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Sur la décision
| Référence : | TJ Bobigny, ch. 7 sect. 3, 14 oct. 2025, n° 25/03206 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/03206 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
de [Localité 5]
JUGEMENT CONTENTIEUX DU 14 OCTOBRE 2025
Chambre 7/Section 3
AFFAIRE: N° RG 25/03206 – N° Portalis DB3S-W-B7J-24XT
N° de MINUTE : 25/00615
S.A. CREDIT LOGEMENT
[Adresse 2]
[Localité 3]
représentée par Me [Y], avocat au barreau de SEINE-SAINT-DENIS, vestiaire : PB 03
DEMANDEUR
C/
Monsieur [Z] [N]
[Adresse 1]
[Localité 4]
défaillant
Madame [H] [I] épouse [N]
[Adresse 1]
[Localité 4]
défaillant
DEFENDEURS
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Madame Mechtilde CARLIER, Juge, statuant en qualité de juge unique, conformément aux dispositions de l article 812 du code de procédure civile, assistée aux débats de Madame Camille FLAMANT, Greffier.
DÉBATS
Audience publique du 04 Septembre 2025.
JUGEMENT
Rendu publiquement, par mise au disposition au greffe, par jugement Réputé contradictoire et en premier ressort, par Madame Mechtilde CARLIER, Juge, assistée de Madame Corinne BARBIEUX, greffier.
***
EXPOSÉ DES FAITS ET DE LA PROCÉDURE
Selon offre du 18 juillet 2018, M. [Z] [N] et Mme [H] [I], épouse [N], ont conclu un contrat de prêt immobilier auprès de la banque BNP Paribas pour un montant de 186.000 euros remboursable sur 25 ans au taux de 2,57 % par an.
La société Crédit logement s’est engagée en qualité de caution solidaire des emprunteurs à hauteur des sommes empruntées.
Des incidents de paiement ont émaillé le remboursement du prêt obligeant la banque à mobiliser la caution.
Le 8 juin 2020, la société BNP Paribas a émis une quittance subrogative au profit de la société Crédit Logement pour un montant de 4.498,22 euros.
Le 6 janvier 2025, la société BNP Paribas a émis une quittance subrogative au profit de la société Crédit Logement pour un montant de 148.675,57 euros.
Préalablement, la société Crédit logement avait informé les emprunteurs qu’elle payerait les sommes sollicitées par la banque à défaut de règlement de leur part dans un délai de 8 jours.
Par acte de commissaire de justice du 26 mars 2025, la SA Crédit logement a fait assigner M. [Z] [N] et Mme [H] [I], épouse [N], en paiement devant le tribunal judiciaire de Bobigny.
PRÉTENTIONS ET MOYENS DES PARTIES
Dans son assignation, en l’absence de conclusions ultérieures, elle demande au tribunal de :
— condamner solidairement M. [Z] [N] et Mme [H] [I], épouse [N], à lui payer la somme de 156.981,02 euros arrêtée au 11 mars 2025 avec intérêts au taux légal à compter du règlement ;
— condamner solidairement M. [Z] [N] et Mme [H] [I], épouse [N], à lui payer la somme de 1 000 euros à titre de dommages et intérêts sur le fondement de l’article 2305 alinéa 3 du code civil,
— condamner solidairement M. [Z] [N] et Mme [H] [I], épouse [N], à lui payer la somme de 1 000 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile,
— condamner solidairement M. [Z] [N] et Mme [H] [I], épouse [N], aux dépens avec droit de recouvrement direct au profit de Maître Cieol, avocat,
— rappeler que l’exécution provisoire est de droit.
En se fondant sur les articles 2305 anciens et suivants du code civil, la société Crédit logement soutient que les emprunteurs sont tenus de lui rembourser les sommes qu’elle a payées à la banque au titre du contrat de cautionnement portant sur les prêts immobiliers.
Par ailleurs en application de l’article 2305 alinéa 3 ancien du code civil, la société Crédit logement soutient que le non-paiement des sommes réclamées lui a causé un préjudice moral qu’elle estime à 1 000 euros de dommages et intérêts. Elle affirme qu’elle a été contrainte d’engager des démarches rendues nécessaires par l’obstruction du débiteur à rembourser sa dette et a entraîné pour la caution des débours, des soucis, des tracas et des frais irrépétibles.
Régulièrement assignés à personne pour M. [Z] [N] et à domicile pour Mme [H] [I], épouse [N], les défendeurs n’ont pas constitué avocat.
La présente décision étant susceptible d’appel, il sera statué par jugement réputé contradictoire en application de l’article 473 du code de procédure civile.
L’ordonnance de clôture est datée du 19 juin 2025.
L’affaire a donc été examinée à l’audience publique du 4 septembre 2025 et mise en délibéré à ce jour.
MOTIVATION
En vertu de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
En l’espèce, la régularité et la recevabilité de la procédure ne posent aucune difficulté. Seul le fond de cette affaire fera donc l’objet d’une motivation développée.
1. SUR LA DEMANDE EN PAIEMENT
Aux termes de l’article 2305 du code civil, dans sa rédaction antérieure à celle issue de l’ordonnance n° 2021-1192 du 15 septembre 2021, la caution qui a payé a son recours contre le débiteur principal, soit que le cautionnement ait été donné au su ou à l’insu du débiteur. Ce recours a lieu tant pour le principal que pour les intérêts et les frais ; néanmoins la caution n’a de recours que pour les frais par elle faits depuis qu’elle a dénoncé au débiteur principal les poursuites dirigées contre elle. Elle a aussi recours pour les dommages et intérêts, s’il y a lieu.
