Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Marseille, 0p3 p prox réf., 28 août 2025, n° 25/02934 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/02934 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Délibéré pour mise à disposition de la décision |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE
Pôle de Proximité
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
ORDONNANCE DU : 23 Octobre 2025
Président : Mme LEDERLIN, MTT
Greffier : Madame BOINE, Greffier
Débats en audience publique le : 28 Août 2025
GROSSE :
Le 23 octobre 2025
à Me SANGUINETTI
Le ……………………………………………
à Me ………………………………………..
Le ……………………………………………
à Me ………………………………………..
EXPEDITION :
Le ………………………………………………….
à Me ………………………………………………
Le ………………………………………………….
à Me ………………………………………………
Le …………………………………………………..
à Me ………………………………………………
N° RG 25/02934 – N° Portalis DBW3-W-B7J-6OGH
PARTIES :
DEMANDEUR
Monsieur [G] [L]
né le 07 Mars 1969 à [Localité 6]
domicilié : chez SAS FONCIA [Localité 4], [Adresse 5]
représenté par Me Eliette SANGUINETTI, avocat au barreau de MARSEILLE
DEFENDEUR
Monsieur [H] [U]
né le 06 Février 1983 à [Localité 3]
demeurant [Adresse 1]
non comparant
EXPOSE DU LITIGE
Par contrat sous signature privée en date du 28 août 2024, M. [G] [L], représenté par son mandataire la SAS FONCIA [Localité 4], a donné à bail à M. [H] [U] un appartement à usage d’habitation situé [Adresse 2], pour un loyer mensuel de 835 euros, outre 80 euros de provision pour charges.
Des loyers étant demeurés impayés, M. [G] [L] a fait signifier à M. [H] [U] par acte de commissaire de justice en date du 10 février 2025 un commandement de payer la somme de 2.965,87 euros, en principal, correspondant à l’arriéré locatif et visant la clause résolutoire contractuelle.
Par acte de commissaire de justice en date du 21 mai 2025, M. [G] [L] a fait assigner M. [H] [U] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Marseille, statuant en référé, aux fins de voir :
— constater l’acquisition de la clause résolutoire,
— ordonner l’expulsion de M. [H] [U] ainsi que celle de tous occupants de son chef, si besoin est avec le concours de la force publique,
— condamner M. [H] [U] à titre provisionnel, au paiement de l’arriéré locatif et d’occupation s’élevant au 6 mai 2025 à la somme de 5.842,99 euros avec intérêts au taux légal à compter de la date de signification du commandement de payer du 10 février 2025 et au paiement d’une indemnité d’occupation égale au montant du dernier loyer échu et des charges, ce jusqu’à la libération effective des lieux et restitution des clés,
— condamner M. [H] [U] au paiement d’une somme de 800 euros au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ainsi qu’aux entiers dépens, qui comprendront les frais de commandement.
Au soutien de ses prétentions, M. [G] [L] expose que plusieurs échéances de loyers sont demeurées impayées malgré un commandement de payer visant la clause résolutoire insérée au contrat de bail délivré le 10 février 2025 et ce, pendant plus de six semaines.
L’affaire a été appelée et retenue à l’audience du 28 août 2025.
A cette audience, M. [G] [L], représenté par son conseil, sollicite le bénéfice de son assignation et actualise la dette locative à la somme de 8.534,87 euros au 25 août 2025, terme du mois d’août 2025 inclus.
M. [H] [U] ne comparait pas et n’est pas représenté, bien que cité par acte remis à étude.
La décision a été mise en délibéré par mise à disposition au greffe au 23 octobre 2025.
MOTIFS DE LA DECISION
En application de l’article 834 du code civil, dans tous les cas d’urgence, le président du tribunal judiciaire ou le juge des contentieux de la protection dans les limites de sa compétence, peuvent ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend.
En application de l’article 835 du même code le président du tribunal judiciaire ou le juge des contentieux de la protection dans les limites de sa compétence peuvent toujours, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite.
Dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, ils peuvent accorder une provision au créancier, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
Selon les dispositions de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond et le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable, et bien fondée.
