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Sur la décision
| Référence : | TJ Marseille, 0p3 p prox réf., 20 juin 2024, n° 24/02995 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/02995 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Délibéré pour mise à disposition de la décision |
| Date de dernière mise à jour : | 5 juillet 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE
Pôle de Proximité
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
ORDONNANCE DU : 05 Septembre 2024
Président : Madame ATIA,
Greffier : Madame DEGANI,
Débats en audience publique le : 20 Juin 2024
GROSSE :
Le 06 septembre 2024
à Me GHEZ Jérémie
Le ……………………………………………
à Me ………………………………………..
Le ……………………………………………
à Me ………………………………………..
EXPEDITION :
Le 06 septembre 2024
à la préfecture
Le ………………………………………………….
à Me ………………………………………………
Le …………………………………………………..
à Me ………………………………………………
N° RG 24/02995 – N° Portalis DBW3-W-B7I-46DQ
PARTIES :
DEMANDERESSE
S.A.R.L. BIATEL, domiciliée : chez SAS IMMOGEST, dont le siège social est sis [Adresse 3]
représentée par Me Jérémie GHEZ, avocat au barreau de MARSEILLE
DEFENDEURS
Monsieur [V] [Z]
né le 01 Avril 1954 à [Localité 5], demeurant [Adresse 2]
non comparant
Madame [G] [O] épouse [Z]
née le 17 Mars 1954 à ALGERIE (99352), demeurant [Adresse 2]
non comparante
EXPOSÉ DU LITIGE
Par acte sous seing privé établi le 24 mars 2017, Madame [D] [R], représentée par sa mandataire, la société Immogest, a consenti à Monsieur [V] [Z] et Madame [G] [O] un bail d’habitation portant sur un appartement situé au [Adresse 1], premier étage, dans le sixième [Localité 4] moyennant le paiement d’un loyer mensuel initialement fixé à 580 euros outre 40 euros de provision sur charges.
Les loyers n’ont pas été scrupuleusement réglés. Un commandement de payer visant la clause résolutoire a été délivré en conséquence à Monsieur [V] [Z] et Madame [G] [O] épouse [Z] le 26 octobre 2023 aux fins d’obtenir paiement de la somme de 2.664,11 euros en principal et la justification de l’occupation des lieux.
Par acte de commissaire de justice du 3 mai 2024, la société à responsabilité limitée (SARL) Biatel, prise en la personne de son représentant légal, a fait assigner en référé Monsieur [V] [Z] et Madame [G] [O] épouse [Z] devant le juge des contentieux de la protection, afin d’obtenir :
leur condamnation solidaire au paiement à titre provisionnel, de la somme de 3.669,22 euros due au titre des loyers et charges impayés, comptes arrêtés au 2 avril 2024, avec intérêts de droit à compter du commandement de payer pour les sommes y figurant et de l’assignation pour le surplus,le constat de la résiliation du bail par l’effet de la clause résolutoire,l’expulsion de Monsieur [V] [Z] et Madame [G] [O] épouse [Z] et de tous occupants de leur chef, au besoin avec le concours de la force publique,le refus d’accorder tout délai de grâce,leur condamnation solidaire au paiement à titre provisionnel d’une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant mensuel du loyer indexé jusqu’au jour de la restitution des clés, après déménagement complet,leur condamnation solidaire au paiement de la somme de 800 euros au titre de l’indemnité de l’article 700 du Code de procédure civile et aux entiers dépens de l’instance, en ce compris le coût du commandement de payer.
Aucun diagnostic social et financier n’a été reçu au tribunal.
A l’audience du 20 juin 2024, la SARL Biatel représentée par son conseil a réitéré les termes de son assignation.
Monsieur [V] [Z] et Madame [G] [O] épouse [Z], cités dans les termes de l’article 659 du code de procédure civile, n’ont pas comparu et n’ont pas été représentés.
La décision a été mise en délibéré au 5 septembre 2024, par mise à disposition au greffe.
MOTIFS DE LA DÉCISION
L’article 472 du Code de procédure civile dispose qu’il est statué sur le fond si le défendeur ne comparaît pas, le juge ne faisant droit à la demande que dans la mesure où il l’estime recevable, régulière et bien fondée.
En vertu des dispositions de l’article 834 du Code de procédure civile, « dans tous les cas d’urgence, le président du tribunal judiciaire ou le juge du contentieux de la protection dans les limites de sa compétence, peuvent ordonner en référé les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend ».
Aux termes de l’article 835 du Code de procédure civile, « le président du tribunal judiciaire ou le juge du contentieux de la protection, dans les limites de sa compétence peuvent toujours, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite.
