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Sur la décision
| Référence : | TJ Bobigny, ch. 28 proxi fond, 8 janv. 2026, n° 25/09194 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/09194 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 28 janvier 2026 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : |
Texte intégral
TRIBUNAL DE PROXIMITE
DE SAINT DENIS
[Adresse 3]
[Localité 7]
Téléphone : [XXXXXXXX01]
Télécopie : [XXXXXXXX02]
@ : [Courriel 8]
REFERENCES : N° RG 25/09194 – N° Portalis DB3S-W-B7J-3XNT
Minute : 25/01359
Société ESPACIL HABITAT
Représentant : Maître Stéphanie LAMORA de l’AARPI BDSL AVOCATS, avocats au barreau de HAUTS-DE-SEINE, vestiaire :
C/
Monsieur [U] [C]
Exécutoire, copie, dossier
délivrés à :
Maître Stéphanie LAMORA de l’AARPI BDSL AVOCATS
Copie certifiée conforme délivrée à :
Monsieur [U] [C]
Le
JUGEMENT DU 08 Janvier 2026
Jugement rendu par décision Contradictoire et en premier ressort et mis à disposition au greffe du tribunal de proximité en date du 08 Janvier 2026;
par Monsieur Simon FULLEDA, en qualité de juge des contentieux de la protection assisté(e) de Mme Majida ALOUSSI, greffier ;
Après débats à l’audience publique du 17 Novembre 2025 tenue sous la présidence de Monsieur Simon FULLEDA juge des contentieux de la protection, assisté(e) de Mme Majida ALOUSSI, greffier ;
ENTRE DEMANDEUR(S) :
— La société ESPACIL HABITAT
[Adresse 5]
[Localité 6]
représentée par Maître Stéphanie LAMORA de l’AARPI BDSL AVOCATS, avocats au barreau de HAUTS-DE-SEINE,
D’UNE PART
ET DÉFENDEUR(S) :
— Monsieur [U] [C]
comparant en personne
demeurant [Adresse 4]
[Adresse 4]
[Localité 7]
D’AUTRE PART
EXPOSE DU LITIGE
Suivant acte sous seing privé en date du 15 juillet 2021, la société ESPACIL HABITAT a donné en location à Monsieur [U] [C] un logement situé au sein d’une résidence universitaire sise [Adresse 4] à [Localité 7].
Suivant exploit de commissaire de justice en date du 12 novembre 2024, la société ESPACIL HABITAT a fait signifier au locataire un commandement de payer les loyers visant la clause résolutoire et portant sur la somme en principal de 3.592,73 euros.
Suivant exploit de commissaire de justice en date du 3 juin 2025, la société ESPACIL HABITAT a fait assigner Monsieur [U] [C] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Bobigny siégeant au sein de la chambre de proximité de Saint-Denis (93 200) aux fins de voir, sous le bénéfice de l’exécution provisoire :
— Constater l’acquisition de la clause résolutoire, subsidiairement prononcer la résiliation du contrat de bail,
— Ordonner l’expulsion du locataire en la forme ordinaire,
— Ordonner le transport des meubles laissés dans les lieux loués par le locataire conformément aux articles L433-1 et L433-2 du Code des Procédures civiles d’exécution,
— Supprimer les délais prévus aux articles L412-3 et L412-6 du Code des Procédures civiles d’exécution,
— Condamner le défendeur à lui verser la somme de 5.570,14 euros au titre de sa dette locative, outre une indemnité mensuelle d’occupation, assortie des intérêts au taux légal à compter de l’assignation,
— Condamner le défendeur à lui verser la somme de 500 euros au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile, outre les dépens.
L’affaire a été appelée à l’audience du 22 septembre 2025 puis a fait l’objet d’un renvoi pour être finalement retenue à l’audience du 17 novembre 2025.
A cette date, la société ESPACIL HABITAT, représentée par son conseil, sollicite le bénéfice de son acte introductif d’instance et actualise le montant de la dette locative à hauteur de 10.536 euros, terme d’octobre 2025 inclus.
Monsieur [U] [C] comparait en personne et explique qu’il ne vit plus dans le logement car ce dernier est squatté par une tierce personne. Il sollicite des délais de paiement afin de pouvoir apurer la dette.
A l’issue des débats, la décision est mise en délibéré au 8 janvier 2026.
