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Sur la décision
| Référence : | TJ Bobigny, ch. 22 proxi fond, 24 févr. 2026, n° 25/09540 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/09540 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 4 mars 2026 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : | S.A. [ R ], Société [ R ], Société LES BELLES ANNEES |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOBIGNY
[Adresse 1]
[Adresse 2]
[Adresse 3]
[Localité 1]
Téléphone : [XXXXXXXX01]
Télécopie : 01 48 96 07 52
@ : [Courriel 1]
REFERENCES : N° RG 25/09540 – N° Portalis DB3S-W-B7J-3Y3N
Minute :
Société LES BELLES ANNEES
S.A. [R]
Représentant : Maître [W] LACOME D’ESTALENX, avocat au barreau de PARIS, vestiaire : C922
C/
Madame [A] [K] [C] [V]
Exécutoire, copie, dossier
délivrés à :
Maître [W] [Z] [S]
Copie délivrée à :
Mme [A] [K] [C] [V]
Le 24 février 2026
AUDIENCE CIVILE
Jugement rendu et mis à disposition au greffe du tribunal judiciaire en date du 24 février 2026;
par Monsieur Alex MICHONNEAU, en qualité de juge des contentieux de la protection assistée de Madame Perrine JAQUET, greffier ;
Après débats à l’audience publique du 05 janvier 2026 tenue sous la présidence de Monsieur Alex MICHONNEAU, juge des contentieux de la protection, assisté de Madame Perrine JAQUET, greffier audiencier ;
ENTRE DEMANDEURS :
Société LES BELLES ANNEES, SASU, ayant son siège social [Adresse 4]
Société [R], ayant son siège social [Adresse 5]
représentées par Maître Marion LACOME D’ESTALENX, avocat au barreau de PARIS
D’UNE PART
ET DÉFENDEUR :
Madame [A] [K] [C] [V], demeurant [Adresse 6]
non comparante
D’AUTRE PART
EXPOSE DU LITIGE
Par acte sous signature électronique en date du 23 juillet 2023, Les Belles Années SAS a donné à bail à Mme [A] [V] un logement situé [Adresse 7], pour une redevance d’un montant de 630 euros TTC.
Par acte sous signature électronique du 21 août 2023, [R] [E] s’est portée caution des engagements souscrits par Mme [A] [V] au titre du contrat de bail précité.
Mme [A] [V] ayant rencontré des difficultés de paiement, les Belles Années SAS a sollicité l’intervention de [R] [E].
Par exploit d’huissier en date du 2 septembre 2025, Les Belles Années SAS et [R] [E] ont fait assigner Mme [A] [V] devant le juge des contentieux de la protection de la chambre des contentieux de proximité du Tribunal judiciaire de Bobigny, à l’audience du 5 janvier 2026 aux fins, principalement, d’obtenir le paiement des arriérés de loyer.
Les Belles Années SAS et [R] [E], comparantes, représentées, soutiennent oralement le contenu de leur assignation et demandent au juge des contentieux de la protection de la chambre des contentieux de proximité du Tribunal judiciaire de Bobigny de :
prononcer la résiliation judiciaire du contrat de bail ;
ordonner l’expulsion de Mme [A] [V] ainsi que de tout occupant de son chef, au besoin avec le concours de la force publique ;
dire que le sort des meubles sera régi dans les conditions prévues par le code des procédures civiles d’exécution ;
condamner Mme [A] [V] à payer :
la somme de 1 900,54 € à valoir sur l’arriéré des loyers et charges dû au terme de juin 2025, à parfaire au jour du jugement, avec intérêts au taux légal à compter de la délivrance de l’assignation selon la répartition suivante :
353,09 euro à Les Belles Années SAS ;
1 637,45 euros à [R] [E] ;
une indemnité d’occupation à Les Belles Années SAS d’un montant égal au montant du loyer et des charges qui auraient été payés en l’absence de résiliation du bail et ce jusqu’à la libération effective des lieux ;
à [R] [E] une somme de 1 000,00 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
les entiers dépens de la présente procédure, en ce inclus le coût du commandement.
Pour un exposé des moyens des demandeurs, il y a lieu de se référer à l’acte introductif d’instance, signifié par exploit de commissaire de justice en date du 2 septembre 2025, en application de l’article 455 du code de procédure civile.
Mme [A] [V], assigné en la forme d’un procès-verbal de recherches, n’a pas comparu et n’a pas été représenté à l’audience.
Aucun diagnostic social et financier n’est parvenu au Tribunal avant l’audience.
Le juge a invité les parties à produire tous les éléments relatifs à l’existence d’une procédure de surendettement conformément à l’article 24 V de la loi du 6 juillet 1989.
L’affaire a été mise en délibéré au 24 février 2026.
MOTIFS
Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, l’absence de Mme [A] [V] ne fait pas obstacle à ce qu’une décision soit rendue sur le fond du litige, le juge ne faisant droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée. La décision étant susceptible d’appel, il y a lieu de statuer par jugement réputé contradictoire en application de l’article 473 du code de procédure civile.