Dans les cas où l’obligation n’est pas sérieusement contestable, il peut accorder une provision au créancier, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire ».
Sur la qualité pour agir
La requérante justifie de sa qualité pour agir par la production de son titre de propriété.
Sur la recevabilité
Sur la dénonciation en Préfecture
En application de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, dans sa rédaction issue de la loi du 27 juillet 2023 entrée en vigueur le 29 juillet 2023, à peine d’irrecevabilité de la demande, l’assignation aux fins de constat de la résiliation est notifiée à la diligence de l’huissier de justice au représentant de l’État dans le département, au moins six semaines avant l’audience.
En l’espèce, il est établi que l’assignation en date du 3 mai 2024 a été dénoncée le 7 mai 2024 à la Préfecture des Bouches-du-Rhône soit six semaines au moins avant l’audience.
Sur la dénonciation auprès de la CCAPEX ou autre organisme
Aux termes de l’article II de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 dans sa rédaction applicable en l’espèce, les bailleurs personnes morales autres qu’une société civile constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu’au quatrième degré inclus ne peuvent faire délivrer, sous peine d’irrecevabilité de la demande, une assignation aux fins de constat de résiliation du bail avant l’expiration d’un délai de deux mois suivant la saisine de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives prévue à l’article 7-2 de la loi n° 90-449 du 8 juin 1990 précitée.
Cette saisine peut s’effectuer par voie électronique, selon des modalités fixées par décret.
En l’espèce, il est établi que la situation d’impayés a été signalée à la Commission de coordination des actions de prévention des expulsions (CCAPEX) le 3 novembre 2023, soit plus de deux mois avant l’assignation du 3 mai 2024.
Par conséquent, la SARL Biatel est recevable en ses demandes.
Sur l’acquisition de la clause résolutoire et la résiliation du bail
L’une des obligations essentielles du preneur d’un contrat de bail est celle du paiement des loyers aux termes convenus en application de l’article 7 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.
En matière de bail, l’article 24 I de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 dispose que toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux.
Le bail conclu le 24 mars 2017 contient une clause résolutoire (article VIII) et un commandement de payer visant cette clause a été signifié le 26 octobre 2023, pour la somme en principal de 2.664,11 euros.
Ce commandement rappelle la mention que les locataires disposent d’un délai de deux mois pour payer sa dette, comporte le décompte de la dette et l’avertissement qu’à défaut de paiement ou d’avoir sollicité des délais de paiement, le locataire s’expose à une procédure judiciaire de résiliation de son bail et d’expulsion, outre la mention de la possibilité pour le locataire de saisir le fonds de solidarité pour le logement de son département aux fins de solliciter une aide financière et de saisir, à tout moment, la juridiction compétente aux fins de demander un délai de grâce sur le fondement de l’article 1343-5 du code civil.
Il est ainsi régulier en sa forme.
Ce commandement est demeuré infructueux pendant plus de deux mois, de sorte qu’il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail étaient réunies à la date du 27 décembre 2023.
Monsieur [V] [Z] et Madame [G] [O] épouse [Z] étant occupants sans droit ni titre depuis cette date, il convient d’ordonner leur expulsion ainsi que l’expulsion de tous occupants de leur chef, selon les modalités fixées au dispositif de la présente décision.
Le sort du mobilier garnissant le logement est prévu par les articles L.433-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution dont l’application relève, en cas de difficulté de la compétence du juge de l’exécution et non de la présente juridiction.
Sur la demande en paiement au titre de l’arriéré locatif et de l’indemnité d’occupation
Monsieur [V] [Z] et Madame [G] [O] épouse [Z] sont redevables des loyers impayés jusqu’à la date de résiliation du bail.
Le contrat de bail contient une clause de solidarité (article VII).
Par ailleurs, le maintien dans les lieux postérieurement à la date d’expiration du bail constitue une faute civile ouvrant droit à réparation en ce qu’elle cause un préjudice certain pour la propriétaire dont l’occupation indue de son bien l’a privée de sa jouissance. L’indemnité d’occupation, qui est également de nature compensatoire, constitue une dette de jouissance correspondant à la valeur équitable des locaux.
Compte tenu du contrat antérieur et afin de préserver les intérêts de la demanderesse, il convient de fixer le montant de l’indemnité d’occupation mensuelle due de la date de résiliation du bail au départ de Monsieur [V] [Z] et Madame [G] [O] épouse [Z] par remise des clés ou expulsion au montant des loyers et charges qui auraient été dus si le bail s’était poursuivi, soit la somme de 696,51 euros actuellement, indexée annuellement selon le même indice de référence servant de base à la révision annuelle du loyer et de condamner solidairement Monsieur [V] [Z] et Madame [G] [O] épouse [Z] à son paiement.