La société Crédit logement, qui a payé la banque, après avoir informé l’emprunteur avant chaque règlement qu’elle payerait les sommes sollicitées par la banque à défaut de paiement par ses soins dans les délais impartis, est fondée à invoquer les dispositions de l’article 2305 précité, lui conférant un recours personnel à l’encontre du débiteur et lui permettant de recouvrer à la fois les sommes payées au créancier et les intérêts moratoires de ces sommes.
Elle justifie, par la production de plusieurs quittances subrogatives, avoir payé les sommes de :
— 4.498,22 euros le 8 juin 2020
— 148.675,57 euros le 6 janvier 2025
Selon décompte de créance du 11 mars 2025, il apparaît que M. [Z] [N] et Mme [H] [I], épouse [N], ont remboursé à la société Crédit logement
— 400 euros le 30/10/2020
— 400 euros le 29/01/2021
— 400 euros le 14/05/2021
— 400 euros le 21/06/2021
— 400 euros le 15/07/2021
— 400 euros le 15/07/2021
— 400 euros le 16/08/2021
— 438 euros le 14/06/2023
— 438 euros le 17/07/2023
— 438 euros le 16/08/2023
— 438 euros le 22/09/2023
— 438 euros le 22/02/2024
Le décompte de la société Crédit Logement mentionne un règlement quittancé à hauteur de 8.797,23 euros en date du 20/03/2023 mais ne produit pas la quittance à cet effet ce qui ne permet pas d’établir de manière suffisamment probante l’existence de ce règlement par la caution.
S’agissant des intérêts, ils sont dus à compter de la date des paiements opérés par la société Crédit Logement au profit de la banque.
L’ensemble des paiements précités ont été décomptés par la société Crédit logement. Celle-ci a également justement fixé le point de départ des intérêts à la date des paiements effectués par elle à la banque.
Dans ces conditions, il y a lieu de retenir les sommes contenues dans le décompte établi le 11 mars 2025 après déduction de la somme de 8.797,23 euros dont la quittance subrogative n’est pas produite, et de fixer le point de départ des intérêts à cette date, les intérêts antérieurs ayant déjà été comptabilisés par la demanderesse.
En conséquence, M. [Z] [N] et Mme [H] [I], épouse [N], qui s’étaient engagés en qualité d’emprunteurs solidaires, seront solidairement condamnés à payer à la société Crédit logement, la somme de 148.183,79 euros (156.981,02 – 8.797,23), avec intérêts au taux légal à compter du 11 mars 2025.
2. SUR LA DEMANDE DE DOMMAGES ET INTÉRÊTS
Aux termes de l’article 2305 du code civil, dans sa rédaction antérieure à celle issue de l’ordonnance n° 2021-1192 du 15 septembre 2021, la caution a aussi un recours pour les dommages et intérêts, s’il y a lieu.
Selon l’article 1153, dernier alinéa, du code civil, dans sa rédaction antérieure à celle issue l’ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016, le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts des intérêts moratoires de la créance.
Se limitant à indiquer que l’attitude des emprunteurs lui a causé un préjudice complémentaire, la société Crédit logement ne justifie pas d’un préjudice distinct de celui causé par le retard de paiement, lequel est déjà compensé par l’allocation de dommages et intérêts moratoires.
Les débours et frais irrépétibles relèvent quant à eux des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.
La société Crédit logement sera donc déboutée de sa demande de dommages et intérêts.
3. SUR LES MESURES DE FIN DE JUGEMENT
Aux termes de l’article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
En application de l’article 700 1° du code de procédure civile, dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou la partie perdante à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a lieu à condamnation.
Parties perdantes, M. [Z] [N] et Mme [H] [I], épouse [N], seront solidairement condamnés aux dépens, avec droit de recouvrement direct au profit de Maître Cieol, avocat, pour ceux dont il a fait l’avance sans avoir reçu provision, en application de l’article 699 du code de procédure civile.
Supportant les dépens, ils seront solidairement condamnés à payer à la société Crédit logement la somme de 1 000 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile.
Enfin, les articles 514 et 514-1 du code de procédure civile, disposent que les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que le juge en décide autrement s’il estime que cette exécution provisoire de droit est incompatible avec la nature de l’affaire. En l’occurrence, la nature de l’affaire n’implique pas de déroger au principe sans qu’il ne soit nécessaire de le rappeler dans le dispositif.
PAR CES MOTIFS
Le tribunal judiciaire,
CONDAMNE solidairement M. [Z] [N] et Mme [H] [I], épouse [N], à payer à la SA Crédit logement la somme de 148.183,79 euros, avec intérêts au taux légal à compter du 11 mars 2025 ;
DÉBOUTE la SA Crédit logement de sa demande de dommages et intérêts ;
CONDAMNE solidairement M. [Z] [N] et Mme [H] [I], épouse [N], aux dépens, avec droit de recouvrement direct au profit de Maître Cieol, avocat ;
CONDAMNE solidairement M. [Z] [N] et Mme [H] [I], épouse [N], à payer à la SA Crédit Logement la somme de 1 000 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile.
Le présent jugement ayant été signé par le président et le greffier.
Le greffier Le président
Corinne BARBIEUX Mechtilde CARLIER
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