Sur la recevabilité de la demande de résiliation
Une copie de l’assignation a été notifiée à la préfecture des Bouches du Rhône le 23 mai 2025, soit plus de six semaines avant la première audience du 28 août 2025, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.
La demande aux fins de constatation de résiliation du bail est donc recevable.
Sur l’acquisition de la clause résolutoire et la résiliation du bail
L’une des obligations essentielles du preneur d’un contrat de bail est celle du paiement des loyers aux termes convenus en application de l’article 7 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.
En l’espèce, le bail conclu le 28 août 2024 contient une clause résolutoire (article VIII) stipulant un délai de six semaines et un commandement de payer visant cette clause a été signifié le 10 février 2025, pour la somme en principal de 2.965,87 euros.
Le commandement de payer est demeuré infructueux pendant plus de six semaines, de sorte qu’il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail sont réunies à la date du 24 mars 2025.
M. [H] [U] étant occupant sans droit ni titre depuis cette date, il convient d’ordonner son expulsion ainsi que l’expulsion de tous occupants de son chef, selon les modalités fixées au dispositif de la présente décision.
Le sort du mobilier garnissant le logement est prévu par les articles L.433-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution.
Sur la demande en paiement au titre de l’arriéré locatif et de l’indemnité d’occupation
M. [H] [U] est redevable des loyers impayés jusqu’à la date de résiliation du bail.
Par ailleurs, le maintien dans les lieux postérieurement à la date d’expiration du bail constitue une faute civile ouvrant droit à réparation en ce qu’elle cause un préjudice certain pour le propriétaire dont l’occupation indue de son bien l’a privé de sa jouissance. L’indemnité d’occupation, qui est également de nature compensatoire, constitue une dette de jouissance correspondant à la valeur équitable des locaux.
Compte tenu du contrat antérieur et afin de préserver les intérêts du demandeur, il convient de fixer le montant de l’indemnité d’occupation mensuelle due de la date de résiliation du bail au départ de M. [H] [U] par remise des clés ou expulsion au montant du dernier loyer et des charges, soit la somme de 960,56 euros au total, sans intérêts et sans que cette indemnité ne soit indexée et de condamner M. [H] [U] à son paiement.
Il ressort du commandement de payer, de l’assignation et du décompte fourni que M. [H] [U] reste devoir la somme de 8.534,87 euros, à la date du 25 août 2025, cette somme correspondant à l’arriéré des loyers impayés et aux indemnités d’occupation, terme du mois d’août 2025 inclus.
Pour la somme au principal, M. [H] [U], non comparant, ne conteste la dette ni dans son principe ni dans son montant.
M. [H] [U] est condamné, par provision, au paiement de la somme de 8.534,87 euros, avec les intérêts au taux légal à compter du 10 février 2025, date de signification du commandement de payer, pour la somme de 2.965,87 euros, et à compter de la décision pour le surplus.
Sur les demandes accessoires
M. [H] [U], partie perdante, supportera la charge des dépens en application de l’article 696 du Code de procédure civile, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer.
Il serait inéquitable de laisser à la charge de M. [G] [L] les frais exposés par lui dans la présente instance et non compris dans les dépens. La somme de 100 euros lui sera donc allouée au titre de l’article 700 du code de procédure civile au paiement de laquelle le défendeur sera condamné.
