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Sur la décision
| Référence : | TJ Arras, 2e ch. civ., 13 avr. 2026, n° 25/00677 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00677 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 1 mai 2026 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
d'[Localité 1]
[Adresse 1]
[Localité 2]
N° RG 25/00677 -
N° Portalis DBZZ-W-B7J-E6WI
JUGEMENT 13 avril 2026
Minute
S.A. FLANDRE OPALE HABITAT
C/
[V] [S]
JUGEMENT
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
Après débats à l’audience publique du 09 Février 2026, sous la présidence de Morgane LACIRE, Juge des contentieux de la protection, assistée d’Audrey GIRARDET, greffière,
Le jugement suivant a été rendu par mise à disposition au greffe le 13 avril 2026 ;
ENTRE :
DEMANDEUR(S) :
S.A. FLANDRE OPALE HABITAT, dont le siège social est sis [Adresse 2]
représentée par Me Jean-sébastien DELOZIERE, avocat au barreau de SAINT-OMER
ET :
DEFENDEUR(S) :
M. [V] [S]
né le 15 Juillet 1967 à [Localité 3], demeurant [Adresse 3]
non comparant
RAPPEL DES FAITS
Par contrat du 22 décembre 2021, la SA FLANDRES OPALE HABITAT a donné à bail à M. [V] [S] un logement à usage d’habitation situé au [Adresse 4], pour un loyer mensuel de 475,58 euros révisable annuellement et 65,04 euros de provision sur charges.
Des loyers étant demeurés impayés, la SA FLANDRES OPALE HABITAT a fait signifier un commandement de payer visant la clause résolutoire.
Elle a ensuite fait assigner M. [V] [S] devant le juge des contentieux de la protection d'[Localité 1] par un acte de commissaire de justice du 26 mai 2025 pour obtenir la résiliation du contrat, l’expulsion et la condamnation au paiement.
L’affaire a été appelée à l’audience du 13 octobre 2025, renvoyée à celle du 9 février 2026.
A cette audience, la SA FLANDRES OPALE HABITAT – représentée par son conseil – demande de constater la résiliation de plein droit du bail d’habitation ; d’ordonner l’expulsion de M. [V] [S], et ce avec astreinte de 10 euros par jour ; d’ordonner le transport et la séquestration des meubles en tel lieu qu’il lui plaira, aux frais et aux risques du défendeur ; et de le condamner au paiement de la somme actualisée de 12 225,88 euros avec les intérêts au taux légal à compter du commandement de payer – les intérêts dus pour une année entière produisant eux-mêmes intérêts – d’une indemnité mensuelle d’occupation égale au montant actuel du loyer et des charges, d’une somme de 1 000,00 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile et des dépens ; le tout, sous le bénéfice de l’exécution provisoire.
Bien que convoqué par acte de commissaire de justice signifié par remise à étude le 26 mai 2025, M. [V] [S] n’est ni présent ni représenté.
Un diagnostic social et financier a été reçu au greffe avant l’audience et il a été donné lecture de ses conclusions à l’audience.
L’affaire a été mise en délibéré au 13 avril 2026.
MOTIFS DE LA DECISION
Le jugement est réputé contradictoire en application de l’article 473 du code de procédure civile, du seul fait qu’il est susceptible d’appel.
Sur la résiliation
Sur la recevabilité de l’action
Une copie de l’assignation a été notifiée à la préfecture du Pas-de-[Localité 4] par la voie électronique le 27 mai 2025, soit plus de six semaines avant l’audience, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
Par ailleurs, la SA FLANDRES OPALE HABITAT justifie avoir saisi la CAF le 12 janvier 2024, soit deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation du 26 mai 2025, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
L’action est donc recevable.
Sur le bien fondé de la demande
L’article 24 I de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 prévoit que « Tout contrat de bail d’habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux ». Cependant, si le bail en cours au jour de la délivrance du commandement, prévoit, selon les dispositions anciennes de cet article, un délai de deux mois pour régulariser la dette à compter du commandement de payer, ce délai continue à régir les relations entre les parties, et le locataire dispose d’un délai de deux mois pour régulariser la dette et non de six semaines.
Le bail conclu le 22 décembre 2021 contient une clause résolutoire (page 6, dernier paragraphe) et un commandement de payer visant cette clause a été signifié le 23 octobre 2024, pour la somme en principal de 2 977,45 euros.
Ce commandement est demeuré infructueux pendant plus de 2 mois, de sorte qu’il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail se sont trouvées réunies à la date du 24 décembre 2024.
L’expulsion de M. [V] [S] sera ordonnée, en conséquence.
En revanche, le sort des meubles éventuellement laissés dans les lieux est spécifiquement organisé aux articles R.433-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution au titre des opérations d’expulsion. Il n’y a donc pas lieu d’ordonner leur enlèvement, leur transport ni leur séquestration.
