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Sur la décision
| Référence : | TJ Lille, jcp, 3 mars 2025, n° 24/01642 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/01642 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Déclare la demande ou le recours irrecevable |
| Date de dernière mise à jour : | 5 mai 2025 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
de [Localité 7]
[Localité 4]
☎ :[XXXXXXXX01]
N° RG 24/01642 – N° Portalis DBZS-W-B7I-YA7U
JUGEMENT
DU : 03 Mars 2025
[D] [R] épouse [X]
[B] [X]
C/
S.A. COFIDIS VENANT AUX DROITS DU GROUPE SOFEMO
S.A.R.L. BSP
REPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
JUGEMENT DU 03 Mars 2025
DANS LE LITIGE ENTRE :
DEMANDEUR(S)
Mme [D] [R] épouse [X]
née le 06 Janvier 1959 à [Localité 8], demeurant [Adresse 2]
M. [B] [X]
né le 29 Avril 1958 à [Localité 6], demeurant [Adresse 2]
représentée par Représentant : Me Jérémie BOULAIRE, avocat au barreau de DOUAI
ET :
DÉFENDEUR(S)
S.A. COFIDIS VENANT AUX DROITS DU GROUPE SOFEMO, dont le siège social est sis [Adresse 5], représentée par Me Xavier HELAIN, avocat au barreau d’ESSONNE
Maître [Z] [V], es qualité de mandataire liquidateur de la S.A.R.L. BSP, dont le siège social est sis [Adresse 3], non comparant
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DÉBATS À L’AUDIENCE PUBLIQUE DU 06 Janvier 2025
Astrid GRANOUX, Juge, assisté(e) de Deniz AGANOGLU, Greffier
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DU DÉLIBÉRÉ
Par mise à disposition au Greffe le 03 Mars 2025, date indiquée à l’issue des débats par Astrid GRANOUX, Juge, assisté(e) de Deniz AGANOGLU, Greffier
RG 24 1642 PAGE
EXPOSE DU LITIGE
Le 29 janvier 2010, M [B] [X] et Mme [D] [R] épouse [X] ont contracté auprès de la société Solis France, devenue la société BSP, une prestation relative à la fourniture et la pose d’un système photovoltaïque pour un montant TTC de 17 971 euros dans le cadre d’un démarchage à domicile, suivant bon de commande n°896.
Par contrat du 28 janvier 2010, M. [B] [X] et Mme [D] [R] épouse [X] ont souscrit une offre préalable de crédit affecté auprès de la société anonyme (ci-après SA) Groupe Sofemo exerçant sous la marque « Sofemo Financement » d’un montant de 17 900 euros, au taux débiteur fixe de 5.66 %, remboursable en 156 mensualités de 170.19 € sans assurances.
Par jugement du 2 mai 2016 , le tribunal de commerce de Strasbourg a prononcé l’ouverture de la liquidation judiciaire de la Société Solis France devenue la société BSP, et désigné la SELARL MJAIR prise en la personne de [Z] [V] en qualité de liquidateur de cette société.
Par actes de commissaire de justice des 10 et 11 août 2023, M [B] [X] et Mme [D] [R] épouse [X] ont fait assigner la SA Cofidis et la SELARL MJAIR prise en la personne de [Z] [V] en qualité de liquidateur de la Société Solis France devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Lille aux fins de voir prononcer la nullité des contrats de vente et de crédit affecté et condamnation à diverses sommes au titre des restitutions ainsi que sur un fondement indemnitaire.
L’affaire a été appelée à l’audience du 4 mars 2024.
Lors de cette audience, les parties, comparantes à l’exception de la SELARL MJAIR prise en la personne de Me [Z] [V] en qualité de liquidateur judiciaire de la Société Solis France, non comparante à l’audience, ont accepté de soumettre la procédure à l’application de l’article 446-2 du code de procédure civile dans sa rédaction issue du décret n°2017-892 du 6 mai 2017.
L’affaire a fait l’objet d’une fixation à l’audience de plaidoirie en date du 6 janvier 2025.
