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Sur la décision
| Référence : | TJ Marseille, 0p15 aud civ. prox 6, 18 nov. 2024, n° 24/05285 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/05285 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Délibéré pour mise à disposition de la décision |
| Date de dernière mise à jour : | 5 mai 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE
Pôle de Proximité
JUGEMENT DU : 24 Février 2025
Président : Monsieur BIDAL, Juge
Greffier : DE ANGELIS,
Débats en audience publique le : 18 Novembre 2024
GROSSE :
Le ……………………………………………
à [H] [R]………………………………….
Le ……………………………………………
à Me ………………………………………..
Le ……………………………………………
à Me ………………………………………..
EXPEDITION :
Le ………………………………………………….
à Me ………………………………………………
Le ………………………………………………….
à Me ………………………………………………
Le …………………………………………………..
à Me ………………………………………………
N° RG 24/05285 – N° Portalis DBW3-W-B7I-5LCG
PARTIES :
DEMANDEUR
Monsieur [H] [R]
né le 24 Mai 1966 à [Localité 5], demeurant [Adresse 1]
comparant
DEFENDERESSE
Madame [M] [D] [W]
née le 28 Janvier 1988 à [Localité 4], demeurant [Adresse 3]
non comparante
EXPOSE DU LITIGE
En vertu d’un contrat passé par acte sous seing privé, en date du 1er août 2023, Monsieur [H] [R] a loué à Madame [M] [D] [W] un appartement et une cave sis [Adresse 2], moyennant un loyer mensuel initial, révisable, de 650 euros, outre 50 euros de provision pour charges.
Des loyers étant demeurés impayés, Monsieur [H] [R] a fait signifier à Madame [M] [D] [W] un commandement de payer visant la clause résolutoire le 14 décembre 2023.
Par acte de commissaire de justice en date du 12 août 2024, auquel il y a lieu de se reporter pour l’exposé de ses moyens et prétentions, Monsieur [H] [R] a fait assigner Madame [M] [D] [W] devant le juge du contentieux de la protection du tribunal judiciaire de MARSEILLE, à l’audience du 18 novembre 2024.
A cette audience, Monsieur [H] [R], représenté par son Conseil, sollicite le bénéfice de son acte introductif d’instance, en actualisant sa créance, celle-ci s’élevant à la somme de 6 650 euros, au 1er octobre 2024.
Madame [M] [D] [W] ne comparait pas et n’est pas représentée, bien que régulièrement citée par acte remis à étude.
L’affaire a été mise en délibéré au 24 février 2025.
Vu les articles 446-1, 446-2 et 455 du code de procédure civile,
MOTIFS DE LA DECISION
Vu l’article 9 du code de procédure civile,
Vu l’article 1353 du code civil,
Selon les dispositions de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond et le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable, et bien fondée.
Sur la recevabilité
Vu les dispositions des articles 24 I, II et III de la loi du 6 juillet 1989 modifiée, dans leur version applicable au présent litige,
Monsieur [H] [R] produit la dénonciation de l’assignation à la Préfecture en date du 14 août 2024, soit six semaines au moins avant l’audience du 18 novembre 2024.
Son action est donc recevable.
Sur les demandes principales
Sur la résiliation du contrat de bail et ses conséquences
Vu l’article 2 du code civil,
Vu les articles 7a et 24 de la loi du 6 juillet 1989 modifiée, dans leur version applicable au présent litige, dont il résulte que l’une des obligations essentielles du locataire est de payer les loyers aux termes convenus,
Vu le caractère d’ordre public de protection de la loi du 6 juillet 1989 modifiée, dont il ressort que le délai donné au locataire pour régulariser la dette locative est un délai minimum durant lequel les effets de clause résolutoire sont neutralisés,
Vu le contrat de bail liant les parties, qui contient une clause résolutoire,
En l’espèce, un commandement de payer visant la clause résolutoire a été signifié à Madame [M] [D] [W] le 14 décembre 2023, pour un arriéré locatif de 1 400 euros.
Les sommes visées au commandement, que Madame [M] [D] [W] ne conteste pas, n’ont pas été intégralement payées dans le délai imparti.
En conséquence, la clause résolutoire est acquise.
Il convient de constater la résiliation du contrat de bail à effet au 14 février 2024, et d’ordonner l’expulsion de Madame [M] [D] [W] des lieux occupés.
Aucune circonstance particulière de l’espèce ne justifie que le délai de deux mois, prévu par les dispositions des articles L.412-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution, soit réduit ou supprimé.
Le sort des meubles et objets mobiliers présents dans le logement lors de l’expulsion sera régi par les dispositions de l’article L 433-1 du code des procédures civiles d’exécution.