Il n’apparaît en revanche pas nécessaire d’assortir d’une astreinte l’obligation pour M. [V] [S] de quitter les lieux. En effet, la condamnation au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation, de nature à réparer le préjudice subi par la société bailleresse, satisfait déjà l’objectif assigné à l’astreinte en cette matière par l’article L.421-2 du code des procédures civiles d’exécution.
Sur les demandes de condamnation au paiement
La SA FLANDRES OPALE HABITAT produit un décompte démontrant que M. [V] [S] reste lui devoir, après soustraction des frais de poursuite, la somme de 12 225,88 euros à la date du 5 février 2026.
M. [V] [S] ne fait valoir aucun moyen de nature à contester sérieusement l’absence de paiement du loyer pendant plusieurs mois, ni même le montant des sommes réclamées.
M. [V] [S] sera donc condamné au paiement de cette somme de 12 225,88 euros, avec les intérêts au taux légal sur la somme de 2 977,45 euros à compter du commandement de payer (23 octobre 2024) et à compter du présent jugement pour le surplus.
M. [V] [S] sera également condamné au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation pour la période courant du 6 février 2026 à la date de la libération effective et définitive des lieux. Cette indemnité mensuelle d’occupation sera fixée au montant du loyer et des charges, tel qu’il aurait été si le contrat s’était poursuivi, afin de réparer le préjudice découlant pour le demandeur de l’occupation indue de son bien et de son impossibilité de le relouer.
Par ailleurs, en application de l’article 1343-2 du code civil, il convient à la demande du bailleur, d’ordonner la capitalisation des intérêts dus pour une année entière.
Compte tenu des éléments du dossier, notamment l’absence de reprise des paiements du loyer courant, et de l’absence du défendeur à l’audience, il n’y a pas lieu de lui octroyer d’office des délais de paiement.
Sur les demandes accessoires
M. [V] [S], partie perdante, sera condamné aux dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de son signalement à la Commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives, de l’assignation et de sa notification à la préfecture.
Compte tenu des démarches judiciaires qu’a dû accomplir la SA FLANDRES OPALE HABITAT, M. [V] [S] sera condamné à lui verser une somme de 300,00 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
Le jugement est de plein droit exécutoire par provision.
PAR CES MOTIFS,
Le juge des contentieux de la protection statuant publiquement par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,
CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 22 décembre 2021 entre la SA FLANDRES OPALE HABITAT et M. [V] [S] concernant le logement à usage d’habitation situé au [Adresse 4] sont réunies à la date du 24 décembre 2024 ;
CONSTATE n’être pas saisi d’une demande de suspension des effets de la clause résolutoire ;
ORDONNE en conséquence à M. [V] [S] de libérer les lieux et de restituer les clés dès la signification du présent jugement ;
DIT qu’à défaut pour M. [V] [S] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés, la SA FLANDRES OPALE HABITAT pourra, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours d’un serrurier et de la force publique ;
DIT n’y avoir lieu à ordonner l’enlèvement, le transport et la séquestration des meubles éventuellement laissés sur place ;
DEBOUTE la SA FLANDRES OPALE HABITAT de sa demande d’astreinte ;
CONDAMNE M. [V] [S] à verser à la SA FLANDRES OPALE HABITAT la somme de 12 225,88 euros au titre de la dette locative et de l’indemnité d’occupation (décompte arrêté au 5 février 2026), avec les intérêts au taux légal à compter du 23 octobre 2024 sur la somme de 2 977,45 euros et à compter du présent jugement pour le surplus ;
ORDONNE la capitalisation des intérêts échus, dus au moins pour une année entière ;
DIT qu’il n’y a pas lieu d’accorder d’office à M. [V] [S] des délais de paiement ;
CONDAMNE M. [V] [S] à verser à la SA FLANDRES OPALE HABITAT une indemnité mensuelle d’occupation d’un montant équivalent à celui du loyer et des charges, tel qu’il aurait été si le contrat s’était poursuivi, à compter du 6 février 2026 et jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux, caractérisée par la restitution des clés ;
CONDAMNE M. [V] [S] à verser à la SA FLANDRES OPALE HABITAT une somme de 300 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE M. [V] [S] aux dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de son signalement à la Commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives, de l’assignation et de sa notification à la préfecture ;
RAPPELLE que le jugement est de plein droit exécutoire par provision ;
DIT que la présente décision sera notifiée par le greffe à la préfecture du Pas-de-[Localité 4] en application de l’article R.412-2 du code des procédures civiles d’exécution ;
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition du jugement au greffe du tribunal judiciaire, le 13 avril 2026, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du code de procédure civile, la minute étant signée par la juge des contentieux de la protection et par Marie-Lise DUSSAUX, cadre greffier.
Le cadre greffier, La juge des contentieux de la protection,
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