Il ressort du commandement de payer, de l’assignation et des décomptes fournis que Monsieur [V] [Z] et Madame [G] [O] épouse [Z] restent devoir la somme de 3.669,22 euros, à la date du 3 juin 2024, cette somme correspondant à l’arriéré des loyers impayés et aux indemnités d’occupation, terme du mois de juin 2024 inclus.
Pour la somme au principal, Monsieur [V] [Z] et Madame [G] [O] épouse [Z], non comparants lors des débats, n’apportent par définition aucun élément de nature à contester le principe ni le montant de la dette.
Monsieur [V] [Z] et Madame [G] [O] épouse [Z] sont donc condamnés solidairement, par provision, au paiement de la somme de 3.669,22 euros, avec les intérêts au taux légal à compter du 26 octobre 2023, date du commandement de payer sur la somme de 2.664,11 euros et de la présente décision pour le surplus.
En dépit de la reprise du versement du loyer courant, aucun délai de paiement ne peut être accordé d’office.
Sur les demandes accessoires
Monsieur [V] [Z] et Madame [G] [O] épouse [Z], parties perdantes, supporteront solidairement la charge des dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer.
Compte tenu des démarches judiciaires qu’a dû accomplir la SARL Biatel, Monsieur [V] [Z] et Madame [G] [O] épouse [Z] seront condamnés solidairement à lui verser une somme de 400 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
La présente décision est de plein droit exécutoire à titre provisoire.
Le surplus des demandes sera rejeté.
PAR CES MOTIFS,
La juge des contentieux de la protection, statuant en référé, par mise à disposition au greffe, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort,
Au principal, RENVOIE les parties à se pourvoir ainsi qu’elles aviseront mais, dès à présent ;
DÉCLARE l’action en résiliation du bail recevable ;
CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au contrat de bail conclu le 24 mars 2017 entre Madame [D] [R] d’une part et Monsieur [V] [Z] et Madame [G] [O] épouse [Z] d’autre part, concernant le logement, situé au [Adresse 1], premier étage, dans le sixième [Localité 4] sont réunies à la date du 27 décembre 2023 ;
ORDONNE en conséquence à Monsieur [V] [Z] et Madame [G] [O] épouse [Z] de libérer les lieux et de restituer les clés dans le délai de quinze jours à compter de la signification de la présente ordonnance ;
DIT qu’à défaut pour Monsieur [V] [Z] et Madame [G] [O] épouse [Z] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, la SARL BIATEL pourra, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à leur expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de leur chef, conformément à l’article L.412-1 du code des procédures civiles d’exécution, y compris le cas échéant avec le concours d’un serrurier et de la force publique;
RAPPELLE que le sort du mobilier garnissant le logement est prévu par les articles L.433-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution ;
CONDAMNE solidairement Monsieur [V] [Z] et Madame [G] [O] épouse [Z] au paiement, à titre provisionnel, d’une indemnité mensuelle d’occupation d’un montant correspondant au loyer actuel avec charges, qui sera indexée annuellement selon le même indice de référence servant de base à la révision annuelle du loyer, soit six cent quatre-vingt-seize euros et cinquante et un centimes (696,51 euros) à ce jour, à compter du 27 décembre 2023 et jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux ;
CONDAMNE solidairement Monsieur [V] [Z] et Madame [G] [O] épouse [Z] à verser à la SARL BIATEL, à titre provisionnel, la somme de trois mille six cent soixante-neuf euros et vingt-deux centimes (3.669,22 euros) au titre de l’arriéré locatif (loyers, charges et indemnités d’occupation) au 3 juin 2024, terme du mois de juin 2024 inclus, avec intérêts au taux légal à compter du 26 octobre 2023 sur la somme de 2.664,11 euros et de la présente décision pour le surplus ;
CONDAMNE solidairement Monsieur [V] [Z] et Madame [G] [O] épouse [Z] aux dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer ;
CONDAMNE solidairement Monsieur [V] [Z] et Madame [G] [O] épouse [Z] à verser à la SARL BIATEL une somme de quatre cents euros (400 euros) au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
REJETTE le surplus des demandes ;
DIT que la présente décision sera notifiée par le greffe au représentant de l’Etat dans le département en application de l’article R.412-2 du code des procédures civiles d’exécution ;
RAPPELLE que la présente ordonnance est exécutoire de plein droit à titre provisoire ;
Ainsi jugé et prononcé par ordonnance signée les jour, mois et an susdits par le président et le greffier susnommés et mise à disposition au greffe.
Le greffier, La présidente
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