MOTIFS DE LA DECISION
Sur la loi applicable au litige
A titre liminaire sur le statut juridique applicable au titre d’occupation litigieux, il convient de rappeler que le logement occupé par le défendeur est soumis à la législation des résidences étudiantes résultant des articles L.631-12 et suivants du code de la construction et de l’habitation. Ainsi, il est soumis à une réglementation spécifique qui exclut le droit au maintien dans les lieux de l’occupant et il échappe aux dispositions protectrices de l’article L.632-1 du code de la construction et de l’habitation ainsi qu’au titre Ier bis précité de la loi du 6 juillet 1989 en vertu de l’article 25-3 de la loi du 6 juillet 1989.
Sur la demande de constat d’acquisition de la clause résolutoire
L’article L631-12 du code de la construction et de l’habitation dispose que la résidence universitaire est un établissement destiné au logement collectif à titre de résidence principale dans des immeubles comportant à la fois des locaux privatifs, meublés ou non, et des locaux affectés à la vie collective. Cet établissement accueille des étudiants, des personnes de moins de trente ans en formation ou en stage et des personnes titulaires d’un contrat de professionnalisation ou d’apprentissage. A titre exceptionnel, cet établissement peut accueillir des enseignants et des chercheurs. Ces résidences peuvent faire l’objet d’une convention conclue en application de l’article L. 831-1 lorsqu’elles bénéficient d’une autorisation spécifique délivrée par le représentant de l’Etat dans le département. Les modalités d’octroi de cette autorisation spécifique sont définies par décret. Les occupants ne bénéficient pas du droit au maintien dans les lieux. Le contrat de location a une durée maximale d’un an. Il peut être renouvelé dès lors que l’occupant continue à remplir les conditions précisées au présent article. Le résident ne peut ni céder le contrat de location ni sous-louer le logement.
Sur les aspects financiers, la résiliation du contrat par le gestionnaire ou le propriétaire ne peut intervenir que dans les cas suivants :
— inexécution par la personne logée d’une obligation lui incombant au titre de son contrat ou d’un manquement grave ou répété au règlement intérieur ;
— cessation totale d’activité de l’établissement ;
— cas où la personne logée cesse de remplir les conditions d’admission dans l’établissement considéré.
L’article R.633-3 du même code précise que le gestionnaire ou le propriétaire peut résilier le contrat dans l’un des cas prévus à l’article L. 633-2 sous réserve d’un délai de préavis :
a) d’un mois en cas d’inexécution par la ou les personnes titulaires du contrat d’une obligation leur incombant au titre de ce contrat ou en cas de manquement grave ou répété au règlement intérieur. La résiliation peut être décidée pour impayé, lorsque trois termes mensuels consécutifs, correspondant au montant total à acquitter pour le logement, les charges et les prestations obligatoires et facultatives, sont impayés ou bien, en cas de paiement partiel, lorsqu’une somme au moins égale à deux fois le montant mensuel à acquitter pour le logement et les charges reste due au gestionnaire.
b) de trois mois lorsque la personne logée cesse de remplir les conditions d’admission dans l’établissement telles qu’elles sont précisées dans le contrat ou lorsque l’établissement cesse son activité.
Cet article précise les conditions de forme de la résiliation en indiquant que la résiliation du contrat est signifiée par commissaire de justice ou notifiée par courrier écrit remis contre décharge ou par lettre recommandée avec avis de réception. Il est jugé au visa de ce texte que la mise en œuvre de la clause résolutoire du contrat de résidence d’un logement-foyer est subordonnée à la remise effective de la lettre de mise en demeure à son destinataire.
Ces dispositions sont d’ordre public.
En l’espèce, le contrat de résidence conclu le 15 juillet 2021 contient une clause résolutoire, et un commandement de payer visant cette clause a été signifié le 12 novembre 2024, pour la somme en principal de 3.592,73 euros.
Il ressort du décompte produit que la somme visée au commandement correspondait bien à un montant équivalent à trois termes consécutifs de loyers, et que Monsieur [U] [C] n’a pas réglé l’intégralité de la dette dans le délai d’un mois, de sorte qu’il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le contrat de résidence étaient réunies à la date du 13 décembre 2024.