A cette audience, M. [B] [X] et Mme [D] [R] épouse [X] sollicitent le bénéfice de leurs dernières écritures aux termes desquelles ils demandent au juge, au visa des articles 1109 et 1116 du code civil, de l’article 16 de la loi du 14 mars 2012 de finance rectificative pour 2012, des articles L 121-3 à L 121-26 du code de la consommation, dans leur rédaction issue de la loi du 26 juillet 1993, de l’article L 121-28 tel qu’issu de la loi du 4 août 2008, de :
les déclarer recevable en leurs demandesprononcer la nullité du contrat de vente et du contrat de prêt affecté mettre à la charge de la liquidation judiciaire l’enlèvement de l’installation litigieuse et la remise en état de l’immeuble, et dire qu’à défaut de reprise l’installation demeurera acquise aux époux [T] la société Cofidis venant aux droits de la société Groupe Sofemo à leur verser la somme de17 900 euros correspondant à l’intégralité du prix de vente de l’installation, au titre de la privation de la créance de restitution;12 128.44 € au titre des intérêts conventionnels et frais payés par M. [B] [X] et Mme [D] [R] épouse [X] en exécution du prêt Subsidiairement, condamner la société Cofidis venant aux droits de la société Groupe Sofemo à lui verser la somme de
30 028, 44 € à titre de dommages intérêts Prononcer la déchéance du droit aux intérêts Condamner la société Cofidis à lui payer l’ensemble des intérêts acquittés au titre de l’exécution du prêt et lui enjoindre de produire un nouveau tableau d’amortissement expurgé des intérêts En tout état de cause, condamner la société Cofidis venant aux droits de la société Groupe Sofemo à lui verser la somme de
5 000 euros au titre du préjudice moral;4000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile;
La SA Cofidis, venant aux droits de la SA Groupe Sofemo, s’en est rapportée à ses dernières écritures aux termes desquelles elle demande au juge, sous le bénéfice de l’exécution provisoire, de :
déclarer M [B] [X] et Mme [D] [R] épouse [X] irrecevable en ses demandessubsidiairement la débouter de sa demande plus subsidiairement condamner la SA Cofidis à restituer aux emprunteurs uniquement les intérêts et frais perçusplus subsidiairement condamner M [B] [X] et Mme [D] [R] épouse [X] à lui rembourser le capital de 16 971 € avec intérêt au taux légal à compter du jugement, et priver Cofidis de la somme de 1000 €en tout état de cause les condamner solidairement à lui payer la somme de 1500 euros sur le fondement des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ainsi qu’aux entiers dépens.
La SELARL MJAIR prise en la personne de Me [Z] [V] en qualité de liquidateur de la Société Solis France n’a pas comparu et ne s’est pas fait représenter. Par écrit du 14 août 2023 elle a indiqué ne pas être en mesure de constituer avocat.
Pour un plus ample exposé des prétentions et moyens des parties et en application de l’article 455 du code de procédure civile, il sera renvoyé à leurs écritures respectives visées à l’audience du 6 janvier 2025.
A l’issue de l’audience, la décision a été mise en délibéré au 3 mars 2025 date à laquelle elle a été rendue par mise à disposition au greffe.
MOTIFS DE LA DECISION
En application des dispositions de l’article 473 du code de procédure civile, la présente décision, étant rendue en premier ressort, est réputée contradictoire.
Sur la fin de non-recevoir tirée de la prescription de l’action en nullité
Aux termes de l’article 2224 du code civil, les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d’un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l’exercer.
L’article 1144 du même code dispose par ailleurs que le délai de l’action en nullité ne court en cas de dol que du jour où il a été découvert.
En l’espèce, le contrat de vente a été signé le 29 janvier 2010. M [B] [X] et Mme [D] [R] épouse [X] a fait délivrer assignation à la SA Cofidis et la SELARL MJAIR prise en la personne de Me [Z] [V] en qualité de liquidateur judiciaire de la Société Solis France en date du 11 août et 4 septembre 2023.
M [B] [X] et Mme [D] [R] épouse [X] considèrent que le contrat de vente est nul en raison, en premier lieu, de l’existence d’un dol et, en second lieu, en raison des violations des dispositions du code de la consommation sur le bon de commande.
