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Sur la décision
| Référence : | TJ Bobigny, ch. 26 proxi fond, 23 juin 2025, n° 24/10579 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/10579 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 9 juillet 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL DE PROXIMITÉ DE PANTIN
[Adresse 3]
[Localité 7]
Tél:[XXXXXXXX01]
Fax : 01.48.44.08.02
@ : [Courriel 9]
REFERENCES : N° RG 24/10579 – N° Portalis DB3S-W-B7I-2G5J
Minute :
JUGEMENT
Du : 23 Juin 2025
Société in’li, SA
C/
Monsieur [N] [O]
Madame [E] [O]
JUGEMENT
Après débats à l’audience publique du 07 Avril 2025, le jugement suivant a été rendu par mise à disposition au greffe le 23 Juin 2025;
Sous la Présidence de Madame Odile BOUBERT, juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de BOBIGNY siégeant au tribunal de proximité de PANTIN, assistée de Madame Martine GARDE, greffier ;
ENTRE :
DEMANDEUR :
Société in’li, SA
[Adresse 4]
[Adresse 10]
[Localité 5]
Représentée par Me Sandrine ZALCMAN, avocat au barreau de PARIS
DÉFENDEURS :
Monsieur [N] [O]
[Adresse 2]
[Adresse 8]
[Localité 6]
Décédé
Madame [E] [O]
[Adresse 2]
[Adresse 8]
[Localité 6]
Présente et assistée de Me Sophie ROYER, avocat au barreau de la SEINE-SAINT-DENIS
Aide Juridictionnelle Totale n° C930082025002443 en date du 26-02-2025
Copie exécutoire délivrée le :
à : Me Sandrine ZALCMAN
Me Sophie ROYER
Expédition délivrée à :
Par exploit délivré le 13-11-24, la société In’li a fait assigner MME [O] [E] et M. [O] [N] devant le juge des contentieux de la protection aux fins d’obtenir :
— la constatation de l’acquisition de la clause résolutoire du bail du logement et de la place de stationnement N° L363 et une cave n° L305 ,
— l’expulsion du défendeur et de tous occupants de son chef, avec au besoin l’assistance du commissaire de police, de la force publique et d’un serrurier
— la séquestration des meubles garnissant le logement,
— la condamnation solidaire des époux [O] au paiement de la somme principale de 5781.47 euros, au titre des loyers et charges ,
— la fixation de l’indemnité d’occupation,
— la condamnation solidaire des époux [O] au paiement d’une indemnité de 800€ sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, outre les dépens, incluant le coût du commandement.
A l’audience le conseil de la société In’li a maintenu ses demandes et a indiqué que la dette a augmenté à la somme de 5260.05 euros au 31-03-25.
MME [O] [E] ,assistée de son conseil , sollicite des délais de paiement ainsi que la suspension de la clause résolutoire . MME [O] [E] propose de payer la somme de 90 euros.
Elle justifie par un acte de décès de la disparation de son époux.
Elle indique que les frais de chauffage ont triplé entre février 2023 et mars2023 et que la provision pour charge a été ainsi multipliée par trois sans aucun décompte détaillé de la part du bailleur . Dans le même temps le bailleur a coupé le chauffage faisant chuter la température à 14° , ce qui a conduit la locataire à utiliser depuis deux ans un chauffage d’appoint avec une consommation électrique importante .
Elle sollicite donc la suppression des provisions pour charges de chauffage et que la dette soit réduite à la somme de 1086.93 euros .
MOTIFS:
Sur la demande de constat de l’acquisition de la clause résolutoire :
Il résulte des pièces versées aux débats , que le représentant de l’Etat dans le Département a bien été avisé de l’assignation en expulsion plus de deux mois avant la présente audience , la demande étant en conséquence recevable.
Le contrat signé par les parties prévoit une clause résolutoire de plein droit à défaut de paiement du loyer et de ses accessoires deux mois après la délivrance d’un commandement de payer resté infructueux.
Par acte de commissaire de justice du 29-08-24, la société In’li a fait délivrer à MME [O] [E] un commandement de payer au titre des loyers et charges impayés, visant la clause résolutoire pour un montant de 3809.15 €, reproduisant les dispositions des articles 24 de la loi du 6 juillet 1989 et celles de l’article 6 de la loi du 31 mai 1990, lequel est demeuré infructueux.
Les sommes visées au commandement n’ayant pas été réglées ni dans le délai de deux mois selon la clause résolutoire inscrite au bail, ni dans le délai de six semaines prévu par la loi, ni dans le délai demandé dans le commandement de payer , il y a lieu en conséquence de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire sont réunies à la date du 29-10-24.
Le bailleur est opposé à l’octroi des délais de paiement, ainsi qu’à la suspension de la clause résolutoire .
Selon l’article 24 de loi du 6 juillet 1989 dans sa version du 29-07-23 “VII. – Lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais accordés par le juge dans les conditions prévues aux V et VI du présent article. Cette suspension prend fin dès le premier impayé ou dès lors que le locataire ne se libère pas de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixés par le juge. Ces délais et les modalités de paiement accordés ne peuvent affecter l’exécution du contrat de location et notamment suspendre le paiement du loyer et des charges.