Enfin, Madame [M] [D] [W] sera condamnée à payer à Monsieur [H] [R] une indemnité d’occupation mensuelle d’un montant égal à celui du loyer et des charges, tel qu’il aurait été si le contrat s’était poursuivi (et à défaut de justificatifs, à la somme de 650 euros), à compter du 15 février 2024 jusqu’à la complète libération des lieux par la remise des clés à Monsieur [H] [R].
Sur le paiement de sommes au titre de l’arriéré locatif
Vu les articles 4 et 7 de la loi du 6 juillet 1989,
Vu le contrat de bail,
En l’espèce, le montant du loyer et des charges dus en application du bail n’est aucunement contesté par la locataire.
Il résulte du décompte locatif joint à l’assignation qu’au 6 août 2024, la dette locative de Madame [M] [D] [W] s’élevait à la somme de 4 700 euros.
Le décompte actualisé au 18 novembre 2024 fixe le montant de Madame [M] [D] [W] la dette locative à la somme de 6 650 euros, terme du mois de novembre 2024 inclus.
Il convient donc de condamner Madame [M] [D] [W] à payer à Monsieur [H] [R] cette somme, avec les intérêts au taux légal à compter du 14 décembre 2023 sur la somme de 1 400 euros, et à compter de la présente décision pour le surplus.
Sur la demande de dommages et intérêts
Vu les articles 1231-6 et 1240 du code civil,
En l’espèce, Monsieur [H] [R] ne rapporte pas la preuve de l’existence d’un préjudice causé par les agissements de Madame [M] [D] [W].
En outre, si sa demande a été accueillie dans le cadre du présent litige, il ne saurait être jugé que la résistance de Madame [M] [D] [W] serait abusive ou fautive, en l’absence de preuve d’une mauvaise foi de sa part.
En conséquence, Monsieur [H] [R] sera débouté de sa demande de ce chef.
Sur les demandes accessoires
Sur les dépens
L’article 696 du code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
Madame [M] [D] [W] succombe à l’instance de sorte qu’elle doit être condamnée aux entiers dépens, dont les frais engagés au titre du commandement de payer.
Sur les frais irrépétibles
Il résulte des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile que dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation.
Compte tenu des démarches judiciaires accomplies, Madame [M] [D] [W] sera condamnée à verser à Monsieur [H] [R] la somme de 250 euros en application de l’article précité.
Sur l’exécution provisoire
Conformément à l’article 514 du code de procédure civile, les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n’en dispose autrement.
En l’espèce, compte tenu de la nature du litige et en l’absence de dispositions légales contraires, l’exécution provisoire est de droit.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant par jugement réputé contradictoire et en premier ressort, mis à disposition au greffe,
DECLARE l’action de Monsieur [H] [R] recevable ;
CONSTATE la résiliation du bail conclu entre les parties le 1er août 2023 concernant l’appartement et la cave sis [Adresse 2], à effet au 14 février 2024 ;
ORDONNE en conséquence à Madame [M] [D] [W] de libérer les lieux et de restituer les clés dans le délai de quinze jours à compter de la signification du présent jugement ;
DIT qu’à défaut pour Madame [M] [D] [W] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, Monsieur [H] [R] pourra, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours de la force publique ;
DIT que le sort des meubles et objets mobiliers présents dans le logement lors de l’expulsion sera régi par les dispositions de l’article L 433-1 du code des procédures civiles d’exécution ;
CONDAMNE Madame [M] [D] [W] à payer à Monsieur [H] [R] une indemnité mensuelle d’occupation à compter du 15 février 2024 et jusqu’à la date de la libération définitive des lieux et la restitution des clés ;
FIXE cette indemnité mensuelle d’occupation au montant du loyer et des charges, calculés tels que si le contrat s’était poursuivi (et à défaut de justificatifs, à la somme de 650 euros) ;
CONDAMNE Madame [M] [D] [W] à verser à Monsieur [H] [R] la somme de 6 650 euros, avec les intérêts au taux légal à compter du 14 décembre 2023 sur la somme de 1 400 euros, et à compter de la présente décision pour le surplus ;
DEBOUTE Monsieur [H] [R] de sa demande en paiement de dommages et intérêts ;
CONDAMNE Madame [M] [D] [W] à payer à Monsieur [H] [R] la somme de 250 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE Madame [M] [D] [W] aux entiers dépens de l’instance ;
RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit.
AINSI JUGE ET PRONONCE LES JOURS MOIS AN CI-DESSUS
La greffière, Le juge,
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