste que depuis qu’il a appris que le site était classé amianté, il est inquiet et lui a fait part à maintes reprises de collègues qui, juste partis à la retraite, avaient déclaré un cancer de l’amiante et sont décédés, ce qui pèse sur son moral et son sommeil, ce que confirment le parrain de sa fille et son beau-père.
Les précédents développements ont permis d’établir que les appelants ont été exposés à l’inhalation de poussières d’amiante, lequel matériau est à l’origine de maladies grandement invalidantes voire mortelles, dont le temps de latence entre l’exposition au risque et l’apparition de la pathologie, peut être très long. Ces circonstances sont assurément de nature à générer de l’anxiété, ce dont chacun justifie à titre personnel, anxiété réactivée lorsqu’ils ont connaissance des problèmes de santé déclarés par leurs anciens collègues en lien avec cette exposition.
Dès lors, compte tenu de la durée d’exposition et des éléments propres à chaque appelant, il convient d’allouer en réparation du préjudice d’anxiété les sommes suivantes :
— [OP] [ZO] : 3 000 euros
— [AV] [TE] : 6 000 euros
— [V] [TM]: 6 000 euros
— [UI] [KF] : 3 000 euros
— [WN] [IN] : 3 000 euros
— [OK] [X] : 8 000 euros
— [EN] [G] : 3 000 euros
— [PG] [G] : 3 000 euros
— [OC] [NB] : 6 000 euros
— [GW] [E] : 6 000 euros
— [GD] [PR] : 3 000 euros
— [JX] [FS] : 6 000 euros
— [WW] [HM] : 6 000 euros
— [JS] [TS] : 3 000 euros
— [AV] [PR] : 3 000 euros
— [VX] [ND] : 3 000 euros
— [VX] [GF] : 6 000 euros
— [VX] [UD] : 6 000 euros
— [II] [BR] : 8 000 euros
— [II] [PZ] : 3 000 euros
— [YK] [UW] : 3 000 euros
— [YT] [MC] : 6 000 euros
— [YC] [OH] : 8 000 euros
— [UZ] [CV] : 6 000 euros
— [WN] [D] : 8 000 euros
— [BE] [PU] [S] : 3 000 euros
— [ZE] [LG] : 8 000 euros
— [JE] [KT]: 6 000 euros
— [UI] [JB]: 6 000 euros
— [NU] [EW] : 6 000 euros
— [MK] [CM] : 3 000 euros
— [VX] [AY] : 6 000 euros
— [ZU] [SL] : 6 000 euros
— [N] [XE] : 6 000 euros
— [NX] [DE] : 6 000 euros
— [IF] [WF] : 8 000 euros
— [UI] [LU] : 6 000 euros
— [MK] [AC] : 6 000 euros
— [ZE] [FE] : 6 000 euros
— [FV] [VS] : 3 000 euros
— [BU] [XJ] : 6 000 euros
— [XG] [PU] : 3 000 euros
— [KA] [WA] : 8 000 euros
— [KN] [GZ] : 6 000 euros
— [SI] [YN] : 3 000 euros
Celle accordée en première instance à Madame [G], justement appréciée, est confirmée.
Sur les dépens et frais irrépétibles.
En qualité de partie succombante, il y a lieu de condamner la société DS Smith paper Rouen aux entiers dépens, y compris ceux de première instance.
Par ailleurs, dans les limites de la saisine, l’équité commande de confirmer le jugement sur les sommes allouées au titre de l’article 700 du code de procédure civile. Néanmoins, il apparaît équitable de ne pas faire droit à la nouvelle demande d’indemnité formulée par les salariés au titre de l’article 700 du code de procédure civile en cause d’appel.
PAR CES MOTIFS,
La cour statuant contradictoirement et publiquement, par arrêt mis à disposition au greffe,
Dans les limites de la saisine, confirme le jugement en toutes ses dispositions sauf sur les montants alloués à Mmes et MM. [OP] [ZO], [AV] [TE], [V] [TM], [UI] [KF], [WN] [IN], [OK] [X], [PG] [G], [OC] [NB], [GW] [E], [GD] [PR], [JX] [FS], [WW] [HM], [JS] [TS], [AV] [PR], [VX] [ND], [VX] [GF], [VX] [UD], [II] [BR], [II] [PZ], [YK] [UW], [YT] [MC], [YC] [OH], [UZ] [CV], [WN] [D], [BE] [PU] [S], [ZE] [LG], [JE] [KT], [UI] [JB], [NU] [EW], [MK] [CM], [VX] [AY], [ZU] [SL], [N] [XE], [NX] [DE], [IF] [WF], [UI] [LU], [MK] [AC], [ZE] [FE], [FV] [VS], [BU] [XJ], [XG] [PU], [KA] [WA], [KN] [GZ] et [SI] [YN] ;
Statuant à nouveau des chefs infirmés,
Condamne la société DS Smith paper Rouen à payer les sommes suivantes à chacun des concluants :
— [OP] [ZO] : 3 000 euros
— [AV] [TE] : 6 000 euros
— [V] [TM]: 6 000 euros
— [UI] [KF] : 3 000 euros
— [WN] [IN] : 3 000 euros
— [OK] [X] : 8 000 euros
— [PG] [G] : 3 000 euros
— [OC] [NB] : 6 000 euros
— [GW] [E] : 6 000 euros
— [GD] [PR] : 3 000 euros
— [JX] [FS] : 6 000 euros
— [WW] [HM] : 6 000 euros
— [JS] [TS] : 3 000 euros
— [AV] [PR] : 3 000 euros
— [VX] [ND] : 3 000 euros
— [VX] [GF] : 6 000 euros
— [VX] [UD] : 6 000 euros
— [II] [BR] : 8 000 euros
— [II] [PZ] : 3 000 euros
— [YK] [UW] : 3 000 euros
— [YT] [MC] : 6 000 euros
— [YC] [OH] : 8 000 euros
— [UZ] [CV] : 6 000 euros
— [WN] [D] : 8 000 euros
— [BE] [PU] [S] : 3 000 euros
— [ZE] [LG] : 8 000 euros
— [JE] [KT]: 6 000 euros
— [UI] [JB]: 6 000 euros
— [NU] [EW] : 6 000 euros
— [MK] [CM] : 3 000 euros
— [VX] [AY] : 6 000 euros
— [ZU] [SL] : 6 000 euros
— [N] [XE] : 6 000 euros
— [NX] [DE] : 6 000 euros
— [IF] [WF] : 8 000 euros
— [UI] [LU] : 6 000 euros
— [MK] [AC] : 6 000 euros
— [ZE] [FE] : 6 000 euros
— [FV] [VS] : 3 000 euros
— [BU] [XJ] : 6 000 euros
— [XG] [PU] : 3 000 euros
— [KA] [WA] : 8 000 euros
— [KN] [GZ] : 6 000 euros
— [SI] [YN] : 3 000 euros
Y ajoutant,
Condamne la société DS Smith paper Rouen aux entiers dépens ;
Déboute les parties de leur demande formulée en application de l’article 700 du code de procédure civile en cause d’appel.
LA GREFFIÈRE LA PRÉSIDENTE
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