En vertu de l’article 16 du code de procédure civile, toute actualisation des demandes à l’audience, sur le fondement d’un décompte non produit contradictoirement est exclue.
Sur la demande en paiement de l’arriéré locatif
Sur le principe et le montant de la dette
L’article 1728 du même code dispose que le preneur est tenu de deux obligations principales, dont l’obligation de payer le prix du bail aux termes convenus fait partie. Cette obligation résulte également de l’article 7 a) de la loi du 6 juillet 1989.
En application de l’article 1353 du code civil celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver et réciproquement, celui qui se prétend libéré, doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation.
En l’espèce, il ressort du contrat de bail en date du 23 juillet 2023 que Mme [A] [V] devait payer un loyer d’un montant de 630 € TTC à son bailleur Les Belles Années SAS. La dernière redevance appelée s’est élevée à la somme de 674,85 euros.
Le bailleur produit un décompte démontrant que Mme [A] [V] restait devoir au terme du mois de juin 2025, une somme de 1 990,54 euros.
En conséquence, il y a lieu de retenir que Mme [A] [V] est débiteur d’une somme globale de 1 990,54 euros, arrêtée au terme de juin 2025.
Sur la répartition du montant entre les créanciers
L’article 1346-1 du code civil dispose que la subrogation conventionnelle s’opère à l’initiative du créancier lorsque celui-ci, recevant son paiement d’une tierce personne, la subroge dans ses droits contre le débiteur.
En l’espèce, Les Belles Années SAS, en qualité de bailleur, est par nature le créancier principal de ces sommes.
Toutefois, les parties fournissent à la cause quatre quittances subrogatives en date des 25 octobre 2024, 28 février 2025, 5 juin 2025 et 24 juin 2025 par laquelle le bailleur reconnaît avoir reçu de la part de [R] [E] la somme globale de 1 637,45 euros.
Il est stipulé que ces sommes sont représentatives des sommes dues par Mme [A] [V] au titre du contrat de bail suscité. En contrepartie de ces sommes, le bailleur subroge [R] [E] dans l’ensemble de ses droits, actions et sûretés contre Mme [A] [V] au titre du contrat de bail précité.
En conséquence, il y a lieu de constater que [R] [E] est créancière d’une somme de 1 637,45 euros tandis que Les Belles Années SAS est créancière d’une somme de 353,09 euros. Ces sommes porteront intérêts à compter du 2 septembre 2025, date de l’assignation.
Sur le rejet de la demande de résiliation judiciaire du contrat
L’article 1728 du code civil dispose que le preneur est tenu de deux obligations principales, dont l’obligation de payer le prix du bail aux termes convenus fait partie.
L’article 1224 du code civil rappelle le principe selon lequel la résolution du contrat peut résulter, en cas d’inexécution suffisamment grave, d’une décision de justice.
Le paiement du loyer étant une obligation essentielle du contrat de location, ce défaut de paiement pendant plusieurs mois caractérise un manquement contractuel suffisamment grave pour justifier la résiliation du contrat de bail aux torts du locataire et son expulsion des lieux.
En l’espèce, il est acquis que Mme [A] [V] s’est acquitté irrégulièrement du paiement de son loyer de sorte qu’au jour de l’assignation, l’arriéré s’élève à la somme de 1 990,54 euros.
Cependant, cette somme, inférieure au montant de quatre loyers courants, ne constitue pas une inexécution suffisamment grave par le preneur de ses obligations de nature à justifier la résiliation du contrat de bail.
En conséquence, cette demande sera rejetée, de fait l’ensemble des demandes subséquentes.
Sur les mesures de fin de jugement
Le défendeur, qui succombe, supportera les dépens, en application de l’article 696 du code de procédure civile, qui ne comprendront pas le coût du commandement de payer lequel n’est pas nécessaire à la présente procédure.
L’équité commande que chacune des parties conserve à sa charge les frais exposés au titre de sa défense, en application de l’article 700 du code de procédure civile ;
La présente décision est exécutoire à titre provisoire, conformément à l’article 514 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant en audience publique, par jugement réputé contradictoire, en premier ressort et par mise à disposition au greffe :
CONDAMNE Mme [A] [V] à verser la somme de 1 990,54 € à valoir sur l’arriéré des loyers et charges dû au terme de juin 2025, avec intérêts au taux légal à compter du 2 septembre 2025 selon la répartition suivante :
353,09 euros à Les Belles Années SAS ;
1 637,45 euros à [R] [E] ;
REJETTE la demande tendant au prononcé de la résiliation judiciaire du contrat de bail conclu le 23 juillet 2023 entre Les Belles Années SAS et Mme [A] [V] concernant l’appartement à usage d’habitation situé [Adresse 7] ;
REJETTE la demande d’expulsion et l’ensemble des demandes subséquentes ;
DEBOUTE [R] [E] de sa demande en paiement formée au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE Mme [A] [V] au paiement des entiers dépens de la procédure ;
RAPPELLE l’exécution provisoire de la présente décision.
Ainsi fait et jugé à [Localité 2] le 24 février 2026.
LE GREFFIER LE JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
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