Le bon de commande ne précise pas si le système a été installé à des fins d’autoconsommation, de revente de la production ou pour ces deux motifs combinés. Des factures de production sont cependant produites, démontrant ainsi une revente au moins partielle de l’électricité produite.
La découverte du dol allégué doit pourtant ici être considérée comme acquise à la date de la première des factures de production qui permettait M [B] [X] et Mme [D] [R] épouse [X] d’apprécier la performance des panneaux.
Les factures de production produites sont cependant antérieures de plus de cinq ans à la date de la délivrance de l’assignation, pour être datées de 2011, alors que les époux [X] étaient ainsi mis en mesure d’apprécier la performance de l’installation dès cette date.
Il s’en déduit qu’à la date à laquelle M [B] [X] et Mme [D] [R] épouse [X] on fait délivrer l’assignation au liquidateur judiciaire du vendeur, son action en nullité de la vente sur le fondement du dol était prescrite depuis plusieurs années.
S’agissant de la nullité invoquée pour violation des dispositions du code de la consommation, en l’espèce le bon de commande comporte la référence expresse aux dispositions du code de la consommation relatives au démarchage à domicile, ce qui permet de retenir que les époux [X] avaient dès la conclusion du contrat la possibilité de déceler l’irrégularité invoquée.
RG 24 1642 PAGE
Le point de départ du délai de prescription de cette action ne peut dès lors être fixé au delà du jour où le contrat de vente a été signé, soit le 29 janvier 2010.
En effet, la qualité de consommateur de M [B] [X] et Mme [D] [R] épouse [X] ne suffit pas, à elle seule, à permettre de considérer qu’il aurait été dans l’impossibilité de détecter les éventuelles irrégularités affectant le bon de commande.
L’action indemnitaire, intentée sur le fondement de la méconnaissance des dispositions du code de la consommation, initiée plus de 10 ans après la date de conclusion du contrat de vente, est donc également prescrite.
Sur la demande de déchéance du droit aux intérêts contractuels, il convient de rappeler que ce sont les époux [X] qui ont agi en annulation des contrats, que la banque ne les a pas assignés en paiement du solde du crédit et n’a pas formé de demande reconventionnelle en ce sens, se bornant à conclure au rejet de leurs demandes.
Dès lors cette demande des époux [X] doit également être déclarée prescrite comme présentée plus de cinq ans après la signature du contrat de crédit.
Il en va de même de l’action en privation du droit du prêteur à recouvrer sa créance, étant précisé que M [B] [X] et Mme [D] [R] épouse [X] n’évoquent à cet égard que la faute de la banque dans le déblocage des fonds.
Les demandes en paiement à l’encontre de la société Cofidis venant aux droits de la SOFEMO sont ainsi également prescrites.
Sur les demandes accessoires
Aux termes de l’article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
En l’espèce, M [B] [X] et Mme [D] [R] épouse [X] qui succombent à la présente instance seront condamnés in solidum aux dépens.
Aux termes de l’article 700 du code de procédure civile, le juge condamne la partie qui succombe ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans tous les cas, le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation.
En l’espèce, M [B] [X] et Mme [D] [R] épouse [X] seront condamnés in solidum à payer à la SA Cofidis une somme de 850 euros à ce titre.
Enfin, en application de l’article 514 du code de procédure civile, le présent jugement est assorti de l’exécution provisoire de droit.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant après débats tenus en audience publique, par décision réputée contradictoire, rendue en premier ressort, et mise à disposition au greffe,
DECLARE M [B] [X] et Mme [D] [R] épouse [X] irrecevables en leurs demandes
CONDAMNE in solidum M [B] [X] et Mme [D] [R] épouse [X] à payer à la SA Cofidis la somme de 850 euros au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE in solidum M [B] [X] et Mme [D] [R] épouse [X] aux dépens de l’instance,
REJETTE le surplus des demandes
RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit.
Ainsi jugé et prononcé à [Localité 7], le 3 mars 2025
LE GREFFIER LA JUGE
D. AGANOGLU A. GRANOUX
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