La présente décision est exécutoire à titre provisoire, conformément à l’article 514 du Code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
La juge des contentieux de la protection statuant en référé, par ordonnance réputée contradictoire rendue en premier ressort et mise à disposition au greffe,
Au principal, RENVOIE les parties à se pourvoir ainsi qu’elles aviseront mais, dès à présent,
CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 28 août 2024 entre M. [G] [L] et M. [H] [U] concernant le logement situé [Adresse 2], sont réunies à la date du 24 mars 2025 ;
ORDONNE en conséquence à M. [H] [U] de libérer les lieux et de restituer les clés dans le délai de quinze jours à compter de la signification de la présente ordonnance ;
DIT qu’à défaut pour M. [H] [U] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, M. [G] [L] pourra, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, conformément à l’article L.412-1 du code des procédures civiles d’exécution, y compris le cas échéant avec le concours d’un serrurier et de la force publique ;
RAPPELLE que le sort du mobilier garnissant le logement est prévu par les articles L.433-1 et suivants du Code des procédures civiles d’exécution ;
CONDAMNE M. [H] [U] à verser à M. [G] [L], à titre provisionnel, la somme de 8.534,87 euros, décompte arrêté à la date du 25 août 2025, cette somme correspondant à l’arriéré des loyers impayés et aux indemnités d’occupation, terme du mois de août 2025 inclus avec les intérêts au taux légal à compter du 10 février 2025, date du commandement de payer, sur la somme de 2.965,87 euros et à compter du prononcé de la décision pour le surplus ;
CONDAMNE M. [H] [U] au paiement, à titre provisionnel, d’une indemnité mensuelle d’occupation d’un montant correspondant au montant du dernier loyer et des charges, soit la somme de 960,56 euros au total, à compter du 1er septembre 2025 et jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux ;
CONDAMNE M. [H] [U] aux dépens, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer ;
CONDAMNE M. [H] [U] à verser à M. [G] [L] une somme de 100 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
RAPPELLE que la présente ordonnance est exécutoire de plein droit à titre provisoire.
Ainsi ordonné et prononcé par ordonnance signée les jour, mois et an susdits par la président et le greffier susnommés et mise à disposition au greffe.
LA GREFFIERE LA PRESIDENTE
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Clause resolutoire ·
- Preneur ·
- Tribunal judiciaire ·
- Loyer ·
- Commandement ·
- Paiement ·
- Charges ·
- Taxes foncières ·
- Bailleur ·
- Provision
- Sociétés ·
- Responsabilité ·
- Produits défectueux ·
- Demande ·
- Préjudice économique ·
- Titre ·
- Défaut ·
- Complément de salaire ·
- Vendeur ·
- Code civil
- Algérie ·
- Enfant ·
- Mariage ·
- Contribution ·
- Divorce ·
- Parents ·
- Partage ·
- Avantages matrimoniaux ·
- Débiteur ·
- Frais médicaux
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Chèque ·
- Sociétés ·
- Facture ·
- Montant ·
- Devis ·
- Commissaire de justice ·
- Inexecution ·
- Tribunal judiciaire ·
- Écran ·
- Mention manuscrite
- Tribunal judiciaire ·
- Adresses ·
- Désistement ·
- Juge des référés ·
- Ordonnance de référé ·
- Partie ·
- Siège social ·
- Cabinet ·
- Audience ·
- Opposition
- Sociétés ·
- Mutuelle ·
- Assureur ·
- Préjudice de jouissance ·
- Architecte ·
- In solidum ·
- Assurances ·
- Responsabilité ·
- Maîtrise d'oeuvre ·
- Oeuvre
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Barème ·
- Incapacité ·
- Médecin ·
- Maladie professionnelle ·
- Cliniques ·
- Rente ·
- Sécurité sociale ·
- Accident du travail ·
- Victime ·
- Consolidation
- Mainlevée ·
- Hospitalisation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Contrainte ·
- Hôpitaux ·
- Traitement ·
- Copie ·
- Maintien ·
- Avis motivé ·
- État
- Verger ·
- Décompte général ·
- Sociétés ·
- Ouvrage ·
- Norme ·
- Renvoi au fond ·
- Provision ·
- Mise en demeure ·
- Urgence ·
- Travaux publics
Sur les mêmes thèmes • 3
- Arrêt de travail ·
- Sécurité sociale ·
- Consultant ·
- Adresses ·
- Lésion ·
- Médecin ·
- Accident du travail ·
- Tribunal judiciaire ·
- Consultation ·
- Expert
- Bail commercial ·
- Contrat de location ·
- Fonds de commerce ·
- Résiliation du contrat ·
- Location-gérance ·
- Résiliation ·
- Caducité ·
- Fond ·
- Code de commerce ·
- Demande
- Cadastre ·
- Canalisation ·
- Eaux ·
- Droit de passage ·
- Parcelle ·
- Servitude de passage ·
- Fond ·
- Bâtiment ·
- Ouverture ·
- Acte notarie
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.