Si le locataire se libère de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixés par le juge, la clause de résiliation de plein droit est réputée ne pas avoir joué. Dans le cas contraire, elle reprend son plein effet.”.
En l’espèce MME [O] [E] n’a pas effectué de reprise du paiement du loyer courant en son intégralité . Il s’agit d’un logement T4 occupé par une personne seule de 78 ans dont les revenus ne lui permettent pas d’assurer le paiement régulier du loyer , en effet le loyer est de 1052.85 euros plus la somme de 78.18 euros pour la place de stationnement soit autant que ses revenus . La défenderesse ne bénéficie que d’une allocation logement de 200 euros .
Il ne peut donc lui être accordé des délais de paiement assortis de la suspension de la clause résolutoire .
Par suite , l’expulsion de MME [O] [E] sera ordonnée dans les conditions précisées au dispositif de la présente décision.
La partie défenderesse étant donc occupant sans droit ni titre à compter du 29-10-24 , son expulsion est ordonnée . L’occupation des locaux du bailleur justifie la fixation d’une indemnité d’occupation d’un montant égal au loyer majoré des charges récupérables dûment justifiées qui aurait été dû en cas de poursuite du bail afin de compenser l’occupation des lieux .
Sur la demande en paiement des loyers et charges :
Le paiement des loyers et charges aux termes convenus dans le contrat est une obligation essentielle du locataire resultant tant des stipulations contractuelles du bail signé entre les parties que des dispositions de l’article 7a) de loi du 6 juillet 1989 .
Le bailleur a présenté à l’audience une demande additionnelle tendant à actualiser le montant de sa créance afin que soit pris en compte les sommes dues entre la date de l’assignation et la date de l’audience .
Conformément aux dispositions de l’article 16 du Code de Procédure Civile , cette demande est recevable dans la mesure où la demande formulée dans l’acte introductif d’instance par le demandeur a eu pour effet de porter à la connaissance du défendeur que la dette était susceptible d’évoluer .
La défenderesse conteste les charges de chauffage mais ne justifie pas de la baisse de température dans le logement. La présentation des factures d’électricité ne suffisant pas à démontrer la réduction de la température . Il ne peut donc être fait droit à sa demande de réduction de la dette locative.
En l’espèce, il résulte des pièces versées aux débats que MME [O] [E] n’ a pas réglé avec régularité le montant des loyers, charges et indemnités d’occupation, de sorte qu’à ce titre reste due à la date du 31-03-25 la somme de 5260.05 € .
La créance n’étant pas sérieusement contestable, il convient en conséquence de condamner MME [O] [E] au paiement de cette somme, assortie des intérêts au taux légal.
Sur les demandes accessoires :
Selon l’article 696 du Code de procédure civile , la partie perdante est condamnée aux dépens , à moins que le juge , par décision motivée , n’en mettre la totalité ou une fraction à la charge de l’autre partie . En l’espèce la partie défenderesse , partie perdante , sera condamnée aux entiers dépens.
Aux termes de l’article 700 du Code de procédure civile , il ne paraît pas inéquitable de laisser à la charge de MME [O] [E] les frais exposés par le demandeur dans la présente instance et non compris dans les dépens.
Aux termes de l’article 514 du code de procédure civile, les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n’en dispose autrement.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection aprés débats en audience publique , statuant par jugement mise à disposition au greffe, contradictoire et rendu en premier ressort,
CONSTATE l’acquisition de la clause résolutoire du bail du logement et de la place de stationnement N° L363 et d’ une cave n° L305 conclu entre les parties à la date du 29-10-24,
CONDAMNE MME [O] [E] à payer à la société In’li la somme de 5260.05 € au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation arrêtés à la date du 31-03-25, avec intérêts au taux légal à compter du 29-08-24, date du commandement, sur la somme de 3809.15 € , et à compter du 31-03-25 pour le solde,
AUTORISE la société In’li à procéder à l’expulsion de MME [O] [E] et de tous occupants de son chef du logement et de la place de stationnement N° L363 et d’ une cave n° L305 , avec le concours de la force publique et d’un serrurier, passé le délai de deux mois suivant la délivrance d’un commandement d’avoir à libérer les lieux, conformément aux dispositions des articles L.412-1 et suivants, R.411-1 et suivants, R.412-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution
DIT que le sort des meubles sera régi conformément aux dispositions des articles L.433-1 et L.433-2 du code des procédures civiles d’exécution
FIXE le montant de l’indemnité d’occupation au montant du loyer , les charges en plus, indexable à compter du terme du bail , CONDAMNE MME [O] [E] à payer l’indemnité mensuelle d’occupation ainsi fixée au bailleur , jusqu’à la libération effective des locaux, par remise des clés au bailleur ou l’effet de l’expulsion , DÉBOUTE les parties de leurs demandes plus amples ou contraires,
CONDAMNE MME [O] [E] à payer à la société In’li la somme de 300 € sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile,
CONDAMNE MME [O] [E] aux dépens, en ce compris le coût du commandement de payer du 29-08-24 ,
RAPPELLE que le présente jugement est assorti de l’exécution provisoire .
LE GREFFIER LE JUGE
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