Monsieur [U] [C] étant sans droit ni titre depuis le 13 décembre 2024, son expulsion sera ordonnée, ainsi que celle de tous occupants de son chef, selon les modalités fixées au dispositif de la présente décision.
Conformément aux dispositions de l’article L412-7 du code des procédures civiles d’exécution, le bénéfice des dispositions des articles L412-3 et L412-6 du même code sera supprimé en l’espèce, étant établi que le logement litigieux est situé au sein d’une résidence étudiante et que le preneur a manqué à ses obligations.
Sur la demande en paiement au titre de l’arriéré locatif et de l’indemnité d’occupation
Monsieur [U] [C] est redevable des loyers impayés jusqu’à la date de résiliation du contrat de résidence en application des articles 1103 et 1217 du code civil. Par ailleurs, le maintien dans les lieux postérieurement à la date d’expiration du contrat de résidence constitue une faute civile ouvrant droit à réparation en ce qu’elle cause un préjudice certain pour le propriétaire dont l’occupation indue de son bien l’a privé de sa jouissance. L’indemnité d’occupation due à ce titre doit donc être fixée à la valeur locative du bien illicitement occupé.
En l’espèce, la société ESPACIL HABITAT produit un décompte démontrant que Monsieur [U] [C] reste lui devoir la somme de 10.536,09 euros.
Monsieur [U] [C] sera par conséquent condamné à verser à la société ESPACIL HABITAT la somme de 10.536,09 euros au titre de sa dette locative au 17 novembre 2025, terme d’octobre 2025 inclus, avec intérêt au taux légal à compter du 12 novembre 2024, date du commandement, sur la somme de 3.592,73 euros visée en principal, et à compter de la signification de la présente décision pour le surplus.
Monsieur [U] [C] sera en outre condamné à verser à la société ESPACIL HABITAT une indemnité mensuelle d’occupation d’un montant équivalent aux sommes qui auraient été dues en cas de poursuite du contrat de résidence, à compter du mois de novembre 2025 et jusqu’à parfaite libération des lieux.
Sur les autres demandes
Monsieur [U] [C], qui perd le procès, supportera la charge des dépens conformément aux dispositions de l’article 696 du code de procédure civile.
L’équité commande de ne prononcer aucune condamnation au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.
Il sera rappelé que la présente décision est exécutoire de plein droit, conformément aux dispositions de l’article 514 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant publiquement, par décision contradictoire, susceptible d’appel et prononcée par mise à disposition au greffe,
CONSTATE la résiliation à compter du 13 décembre 2024 du contrat de résidence conclu le 15 juillet 2021 entre la société ESPACIL HABITAT et Monsieur [U] [C],
ORDONNE à Monsieur [U] [C] de libérer les lieux situés [Adresse 4] à [Localité 7] et restituer les clés dans un délai de huit jours à compter de la signification de la présente décision,
DIT qu’à défaut de libération volontaire dans ce délai, la société ESPACIL HABITAT pourra, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, au besoin avec le concours d’un serrurier et de la force publique,
ORDONNE en tant que de besoin le transport des meubles meublants, aux frais de l’expulsé, dans tel garde-meuble de son choix et à défaut choisi par le bailleur,
ORDONNE la suppression du bénéfice des dispositions des articles L412-3 et L413-6 du code des procédures civiles d’exécution,
CONDAMNE Monsieur [U] [C] à verser à la société ESPACIL HABITAT la somme de 10.536,09 euros au titre de sa dette locative au 17 novembre 2025, terme d’octobre 2025 inclus, avec intérêts au taux légal à compter du 12 novembre 2024, date du commandement, sur la somme de 3.592,73 euros visée en principal, et à compter de la signification de la présente décision pour le surplus,
CONDAMNE Monsieur [U] [C] à verser à la société ESPACIL HABITAT une indemnité mensuelle d’occupation, d’un montant équivalent aux sommes qui auraient été dues en cas de poursuite du contrat de location, à compter du mois de novembre 2025 et jusqu’à parfaite libération des lieux,
REJETTE pour le surplus les demandes des parties,
CONDAMNE Monsieur [U] [C] aux dépens,
RAPPELLE que la présente décision est revêtue de l’exécution provisoire.
Ainsi jugé le 08 janvier 2026
Et ont signé,
Le Greffier Le Juge du Tribunal de proximité
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